HOMELIE DU 22° DIMANCHE ORDINAIRE B

Certains disent qu’il y a du mal dans le monde…
Ah bon… vous avez remarqué …?
Bon… allez… je peux l’admettre.
Parce que d’abord, Jésus le dit.
Il dit qu’il y a des pensées perverses..
Il y a des vols, il y a des meurtres, en tout cas des pensées assassines, des regards adultères, des méchancetés, des bavardages truffés de calomnies, de critiques, des fakes news, de la fraude, du travil au noir, des mensonges (je signale quand même que c’est une fraude de faire des faux pour le vaccin que le Pape qualifie d’acte d’amour), de la débauche, jusqu’à légitimer même des actes homosexuels, de la pornographie qui pourrit notre regard sur les autres, et puis ce qui fait le lit de tout cela :
L’amour-propre, l’orgueil, les désirs qui partent dans tous les sens ou, au contraire, qui se referment sur eux.
Et quand le train est mis en route avec tous ces wagons, il ne faut pas s’étonner que ça déraille tôt ou tard.
Et si on pense que sur la surface de la terre tous les trains ont une bonne partie de leurs wagons mal arrimés, et sont un peu, beaucoup, déglingués, il faut pas s’étonner que les voyageurs ne puissent pas aller très loin.
Comment envisager d’aller dans un pays lointain, un pays de bonheur, quand on est à chaque instant, susceptible de dérailler…
On préfère tourner sur place, se laisser enfermer dans un périmètre restreint qui nous rassure.
Mais ça ne résout pas le problème.
Car on reste déglingué.
Mais au moins, si on déraille, ce n’est pas à grande vitesse !
C’est ce qui se passe pour notre monde.
On se bat de plus en plus dans des batailles minables, pour des sujets de plus en plus grossiers, avec des moyens qui sont de plus en plus courts.
En fait nos combats actuels, de notre monde actuel, ( on en voit par exemple le reflet dans les jeux virtuels des enfants), ils se déroulent avec des armes hyper sophistiquées
( pour les enfants ce sont des pistolets à laser, des bombes à retardement, des ceintures qui explosent, des drones, torpilles téléguidées pour les batailles navales…)
Pour les adultes, ce sont des médias, une surveillance surveillance multiforme des citoyens, des moyens de pression financiers, commerciaux, sanitaires, tout l’arsenal de la matière, lourde…
Et on se rend compte qu’avec ces armes, nous ne faisons pas mieux que l’homme préhistorique avec sa massue, au coin des bois.
L’enfant cherche à tuer le plus d’ennemis qui se cachent.
Le monsieur bien comme il faut cherche à voler l’espace vital de son voisin.
Et plus cela se fait dans la discrétion et l’incognito, plus cela est perfide et pervers.

Et c’est pour cela que Moïse ( qui entre parenthèses, s’est peut-être fait illusion sur ce point-là… ‘nobody is perfect’… ) a institué des décrets et des ordonnances à son peuple pour qu’il puisse voir un peu plus loin que le bout de son nez.
L’illusion de Moïse ce fut de croire que son peuple deviendrait sage est intelligent à force de décrets et de lois.
Car des décrets et des lois ne suffiront jamais à rendre pur un peuple qui ne sait pas aimer.

Car le but du voyage, et c’est là que Moïse aurait dû être plus expressif, ce n’est pas d’être pur, mais c’est de bien aimer.
De connaître le Seigneur qui est amour.
Moïse était un spécialiste de l’amour d’intimité avec Dieu.
Et Moïse en parle à son peuple de l’amour de Dieu, mais il ne s’est pas fait comprendre.
Et c’est normal.
Car l’amour, jamais il peut être imposé, ni forcé. Jamais il ne peut être institué par une politique, ni être acheté.
Ce qui est d’ailleurs très rassurant… Parce que si l’on ne peut pas forcer à l’amour, on ne peut pas non plus se débarrasser de l’amour.
Au niveau d’une société, on peut favoriser ou défavoriser les conditions du développement de l’amour.
Une société, une civilisation qui est dans une dynamique de création et de développement, va favoriser les conditions de la vie et de l’amour.
Une société, une civilisation qui est en régression, en perte de vitesse, va défavoriser, les conditions de la vie et de l’amour.
Une société qui va dans un sens ou dans un autre n’entamera pas, de toute façon, la vitalité de l’amour. Cela, c’est le rêve de ceux qui croient qu’ils peuvent façonner le monde.
Ca reste un rêve. L’ambition du démon, aussi.
Il n’atteindront jamais la racine de l’amour, ni le cœur de l’Eglise. Ni le dessein de Dieu.
Cependant, une dynamique de vie élève les petits. Elle permet aux faibles de subsister.
Une dynamique de régression, de mort, casse les ailes à d’innombrables petits moineaux qui n’auraient demandé qu’à babiller dans les taillis.
Les trains qui déraillent écrasent toujours les plus petits et les plus faibles.
Mais le génie de l’amour, la force de la foi, le torrent de la grâce de Dieu, rien ne pourra les freiner. C’est ça le merveilleux mystère de Dieu.
Quand l’homme fait ses petits jardins sur terre, le cœur de la terre qui contient ces milliers de degrés de température prépare de nouveaux volcans d’amour et de nouvelles dispositions des continents qui seront le génie de vie de notre jeunesse actuelle, pour demain.

Mais tout cela nous pouvons le pressentir, nous ne pouvons le comprendre en profondeur, et donc nous apaiser dans l’espérance, une belle espérance, que si nous connaissons l’homme.

Il y a une découverte à prendre en compte, et que les pharisiens avaient oublié, en tout cas ils n’en tenaient plus compte.
Parce qu’ils ne savaient pas comment résoudre le problème.
Moïse ne leur avait pas donné la solution, sur ce point-là.

