HOMELIE DE LA TRANSFIGURATION

Excusez-moi frères et sœurs, je vais pour certains d’entre vous, bousculer votre confort.

Patience… Ça va être pénible….

Premier exemple : _ « Mon père… j’ai vu la Sainte Vierge…! »

_ Très intéressant… Et puis ?

_ Et puis quoi mon père ? J’ai quand même vu la Sainte Vierge ! _ Très intéressant… Et puis ?

Autre exemple :

_ ‘ mon père, regardez cette photo, que j’ai prise il y a huit jours.

_ Oui… très jolie. C’est une photo d’un paysage de montagne.

_ Mais, mon père, vous ne voyez rien ?

_ Oui bien sûr… je vois des petits moutons là dans la vallée, et une maison. ça doit être le chalet du berger.

_ Mais mon père… Là, dans le nuage, derrière ce sommet, il y a le visage de la Vierge !

_ Ah….!… Très bien… oui on peut dire qu’il y a deux yeux et l’esquisse d’un voile.

_ Et alors ?…

_ Et bien, mon père, c’est un miracle !

_ Ah bon, si c’est vous qui le dites…

Autre exemple :
Jésus fut transfiguré devant les apôtres, devant 3 apôtres.

‘ses vêtements, blancs comme la lumière.

Son visage brillant comme le soleil’.

Très bien, et alors ?

_ Mais mon père, il est devenu brillant !

_ Ah… Effets spéciaux… Pas mal. Et alors ?

 

Autre exemple :
Moïse voit un buisson qui flambe. Il s’approche, mais le buisson ne se consume pas. Effet spécial, en plein désert.

Et alors ?

_ Mais mon père vous n’êtes pas croyant !

Explication…

Moïse voit un buisson qui brûle sans brûler.

Mais attention, il s’approche. Et quand il s’approche il entend une voix.

Et cette voix lui dit que c’est un espace sacré.

Cette voix va lui révéler le nom de Dieu.

‘Je suis le Dieu de tes pères, Abraham, Isaac et Jacob. Et je t’envoie. Je te donne une mission.’

Et le dialogue naît entre Dieu et Moïse.

Jésus est transfiguré devant les trois apôtres, Pierre, Jacques et Jean. Apparaissent Moïse et Élie.

Quelle est le mode de cette vision, de cette apparition ?
Ce n’est pas précisé, mais il y a un échange entre Jésus, Moïse et Élie.

Et bien plus probant, il y a une voix qui se fait entendre du milieu de la nuée qui enveloppe les apôtres.

 » Celui-ci est mon fils bien-aimé, en qui je trouve ma joie, écoutez le ! » Mais cela ne suffit pas.

Le message ne se termine pas ici.

Le message se termine aux dernières paroles de Jésus quand la fulgurance est retombée :

 » Ne parlez pas de cette vision avant que le Fils de l’homme soit ressuscité d’entre les morts  »

C’est un message complet avec une mission prophétique dans l’avenir. Un message qui sera compris au matin de Pâques, et plus encore au moment de la Pentecôte.

Alors là, mes frères et sœurs, j’y crois.

Il y a un signe. Un signe qui met en relation.

Une relation qui donne un message.

Et ce message est une mission.

C’est une mission qui découvre non seulement l’identité divine de Jésus mais je dirais plus encore, la mission d’amour que le Sauveur est venu accomplir.

Voilà pourquoi l’apôtre Pierre dit qu’il ne se réfère pas à un récit imaginaire.

Parce que nous n’avons rien à faire de récit imaginaire.

Nous n’avons rien à faire d’une photo montage.

Nous n’avons rien à faire d’une impression de lumière, si elle n’est pas accompagnée d’une mission, ou au moins, d’un appel à la sainteté à la prière et à l’union à Dieu. D’un appel efficace qui nous met en position d’humilité et d’obéissance à l’Eglise.

Nous voulons souvent que l’évangélisation consiste en des effets d’émotions, d’exploits retentissants, du jamais vu, même à la télé….

Notre évangélisation se situe dans notre sainteté, presque uniquement.

Parce que Dieu peut dans notre sainteté, c’est à dire notre fidélité profonde et discrète, Dieu peut passer, à flots.

Autre exemple :
Mon père, votre sermon était très beau.

( … Au moins on me dira pas ça pour celui-ci… )

Très bien… mais a-t-il fait passer un message ?

A-t-il fait passer un message efficace ?

A-t-il été canal de la grâce pour vous ?

Par un appel qui a provoqué une décision en vous, par la grâce de Dieu.

Car ce qui compte ce n’est pas la beauté de l’homélie, c’est la grâce de Dieu efficace qui a provoqué une décision, pour vous.

Vous pouvez bien voir 10000 fois la Sainte Vierge, d’une apparition esthétique, la Joconde ou la naissance de Vénus de Botticelli sont aussi pas mal.

