HOMELIE SIXIEME DIMANCHE DE PAQUES

« l’Esprit n’était encore descendu sur aucun d’entre eux :
ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus.
Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains,
et ils reçurent l’Esprit Saint. »

Un oiseau en cage.
Il chante, il vole d’un perchoir à l’autre.
Il mange ses graines.
On peut dire aux enfants :  » regardez ce que c’est qu’un oiseau « 
Et puis vous ouvrez la cage…
Vous suivez cet oiseau allant d’arbres en arbres…
Et il se met au dessus de vous pour chanter dans le feuillage.
En fait, frères et sœurs, j’ai toujours aimé davantage l’oiseau qui chante dans les arbres, plutôt que l’oiseau que je regarde à travers les barreaux.
Il est vrai que dans les arbres, il peut toujours craindre le chat; l’oiseau en cage, il n’a pas a s’en faire souci.
Mais un oiseau en cage, c’est tristesse.
Tout comme un poisson rouge en bocal.
Tout comme un lion en cage.

La sacrement de confirmation ( c’est ce qu’ont donné Pierre et Jean aux samaritains ), le sacrement de confirmation nous libère.
Il ouvre la cage ou la bergerie par l’Esprit Saint.

Le baptême, seul, nous donne l’oiseau mais c’est encore limité.
On a le chant, on a la couleur du chrétien.
On a la lumière.
Mais l’amour, libéré, pas encore.

Pourquoi deux amis, deux camarades, garçon et fille, un jour se disent : on va vivre ensemble. ‘Je te demande ta main… et ton cœur…’ ?
L’amour donné, toute ma personne, donnée à toi.
Parce que l’amour bascule dans la dimension du don de soi, infini, corps et âme .
Avant le mariage, il y avait les mêmes personnes, les mêmes deux amis; les mêmes capacités d’amour; les mêmes expériences de partage;
Et pourtant, la relation change le jour où il y a promesse de s’engager pour la vie, corps et âme, pour l’autre, avec la grâce de Dieu.
On ne vit plus dans deux cages, à se faire cui-cui, on se retrouve dans les arbres à chanter les louanges de Dieu.
Ça devient grand.

Cela veut dire que, en nous, vis-à-vis de Dieu, notre relation peut avoir l’aspect de l’oiseau en cage. .. (on est chrétien, ‘on a tout fait, même la profession de foi… Mais on n’a pas ouvert la porte de la cage)
Ou bien… Notre relation avec Dieu est folie d’amour et de foi, à la barbe du démon.

L’Esprit Saint nous invite alors à découvrir le feuillage des grands arbres.
Et à faire notre nid pour les fruits de l’amour.
Il y a quelques semaines, un couple de pies, accrochait son nid annuel au plus haut d’un grand arbre, près de la Bresc.
Magnifique d’invention, d’habileté. Elles ont fait cela avec empressement et joie.
Et je me disais : ‘ elles ont l’Esprit Saint’… enfin…. L’esprit saint des pies.
L’Esprit Saint de l’amour d’un homme ou d’une femme, c’est encore mieux que celui d’un couple de pies. normalement…

Dans une paroisse, c’est un souffle créatif, c’est une liberté lumineuse d’obéissance, c’est une délicatesse du cœur et de l’esprit.
C’est la proclamation d’une bonne nouvelle comme un feu que l’on ne peut pas retenir.
C’est l’envoi en mission, par l’Eglise.
Sans proclamation de l’Evangile, comment peut-il y avoir communion, conversion, croissance de la communauté ?

Après… après, la beauté de Dieu peut faire des œuvres encore plus magnifiques.
On va d’abord commencer par là, chers frères et sœurs..
Cela c’est simplement ouvrir la porte de la cage.
Vivre en vérité et en communion.
Ensuite, ensuite… Nous parlerons d’œuvres magnifiques

Au-delà des vocations communes…
il y a les vocations à l’intimité au cœur de Jésus.
Je ne parle pas de piété ici.
Je parle de grâce particulière d’appel à l’amitié à Jésus.
Où l’amour de Dieu emporte le cœur de celui qui répond ‘oui’ jusque dans le nid divin.
Il n’y a plus de mots.
On ne peut pas faire de photos de cette relation intime de celui qui aime Dieu de tout son cœur, de toute son âme.
Alors oui, Jésus vient aimer par une grâce particulière et habiter le cœur de celui qui veut vivre de résurrection, de vie éternelle, d’eau et de sang, celui qui veut poser sa tête contre le cœur de Jésus.
Jésus frappe doucement, parfois un peu plus fort, mais jamais sans forcer et il appelle :
« veux-tu parler d’amitié avec moi ? »
« ne crains pas, c’est moi . »
Mais je n’ai pas à m’étendre là-dessus, parce que cet appel est intime et qu’il s’adresse aux âmes d’ambition qui se reconnaîtront.

