VINGT ET UNIEME DIMANCHE ORDINAIRE 2025

 

Dans mon homélie de dimanche dernier je vous ai parlé d’un mystère, je dirais fondateur de nos relations sociales, d’un mystère de violence, qui permet à une société de trouver une unité et à chacun d’entre nous de survivre.
Une communauté, une famille, et même un individu a besoin de trouver sa victime.
Pour en fait nourrir et rendre supportable le loup ou plus précisément le démon qui l’habite.
Quelqu’un m’a fait une remarque sur ce fameux loup qui hante nos journées et encore davantage nos nuits.
Un autre m’a remercié pour la lumière qu’il découvrait dans cette explication.
Et puis c’est tout.
C’est-à-dire que personne ne m’a fait remarquer que mon homélie était inachevée.
Qu’elle ne suffisait pas…
Alors, je reprend là où je me suis arrêté.

Jésus est la victime du genre humain. victime libre et volontaire ‘ offert en sacrifice pour nos péchés ‘.
Et je disais qu’à chaque messe nous rejoignons celui qui s’est donné pour nous.
Par ce mystère de présence, on entre en communion avec notre victime qui n’est pas moins que Dieu..

Seulement le mystère va plus loin encore.
Parce que quand on offre un sacrifice, rien ne nous oblige à adorer ce sacrifice.
Il nous met en face de notre culpabilité.
‘ ils regarderont celui qu’ils ont transpercé ‘
Chacun voit devant lui ce qu’il est capable de faire en lui.
Ce que le démon est capable de faire en lui.
Mais c’est justement là que ça ne suffit pas pour expliquer notre foi.
Si l’on est normalement constitué on n’adore pas  notre victime qui vient de mourir.
Or on adore Jésus.
On l’adore ressuscité et on l’adore sur la croix.
Parce qu’il est Dieu par sa puissance divine dans la résurrection et parce qu’il est Dieu sur la croix dans sa souffrance.
Mais pour une autre raison qui est en relation avec nous, avec notre cœur mauvais.
C’est que Jésus par son sacrifice, dans son sacrifice lui-même, guérit notre cœur, au moment même où on le tue.
Pourquoi ? comment ?
Parce que Jésus seul a produit un acte, de façon parfaite et infinie, qui mérite d’être adoré de tout notre être.

Jésus nous pardonne.

L’une des dernières phrases prononcée par ce Jésus c’est justement ce pardon donné à notre monde misérable qui ne comprend rien et qui se débat dans sa violence, la violence du démon.
« Père… pardonne-leur parce qu’ils ne savent pas ce qu’ils font ».
Au moment même où nous célébrons le sacrifice de Jésus nous entendons : « tu es pardonné »
C’est inimaginable, c’est inconcevable.
Et cela nous dépasse à l’infini.
Parce que c’est divin.
C’est la clé de toute la mission de Jésus.
« tes péchés sont pardonnés ».
Jésus permet simultanément deux choses :
D’abord, de reconnaître que nous sommes coupables.
Que nous sommes minables et que pour supporter cette misère, ou au moins de la fuir, nous sommes capables de tuer un innocent.
Et en même temps, malgré cette misère, au-delà, celui que l’on tue continue de nous aimer.
En fait, c’est en même temps, mais le pardon, il est premier.
C’est parce que nous nous savons pardonné par Jésus que nous pouvons reconnaître notre culpabilité, l’horreur qui nous habite.
Alors, nous pouvons pleurer.
Ça devient possible de pleurer en vérité.
Autant sur notre misère que sur le trop grand amour de Dieu pour nous.
On peut se reconnaître coupable quand celui à qui nous faisons du mal nous regarde jusqu’au fond de notre cœur, avec douceur, sans limite.

Vraiment, notre religion est divine.
Notre religion catholique, la seule qui contient tout le mystère divin livré aux hommes pour les délivrer.
Et tout ça nous le vivons dans sa réalité, à chaque messe, comme je le disais.
Et tout ça nous permet de vivre la conversion et l’amour jusqu’au martyr s’il est besoin. Comme Barthélémy l’a vécu.
Ce n’est pas l’ultime fin de la vie humaine, mais c’est le passage le plus sublime et le plus beau sur terre :
Comprendre que l’on est pardonné, pour ensuite vivre d’union avec celui qui nous donne les dons les plus précieux, qui nous donne l’existence, la lumière infinie de notre âme.