Mais si la Sainte Vierge vous a demandé de proclamer le Christ ressuscité, si elle vous a demandé de prier une demi-heure devant Jésus Eucharistie, alors là, on peut en parler.

Et je vous dirai : ‘ très intéressant. je vous trouverai un coussin pour vos genoux et je vous dirai : Dans 10 ans quand vous aurez usé ce coussin par une demi-heure ou deux heures de prière par jour, devant le tabernacle, votre vision de la Sainte Vierge sera à prendre en compte.

 » Vous voyez frères et sœurs, le bon Dieu ne rechigne pas sur les effets spéciaux. Les effets spéciaux qui peuvent être extérieurs comme Jésus transfiguré devant Pierre Jacques et Jean.

Ou les effets spéciaux qui peuvent être intérieurs.

On les appelle des grâces sensibles extraordinaires.

Extraordinaires, non pas parce qu’elles tiennent du grand spectacle, mais extraordinaires parce qu’elles ne sont pas le lot commun et nécessaire pour la foi. Ces grâces sont des portes.

Mais une porte, on ne s’y arrête pas.

On passe la porte pour l’horizon qui s’étend après la porte. Quelqu’un qui cherche des grâces extraordinaires, met Dieu à l’épreuve, et surtout il met plutôt son imagination, fragile et vulnérable, à l’épreuve.

Car il est quasi impossible de distinguer entre une image d’imagination fiévreuse, et une image d’imagination qui provient de la grâce.

Le discernement est possible à partir du message que porte l’image.

Et pas seulement, mais aussi des effets de la grâce, d’une croissance de charité, de foi, de la victime, je dirais, de cette imagination.

Un troisième élément de discernement vaut pour les bénéficiaires de grâces extraordinaires.

C’est la capacité à vivre l’Union au Christ dans les épreuves de la croix.

Avis aux amateurs…

Et c’est exactement ce que Jésus dira à Jacques et Jean :  » serez-vous capables de boire la coupe que je boirai ?
Quand au reste je ne vous le promets pas. »

Un chrétien, qui essaie de vivre sa vie intérieure, c’est-à-dire tout simplement d’être en accord avec sa foi, fait infiniment plus de progrès par sa fidélité à la prière, ou par une patience dans l’épreuve, par son silence dans la contradiction, par une discrète charité pour un plus pauvre, que par des grâces de vision mêlée d’imagination naturelle que raffole le démon.

En fait, rien ne plaît à Dieu comme une âme qui cherche en silence, qui s’ignore elle-même et ne veut plaire qu’à Dieu.

Elle attire le cœur de Dieu.

Elle repousse de préférence le désir des signes sensibles et extraordinaires.

Parce qu’elle sait que Dieu parle bien plus immédiatement et intimement dans ses sacrements et dans la nudité de la foi.

Ce n’est pas l’âme qui voit, qui touche le cœur de Dieu.

C’est l’âme qui se laisse voir par Dieu.

Et qui lui est docile sur le chemin du Christ.

What do you want to do ?

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DIXSEPTIEME DIMANCHE ORDINAIRE A 2023

Le roi Salomon est célèbre entre tous.
Nous avons aujourd’hui ce magnifique dialogue, en songe, entre le premier roi laïc et Dieu.
Pourquoi le premier roi laïc ?
Parce que Salomon sépare ce qui est religieux de ce qui est civil et politique.
En quelque sorte, il devance la très belle distinction laïque de Jésus :
 » rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu ».
Quelle belle charte de gouvernement…! :
 » donne-moi un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal  »
Salomon pose là le fondement minimal, non pas des droits de l’homme, mais des droits de gouverner… (Les droits de l’homme c’est Moïse qui les avait déjà posés)
 » un cœur attentif. Le discernement du bien et du mal « …
Il est vrai qu’il y a de la qualité dans cette demande.
Et Dieu le remarque :
 » tu n’as pas demandé de longs jours, ni la richesse, ni la mort de tes ennemis »
Y aurait-il donc des politiques qui demandent cela ? …
La demande de Salomon est bien propre.
Bien propre et très laïque.
Parce que le laïque ce n’est pas ce qui n’a aucun rapport avec Dieu.
Le laïque c’est ce qui n’a pas le seul religieux comme objectif.
Fabriquer son pain n’a pas besoin directement de l’aide du Saint-Esprit et n’a pas pour objectif uniquement d’entrer dans la vie éternelle.
On peut faire du bon pain sans être un saint.
Fabriquer son pain ou diriger un pays c’est dans un ordre naturel des choses.
Mais c’est là frères et sœurs, que nous nous distinguons des athées et, à vrai dire, de beaucoup de chrétiens qui le matin sont chrétiens et le soir sont athées.
A la maison, ils sont un minimum chrétiens. Et au travail ils deviennent athées. Parfois des chrétiens qui deviennent chrétiens quand ils entrent dans une église et aussitôt ressortis ils deviennent athées.
Chrétiens avec les chrétiens – athées avec les athées … !! Double personnalité qui conduit au désastre !
Quelle est l’erreur de ces chrétiens qui dansent sur un pied, puis sur un autre ? C’est une erreur très répandue.
Qui abîme d’abord le cerveau pour virer au cancer de la vie de tous les jours.
Cette erreur c’est de penser que notre nature humaine peut se mettre à part de la grâce de Dieu.