Et là aussi c’est une merveille de la Création de Dieu.
Oui, l’Église accueille les pécheurs, ceux-là mêmes qui lui font du mal.
L’Église accueille aussi tous ces petits oiseaux en cage qui sont légions.
Et elle leur fournit le grain.
Ils ne demanderont jamais d’ouvrir la cage de leur cœur.
Mais…. l’Église habite jusqu’au sommets des plus grands arbres des forêts.
L’Église connaît jusqu’au secret du cœur de Jésus, de la Transfiguration à la Croix, de la Résurrection jusqu’à la béatitude, ceux qui ont soif.
Ceux qui tout simplement veulent devenir des saints et des saintes.
Accomplir les promesses de leur baptême…
Jésus n’a pourtant pas dit:
Heureux les cœurs qui posséderont leur cage…
Il a dit :
« heureux les cœurs purs, ils posséderont la terre »…
Cette Église là, chers frères et sœurs, je vous le dis, celle des cœurs purs, elle est magnifique.
Mais on ne la visite pas. On la vit.

HOMELIE CINQIEME DIMANCHE DE PÂQUES

Une des merveilles de la Parole de Dieu, de la Bible, c’est sa façon d’exposer la vérité des événements et des personnes.
Chaque mot, chaque verbe, et indication, porte un message qui nous élève, qui nous appelle a un mystère grand.
Tellement riche
Hé oui… La première Église n’a pas échappée aux murmures, (c’est dit tel quel…) aux rééquilibrages des rôles, elle n’a pas échappée à ce que certains font tout le travail et d’autres restent à l’écart.
Les veuves font tout le travail, c’est généreux, mais ce n’est pas dans la paix.
Quand on regarde les débuts de l’Église, il y avait aussi du n’importe quoi. Et ce n’est pas caché… même des conduites irrespectueuses pendant la messe (Saint Paul dit que certains corinthiens se disputent au moment du repas sacré!
Et même qu’ils ne sont pas tous très frais !
Et pourtant l’Esprit Saint fait son œuvre.
Les œuvres du Christ et de l’Église sont toujours plus grandes.
Vraiment c’est un mystère…
L’homme porte en lui la contradiction, et l’Église demeure lumière.
Et aujourd’hui dans les Actes des Apôtres nous voyons cette contradiction et cette lumière.
Nous sommes au tout début de l’Église et nous assistons à une leçon d’Esprit Saint.
D’abord des querelles de service.
« on en fait trop. et eux ils font rien…! » classique…
Mais la leçon d’Esprit Saint, elle est dans la réponse.
Et la réponse est une leçon d’Eglise et pour les siècles.
Les apôtres décident d’organiser non pas selon l’inspiration de chacun. (cela se termine toujours en conflit. Le détestable : »C’est moi qui …. »)
Mais les services seront organisés en mission.
Et voilà l’esprit de l’Église.
Et l’Esprit Saint.
Chaque chrétien, chaque paroissien est appelé selon une mission qui lui est donnée pour le Christ.
L’esprit du monde n’entre pas dans ce mouvement.
L’esprit du monde c’est : ‘ je fais ma place et c’est moi qui décide. Et tout ce que je décide est inévitablement le meilleur.’
L’esprit de l’Église, c’est qu’il y a une tête, qui est le Christ.
Et que cette tête est représentée par l’Église visible qui est le pape, les évêques et les prêtres.
Le pape qui appelle.
Les évêques qui appellent.
Les prêtres qui appellent.

Comme dit Jésus : « qui a des oreilles pour entendre qu’il entende »
L’Église n’est pas là pour tirer les oreilles pour qu’on entende.
Elle est là pour proférer l’appel.

Que se passe-t-il dans les Actes des Apôtres ?
La décision de l’Esprit Saint s’exprime par les Apôtres justement. C’est à dire par la voix des évêques.
Qui eux-mêmes sont en communion avec le Pape.
Les apôtres en communion avec Pierre.
Les évêques en communion avec le Pape.
Les prêtres en obéissance avec les évêques.
Les fidèles en obéissance avec le prêtre.

La communion est très facile à dessiner.
Mais il faut l’Esprit Saint pour la vivre.