Depuis la fondation du monde les hommes cherchent ce chemin de rédemption.
Mais il n’y en a eu qu’un qui a accompli le pardon de notre cœur. C’est Jésus-Christ.
Et même si nous ne comprenons pas tout, il suffit de se mettre à genoux et de demander à Jésus par son Esprit Saint d’ouvrir la vérité notre cœur, et par là même de le guérir, de le ressusciter par son pardon.

C’est essentiellement pour cette opération d’amour que notre Père céleste a envoyé son Fils Bien-Aimé.
Pardon et vérité nous ouvrent les portes de la joie, de la paix, comme le monde ne la trouvera jamais, ni jamais la donnera, car notre monde ne veut pas reconnaître sa culpabilité libérée.

DIX-HUITIEME DIMANCHE ORDINAIRE C

Deux citations…
La première c’est un témoignage vécu par Raoul Follereau qui a œuvré entre autres combats pour les lépreux.
L’histoire se passe dans une léproserie.
Où, vraiment, l’ambiance n’est pas à la fête …
Des hommes rongés par le mal.
Le corps disparaît rongé.
Les mains, les bras, le nez, le visage, toute la peau.
Immense solitude.
Ceux qui le peuvent encore, tournent en rond…
Raoul Follereau avait repéré une exception.
Parmi ces morts-vivants, un seul gardait les yeux clairs.
il pouvait même sourire et dire merci quand on lui offrait quelque chose. Un seul..
Une religieuse voulue connaître la cause de ce miracle.
Elle surveilla…
Appelons cela ‘sainte curiosité de religieuse…’
Et elle découvre que chaque jour, par-dessus le mur très haut, très gris qui sert de frontière hermétique à la léproserie, un visage apparaît.
Un visage de femme.
Et, tous les jours, elle apparaissait et souriait.
Et tous les jours l’homme est là, attendant de recevoir ce sourire…
Il sourit à son tour et le visage disparaît, pour revenir le lendemain, quelques secondes.
Alors la religieuse, intriguée du manège, va voir le pauvre homme :
« c’est ma femme », dit-il simplement.
Et puis, après un silence :
« avant que je vienne ici elle m’a soigné, en cachette. Elle m’enduisait chaque jour la figure d’une pommade… sauf un petit coin où elle posait délicatement ses lèvres.
Mais le miracle ne s’est pas produit.
On m’a amené ici. Elle m’a suivi.
Et, quand chaque jour, je la vois, je sais par elle que je suis vivant… »

Deuxième citation :
D’autant plus forte qu’elle vient d’une forte tête qui a refusé la foi.
C’est Camus, Albert…
Dans une pièce de théâtre inspirée de Faulkner… William.
‘Requiem pour une nonne.’
Ça se passe en Amérique du temps de l’esclavage.
Nancy, une servante de couleur  a tué l’enfant de sa maîtresse, pour sauver celle-ci de la prostitution. tout ça n’est pas très catholique.
Mais je passe sur l’intrigue.
Nancy est condamnée à mort.
Et sa maîtresse accablée vient la voir en prison. et un moment, elle n’en peux plus.  Elle lui dit
« tais-toi !  »
Et la servante réplique :
Effectivement je me tais. Je m’arrangerai avec notre frère.
_ notre frère ?
Et la servante reprend :
_ le frère des putains et des voleurs, l’ami des assassins. Celui qu’on a tué en même temps qu’eux. Je ne comprends pas tout ce qu’il a dit. mais je l’aime, parce qu’on l’a tué.

Évidemment la maîtresse n’est pas satisfaite de cette remarque.
Et elle fait remarquer à Nancy que ‘ce frère ́ peut bien l’aider à mourir mais il ne lui rendra pas son enfant…
Et la maîtresse refuse l’aide du Christ.
« il n’a jamais sauvé personne. Il ne s’est pas sauvé lui-même. »
Et Nancy reprend :
« même une meurtrière peut être pardonnée. il y a un endroit pour ça j’en suis sûr. je veux y aller. »
J’arrête là parce que la suite est trop fort pour une homélie.
Mais je me demande comment Camus a pu écrire cela sans tomber en larmes devant son Sauveur ?
C’est un mystère effrayant.

Alors maintenant nous avons la base pour accoster sur les propos du Qohelet, ceux de Jésus, et ceux de Saint Paul.
À vrai dire Saint Paul aurait suffit.
Il est encore plus puissant que Camus, bien sûr.