Que nous pouvons nous suffire dans les affaires courantes, les relations avec la boulangère, mais aussi peu à peu dans notre prière.
On a notre vie… et Dieu est là pour nous aider de temps en temps.
Et pourquoi pas Dieu doit nous obéir …
‘J’ai demandé ça à Dieu… c’est pour mon bien. Donc cela l’oblige. Dieu doit me l’accorder.’ Gare à Lui s’il ne m’obéit pas !
Vous voyez jusqu’où mène l’erreur ?
Frères et sœurs, il n’y a que le chrétien qui prie qui peut éviter cette erreur.
En vérité, notre nature contient en elle, mais de façon irrémédiable, nécessaire, essentielle, et en continu, un appel à la vie de Dieu.
Un appel à la vie surnaturelle, à la vie éternelle, intégré en nous.
Qui n’est pas optionnel.
Notre nature ne s’achève que par la vie de la grâce de Dieu.
C’est très important.
Et donc, un laïc qui n’est pas chrétien ne peut comprendre complètement ni l’homme, ni l’âme, ni le bonheur pour lui ou pour les autres. Son jugement est faussé.
Parce que le bonheur de l’homme ne se trouve pas dans sa nature mais dans un appel qui dépasse sa nature.
Un homme, une femme, qui n’entend pas l’appel de Dieu en son cœur est obligatoirement handicapée pour parler du bonheur de l’homme et handicapée dans ses jugements.
Dieu est au-dessus de la nature de l’homme, mais la nature ne peut s’équilibrer et être en paix que si elle est hissée jusqu’à Dieu par la grâce.
Elle ne désire que ça. Être élevée par la main de Dieu.
Reprenons les images de Jésus.
Elles ont toutes un environnement très basique.
Un champ, l’océan pour la perle ou les poissons, du pain…
Un environnement basique qui est bousculé par un événement d’exception.
Un trésor ! au milieu du champ… Et le champ devient une merveille. Comme si presque un champ c’était fait pour cacher un trésor…
Une perle qui vient changer le quotidien.
Une pincée de levain, qui vient transformer tout le pain qui gonfle à nous faire saliver…
Une graine minuscule qui devient un arbre… qui deviendra une forêt et abritera tous les oiseaux du Ciel. Etc…
Vous voyez, il y a une exception qui modifie l’environnement dans lequel elle apparaît, et puis elle devient le plus important, l’élément vital… Elle prend la première place. C’est exactement ce qu’on appellera un jour le processus de l’évolution des espèces.

Sauf que la théorie de Darwin est enfouie dans une multitude de paramètres que plus aucun scientifique ne maîtrise.
Cependant Jésus a expliqué depuis longtemps la théorie de l’évolution… spirituelle. Et qui marche formidablement bien…!
Il y a la nature. Bonne ou abîmée. Riche ou pauvre.
La nature qui regarde le bout de son nez (ce sont les athées) et la nature qui regarde très au loin, l’horizon.
Et puis, de nos jours, il y a ceux aussi qui se mordent la queue en tournant en rond et qui disent qu’ils n’ont pas de nature. Ils ont le tournis dans leur tête.
Plus de genre, plus de nature, plus rien. Uniquement : ‘moi et ce que je ressens’…. Ca ne peut provoquer que le tournis…
Je regarde donc, seule issue, un homme complet qui veut vraiment son bonheur. Autrement dit un chrétien, homme de Dieu, homme de foi…
Allez je suppose que c’est vous !
Vous marchez dans la rue. Vous pensez au travail, santé, famille, distractions, etc… vous êtes normal.
Et puis en passant devant une banque, celle devant laquelle vous passez tous les jours, le banquier sort et vous dit :
« voilà, c’est vous !
Quoi c’est moi ? Qu’est-ce que j’ai fait ?
Et le directeur de la banque réplique :
« Voilà les clés de la banque. Elle est à vous ! Tout est à vous. Les coffres, les
comptes, les intérêts …
Comme ça !
Et d’un coup le monde change pour vous !
Tout change. Enfin ! vous allez pouvoir acheter la PS 5 pour votre fils. Et même réserver la PS 6 pour 2027 ! ouah…! bonheur !
Bon… C’est quoi ce banquier ?
… Hé bien, c’est la grâce de Dieu.
Un jour, vous faites votre journée… normale…
Quelques plaisirs, des efforts, des succès et des ratés.
Avec, cependant… l’oreille tendue vers une attente.
Le mieux, c’est l’oreille tendue pendant un moment, à genoux. L’oreille du cœur .. Et Dieu sort.
Il vous tend les clés de votre cœur et de son Cœur à lui.
Etilvousdit: «c’estàtoi…»
– quoiàmoi?
– Hé bien oui, tout… Mes trésors, tes désirs profonds, je te donne tout.
Tu ne savais pas que je t’aimais comme cela… !

