SIXIEME DIMANCHE temps ordinaire A 2026

Tant que Jésus guérit les malades, tout le monde est d’accord.
Enfin presque….
Il y a toujours ceux qui vont se dire : ‘mais ce ne sont pas des miracles, c’est simplement qu’à l’époque on n’avait pas de médecin pour diagnostiquer avec précision les maladies.’
Quand Jésus parle des Béatitudes, ou quand il apprend le Notre Père à ses apôtres, tout le monde est d’accord.
Enfin…
Il y a ceux qui vont se dire : ‘c’est de la spiritualité et ça n’a rien à voir avec notre vie quotidienne.’
Ceux là vont continuer de s’enrichir, de duper les autres, et de s’emmêler dans leurs contradictions.
Quand Jésus souffre sa Passion, qu’il est accusé à tort et qu’il est sacrifié, tout le monde est d’accord.
Enfin presque…
La plupart d’entre nous vont reconnaître que c’est une expression de l’amour et le seul chemin pour apaiser la violence des hommes.
Dieu prend sur lui le châtiment que méritent les hommes.
Mais certains vont se dire : c’est un modèle pour tenir les foules dans un esprit
d’esclavage.
Quand Jésus naît d’une femme Vierge.
Très peu sont d’accord.
Mais tous vont faire la fête à Noël.
C’est gentil, pour les enfants…
Quand Jésus commence à énoncer ses règles de morale, personne n’est d’accord…
Les uns vont dire que c’est digne d’une secte ou d’un ayatollah.
Les autres vont dire que c’est exagéré et que l’on ne peut pas les vivre.
Que c’est fait pour les moines…
Que c’est archaïque, comme l’Église… et que d’être fidèle à sa femme c’est pour les coincés et les soumis…
Bref, devant les conseils de Jésus on regimbe.
On ne comprend pas la perfection qu’il nous propose.
Et c’est normal.
Il n’y a que la foi qui va nous permettre d’accepter, et ensuite d’expliquer, ce que Jésus
nous dit.
La foi en Jésus-Christ.
En fait, si on veut expliquer ou simplement approcher Jésus avec notre logique ou la sagesse du monde, la plus générale et la plus habituelle, on ne peut pas comprendre.
C’est un autre langage.
Si on veut lire la Bible comme un livre d’histoire, (vous savez, on pose la vie de Louis XIV
de Bluche, qui du reste est excellente et on prend l’histoire de Joseph, le fils de Jacob,
en Égypte, rien à voir, c’est un autre langage.
En bien, nous pouvons être né dans le même village, habiter la même rue, se ravitailler
chez le même boulanger, et ne pas être de la même planète.
Intérieurement, le même rayon de soleil, le même événement, ne nous fera pas vivre de
la même façon.
Deux hommes (l’un sans la foi, l’autre avec une foi brûlante) croiseront une femme, et il y aura trois regards, trois compréhensions, et trois réactions d’espèces différentes.
L’un par son regard parlera en lui le langage du jour et du temps qu’il fait.
L’autre, par son regard aussi, parlera en lui d’un langage d’âme et de grâce.
Voilà pourquoi des fiancés doivent se demander si leur langage intérieur est le même,
dans la même lumière de foi.
C’est très important.
Car les mots qu’ils prononcent le jour de leur mariage doivent avoir le même sens pour
être vécus toute une vie.
Et c’est le même phénomène pour chaque événement que nous vivons bon ou mauvais.
C’est pour cela que Jésus dira que deux femmes seront en train de faire le mêmetravail,
de moudre le même grain;
L’une sera prise, c’est-à-dire que l’une vivra de grâce et d’éternité.
L’autre sera laissée, parce que son langage intérieur, sans la foi, sera celui du grain à
moudre, mais stérile. [Mat 24,40-41]
Deux hommes seront dans un même champ, plantant des pommes de terre ou derrière la
charrue, mais leur travail ne sera pas le même si l’un a la foi et l’autre ne l’a pas.
L’un sera pris l’autre laissé.
L’un engagera son âme, l’autre ne vivra intérieurement que le langage de la terre.
C’est très important.