Il n’y a donc pas à s’étonner que dans une paroisse il y ait des paroissiens qui comprennent l’Église et qui sont excellents de communion.
Je remercie chacun de vous, paroissiens excellents, qui vivait en communion avec votre prêtre.
Nous formons l’Église selon l’Esprit Saint éternel.
Et j’essaye d’être en communion et en obéissance avec notre évêque François.
Ainsi l’Église est belle et féconde.
Et j’ai une certaine douceur intérieure à vivre cette communion avec vous parce qu’alors nous sommes en communion avec le Christ et nous sommes dans la vérité.

Et il n’y a donc pas non plus à s’étonner que certains ne comprennent pas l’Esprit de l’Église.
Et agissent dans l’Église avec l’esprit du monde.
Il n’y a donc pas s’étonner des murmures, des refus, des conflits qui divisent nos communautés.
Incompréhension de la grâce de communion que repèrent facilement ceux qui ne mettent pas les pieds à l’église.

Et l’Église, malgré la lourdeur invisible de cette incompréhension, l’Église reste belle et chemin de salut pour ceux qui prient, pour ceux qui veulent se sanctifier, pour ceux qui veulent toujours se convertir et vivre de l’Esprit Saint.
Malgré cela se font des œuvres plus grandes encore que celles que le Christ a réalisées lorsqu’il était physiquement avec ses apôtres.

On pourrait dire qu’il y a une Église pure dans chaque paroisse et il y a une non-Église, une Église factice dans chaque paroisse aussi.
L’Église pure elle est dans le cœur de celui qui écoute l’Esprit Saint et l’Epouse, représentée par ses ministres.
C’est l’Église d’une joie silencieuse et intense…
Et puis il y a une Église qui ne correspond pas à son appel, mais qui se sert de l’Église plutôt qu’elle ne la sert.
Qui n’a pas à sa tête l’Esprit Saint et ne vise pas la communion. Et pourtant pleine de bonne volonté….
C’est inévitable.
Puisque ça existait il y a 2000 ans.
Mais, tirant à ses chevilles ce semblant d’Eglise,
l’Église pure avance et ne cesse de s’embellir dans la communion délicieuse,
Elle n’est pas toujours nombreuse, mais elle est puissante de vérité et elle est délicieuse de communion, d’une onction très douce pour ceux qui la vivent.

HOMELIE PREMIER DIMANCHE DE CAREME

Vous voyez, frères et sœurs,
nous avons, avec les quatre textes que nous venons de lire, de ce premier dimanche de Carême, la preuve de l’inspiration divine de l’Écriture sainte.
En aucune autre religion ou texte fondateur vous ne retrouverez le sublime qu’il y a dans ce que nous venons de lire.