Vous pouvez essayer de trouver votre bonheur dans tout ce que la nature, ou l’homme, propose.
Mais il restera toujours une frustration profonde, alors même que vous serez comblé de biens matériels, de santé, et même d’amours humains.
Pourquoi ?
Parce que notre bonheur ne se trouve que dans la banque.
Quand on vous donne les clés de la banque.
Notre bonheur ne se trouve que quand Dieu se donne, totalement, Lui-même.
Et c’est la seule demande qui vaille : « Seigneur, donne moi les clés de ton Cœur. »
Alors je reviens à Salomon… Qu’est-ce qu’il demande ?
Il demande de bien gouverner. C’est pas mal, bien sûr.
Et Dieu lui accorde. C’est pas mal quand on voit tous ceux qui gouvernent mal.
Mais Salomon ne demande pas de gouverner pour Dieu.
Salomon n’articule pas le pouvoir de gouverner à la béatitude de l’homme.
Il va faire une politique laïque sans tenir compte de l’Esprit Saint.
On pourrait dire de nos jours que le laïque qui n’entend pas l’Eglise comme lumière suprême de la grâce de Dieu, c’est la catastrophe à échéance.
C’est ce qui arrive à Salomon.
Il va déraper. Il va conduire son peuple au confort, à l’excellence de son Histoire. Mais avec le manque de la grâce de Dieu en sa trajectoire. Le manque de l’essentiel. Salomon ne déploie pas la politique vers un horizon divin, bien qu’il construira le second Temple, magnifique. Et il fera de belles choses.
Il va dévier. Et, par là, il va semer les graines de divisions qui éclateront, dès sa mort, à sa succession.
Salomon va vivre sur l’impulsion surnaturelle de son Père David.
Mais en Roi laïc qui perd la Foi au Dieu unique.
S’il avait gérer son Royaume pour Dieu, il aurait dépassé son père David.
Mais il a cru qu’on pouvait réussir par son propre jugement humain. Et il en avait….! Sans tenir compte de la primauté de Dieu.
Et ce fut la catastrophe…
Notre cœur, au travail, dans notre cuisine, en jouant aux boules, en regardant les informations, en élevant ses enfants, à l’école et à la Poste, réclame toujours d’être plus près de Dieu et de se nourrir de la grâce du Christ.
Si on le reconnait, Dieu nous donnera les clés du trésor de son Cœur.
Une onction de grâce nous ouvrira le Royaume des cieux.
Voilà les clés.
Et c’est trop, mais vous ne dites pas non !
Et votre journée bascule complètement, votre vie bascule complètement. Elle bascule dans la direction qui fait son bonheur.

Si on ne le reconnait pas, si on fait des parenthèses dans notre vie, des espaces sans Dieu, notre nature finira sur elle-même, notre politique tournera à vide, notre morale deviendra incohérente.
Et le trésor du Royaume de Cieux, notre paix, nous échappera.
On ne verra qu’un champ ingrat, broussailleux et des graines de colère.

HOMELIE SEIZIEME DIMANCHE ORDINAIRE

Frères et sœurs, nous côtoyons des mystères profonds et presque effrayants de lumière et de ténèbres avec ces paraboles de Jésus…

La semaine dernière le semeur et ses graines qui poussent ou qui ne poussent pas…

Aujourd’hui, un beau champ de blé abîmé par les mauvaises herbes.

Mystère de la prédestination, mystère du mal, mystère de la présence de Dieu et en même temps de la présence d’un Ennemi invisible… Gouffre de vie et de mort…

Et on n’a pas de solutions à notre dimension humaine. Nous sommes si petits..

Il y a le soleil et il y a les trous noirs… Et on sait que le soleil deviendra, un jour qui nous parait lointain, trou noir.

Dans l’Esprit, il n’en est pas ainsi. Les trous noirs du Démon seront engloutis par un jour…. d’éternité lumineuse.

Mais pour l’instant, nous sommes dans la bataille.

Alors pour approcher ces gouffres je vais me raccrocher à un classique qui a nourri d’une belle métaphysique, mon âme d’enfant.

Allez… Je commence…

Il était une fois…

C’est une belle expression qui est comme une douceur pour tous les enfants. Elle annonce l’émerveillement.

Bon je continue…

« Il était une fois… une délicieuse petite fille que tout le monde aimait, surtout sa grand-mère qui la chérissait tendrement.

Un jour, elle lui offrit une petite coiffe de velours rouge.

Elle plut tellement à la fillette quelle ne voulut plus rien porter d’autre et on la surnomma « le petit chaperon rouge ». C’est tellement gentil tout ça..

