Dans la création, il n’y a que l’homme qui soit aussi compliqué.
Parce que, enfin, les animaux ne sont pas compliqués.
C’est d’ailleurs ce qui nous repose en eux, leur instinct tout simple, même si pour nous, nous le comprenons pas toujours.
Les arbres et les petites fleurs ne sont pas compliquées, même si tout l’équilibre de la nature ne nous est pas accessible et qu’on le gâche la plupart du temps.
Les anges ne sont pas compliqués.
Ils pensent et c’est la joie.
Ils aiment et c’est la joie.
Sauf pour Satan et tous ses petits démons.Eux, ils ont compliqué l’affaire.
En ne prenant pas tout le gâteau que le bon Dieu leur offrait.
Satan a voulu faire le tri :
« L’amour de Dieu qu’il me serait si simple d’accueillir. J’en veux pas !
Bon… De toute façon, on ne peut rien y faire.
Mais l’homme, même en dehors de ses choix mauvais, est compliqué.
Toute sa vie, d’ailleurs, est faite pour trouver une unité à partir de cette complication.
Et pour tout dire, c’est la plus grande aventure de la vie :
Réussir à retrouver l’unité de notre personnalité et ses performances.
Qu’est-ce qui est compliqué dans l’homme et la femme ?
Eh bien, c’est que nous vivons à plusieurs étages.
On a un corps et on a une âme.
Et on passe notre vie à essayer d’harmoniser l’un et l’autre.
On a des passions qui veulent toujours avoir un premier rôle.
On a un cœur qui aspire à être aimé, et qui doit se donner pour être en paix.
On a un passé qui nous a blessé ou, au contraire, construit.
Des affections qui ne sont pas toujours pures.
Un corps qui n’est pas toujours au top.
Normalement… un esprit, une intelligence, et une capacité d’aimer.
Et tout cela, déjà assez complexe, s’embrouille, se faisant des nœuds parmi les obstacles.
Les animaux et la nature ne disent pas ‘ oui ‘ sans passer à l’acte ; ou ne disent pas ‘non’, puis se mettent au travail.
Ils sont ‘ oui ‘ ou ils sont ‘ non ‘. Ils ne sont pas doubles.
Seul l’homme est ‘ oui ‘ en langage et ‘ non ‘ dans les faits.
Et cette attitude qui tient de l’hésitation et du doute, ou bien de la duplicité tout simplement, est source de nos maladies et de nos fatigues.
La coïncidence avec nous-même et avec la réalité des choses et de nos choix, nous repose au contraire. C’est cela vivre en vérité.
C’est d’ailleurs la véritable paix de nos cœurs : être en accord avec notre nature et la nature des choses.
C’est d’être en fait en obéissance à la réalité, à ce qui nous correspond.
Ce qui devrait être tellement simple – vivre en accord avec ce que nous devons être, avec notre vocation, avec ce que Dieu veut de nous dans son immense amour… Car il nous aime… Que demander de plus heureux ? – et bien, par quel sort ténébreux, même si nous désirons la lumière, nous le fuyons et nous compliquons tout !
Être en vérité est très lourd à vivre.
Et je pourrais prendre des dizaines d’exemples très classiques.
Quand nous sommes en prière… Pourquoi notre corps et notre esprit sont rebelles à ce moment d’intimité avec celui qui nous donne l’eau vive et l’existence. ?
Pourquoi ne sommes-nous pas en silence, amoureux, avec celui qui se donne ?
Que nous n’arrivons pas à nous offrir, jusqu’à notre cœur et jusqu’au don de notre âme ?
( Et beaucoup fuient la prière à cause de cette difficulté. )
Parce que nous n’accueillons pas la simplicité de la grâce divine d’une certaine façon ; nous ne supportons pas de regarder Dieu et le Christ dans les yeux et de se laisser regarder.
Nous nous fatiguons à résister, à nous cacher, comme malgré nous.
Il faudra des années de purification et de persévérance, pauvre et brinquebalante, pour admettre l’invasion de la lumière du Christ.
Voilà pourquoi Jésus présente comme modèle les petits-enfants comme habitants le Royaume des Cieux.
Les petits enfants vivent la réalité avec de tout petits moyens, sans poser d’équation savante, quand ils transportent une chaussure de maman d’un endroit de la pièce à l’endroit opposé.
Mais au-delà de la prière, nous passons notre temps à dévier la réalité des choses.
Même la température du soleil, nous la fuyons pour vivre à température constante…
Bronchites assurées.
Nous réduisons les efforts au maximum et la confrontation au réel.
Et là, je parle du corps et de la chair.
De la chair, parlons-en :
Même dans nos relations intimes nous détournons la nature.
Quand je dis parfois aux fiancés qu’il existe des bases naturelles de vivre sa sexualité, sans moyen artificiel de contraception ou de fécondation, ils me regardent comme si je tombais de Mars ou de Vénus !