Plus encore que le récit de la création de l’homme et de la femme, qui est prodigieux de profondeur et de subtilité, Dieu a inspiré le récit de la création du mal.
Bien qu’il n’y fut pas.
La création de l’homme et de la femme appartient à Dieu.
La création du mal appartient à l’homme.
Eve, et Adam, peuvent se vanter d’avoir été créatifs…
Ils ont créé le mal, tout seuls.
Nous avons là un croquis parfait d’une création ratée.
Comme la pellicule d’un film, en négatif, absolument admirable, qui aura besoin de toute l’histoire du monde pour développer sa tragédie.
Toute l’histoire du monde est contenue dans ce croquis parfait.
Sauf que Dieu va utiliser ce négatif, qui n’est pourtant pas de lui, pour faire surgir une photo, la plus parfaite qui soit, avec une lumière et une harmonique de couleurs unique et incomparable.
On pourrait se dire : mais alors, on ne va plus penser au négatif…
Quand le papillon s’envole du cocon, terminé ! Il n’y a plus de larve, il n’y a plus de cocon…
Mais Dieu ne fait pas œuvre humaine.
Quand l’homme crée quelque chose il abandonne ce qui existait avant. Il remplace, transforme.
Quand Ève a cueilli le fruit de l’arbre, elle a laissé tomber tout le reste.
Toute la beauté qui lui était offerte, de son âme, de son corps, de sa relation avec Adam, de son équilibre d’avec la nature, de sa psychologie, elle l’a perdue… au pied de l’arbre.
Et même son intelligence intuitive, tellement limpide, donnée par un don très spécial, préternaturel, don de sagesse et de science infuse, directement de Dieu, elle l’a perdue en croquant ridiculement un fruit séduisant mais accroché à un mystère qui la dépassait.
Que ça fait de la peine, de la voir vriller pour saisir un fruit séduisant… Et ne plus pouvoir retrouver sa pureté et sa clarté d’esprit d’avant…
Oh oui…! Adam et Eve ont acquis l’intelligence… bravo!
Ils ont acquis l’intelligence qu’ils étaient nus !
Ça, c’est un scoop !
‘Ils se rendirent compte’, (d’autres traductions disent : ‘ils surent’), bref, ils eurent connaissance, qu’ils étaient nus.
Seulement voilà, cette merveilleuse connaissance nouvelle qu’ils avaient un sexe, alors que ce sexe était au départ pour se donner, l’un l’autre, l’amour que Dieu avait mis dans leur cœur… cette nouvelle connaissance va être mensongère, et les mettre mal à l’aise.
De cet échange d’amour qui était prévu pour être le plus beau, ‘à l’image de Dieu ‘, quand il était dans l’innocence et dans l’intelligence que Dieu leur donnait l’un de l’autre, de la femme pour l’homme, et de l’homme pour la femme, la femme et l’homme ont réussi à le rendre empoisonné parce que chacun se met à manger pour lui-même.
La joie de l’intelligence profonde de l’autre, corps et âme, polluée par le péché originel, va s’avilir en conscience d’un plaisir fautif, pour soi.
Et ça va même aller plus loin par la suite.
Ce plaisir pour soi, mêlé désormais d’égoïsme, de domination et de soumission, va faire croire qu’il nous libère.
Tout est renversé. Et tout s’embrouille.
Tout le monde se cache.
Pire, tout le monde croit faire œuvre héroïque en s’y aventurant malgré le mensonge de l’autre.
L’interdit… saisir en cachette un mystère qui nous dépasse, excite.
Mais ce qu’on ne dit pas, c’est qu’il détruit… quand il n’est pas dans la grâce de Dieu.
Alors que Dieu avait fait une œuvre d’amour parfaitement harmonieuse.
Alors que Dieu donnait à flots dans le cœur de l’homme les dons les plus merveilleux de la nature et de la vie éternelle.
L’homme et la femme ont laissé tomber tout cela.
On pourrait avoir de la colère de l’héritage que nous ont laissé nos premiers parents.
Ce récit de la Genèse, à défaut d’éclairer notre monde de beauté, explique de manière unique la tragédie de l’Histoire du monde.
De la Bible d’abord. Toute la Bible va être teintée de cette dégénérescence de l’homme.
Jusqu’à notre histoire contemporaine qui est pourrie par ce geste de Ève, partagé par Adam, et qui continue de plus belle à tous les niveaux de notre société et de nos familles et de nos cœurs.
Geste d’orgueil, d’amour propre, et d’appropriation.
Mais le plus inconcevable, c’est que beaucoup en arrivent à accuser Dieu lui-même de ce mal qui se répand.
Si Dieu existe, pourquoi tolérerait-il la souffrance des innocents ?
Le diable réussit à faire attribuer la faute à Dieu. C’est le comble !
Alors que la souffrance des innocents vient de l’homme et uniquement de l’homme enfermé dans le cercle vicieux de ses erreurs.
Mais j’ai dit que Dieu va utiliser ce négatif, qui n’est pourtant pas de lui, pour faire surgir une photo parfaite…
Et cette photo, si je puis dire, parfaite de lumière, c’est Jésus-Christ…
C’est Jésus-Christ devant le Diable.
Nous avons là aussi, avec l’Évangile un texte fondateur.
Devant le menteur, le manipulateur, qui agit par mimétisme, la vérité redevient invincible, avec Jésus-Christ.
Dieu pourrait tuer le mensonge, et le menteur avec, mais Dieu n’est pas homme. Il ne tue pas.
Ce serait prendre les armes de son adversaire qui, lui, cherche à tuer, et en premier lieu, à tuer les âmes.
Dieu simplement avance en vérité, et cela procède de la plus belle intelligence bien sûr; avec le diable qui s’agrippe à ses basques.
Et qui crie, et qui agite ses casseroles, et qui fait du mal aux plus innocents.
Mais qu’importe…
Voilà qui est divin. Dieu a le dernier mot par son fleuve d’amour et de lumière qu’il a ré-ouvert en surabondance sur l’histoire du monde avec Jésus-Christ.
Regarde Jésus-Christ et la grâce viendra inonder les profondeurs de ton cœur d’amour et de lumière. D’harmonie et de paix.
Elle guérira toutes tes peurs et tes blessures, si tu es fidèle.
Et quand tu oublies Jésus-Christ, alors tu fais un pas dans le désert où tu rencontres inévitablement celui qui va te faire croire que tu es héroïque dans ton plaisir et dans l’amour de toi-même.
Et parfois même héroïque dans ton suicide.
Et qui va te faire croire que tu vas devenir plus intelligent, plus intelligente.
Tu n’en sortiras pas indemne.
Il n’y a que Jésus-Christ qui puisse s’en sortir indemne.