Seulement voilà, pour qu’un conte soit vrai, il faut qu’il montre la réalité qui n’est pas gentille…

« Alors, la mère du petit chaperon rouge lui demanda une mission : Porter une galette et une bouteille de vin à sa grand mère préférée qui était malade.

Juste deux consignes.

 » Tu suis le chemin direct, tu ne t’attardes pas et tu n’oublies pas de dire bonjour en entrant dans la maison. »

Et le loup arrive.

Nous, on le connaît tous, le loup, mais le petit chaperon rouge, pas encore…

Que fait il le loup ? Ecoutez bien….

Il suggère à la fille de faire une bonne action.

Comme c’est bien vu !

« regarde la nature… Il y a de si jolies fleurs qui feront tant plaisir à ta mère grand ! Prends ton temps…

et plus les fleurs emmenèrent le chaperon rouge au loin, plus sa cueillette était ravissante.

Mais ce que la petite fille n’a pas vu, c’est que ce qu’elle croyait bonne action était en fait de l’ivraie qu’elle semait dans sa mission.

Le loup, très astucieux, pour la croquer et la grand mère du même coup, et peut-être croquer la maman ensuite, (par le chagrin d’abord perdu sa fille et sa mère…), le loup
en donnant un bon conseil a rempli la robe de la petite fille de graines mauvaises. Comme c’est bien vu !

Le Mauvais conseille une bonne action, que personne ne nous a demandée, pour favoriser l’introduction du mal, de la mauvaise herbe dans le champ de la grâce de
Dieu…

Notre mal, on le fait toujours en voulant faire du bien.

Et on se rend compte que le Mauvais nous a utilisé.

Quand on arrive à la maison, on découvre alors les dégâts qui ont été faits.

Et on finit nous aussi à la casserole, du même coup.

Dans le ventre du loup qui a pris toute la place.

J’entends souvent ce jugement : « oh, un tel, une telle.. Il ou elle a fait tellement de bien ! » et on le canonise soi-même dans le Panthéon des saints …

Ou encore la variante : « il y a des gens qui ne mettent jamais les pieds à l’église et qui sont bien meilleurs que certains chrétiens »

Oui, mais combien ont passé leur vie à cueillir des fleurs pour faire des gros bouquets, pendant que le loup mangeait la grand mère. Ils ont cueilli des fleurs, mais leur mission, celle où Dieu les attendait, ils l’ont délaissé.

Leur champ de blé est rempli de jolis coquelicots inutiles et de mauvaises herbes qui trompent la galerie.

Rappelons-nous que l’ivraie ressemble comme deux gouttes d’eau à du bon blé.

Cependant, Jésus introduit dans sa leçon un personnage qui manque dans le conte du petit chaperon rouge.

Jésus est tellement plus réaliste et tellement plus génial et fin que Charles Perrault ou les frères Grimm.

Pour Jésus il y a un autre monsieur qui permet de mettre à jour le jeu malsain du loup. C’est monsieur ‘le temps’.

‘laissez faire monsieur le temps’, dit Jésus. Il dévoilera la nocivité de l’ivraie qui est indiscernable quand la plante est jeune.

Les soi-disant bonnes actions des tordus se révèlent quand elles rencontrent sur leur chemin Monsieur ‘le temps’.

Et surtout quand elles rencontreront Mister God, c’est à dire Monsieur le Bon Dieu, qui leur dira au jour de la moisson : « En fait, as tu obéi ?
Tes bouquets magnifiques de fleurs sauvages ne m’intéressent pas. Ça c’est ton bien à toi, personne ne te l’a demandé, et cela n’appartient pas à l’Eglise. Je ne te connais pas; Combien tu as favorisé le mal sans t’en rendre compte.. Par tes bonne actions.

Mais là où tu as obéi le bon grain a fructifié.

En cela tu as favorisé la beauté de l’Église; tu as ouvert les portes de la grâce divine et tu es entré dans le Royaume de la vie éternelle. »

Comme elle est belle cette finale… du conte :
« Et le petit chaperon rouge se jura de ne plus jamais désobéir à sa mère et de ne plus parler à des inconnus… »

Jésus, lui, a dit de ne pas jurer.

Mais il a dit qu’il avait à sa maison qui est l’Église, une petite porte où l’on tire la chevillette et où la miséricorde nous ouvre ses bras.

Décidemment, Jésus est toujours plus parfait.

Les contes sont ravissants de sagesse, mais je préfère en fin de compte, l’Evangile resplendissant de grâce.

HOMELIE QUINZIEME DIMANCHE ORDINAIRE

« Vous aurez beau écouter, vous ne comprendrez pas.

Vous aurez beau regarder, vous ne verrez pas. »

Et pourtant : « Ma parole reviendra ayant rempli sa mission ».

