HOMELIE 12° DIMANCHE ORDINAIRE 2020

Jérémie est balaise.
C’est le plus important prophète point de vue avancement de la spiritualité d’Israël.
Chaque Prophète de la Bible a son rôle, Moïse donne la structure morale du peuple, et il est celui, avant tout, qui seul traverse la mer et le désert. Élie va reconnaître Dieu dans la brise. Isaïe, annonce la religion universelle et dessine l’image d’un Sauveur par la souffrance.
Ezéchiel, la venue de l’Esprit Saint.
Mais Jérémie, proche image de Jésus rejeté change le sens de la spiritualité.
Il fait passer la spiritualité du peuple à une spiritualité personnelle.

Vous voyez, chers frères et sœurs, nous héritons d’un affinement progressif des formes de relation avec Dieu.
L’Eglise est l’achèvement lumineux d’une évolution lente. Achèvement parce que le Christ qui est sa tête, est achèvement de l’Histoire, achèvement de la spiritualité, achèvement de la grâce définitive.
L’Église est le dernier mot de Dieu. Le plus parfait jusqu’à celui qui exposera de lumière dans la Gloire du Ciel.
L’Eglise glorieuse avec son Sauveur ressuscité.

Ça ce sera pour un peu plus tard…
Mais pour l’instant l’église porte toutes les nuances de spiritualité.
Et continue son œuvre de lumière sur le monde.
De purification.
Elle poursuit la même œuvre que les prophètes de la Bible.
Car toutes les tendances qui ont marqué l’évolution du peuple d’Israël, et de sa relation avec Dieu subsistent dans les cœurs des hommes et réclament toujours des purifications renouvelées.
C’est le travail d’enfantement de l’Eglise d’aujourd’hui.
Les grands combats ne sont pas les revendications d’augmentation de salaires, ou de savoir s’il faut manger trois ou quatre fruits par jour pour vivre jusqu’à 120 ans…
Les combats les plus féconds sont les mêmes que ceux pour lesquels les prophètes ont engagés leur vie.
Et l’on retrouve les mêmes combats, – aujourd’hui… je dirais dans nos paroisses, petites et gauloises du Sud de la Gaule – que ceux pour lesquels Jérémie était persécuté.
De même qu’on retrouve dans les fables de la Fontaine, ou dans les pièces de théâtre de Racine ou Corneille les mêmes portraits ou situations que nous découvrons au coin de notre rue.
Et en nous-même.
Je reviens sur la grande avancée spirituelle de Jérémie.
Révélée et tamponnée par Jésus.
C’est l’unité qui vient par le cœur d’un seul homme.
C’est un mouvement de communion qui est fondée sur une personne.
Dieu ne parle plus par un peuple, il parle au cœur d’un homme qui sauve la collectivité.
L’église est ainsi édifiée.
Avec une tête, le Christ, et un corps qui est la communion de nos cœurs illuminés de la grâce.
Et le Christ Sauveur a expressément fondé l’Eglise, son épouse, selon cette communion de la source au cœur de chacun.
Cela va contre la conception toujours renaissante et vindicative d’une Église peuple, d’une Église dont les décisions seraient démocratiques.
“Laissez nous les décisions !”
La laïcité de l’Église tue la spiritualité.
Le pouvoir démocratique favorise la manipulation et la mise à l’écart des plus petits au nom d’une entente sympathique.
En fait on va appeler communion ce qui ne sera qu’une entente sympathique du style club de foot.
L’Église et le progrès vers Dieu demande de l’humilité, demande la suite du Christ, et demande une disposition d’accueil de l’autre au nom du Christ.
Ensuite la communauté devient communauté d’Eglise.
Il y a d’autres communautés, mais c’est la communauté d’Eglise qui porte la lumière qui est le Christ.
La communauté demande au berger de lui ouvrir la porte pour atteindre chacun selon sa grâce les frais pâturages.
Le mercenaire laisse les chèvres faire des ravages et vise son intérêt.