Juste, avant de terminer, un petit coup d’œil sur la dernière confrontation entre Satan et Jésus.
Merveille de mensonges…
Tout est faux de ce qui sort de la bouche du diable.
Il emmène Jésus sur une haute montagne…
Qu’est-ce qu’une haute montagne pour celui qui a la vision béatifique de Dieu au profond son âme, et la joie éternelle ?
‘ tous ces royaumes, je te les donnerai…’
Tu parles, rien n’appartient au diable. C’est un charlatan qui vend du vent.
Le royaume du bien ne lui appartient pas, mais il s’en sert.
Et le royaume du mal ne lui appartient pas parce que tout simplement c’est du rien.
C’est le royaume de la destruction, de la dégénérescence.
Quand le diable promet ce n’est jamais pour donner, c’est pour te détruire.
‘ si tu tombes à mes pieds’…
Que c’est beau comme formule, pour un ange !
Chantage…
‘Si tu reconnais mon pouvoir…’
‘Si tu me donnes pouvoir sur toi.’
Le diable sait très bien que c’est impossible par nature que Dieu s’abaisse en dessous de lui.
Mais il ne se dégonfle pas..
Il est quand même un peu mytho, il veut croire qu’un jour il sera au-dessus de Dieu.
Il veut qu’on se mette devant lui en posture d’adoration !
Le péché originel, c’était quand même pour lui un rodage facile.
Une question, un mensonge, un plaisir, et le tour est joué, c’est gagné…
Mais là il s’attaque à du lourd.
Alors il montre jusqu’où va sa mégalomanie.
Devant Jésus-Christ, le diable pète les plombs…

Et Jésus-Christ, s’abaissera, cependant, jusqu’aux enfers de l’homme, pour ré-ouvrir à l’homme un chemin de vie, par son amour.