Alors premier danger, très actuel :
Le Mauvais, le Démon, qui vient semer dans le cœur, dès l’enfance, des traumatismes et des obsessions, des bouleversements de le cœur et de l’esprit. Qui rend rend infirme les enfants, dans leur affectif, dans leur jugement, dans leur volonté. Dans leur vie intime et sociale et spirituelle. On y est.

Deuxième danger, très actuel : – Le sol rocheux… Il y a un appel à la grâce.

Mais l’Église n’est pas suffisamment visible, n’est pas suffisamment porteuse pour
protéger les petits semis.

L’Église ne remplit pas sa mission de sainteté et de mère.

L’Eglise est sainte. L’Eglise est mère. Mais les chrétiens ne vivent pas l’Eglise.

En ce cas, on n’a pas à reprocher à la société un rôle toxique, parce que de toute façon, ce n’est pas son rôle, à la société, d’entourer de douceur les premières grâces de
quelqu’un qui se tourne vers Dieu.

Combien j’ai vu de petites attirances vers Jésus, chargées de belles promesses qui ont été désorientées, abîmées, exclues, par certaines bonnes âmes paroissiales, et parmi
elles, le prêtre aussi, mal éclairées en jugement et en sainteté…

3e danger très actuel : – Les ronces des soucis du monde.

Bien sûr le démon est toujours là, mais très discret derrière le décor. Il détourne par le bruit ambiant.

Par l’extérieur.

Par la sollicitation de la matière, des émotions, des images et des informations.

Il veut à tout prix que la grâce reste à l’épiderme qu’il irrite.

 

Alors je veux sauter le chemin, et creuser la bonne terre.

Pourquoi le Seigneur m’a-t-il fait la grâce de passer à travers certains obstacles qui auraient pu m’engloutir ?
Et pourquoi le Seigneur ne me défend pas contre certains obstacles qui me restent ?
( pourquoi l’autre jour, ai-je perdu du temps, à regarder des mini-films sans intérêt sur Tik Tok ?)

La bonne terre c’est que Dieu a orienté notre cœur, à chacun, mon cœur et le vôtre, vers la joie.

Ce que chacun veut, même le plus tordu des hommes, c’est d’être heureux et c’est d’aimer Dieu par-dessus toute chose.

L’oiseau est fait pour voler, et dans son innocence il ne peut pas désirer autre chose.

Le fond du cœur de l’homme est fait pour s’envoler vers son bonheur.

Et rien ne changera cette orientation créée par Dieu de toute éternité.

Mais Dieu veut que nous participions à ce chemin. Ou, si nous reprenons l’image de Jésus, Dieu nous laisse le soin d’arroser les semis, de les protéger si besoin.

Et nous ne pouvons pas bien arroser si nous ne Lui demandons pas quand et comment arroser.

Et là, il nous est possible d’oublier Dieu.

Nous pouvons prendre une idole, une déviation, une perversité, pour notre bonheur.

C’est très actuel.

Ce n’est qu’en demandant la grâce, en se faisant petit, que nous nous rectifions, que nous devenons juste et grand par notre intelligence, reçue de Dieu.

Dieu peut rattraper nos insuffisances, mais il ne le fait pas toujours. Mystère de son dessein d’amour.

En fait, Dieu peut irriguer de manière souterraine et invisible un terrain défoncé.

Dieu peut envelopper le cœur de celui qui prie pauvrement, pour le faire battre au rythme de son amour. En quelque sorte Dieu peut donner un vent favorable pour que l’oiseau soit porté dans le ciel.

Et il va porter l’oiseau migrateur par un instinct infaillible, et continu, pour accorder sa direction vers son vrai bonheur.

Autrement dit vers Jésus-Christ.

L’oiseau vole, mais il ne sait pas comment ni pourquoi il poursuit son cap.

Le Saint-Esprit affine l’âme, imperceptiblement, et la libère de ses buissons.

C’est la grâce qui nous libère de nos buissons.

Alors la joie grandit, imperceptiblement.

Et la foi, de petite graine, devient un grand arbre qui produit ses fruits, imperceptiblement.

Et le monde se simplifie. Il dévoile sa pureté.

Comme au moment où se dissipent les brumes de la rosée du matin. Le monde ne change pas, j’entends dire… Mais bien sûr qu’il change…!
Dans l’union intime avec Dieu, par la prière continue, le monde montre son vrai visage.

Son visage vrai, sa lumière vraie, sa beauté vraie.

Sa paix derrière la guerre et derrière la souffrance.

Par le monde, par son nouveau visage, qui n’est pas nouveau mais qui est celui des origines, la Parole de Dieu nourrit le cœur, et les yeux, et les oreilles, et les poumons, et l’espérance, et l’amour, dans le vol de nuit de l’oiseau migrateur qui est notre âme.

Bien sûr que Jésus-Christ a tout changé…

Sauf pour ceux qui ne veulent pas changer et rester aveugles.