Si l’on a pas la foi, et si l’on a une petite graine de sincérité…  mais ce n’est pas évident d’avoir une graine de sincérité quand on n’a pas la foi.
Si on a pas la foi, tout est vanité. effectivement.
Si on a pas la foi, on vit sur nos héritages.
( je parle de la foi en Jésus-Christ)
Et on s’entredéchire pour des petites cuillères ou pour l’album photo du grand-père.
Si on n’a pas la foi, on cherche à remplir et à agrandir nos granges.
Au meilleur on se fait des soucis pour nos enfants et pour les plus pauvres, ou on combat pour une idéologie qui apparaîtra comme toute idéologie, vaine.
Vanité des vanités.

Mais si le sourire d’une femme fidèle peut réveiller jour après jour la dignité d’un homme sans avenir, le regard du Christ peut illuminer d’un horizon à l’autre notre âme perdue dans ce monde.
La maîtresse de Nancy, la servante noire lui pose une ultime question :
« y a-t-il un seul endroit au monde où l’on puisse enfin cesser de souffrir et de mourir ? »
Et l’esclave coupable et condamnée à mort lui répond :
« oui »

Le seul endroit au monde où l’on puisse cesser de souffrir c’est sous le regard de Jésus.
Jésus, c’est le sourire éternel.
Je n’aime pas trop ces Christ représentés souriants sur la croix.
Parce que le Christ a souffert en tout son être.
Mais cependant, très très au fond, la croix préserve en nous un endroit de sourire, pas de nos lèvres, mais de notre âme.

‘ que reste-t-il à l’homme de toute la peine et de tous les calculs pour lesquels il se fatigue sous le soleil ? ‘
Question du Qohelet…
Réponse que ne pouvait pas donner le Qohelet :
Il reste le sourire du Christ pour ce que l’on aura donné.
Pas ce que l’on aura pris, mais ce que l’on aura donné.
Au soir de notre vie, il restera ce que nous aurons donné.
Au soir de notre vie, il restera le regard du Christ que nous aurons accueilli.
Le mot vanité n’a plus aucun sens pour celui qui a la foi en Jésus.
Parce que la lumière du Christ nous porte dans sa lumière.
Alors, notre espérance, c’est que le Christ soit tout et en tous.
Et l’album du grand-père, son compte en banque, et le service d’argenterie de la grand-mère, je te les laisse.
Je te donne tout, fou que tu es, parce que la foi suffit pour entrer par la porte étroite, dans la vie éternelle.
Non seulement tous les matins,  une fois par jour, mais en permanence le regard du Bon Pasteur, qui est Rédempteur, vient caresser notre âme.

« y a-t-il un seul endroit au monde où l’on puisse enfin cesser de souffrir et de mourir ? » … « oui » !
Mais pourquoi donc Albert Camus a écrit ce ‘ oui ‘ s’il ne le croyait pas ?
Tout ce qui n’est pas accueil dans la lumière transformante du Christ n’est que vanité et trop petit pour le cœur humain.
Le seul programme qui n’est pas vanité, c’est le programme du chrétien :
« Le Christ, tout, et en tous, parce que nous sommes vraiment ressuscités avec le Christ. »

SAINTS PIERRE ET PAUL 2025

Il est quand même étonnant, quand on voit l’insistance avec laquelle, dans les évangiles, Saint Pierre est mis en rapport privilégié avec Jésus, que nos frères chrétiens d’autres obédiences ne prennent pas en compte, dans leurs Églises, cette particularité.