Ils ne s’imaginaient même pas qu’il puisse exister une morale heureuse, sans produit chimique ou matière plastique !
Vivre la relation intime en disant ‘ oui ’ et en faisant ‘ oui ’, c’est inimaginable !
Je me donne à toi… Et bien oui ! En réel et dans mon être.. c’est possible ? Ah bon…
En fait, c’est là qu’il est nécessaire d’appeler la grâce de la foi et la présence plus intime encore, et lumineuse, de Dieu, pour harmoniser nos relations avec la réalité de notre conjoint. La grâce et le sacrement du mariage.
Sinon, il reste un recoin de mensonge où l’on ne va pas jusqu’au bout du don de soi.
L’amitié et l’amour ne peuvent se faire que dans l’amitié et l’amour transformant de Dieu.
Sinon, même dans l’enthousiasme de l’état amoureux, on en reste un ‘ oui ‘ qui n’est pas complet ni ajusté. Bref, trompeur et trompé.
Autre exemple, mais qui touche l’esprit…
Et qui est le fléau des temps modernes, comme Attila fut le fléau des temps barbares.
Là où ce fléau s’introduit, il ne reste plus rien. Cerveaux torpillés.
C’est le rapport aux écrans.
La réalité qui est ‘ Oui ‘ dans sa pureté, n’est maintenant atteinte qu’à travers le filtre des écrans.
Des images, des informations, des émotions fabriquées et stimulées à outrance.
Vrai, faux, c’est pas grave, à partir du moment où on a la tête ailleurs que dans la réalité. Principe de la drogue. Une petite insomnie: allez hop… une dose d’écran !
Même les publicains, les escrocs, restent maintenant dans leur chambre à tripoter l’ordinateur pour tromper leurs victimes.
À la limite, il reste les prostituées qui gardent un certain rapport concret à la réalité,… ! Malheureusement, un peu limité dans l’échange de relation…
… Un enfant devant un écran, c’est un crime.
On tue son rapport à la réalité, dans son esprit et dans son corps.
Son ‘oui ‘ ne sera jamais un ‘ oui ‘ à la réalité. Et son ‘ non ‘ ne sera jamais un ‘ non ‘ vrai et pur.
D’ailleurs, cela vaut pour les adultes, tellement l’addiction suscitée produit rapidement des zombies.
On prend l’habitude de vivre les événements par écran interposé.
Il y a peut-être des zombies parmi vous, chers frères et sœurs ?… néanmoins – mais si vous voulez vous brancher sur une réelle joie du cœur, changez le temps que vous passez devant vos écrans ( tablette, ordi, téléphone et tout ce qui est connecté)
Passez-le en temps de prière. !
La prière, c’est le réel qui essaie de dire ‘ oui ‘ au Réel qui est Dieu.
Et que de paix, et que de richesses, vraies, Dieu peut combler notre cœur.
Sinon, vous êtes fondés sur du sable, que dis-je, sur du virtuel, sur du pipeau, sur du rien !
Vous vous écroulerez quand l’écran aura pris la place de votre cerveau.
Ce qui est favorisé encore plus par l’IA, l’intelligence artificielle.
Il y a eu Attila. Il y a l’IA…
Ce n’est pas le principe qui est mauvais en soi, (encore que…) c’est la dose injectée qui explose les cerveaux.
Et je pourrais prendre d’autres exemples qui sont des démissions devant la réalité, le plus souvent devant une souffrance.
Cette démission qui va jusqu’au suicide consenti.
Évidemment, tout acte mauvais crée une onde de choc qui désaccordent notre âme et notre corps.
À chaque fois que je fais le mal en action ou en omission, en pensée ou en paroles, il y a mensonge avec moi-même. Je ne me correspond pas vraiment.
Mais attention, tous ces exemples ont une répercussion directe sur notre vie spirituelle ; c’est-à-dire pour notre relation avec Dieu, notre Créateur et notre Rédempteur.
On demande des gens vrais !
Cela veut dire que seul la lumière surnaturelle de Dieu et de Jésus nous permet de se reconnaître soi-même, d’être en vérité avec soi-même.
D’être ni faux, ni soumis.
Vivre dans le regard d’amour de Jésus libère notre être vrai, notre ‘ oui ‘ et notre personnalité créative.
À Jésus seul, au moins en premier, je peux donner mon existence qui jaillit de vie.
Conséquences :
Un chrétien sera celui qui pratique une ascèse très bizarre aux yeux du monde :
L’ascèse de rester dans la réalité, la réalité de l’effort, qui lui permet de vivre la tendresse vraie, la compassion vraie, d’aller travailler à la vigne et de vivre la réelle humilité.
Et ce sera cette ascèse — ce jeûne des dérivations, des divertissements et des substituts virtuels — qui lui ouvre la voie de l’Esprit Saint et de la connaissance de Jésus-Christ et de la vie éternelle.
« mon enfant, veux-tu travailler à la vie éternelle ? Oui ou non ?….