QUATORZIEME DIMANCHE ORDINAIRE A 2023

Ce que que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits…
Sainte Thérèse de l’enfant Jésus disait à sa sœur Céline cette petite recommandation : Bonbonne, il faut qu’elle se tienne dans sa position, qu’elle n’essaie pas d’être grande dame, jamais ! ».
C’est étonnant, mais du temps de Jésus il y avait des savants qui n’avaient pas tout compris…
Plus étonnant encore, de notre temps, il y a toujours des sages et des savants qui n’ont pas tout compris…!
Mais dans 2000 mille ans, frères et sœurs, les savants auront tout compris…
Sauf que Adam et Ève ont voulu être les premiers savants par eux mêmes et ils ont introduit la panique dans la raison et la logique humaine.
Ils avaient pourtant la science infuse. Ils connaissaient tout de science infuse dans leur état d’innocence.
Ils ont voulu devenir grands… Par eux mêmes.
Et nous avons mal de cette ambition. Très mal.
Que nous reste-t-il de cette joie primordiale ?
Il nous reste que plus on découvre l’infiniment grand, et plus on découvre l’infiniment petit, et plus on découvre la nature et l’homme et la femme, et plus on découvre n’importe quelle existence, en savant, par les effets qu’on observe ou qu’on fabrique, et plus tout s’embrouille et plus on augmente les déviations et le malaise.
On m’envoyait dernièrement l’adresse d’un site officiel du Ministère de la Santé (‘onsexprime’) qui a pour objectif d’avertir les jeunes de 10 à 20 ans des possibilités de la sexualité..
Et l’on se dit : que c’est affligeant !
Exposer la sexualité de l’homme animal sans prendre en compte la beauté de l’âme humaine. Le propre de l’homme et de la femme.
Et l’on décortique sans aucune précaution l’intimité de la bête humaine que Jean Paul II a mis des années à exposer dans sa beauté merveilleuse..
Et on arrive à un massacre.
Et du côté des enfants à un scandale.
Dostoïevski, dans son roman, ‘ les possédés’, montre très bien cet effort barbares de certains qui ne voient pas de différence entre une page de Shakespeare et une vieille paire de bottes.
D’où vient cette obsession à rabaisser la beauté de nos enfants ? Je vous laisse deviner… Un enfant de 10 ans, un tout petit, peut-il comprendre que les adultes se moquent de lui, par idéologie ?
Certains…