C’est vraiment une énigme de constater comment nous pouvons éluder des évidences.
Chaque mot de Jésus, chaque phrase des évangiles sont d’une précision insondable.
Une source de sens à laquelle on ne peut comparer aucun autre écrit.
Parce que chaque mot, chaque phrase, est branché directement à l’infini de l’intention éternelle de Dieu.
Or, que constatons-nous ?
Le nom de Pierre est cité 180 fois dans le Nouveau Testament.
4 fois plus, même, que celui de Paul.
Il ne cesse d’être le premier des apôtres.
Il est considéré ainsi par ses frères apôtres, sans conteste.
Il est l’interlocuteur privilégié de Jésus.
Et non seulement cela… Jésus l’investit directement et personnellement d’une mission de fondateur de son Église.
Alors de deux choses l’une.
Soit on considère que Jésus est un guérisseur itinérant et puis un jour… terminé ! on ne le voit plus. Il nous a bluffé.
À ce moment-là, aucune raison de se faire disciple du Christ.
Il serait ridicule de s’accrocher à un guérisseur éphémère dans l’histoire.
Même prophète… les Nostradamus, ça vient et ça disparaît.
Soit Jésus est Fils de Dieu, venu apporter, avec une minutie chirurgicale, le salut de chaque homme jusqu’à la fin du monde.
Alors, chaque miette de sa vie et de ses paroles, chaque position que Jésus prend, chacune de ces intentions pour fonder son Église et poursuivre l’œuvre du Salut, a un sens que nous devons vivre jusqu’au millimètre près.
Or, je prends conscience qu’il n’y a qu’une Église dans l’Histoire et dans le monde qui respecte la plénitude du message du Christ : c’est notre Église.
L’Église catholique est dans cette plénitude du message avec, entre autres, l’institution de Pierre et la primauté de son pouvoir.
« tu es Pierre et sur cette pierre je bâtirai mon Eglise ».
’Pierre’… ‘Kephas’ en araméen.
Parce que Simon, le fils de Jonas, Bar-Yonas, on l’appelait aussi Kephas, ‘le roc’.
Cela veut dire que, comme il y a une pérennité de la grâce des sacrements, une pérennité des dogmes de l’Eglise, une pérennité, c’est à dire une permanence, tout simplement des phrases de la Bible, il y a aussi une pérennité des décisions de Jésus dans l’histoire, et cela jusqu’à la fin du monde.
Jésus exprime clairement qu’il a décidé ( et il insiste ! ) de placer Pierre en primauté de son projet.
Premier médiateur de l’Esprit Saint sur terre, premier des bergers de l’Eglise.
Jésus n’aurait pas ajouté : « Les portes de l’enfer ne prévaudront pas contre mon Église » s’il n’avait eu dans son idée de rendre permanent le pouvoir de Pierre par des successeurs qui seront les Papes.
Après… qu’il y ait des précisions à donner sur les limites et les modalités de cette primauté, on peut l’admettre, mais qu’on soit disciple du Christ et qu’on refuse ce pouvoir premier à Pierre et à ses successeurs.
Là… Je ne comprends pas…

Ou plutôt si ! je comprends un peu…
C’est que cette position de berger universel et de représentant de la tête de l’Eglise, (‘Tête’ comme le Christ lui même : tête en étant serviteur des serviteurs)
hé bien, cette position est très gênante parce qu’elle implique une conception de la foi qui concerne notre vie la plus intime.
Notre vie spirituelle, mais tout autant notre vie sociale et notre rapport à la réalité de tous les jours.

Il n’y a rien de moins inoffensif que de reconnaître la place du Pape dans l’Eglise.
De vouloir nier la primauté de Pierre dans l’aujourd’hui de notre monde, c’est tout simplement mettre Dieu à notre sauce, mettre les évangiles à notre sauce (je suis désolé, mais c’est ainsi que Luther ou Calvin et bien sûr, leurs nombreux disciples, ont fabriqué des sauces qui ont divisé l’Eglise)
Et à partir de là, ils ont introduit une disposition d’esprit qui n’a rien à voir avec celle de Jésus.
Ils ont introduit un poison qui fausse tous les jugements, même les plus simples et immédiats.
Et toutes les sauces, il faut bien le constater, tournent au vinaigre quand elles ne sont pas reçues d’un principe supérieur qui vient du Christ.
Le seule personne au monde qui garantit l’unité, c’est notre Pape.
Actuellement Léon XIV.

Je reconnais que certains Papes peuvent nous faire hérisser la crinière.
Jean Paul II faisaient grincer des dents certains catholiques essoufflés de sa grandeur.
Benoît XVI impatientait d’autres catholiques qui n’avaient pas sa finesse et sa clarté, François ne cherchait pas non plus à plaire à tout le monde…
Et Léon XIV aura ses critiques. Attendons encore un peu…
Mais quand on regarde les interventions de Pierre devant Jésus, son ami et son Dieu, on ne s’étonne pas que ses successeurs puissent être imparfaits.
Pierre a pleuré sur sa lâcheté… Il a tremblé de peur, et il a même pu dire n’importe quoi en certaines occasions. Contraire aux intentions du Christ.
C’est un mystère divin, mais Jésus n’a pas voulu de quelqu’un de parfait pour en faire un premier.
Et Jésus l’a choisi et l’a confirmé de nombreuses fois, comme première pierre d’autorité de son Église.
« Je te donne les clefs… Fais paître mes brebis… Lie et délie… »
Et cela nous engage, en tant que catholique, à l’obéissance à notre Pape et à l’Eglise instituée sous son autorité.
Alors oui, on comprend que notre Église est sainte, qu’elle est universelle et une, parce qu’elle est apostolique, c’est à dire qu’elle est transmise et garantie de son Esprit Saint par les successeurs des apôtres qui vivent de l’Esprit de Jésus.
Que notre Église est belle du Saint Esprit.
Et que les clés du Royaume, ce n’est pas nous qui les fabriquons par nos interprétations, mais elles sont dans les mains de Pierre.
C’est énorme ! un homme, un pauvre homme qui ouvre et peut fermer le Ciel de l’éternité par l’une de ses paroles et décisions.
Mais Jésus l’a garanti ainsi. Et continue de le garantir.
Soit on a la foi, et on reçoit notre ticket, garant de l’Esprit Saint, soit on essaye d’entrer en fraude dans le train et on pourrit le monde de notre esprit étriqué et inutile.
Hier aux ordinations sacerdotales, on a entendu 10 fois, 20 fois, cet appel à l’obéissance qui libère. Notre Évêque nous l’a rappelée dans son homélie.
Hors de l’obéissance, nous sommes des sarments détachés du cep. Nous sommes secs et n’agissons ou même prions que pour notre pomme. Sans intérêt et stérile.