SIXIEME DIMANCHE temps ordinaire A 2026

Tant que Jésus guérit les malades, tout le monde est d’accord.
Enfin presque….
Il y a toujours ceux qui vont se dire : ‘mais ce ne sont pas des miracles, c’est simplement qu’à l’époque on n’avait pas de médecin pour diagnostiquer avec précision les maladies.’
Quand Jésus parle des Béatitudes, ou quand il apprend le Notre Père à ses apôtres, tout le monde est d’accord.
Enfin…
Il y a ceux qui vont se dire : ‘c’est de la spiritualité et ça n’a rien à voir avec notre vie quotidienne.’
Ceux là vont continuer de s’enrichir, de duper les autres, et de s’emmêler dans leurs contradictions.
Quand Jésus souffre sa Passion, qu’il est accusé à tort et qu’il est sacrifié, tout le monde est d’accord.
Enfin presque…
La plupart d’entre nous vont reconnaître que c’est une expression de l’amour et le seul chemin pour apaiser la violence des hommes.
Dieu prend sur lui le châtiment que méritent les hommes.
Mais certains vont se dire : c’est un modèle pour tenir les foules dans un esprit
d’esclavage.
Quand Jésus naît d’une femme Vierge.
Très peu sont d’accord.
Mais tous vont faire la fête à Noël.
C’est gentil, pour les enfants…
Quand Jésus commence à énoncer ses règles de morale, personne n’est d’accord…
Les uns vont dire que c’est digne d’une secte ou d’un ayatollah.
Les autres vont dire que c’est exagéré et que l’on ne peut pas les vivre.
Que c’est fait pour les moines…
Que c’est archaïque, comme l’Église… et que d’être fidèle à sa femme c’est pour les coincés et les soumis…
Bref, devant les conseils de Jésus on regimbe.
On ne comprend pas la perfection qu’il nous propose.
Et c’est normal.
Il n’y a que la foi qui va nous permettre d’accepter, et ensuite d’expliquer, ce que Jésus
nous dit.
La foi en Jésus-Christ.
En fait, si on veut expliquer ou simplement approcher Jésus avec notre logique ou la sagesse du monde, la plus générale et la plus habituelle, on ne peut pas comprendre.
C’est un autre langage.
Si on veut lire la Bible comme un livre d’histoire, (vous savez, on pose la vie de Louis XIV
de Bluche, qui du reste est excellente et on prend l’histoire de Joseph, le fils de Jacob,
en Égypte, rien à voir, c’est un autre langage.
En bien, nous pouvons être né dans le même village, habiter la même rue, se ravitailler
chez le même boulanger, et ne pas être de la même planète.
Intérieurement, le même rayon de soleil, le même événement, ne nous fera pas vivre de
la même façon.
Deux hommes (l’un sans la foi, l’autre avec une foi brûlante) croiseront une femme, et il y aura trois regards, trois compréhensions, et trois réactions d’espèces différentes.
L’un par son regard parlera en lui le langage du jour et du temps qu’il fait.
L’autre, par son regard aussi, parlera en lui d’un langage d’âme et de grâce.
Voilà pourquoi des fiancés doivent se demander si leur langage intérieur est le même,
dans la même lumière de foi.
C’est très important.
Car les mots qu’ils prononcent le jour de leur mariage doivent avoir le même sens pour
être vécus toute une vie.
Et c’est le même phénomène pour chaque événement que nous vivons bon ou mauvais.
C’est pour cela que Jésus dira que deux femmes seront en train de faire le mêmetravail,
de moudre le même grain;
L’une sera prise, c’est-à-dire que l’une vivra de grâce et d’éternité.
L’autre sera laissée, parce que son langage intérieur, sans la foi, sera celui du grain à
moudre, mais stérile. [Mat 24,40-41]
Deux hommes seront dans un même champ, plantant des pommes de terre ou derrière la
charrue, mais leur travail ne sera pas le même si l’un a la foi et l’autre ne l’a pas.
L’un sera pris l’autre laissé.
L’un engagera son âme, l’autre ne vivra intérieurement que le langage de la terre.
C’est très important.
Et comment peut-on reconnaître le langage intérieur de chacun ?