D’autres se suicideront, parmi les tout petits qui auront été scandalisés par une propagande aveugle et malade.
Beaucoup de familles souffrent pour leurs enfants, leurs tout petits, de cette ingérence de manipulations médiatiques ou dans leur enseignement, destinée à mutiler nos enfants dans leur âme.
Pourquoi n’est il pas dit au moins une fois sur le site :
 » si vous n’êtes pas bien avec votre âme, si vous n’êtes pas mûrs en votre personnalité, vous serez mal en votre sexualité, et la sexualité sans maturité est blessure irrémédiable de votre vie. »
On peut le dire aux enfants pour leur bonheur, on peut le répéter aux adultes.
Je suis étonné (ou plutôt je ne suis pas étonné… Je le constate tous les jours) que beaucoup de jeunes ne se sortent pas d’une sorte de désespoir qui couve une révolte intérieure.
Ils pressentent qu’on les emportent dans la tromperie, la réduction de leur beauté.
Il n’est plus rare que des hommes jeunes ou des femmes renoncent à leur fécondité, par crainte d’exposer leurs enfants aux délires du monde.
Pour quelques petits moineaux qui auront été sauvés de la marée noire, combien y en aura-t-il qui seront englués, pauvres victimes qui se débattront jusqu’à la fin de leur vie ? Il est de notre devoir, de notre conscience, frères et soeurs, d’annoncer tranquillement, sans complexe et avec intelligence: « jeunes, petits enfants, venez à l’Eglise… L’Église connaît les profondeurs de Dieu et les profondeurs de l’homme comme nulle autre. Elle peut donner bonheur à vos désirs les plus beaux et les plus élevés qu’aucun sage de ce monde ne vous donnera parce qu’ils présentent des modèles réduits de l’humanité. » Leur approche des réalités, en tous domaines, est affligeante. Et en même temps risible et pitoyable, parce que Dieu se joue de toute cette misère. Il donnera des grâces plus grandes et plus belles que je peux aussi observer à travers le désastre.
En fait, frères et sœurs, nous sommes toujours et nous le serons jusqu’à l’Église du Ciel, dans la même situation qu’au temps de Jésus.
La même situation ou plutôt la même problématique.
Le brouillage c’est qu’on a perdu l’articulation entre l’esprit et la matière, entre la chair et la vie pure de notre âme.
Entre le temporel et le spirituel.
Entre les efforts de l’homme qui se veut être seul et la nature des choses qui peut être dépassée, quand on l’accepte, par la lumière de la grâce divine, pour devenir merveille. Un philosophe (Jacques Maritain) que j’apprécie commençait l’une de ses conférence par ces mots :
« la leçon de la crise à laquelle nous assistons se dégage d’elle-même, c’est un rappel aux exigences de la vie surnaturelle, et une affirmation absolue de la primauté du spirituel. Et il ajoutait :
 » nous devons affirmer comme une vérité supérieure à toutes les vicissitudes du temps, la suprématie de l’Église sur le monde et tous les pouvoirs terrestres. Sous peine d’un désordre radical dans l’univers, il faut que l’Église guide les peuples vers la fin dernière de la vie humaine, qui est aussi celle des États. »
Ces mots ont été écrits en… 1927. [Primauté du spirituel ]
Ils auraient pu l’être du temps de saint Paul.
Les sages et les savants de toutes disciplines poursuivent tous pourtant cet idéal de l’homme unifié et libre qui est en fait le souvenir de l’unité perdue inscrite dans notre nature profonde.
Mais il est impossible que l’homme rejoigne sa joie en donnant la priorité à la matière, à la chair, et à plus forte raison au mensonge et à la manipulation.
Que les hommes l’écoutent ou non, l’Église est belle de vérité, resplendissante du message et de la vie du Christ.
En elle se trouve la grandeur des hommes.
Je me rappelle dans mes années d’adolescence une des premières intuitions qui m’avaient permis de jeter mon ancre et stabiliser ma barque.
C’est que si Dieu n’était pas, il n’y avait aucune règle ni aucun ordre qui tienne.
Tout m’était permis.
Ma destruction m’était permise, la destruction du monde, aussi, pourquoi pas.
Sans Dieu, je suis un parmi d’autres, et j’ai le droit de tout casser, moi et les autres. Le curé d’ars disait que si un village était sans prêtre pendant 10 ans, les hommes adoreraient alors les bêtes …
Avec Dieu, je suis choisi, et aimé. J’ai un Père. Et j’ai une fin glorieuse et lumineuse d’amour. J’ai une vocation. Un dessein unique pour moi, une prédestination, une âme faite pour la grandeur.
Ce fut peut être une intuition de tout petit, quand il me restait encore quelque chose de mon émerveillement d’enfant. Mais je m’en rappelle.
Ceci dit, je m’aperçois que jusques là je vous parle en sage et en savant…
Alors je voudrais terminer au moins en disciple.
Il y a quelques jours, je racontais à une âme attentive l’une de mes expériences auprès d’un saint.
Je l’ai peut être déjà racontée, mais c’est avec joie que je reviens à ce souvenir.
Ce sont mes rencontres avec frère Joachim.
Oh…, n’ayez crainte, personne n’a entendu parler de lui, nulle part.
Sinon peut être, dans un journal local des années 40, au moment où sa femme et sa fille, uniques et chéries, se sont tuées dans un accident de la route.
Immense coup de la Providence pour Joachim alors cheminot aux chemins de fer.
Je l’ai connu en sa dernière année, 50 ans après la tragédie de sa vie.
Le malheur de sa jeunesse l’avait projeté dans les bras de Dieu, de son Père du Ciel.
Il avait jeté son fardeau sur les épaules du Christ et avait choisi son amour, dans un monastère.
C’est dans sa chambre d’infirmerie que je l’ai connu, pliant des petits papiers pour la fabrique du monastère.
C’était son travail solitaire au long des jours.
Il était presque sourd et je devais forcer la voix pour communiquer.
Et lui, parlait très doucement, très doux, très doux par des mots brefs. Sur la prière. C’est tout.
Cette voix était inattendue d’un homme qui manifestement, à son physique, avait été une force de la nature, au visage taillé dans du roc, souligné par des sourcils qui étaient de vrais buissons.
Il ne me disait rien de neuf, rien de compliqué.
Je repartais avec les cordes vocales un peu irritées d’avoir forcer la voix et l’âme totalement apaisée et jubilante de ce moment exceptionnel.
J’ai appris par la suite que frère Joachim avait eu un tempérament irritable à l’excès, avec des colères volcaniques et fréquentes.
Je n’aurais jamais pu l’imaginer ainsi, si on ne me l’avait pas rapporté.
L’Esprit du Seigneur ne l’avait fait que douceur.
Doux et humble de cœur, il avait trouvé le repos de son âme à des profondeurs lumineuses que je ne comprends toujours pas.
La veille de sa mort, auprès de son lit, où il agonisait, sans médicament aucun, d’une gangrène qui lui avait pris tout le côté droit, je lui demandais s’il souffrait…
Silence… et de sa voix encore plus discrète, dans un souffle il me répondit. :
« oh oui, je souffre, petit frère…. »
Silence de tous les deux.
Et puis, quelques secondes plus tard, ou quelques minutes, je ne sais pas, il ajouta :
« si tous les hommes pouvaient s’aimer »
Le Christ ressuscité a pris ce tout petit, contre son cœur, le lendemain.