’Je suis désolé, Saint Paul… !
Je t’aime bien pourtant – j’aime bien toute ma famille biblique d’ailleurs – mais j’ai rendu sa place d’honneur à ton frère Pierre, parce que Jésus l’a voulu ainsi.’

… Saint Paul, le géant, l’avorton se nomme-t-il pourtant…
une autre fois je parlerai de votre amitié de géants à tous deux.

Les Paul ont moins de visibilité officielle dans l’Histoire.
Autres missions pour eux.
Jésus n’a pas institué pour les Paul de place hiérarchique définie et permanente.
Ils transforment le monde par la puissance de leurs grâces toujours nouvelles.

Et puis, je me devais de donner la part belle à Pierre, puisqu’il est la présence continuelle de notre église de Salernes.
Dédiée à sa primauté.
Mais ce n’est pas simplement pour faire ronfler la dédicace de notre église paroissiale que je dis cela.
C’est pour donner une raison d’importance à nous engager dans un esprit vraiment évangélique, chacun d’entre nous.
Un esprit de vérité humble, je dirai même, un esprit d’intelligence véritable.
Parce que, savoir recevoir la lumière de quelqu’un, savoir exposer son jugement aux discernements de l’Eglise,
bref… être dans l’obéissance du cœur,
c’est bien cela la belle intelligence de la foi.
L’intelligence tout court, à laquelle Jésus nous a permis d’accéder en instituant Pierre comme premier des apôtres et premier de ses successeurs, les papes.

HOMELIE SIXIEME DIMANCHE DE PÂQUES

« L’Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, vous enseignera tout. Il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit.
Je vous laisse la paix, je vous donne ma paix ;
ce n’est pas à la manière du monde que je vous la donne. »

Donc, frères et sœurs, l’Esprit Saint doit nous donner le sens de cette paix.

La paix que le monde veut donner et recherche n’est pas la même que la paix du Christ.
C’est la paix du Christ que nous recherchons.
La paix du monde ne nous intéresse pas.
Bien souvent, nous nous complaisons dans une confusion qui s’introduit souvent dans les prières universelles :
On prie pour la paix mais ce n’est pas la paix du Christ.
On glisse de la paix du cœur, de notre conscience et de notre âme, à la paix du monde qui est une paix de tranquillité à toutes les sauces.
« laisse-moi tranquille ! », voilà la paix du monde.
C’est la tranquillité qui n’est pas mauvaise en soi mais qui tolère les compromis et toutes les lâchetés.

J’aimerais à partir de la paix du Christ, et avec l’aide de l’Esprit Saint, pénétrer dans cette tranquillité empoisonnée de confusions pour laquelle vont voter les représentants de la nation : la tranquillité de fin de vie.
Cela est triste, d’assister au crépuscule d’une société.
Mais c’est surtout pénible d’être agressé dans notre conscience.
Nous portons les souffrances que s’infligent nos frères, aveugles ou déviés.
Nous les portons dans notre conscience et dans notre corps.
Le chrétien c’est celui qui a conscience de toutes ces souffrances et qui les porte jusqu’à la croix pour les offrir en pleurant à celui qui ne sait que aimer jusqu’au bout.

Alors ?
L’euthanasie… ce mot que notre monde moderne a renversé.
Il signifiait la grâce d’une mort paisible.
Il signifie maintenant une mort donnée dans un péché mortel partagé. Le suicide est un très grave péché contre Dieu.

Il faut bien se rendre compte que les philosophies ou les politiques qui oublient les fondamentaux de l’Église et de la foi n’empruntent pas les mêmes chemins, ni les mêmes codes, qu’une pensée éclairée par l’Esprit du Christ.
Nous sommes dans des chemins de pensée qui ne se croisent pas.