Jésus lui le reconnaissait par une connaissance infuse. une science infuse, qui atteignait
directement, immédiatement, l’âme de celui qu’il croisait.
Quant à nous, c’est moins infaillible mais nous avons des petits signes que nous pouvons
interpréter pour reconnaître le langage intérieur de notre prochain.
Ces petits signes sont d’autant plus évidents que nous avons la charité et la foi.
Et Jésus nous les indique :
‘ si tu te mets en colère contre ton frère, si tu l’insultes, si tu le traites de fou,’ il te manque la lumière intérieure du Saint Esprit.
Ni plus ni moins.
Et tu es sur une autre planète que celui qui pardonne à son ennemi.
‘Si tu vas à la messe, dit encore chez Jésus, et que tu es encombré par la haine ou un esprit de vengeance contre ton frère, tu ne peux pas comprendre ce qui se passe à la messe, et donc, bien sûr, tu ne peux pas aller communier car tu n’es pas sur la même
planète que Jésus-Christ avec lequel tu veux entrer en communion.
Il y a en toi un quiproquo.
C’est-à-dire que ton âme se fait un nœud sur elle-même; elle est en contradiction intérieure.
Vous voyez, frères et sœurs, il s’agit de tout petits signes qui manifestent que nous
vivons sur la même planète ou sur des planètes différentes.
Ainsi en est-il donc, d’un simple regard sur une femme, cela dépend d’une fraction de seconde.
Et la réciproque est tout aussi vraie : du regard d’une femme sur un homme.
Une fraction de seconde qui révèle que son monde est lumineux ou que son âme est vide et ténébreuse.
Et cela est important pour toute une vie.
C’est ce que l’on appelle le discernement.
Et cela vaut aussi pour celui qui jure, c’est-à-dire qui scelle un événement, une personne,
un projet, par un jugement définitif.
Petit signe qui manifeste sa méconnaissance du regard de Dieu et qui manifeste un
monde intérieur court et fermé à la lumière.
C’est rien, mais cela indique la planète sur laquelle nous vivons.
Il y a un inconvénient majeur à cette différence de monde intérieur.
Pour celui qui n’a pas la foi, il ne voit pas de différence.
Voilà l’inconvénient.
Car il va lire la Bible- et j’ai connu comme cela plusieurs personnes qui étudiaient
l’Écriture sainte en toutes ses traductions avec grand sérieux, et qui pouvait même vous
citer avec aisance des passages de la Bible, mais qui n’avaient pas la foi- et bien on peut
lire la Bible et ne rien comprendre de la lumière divine qui vient embraser lee cœurs.
Mais celui qui lit la Bible sans avoir la foi, celui qui regarde l’Église sans vivre l’Église de
la foi que nous donne Jésus-Christ, et que nous donnons à Jésus-Christ, il lit ou il vit en
étant persuadé qu’il comprend tout.
Et qu’il peut juger de tout.
Mais il ne comprend pas qu’il est dans son monde et qu’il existe un autre monde.
Et cela aussi est très important.
Car lorsque l’on refuse la lumière de Jésus-Christ on croit vivre dans la lumière qui n’est
que la nôtre.
Et l’on va inévitablement combattre la lumière de Jésus-Christ au nom d’une
intelligence atrophiée et fermée sur elle-même.
C’est ainsi que Saint Paul parle du mystère de sagesse et de la sagesse du mystère de
Dieu.
‘ aucun de ceux qui dirigent le monde ne l’a connue,’ dit-il
Mais, comme Pilate, ils ont laissé passer Jésus-Christ devant eux et l’ont mené à la
crucifixion sans comprendre ce qu’il se passait du mystère de lumière et de bonheur et
de joie pour le monde.
‘ pardonne-leur, dit Jésus dans ces derniers mots, parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils
font’
Ils vivent dans un monde, ils peuvent même diriger le monde, et ne pas savoir ce qu’ils
font.
Mystère de révélation et mystère d’aveuglement qui se côtoient mais ne se rencontrent
pas.
Mais rien n’arrêtera ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé

CINQIEME DIMANCHE temps ordinaire A 2026

Lumière du monde

«Vous êtes la lumière du monde»…
Ça a l’air très simple..
Et on peut comprendre : C’est nous les chrétiens, qui avons la vérité !
D’une certaine façon, si on est la lumière du monde c’est qu’on est les meilleurs.
Puisqu’on est les meilleurs il faut se montrer.
Se faire entendre, surtout prodiguer des conseils..!
« vous êtes la lumière du monde »…
J’ai l’impression que notre religion, notre foi, peut être la plus belle des propositions
pour l’homme, la plus belle des révolutions.
Mais j’ai peur souvent que, mal comprise, elle devienne la plus fausse des propositions.
Ce contre quoi on vitupéraient les grands athées comme Nietzsche, Sartre, Camus.
De quelle lumière parle Jésus ?
C’est bien la première question que nous devons nous poser.
Parce que, curieusement, tout le monde pense être lumière pour tout le monde…
Tout le monde pense être une lumière..!
C’est quand même un phénomène curieux…
Et le grand, le spécialiste de la lumière trompeuse, il s’appelle le porte lumière, Lucifer.
C’est le premier producteur de lumière qui mène aux ténèbres.
Notre Lucifer, autrement dit Satan, utilise toujours la lumière pour conduire ceux qu’il
veut duper dans ses labyrinthes de ténèbres et d’orgueil.
Cela veut dire que pour arriver au mal on commence toujours par emprunter une rue
éclairée.
Donc, la première prudence c’est de savoir qui porte la lumière qui va éclairer nos pas.
Et de se demander si notre lumière est bien celle dont parle Jésus-Christ.
« vous êtes la lumière du monde »
En fait il est assez facile de comprendre à peu près ce que nous demande Jésus-Christ.
Mais de le vivre en actes ? il semble que ce soit une autre affaire.
Et tant que l’on ne peut pas l’exprimer par notre cœur, je pense qu’il y a une tromperie
à vouloir être la lumière du monde.
Un chrétien ne peut pas être trompeur. Sinon il trahit Jésus-Christ.
Tous les textes d’aujourd’hui rebondissent sur ce thème de la lumière.
Alors je veux partir de la source.
Comment faire pour ne pas être hypocrite ?
Jésus s’adresse à ses disciples, à ces intimes, choisis, auxquels il livre les mystères du
royaume.
Et chacun de ses apôtres sait très bien qu’il n’est pas une lumière.
Jésus n’a pas choisi des lumières pour annoncer la délivrance de l’homme.
Et chacun de ses apôtres sait ce que Saint Jean écrira merveilleusement au début de
son Évangile :
« tout fut par lui et sans lui rien ne fut. Ce qui fut en lui était la vie.
Et la vie était la lumière des hommes…». [Jn 1, 4]
Voilà nous avons déjà là une première base de compréhension.
La lumière c’est la vie.
La vie du Verbe de Dieu.
Et je continue dans l’Évangile selon saint Jean :
« la lumière luit dans les ténèbres
Et les ténèbres ne l’ont pas saisi.
… il était la lumière véritable qui éclaire tout homme venant dans le monde.
… Le monde ne l’a pas reconnu… Les siens ne l’ont pas accueilli….»
Et je continue :
« oui de sa plénitude nous avons tous reçu et grâce sur grâce.
Nul n’a jamais vu Dieu ;
Le Fils unique, engendré qui est dans le sein du père lui nous l’a fait connaître.» [ Jn 1. ]
Que c’est beau… Je n’aurais pas besoin de commenter.
Et Saint Jean revient sur ce thème de la lumière dans sa première lettre ;
« si nous marchons dans la lumière comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes
en communion les uns avec les autres et le sang de Jésus nous purifie de tout péché »
[1Jn 1,7]
Alors là on peut dire que ça se précise.
« vous êtes la lumière du monde»
Bien évidemment ce n’est pas nous qui produisons la lumière.
Mais comment un chrétien peut-il rayonner la lumière du Christ ?
Certains spirituels ont utilisé la comparaison de la vitre.
Un chrétien devrait être une vitre limpide qui laisse passer les rayons du soleil.
Il y a un peu de cela effectivement, dans le sens où nous devons nettoyer notre âme pour
qu’elle ne fasse pas obstacle à la lumière de la grâce.
L’homme de foi doit rendre pur le fond de son âme pour qu’à travers lui le visage du
Christ apparaisse à ses frères, par la prière et le sacrement de confession.
Mais dans la comparaison de la vitre il y a quelque chose de passif qui est incomplet.
Nous ne sommes pas des vitres.
Et c’est Isaïe dans la première lecture qui enrichit les dispositions du chrétien pour
devenir lumière de vérité.
Que dit Isaïe ?
« si tu partages ton pain avec celui qui a faim…»
Alors attention…
Quand les jeunes d’aujourd’hui disent : ‘c’est mon pain’, ça équivaut à ‘c’est mon
Crush’.
Le prophète n’est pas aussi poétique que les jeunes de notre temps.
Isaïe ne dit pas ‘ partage ton crush avec celui qui a la dalle ‘…
Pour lui, partager son pain, accueillir le pauvre chez soi, c’est devenir lumineux de la
lumière de la grâce.
Il va même plus loin..
‘Si ce que toi tu désires tu t’en prives pour le donner à celui qui n’a pas, alors ta lumière
se lèvera dans les ténèbres.’
Autrement dit nous deviendrons lumière sur le monde.
Et ça c’est pas évident.
Parce que devant le pauvre, il est tellement difficile de partager ce que nous possédons
que ça se finit bien souvent en demande de miséricorde.
Seigneur aie pitié de nous.
Il ne s’agit pas de donner des conseils donc, il s’agit de s’oublier pour donner ce que
nous aimons.
Ce n’est plus d’avoir le rôle d’une vitre.
Avec Jésus-Christ nous allons encore plus loin.
La lumière de Jésus-Christ en nous, c’est la charité qui est le don de soi.
Et même davantage, c’est la charité qui le don de Jésus-Christ en nous.
Alors vous voyez, frères et sœurs, nous arriverons à être lumière si nous sommes dans
l’union avec Jésus-Christ jusqu’à s’oublier.
Et jusqu’à oublier toutes nos habiletés et notre sagesse humaine, comme le dit saint
Paul.
Et ça ce n’est pas facile.
Ce n’est pas facile d’être vidé de nos qualités et de nous présenter craintif et tout
tremblant pour laisser passer la lumière divine toute puissante à travers nous.
« soyez la lumière du monde»
On comprend maintenant que c’est une parole extrêmement exigeante, parce que cela
veut dire que ce n’est plus nous qui vivons et que c’est le Christ qui vit en nous.
Cela veut dire que l’on a accepté toutes nos faiblesses, qu’on ne craint pas de les
exposer aux moqueries des méchants.
Ce n’est effectivement, que lorsque nous sommes devenus pauvres de toute richesse
que nous rejoignons le pauvre dans son cœur, et que nous pouvons communier avec lui à la
lumière du Christ qui est venu dans nos ténèbres.
Alors, oui, notre foi ne sera pas fausse et notre religion trompeuse.
Mais pour être en vérité et avoir un message de vérité nous devons être Saint de
l’Esprit Saint.
Et pratiquement : prier beaucoup- se confesser régulièrement- avoir un Père spirituel
s’unir au Corps de Jésus dans la communion- être pauvre de cœur et se donner aux
pauvres. Tout cela peut se faire discrètement et ainsi la lumière monte sur notre monde.