Cette découverte surprenante et indispensable, c’est la religion judéo-chrétienne qui la possède, et c’est le christianisme qui lui donne sa clé.
Cette clé, elle explique tout, toute l’histoire bonne et mauvaise de notre monde, et les difficultés que nous avons avec notre cœur et notre âme.
Cet élément, c’est la révélation du péché originel.
Ce que pointe du doigt Jésus, c’est bien ce péché originel qui faisait grande difficulté aux pharisiens qui ne voulaient pas le voir et le prendre en compte.
Tous nos trains, avec nos wagons de bonnes actions et de bonnes pensées sont faussés et mal arrimés, à cause du péché originel.

Il y a eu à l’origine du développement de la race humaine, une erreur de liberté.
L’homme s’est servi de sa liberté pour virer dans le mensonge.
Et quoique nous pouvons faire, avec la meilleure volonté du monde, nous sommes ligotés par ce filet d’amour-propre et de mensonge, à tous les niveaux.
C’est un grand rêve idéaliste, même des chrétiens, que de croire que le monde un jour sera paradisiaque, sans le péché originel, dans une beauté pure.
Tout le monde, tout nu, avec des désirs purs, cueillant des petites fraises parfumées, sans défaut et en parfaite santé.
Du rêve… Ca n’arrivera jamais !
C’est au dedans, dans le cœur de l’homme, qu’est venue s’installer le dérèglement de la nature de l’homme.
Vous allez me dire : ” c’est horrible “.
Oui, c’est horrible… pour ceux qui n’ont pas la foi. Parce qu’ils n’ont aucune solution pour s’en sortir.
Alors, ils nient le mal qu’il y a dans le monde.
Ils ne veulent pas reconnaître que leur train et leurs wagons sont tout de guingois.
Et quand ils déraillent, ils affirment que c’est normal ou une petite erreur de parcours !
Ils se débattent pourtant mais avec le désespoir au ventre.
Et ce sont les pires pour débusquer et condamner les fautes des autres.
Le comble pour eux, c’est de reconnaître que le mal habite… dans leur cœur !

Et bien, pour nous chrétiens, ce n’est pas de la culpabilisation, mais au contraire c’est une libération de reconnaître que nous sommes habités par le péché.
Si nous refusons le péché originel, le mal qui est venu du premier couple originel, Adam et Eve – on peut les appeler comme cela – nous ne pouvons que créer de plus en plus de lois et d’oppression pour conserver l’illusion que nous pouvons atteindre un monde meilleur.
Mais si nous reconnaissons, qu’en nous, nous sommes impur d’un mal qui nous dépasse, dont nous héritons…
qui n’est pas un péché personnel, mais qui est une blessure envenimée, qui vient du dedans et empoisonne tout le reste…
… alors nous découvrons l’issue de secours, qui est en fait la seule révolution la plus puissante au monde.
En fait, la seule libération dont nous sommes fiers, nous, les chrétiens, d’avoir la lumière.
La solution que nous apporte le Christ, ce n’est pas une pureté pharisienne et hypocrite de décrets et de lois, de conseils ou de morale, qui sera de toute façon touchée par le péché originel, c’est à dire faussée, sale et invivable pour l’homme libre.
C’est une purification par l’amour.
La solution du Christ, c’est d’assainir le fond marécageux du péché originel au cœur de notre âme, par l’amour.
Et pratiquement comment ? … parce que c’est tellement facile de dire : ‘par l’amour’ !
Pratiquement, on peut purifier nos pensées par une relation.
Parce que l’amour ne se développe que par une relation.
Une relation choisie.
Vous voyez comme c’est simple, le chemin du Christ ! :
Nous sommes abîmés. – 1.
Ça c’est une constatation qui nous demande un peu d’humilité.
Comment réparer, puisque c’est au cœur ?
On répare le cœur par l’amour. – 2.
Mais quel amour va venir toucher notre cœur sans être lui même infecté ?
C’est l’amour qui nous est donné de Dieu et qui nous est donné pour Dieu. – 3.
C’est l’amour du Christ pour nous.
Alors, en entretenant avec la grâce de Dieu cette relation avec Jésus, le péché, à son origine, est vaincu. – 4.
Peu à peu notre vie intime avec Jésus va assainir, va rendre sa brillance à nos pensées, à nos choix, à nos amours. Et à notre société.
Celui qui a la foi, une foi vivante, entretenue, devient plus pur.
Pur dans son intelligence, cela veut dire plus intelligent…
Pur dans sa volonté, cela veut dire plus fort et cela veut dire qu’il sait mieux aimé.
Pur dans toute son âme, cela veut dire qu’il trouve la paix.
Pur en son élan de vie, cela ne veut pas dire qu’il sera parfait, mais il saura qu’il est libre même des racines du mal qui habitent en lui.

Il y a juste un désavantage pour l’homme de foi.
C’est qu’il voit ce monde se débattre dans son filet.
Il voit les trains dérailler. Il en est triste parce qu’il sait qu’il ne peut pas forcer le monde à l’intelligence, à l’amour et à la paix.
Il ne peut que pointer du doigt, c’est-à-dire en fait diriger son cœur vers Le Seul qui puisse sauver le monde, les cœurs, les intelligences, et son propre cœur.
Vers Celui qui nous appelle à Lui avec infiniment de respect, jusque dans nos impuretés :
Jésus Christ, celui qui est ressuscité. Ça vous dit quelque chose, ce mot de ressuscité, frères et sœurs ?… celui qui est là, le seul Sauveur, le seul qui nous révèle le vrai poison et le contrepoison du péché originel, par son sacrifice d’amour.