Le problème, c’est que pour se rendre compte des grandes erreurs idéologiques, et les reconnaître, il faut attendre les retombées de leurs massacres.
Nous le constaterons pour toutes les grandes idéologies éthiques, comme la culture wok, la libération de la paternité, de la maternité, de la sexualité.
Tous ces efforts de déconstruction des stéréotypes naturels.

D’où partent les pensées du siècle ? : D’un désir de tranquillité.
Un désir de plaisir immédiat.
D’un désir de confort social ou personnel.
Un désir de ‘ c’est pour ma pomme. Laisse-moi tranquille !’
Le plaisir, la tranquillité, le confort, butent sur les grands mystères de notre vie : la souffrance, le mystère de la vie et de la mort, le mystère du bien et du mal.
Un esprit qui ne respecte pas ces mystères en est irrité.
Il veut s’en délivrer. À tout prix.
C’est la ‘culture de mort’ que montrait du doigt Jean-Paul II, pour la honte de nos sociétés.
Et pour dévier les consciences, il n’y a pas mieux que de désigner une victime qui de préférence ne dira rien et qui sera même consentante à son rôle de victime.
Les plus faibles, les plus souffrants, ceux qui n’ont pas la parole: les nouveaux nés ou ceux qui n’ont plus la parole: les vieux et les isolés, feront bien l’affaire.
Tellement facile…!

La paix du Christ, c’est la correspondance de notre cœur à la vérité.
Ça ne veut pas dire une paix naïve.
Le chrétien ne se cache pas les yeux sur les difficultés et sur la souffrance.
Or, pour bien vivre et pour trouver la paix, le chrétien reconnaît d’abord sa nature.
Et voilà un mot qui est très dangereux pour tous les faussaires militants de notre siècle.
« La nature…! »
La nature des choses, la nature de l’homme et de la femme.
C’est un mot que les grands faussaires de l’esprit tentent au minimum de contourner, et au maximum de nier.
Ils vont multiplier les mots comme ‘ tolérance’, ‘respect’, ‘bien vivre’, ‘diversité’, ‘communication’, ‘responsabilité’, ‘autonomie’, ‘dignité’, que de verbiage !
Mais les idéologies modernes se bouchent les oreilles sur le mot ‘nature’.
Pour une première et bonne raison ( enfin, une très mauvaise raison…!)
C’est que si l’on admet qu’il faut correspondre à notre nature pour être en paix et heureux, on est obligé d’admettre qu’il y a un Dieu qui a fait notre nature.
Et qui peut faire notre bonheur, notre jouissance éternelle.
On est obligé de se soumettre à une sagesse supérieure.
Et on est obligé de découvrir et d’accueillir l’amour de Dieu.
Jusqu’à reconnaître que, sans la foi, il n’y a pas de salut, c’est-à-dire de bonheur, en dehors de la lumière du Christ que nous donne l’Église.

Et ça, c’est insupportable pour tous les idéologues de notre temps.
Ils préfèrent – ils aimeraient mieux trouver une autre solution, mais il y en a pas d’autres – ils préfèrent imposer une pensée absurde, qui ne tient pas debout.
Ils préfèrent déconstruire – que ce mot est vil et faux ! – déconstruire l’évidence plutôt que de reconnaître que Dieu les aime dans la nature qu’il a créée.

Le grand et premier clivage, il n’est pas dans les considérations de compassion, de diversités de genres et de sexualités, ni dans les inégalités, dans la lutte pour les opprimés, il n’est pas dans un faux respect d’autrui jusqu’à l’accompagner dans son suicide…
Ça, ce sont des sophismes, de la fumée pour cacher un malaise beaucoup plus profond.
Le malaise profond c’est que l’on ne veut pas reconnaître qu’il y a Dieu.
S’il n’y a pas de Dieu on en arrive à tout déconstruire parce qu’on veut faire croire que tout est construit et fictif.
Et quand on aura tout déconstruit, on déconstruira ceux qui ont déconstruit.
C’est le coup classique. C’est le train de Satan, en première classe.