Et comment peut-on reconnaître le langage intérieur de chacun ?
Jésus lui le reconnaissait par une connaissance infuse. une science infuse, qui atteignait
directement, immédiatement, l’âme de celui qu’il croisait.
Quant à nous, c’est moins infaillible mais nous avons des petits signes que nous pouvons
interpréter pour reconnaître le langage intérieur de notre prochain.
Ces petits signes sont d’autant plus évidents que nous avons la charité et la foi.
Et Jésus nous les indique :
‘ si tu te mets en colère contre ton frère, si tu l’insultes, si tu le traites de fou,’ il te manque la lumière intérieure du Saint Esprit.
Ni plus ni moins.
Et tu es sur une autre planète que celui qui pardonne à son ennemi.
‘Si tu vas à la messe, dit encore chez Jésus, et que tu es encombré par la haine ou un esprit de vengeance contre ton frère, tu ne peux pas comprendre ce qui se passe à la messe, et donc, bien sûr, tu ne peux pas aller communier car tu n’es pas sur la même
planète que Jésus-Christ avec lequel tu veux entrer en communion.
Il y a en toi un quiproquo.
C’est-à-dire que ton âme se fait un nœud sur elle-même; elle est en contradiction intérieure.
Vous voyez, frères et sœurs, il s’agit de tout petits signes qui manifestent que nous
vivons sur la même planète ou sur des planètes différentes.
Ainsi en est-il donc, d’un simple regard sur une femme, cela dépend d’une fraction de seconde.
Et la réciproque est tout aussi vraie : du regard d’une femme sur un homme.
Une fraction de seconde qui révèle que son monde est lumineux ou que son âme est vide et ténébreuse.
Et cela est important pour toute une vie.
C’est ce que l’on appelle le discernement.
Et cela vaut aussi pour celui qui jure, c’est-à-dire qui scelle un événement, une personne,
un projet, par un jugement définitif.
Petit signe qui manifeste sa méconnaissance du regard de Dieu et qui manifeste un
monde intérieur court et fermé à la lumière.
C’est rien, mais cela indique la planète sur laquelle nous vivons.
Il y a un inconvénient majeur à cette différence de monde intérieur.
Pour celui qui n’a pas la foi, il ne voit pas de différence.
Voilà l’inconvénient.
Car il va lire la Bible- et j’ai connu comme cela plusieurs personnes qui étudiaient
l’Écriture sainte en toutes ses traductions avec grand sérieux, et qui pouvait même vous
citer avec aisance des passages de la Bible, mais qui n’avaient pas la foi- et bien on peut
lire la Bible et ne rien comprendre de la lumière divine qui vient embraser lee cœurs.
Mais celui qui lit la Bible sans avoir la foi, celui qui regarde l’Église sans vivre l’Église de
la foi que nous donne Jésus-Christ, et que nous donnons à Jésus-Christ, il lit ou il vit en
étant persuadé qu’il comprend tout.
Et qu’il peut juger de tout.
Mais il ne comprend pas qu’il est dans son monde et qu’il existe un autre monde.
Et cela aussi est très important.
Car lorsque l’on refuse la lumière de Jésus-Christ on croit vivre dans la lumière qui n’est
que la nôtre.
Et l’on va inévitablement combattre la lumière de Jésus-Christ au nom d’une
intelligence atrophiée et fermée sur elle-même.
C’est ainsi que Saint Paul parle du mystère de sagesse et de la sagesse du mystère de
Dieu.
‘ aucun de ceux qui dirigent le monde ne l’a connue,’ dit-il
Mais, comme Pilate, ils ont laissé passer Jésus-Christ devant eux et l’ont mené à la
crucifixion sans comprendre ce qu’il se passait du mystère de lumière et de bonheur et
de joie pour le monde.
‘ pardonne-leur, dit Jésus dans ces derniers mots, parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils
font’
Ils vivent dans un monde, ils peuvent même diriger le monde, et ne pas savoir ce qu’ils
font.
Mystère de révélation et mystère d’aveuglement qui se côtoient mais ne se rencontrent
pas.
Mais rien n’arrêtera ce que Dieu a préparé pour ceux dont il est aimé