S’il y a Dieu, il faut le rechercher et se donner à Lui.
Ça ne veut pas dire que c’est facile, mais ça donne une toute autre orientation à notre vie.
Et ça donne un tout autre sens à la souffrance, à la mort, à la peine.
Si la souffrance et la mort n’ont pas de sens dans la lumière du Christ sur la Croix, elles n’ont pas de sens du tout et on ne sait pas comment s’en dépêtrer.
Il faut les fuir, jusqu’au suicide.
Assisté ou pas…

Si l’on croit en Dieu, on croit en notre nature, bonne, mais blessée, et on croit en celui qui vient sauver notre âme : Jésus-Christ.
On croit en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique.
On croit alors à l’amitié avec le Seigneur qui nous révèle la beauté profonde de notre être, même dans la vieillesse et la maladie.

On en arrive à légitimer ce qui n’a pas de sens.
Simplement pour le fait de refuser de façon catégorique au fond de soi, quoi?… la rencontre avec Dieu.
Oui, il est vrai que l’on peut être déçu de notre monde, déçu de nous-même, déçu de toute cette souffrance qui provient de nos détachements forcés, de nos échecs et de toutes les morts que nous vivons.
Mais le croyant ne donne pas une solution par la logique, il donne sa solution par l’amitié de charité.
Et cette solution il la trouve comment ? où ?
Il la trouve dans le recoin secret où il peut se mettre à genoux et prier.

L’homme ne trouvera une solution à la souffrance et à la mort et à toutes les diminutions de ses possibilités, qu’en tendant les mains vers Dieu.
Dans la foi, avec obstination.
Alors, parce que Dieu aime les profondeurs de notre âme, et de notre corps, nous pouvons trouver la paix.
Et je peux rejoindre mon frère blessé dans les profondeurs de son âme, parce que Dieu veut le rejoindre dans les profondeurs de son âme blessée, comme la mienne.
Alors, oui, on entre dans une culture de vie, une culture de vraie amitié, une culture de la beauté, dans la vérité de l’autre.
Même si cet autre est souffrant ou diminué.

En voulant soulager des souffrances sans Dieu, on rajoute des tortures à l’homme.
Les tortures de conscience crieront beaucoup plus fort et provoqueront des dégâts physiques supplémentaires.

Si on ne veut pas demander le pardon de Dieu, alors on demande l’euthanasie des consciences qui crient trop fort leur malaise.
La conscience religieuse peut seule venir à bout de toutes les souffrances.
Tant qu’elle sera ignorée et combattue, par stéréotype et par principe, la culture de mort sera le seul échappatoire.

Bien sûr, la conscience religieuse compose avec la misère humaine.
Le fanatisme et le pharisaïsme sont ses grandes déviations.
Il faut toujours être aux aguets pour nous-mêmes et pour notre communauté de ces deux écarts pervers de la religion.
Mais ce n’est pas parce que la religion est toujours dans un équilibre fragile, qu’il faut choisir la solution du suicide de toute une société.
Ce n’est pas parce que l’homme est pollué par le fanatisme ou par le pharisaïsme qu’il faut lui arracher son cœur et sa conscience.
Solution pire que le mal à combattre.

Soit l’homme se met à genoux, écoute la parole de vérité qui sort de la bouche de Dieu et qui est portée par l’Église. Alors il embrasse la croix du Christ qui le sauve. Et il trouve la paix du cœur.
Soit l’homme veut rester debout, fier, toujours fier, (!) avec son jugement seul, se croyant Dieu et prenant sa place, et il devient ridicule et il se fait hara-kiri.
Il trouve alors la tranquillité du néant.
Ou plutôt, le vacarme de l’enfer.

HOMELIE DU QUATRIEME DIMANCHE DE PÂQUES – Le Bon Pasteur

L’Église est belle.
Elle est belle parce qu’elle ne cherche pas à être belle.
La première Église des apôtres, de Pierre, de Paul, de Barnabé est pure,  –  je ne dis pas parfaite – mais elle ne cherche pas à se regarder.
Elle découvre avec ses yeux neufs les merveilles de la grâce .
J’aime cette Église libre.

Paul et Barnabé annoncent l’Évangile.. de Jésus-Christ.
Ils annoncent un nouveau souffle sur le monde.
Et que se passe-t-il ?
Un signe. Un signe de la vérité du message.
Et voici ce signe :
Il y a ceux qui ouvrent leur cœur.
Et il y a ceux qui ne supportent pas la parole des apôtres.
Et qui vont mettre en route un scénario que nous connaissons bien. En tout cas classique.
Ils ameutent les alentours, par quelques  phrases assassines,  pour les dénigrer.
Auprès des ‘femmes de qualité’… il y a presque de l’humour dans cette description.
En fait, c’est cela le signe du message de vérité.
C’est le signe de Jésus-Christ. Signe de contradiction.
Jésus est venu apporter ce qui dérange.
Et devant ce qui dérange, c’est-à-dire la vie éternelle, tout simplement le bonheur… il y a trois attitudes.
Toujours les mêmes, je dirais…
Au début Eve n’a pas supporté l’arbre qui portait un mystère.
Un mystère, ça dérange. Dieu appelle au mystère.
Qui dérange parce qu’il invite les hommes à regarder plus loin que le bout de leur nez.
Dieu nous demande de nous convertir. et ça ça dérange.

Donc trois attitudes.
Il y a d’abord l’attitude favorable.
L’attitude de la brebis qui écoute la voix divine, la douce voix divine.
Il n’y a pas de brebis plus forte que celle qui écoute la voix de son pasteur.
Cette brebis là elle est tranquille.
Elle est en position de communion.
Parce qu’elle sait qu’elle se trouve dans un mystère qui est le mystère de la main de Dieu.
Elle se laisse porter dans le mystère.
Quand une brebis a goûté à cette cachette, son cœur palpite dans la main de Dieu, rien ne peut l’arracher à l’amour du Père.
Elle peut courir dans les chemins de lumière, elle peut être essoufflée, elle peut faire le cabri, elle peut rire et même pleurer, être dans de verts pâturages ou dans le désert, son cœur sera toujours en paix.
Ce sont les brebis qui ont trouvé la porte étroite de la bergerie et qui connaissent la voix de celui qui leur apporte le salut.

Au début de l’Église, beaucoup ont emprunté ce chemin d’intelligence.
D’intelligence et de la liberté.
L’Église est belle de ces brebis là.
Et ces brebis sont belles de l’Église.

La deuxième attitude devant la proclamation de la lumière dans le monde, c’est de vouloir s’approprier cette lumière.
C’est le geste de Eve qui cueille le fruit, le geste d’Adam qui partage le fruit.
Il y a un mystère qui nous dépasse, l’Église est un mystère qui nous dépasse, mais certains n’arrivent pas à lâcher leur jugement.
Or un jugement qui ne lâche rien, qui n’accueille rien, il reste très court.
Il garde ce qui lui plaît, il critique ce qui ne lui plaît pas. Il tourne sur lui-même.
Il peut cependant accepter, avec le temps, une purification qui vient de Dieu.

Enfin il y a la troisième attitude.
j’ai croisé, sur le long chemin qui passe à travers les pâturages, des brebis  qui disaient, en bêlant bien sûr :  » on ne veut pas écouter la voix du pasteur. On sait quand même mieux que notre pasteur quel est notre pâturage le meilleur».
Et les voilà toutes guillerettes s’en allant prier, s’en allant trouver des pâturages de piété ou même des pâturages qu’elles appelaient de ‘charité’.
Si vous en croisez une un jour, vous la reconnaîtrez à ce qu’elle est devenue sourde.
Les brebis qui se croient leur propre pasteur deviennent toujours sourdes .
Une brebis qui n’est pas en vérité ne reconnaît pas son berger, ni sa voix ni son allure.
Et comble de drôlerie elle va dire à tout le monde : « ne dites rien au pasteur..  la vraie Église, c’est moi qui l’a connaît…  »
On est dans le ridicule, mais ça fait de la peine.
Parce que cette histoire se termine toujours comme la fable du berger et de ses brebis.
Vous connaissez cette fable de La Fontaine ?
Il y a un loup et un troupeau.
Guillot, le berger, s’aperçoit que le loup a gobé Robin mouton, son mouton chéri.
Et il se lamente… je cite en raccourci :
« Robin mouton, qui par la ville me suivait pour un peu de pain,
Et qui m’aurait suivi jusqu’au bout du monde.
(…)
Il me sentait venir de cent pas à la ronde.
Ah! le pauvre Robin mouton !
(…) [Après s’être plaint de son cœur brisé…], le berger harangue tout le troupeau
Les chefs, la multitude, et jusqu’au moindre agneau, les conjurant de tenir ferme ;
Cela seul suffirait pour écarter les loups.
Foi de peuple d’honneur, ils lui promirent tous de ne bouger non plus qu’à terme.
(…)
Chacun en répond sur sa tête.
Guillot les croit et leur fait fête.
Cependant, avant même qu’il fut nuit il arriva nouvel encombre:
Un loup parut… tout le troupeau s’enfuit.»
Mais attendez ! La superbe conclusion de la fable…
« Ce n’était pas un loup, ce n’en était que l’ombre. » !

Je n’ai quasiment jamais vu d’exception à cette règle.
Une brebis qui a perdu la communion avec son berger elle se retrouve perdue sur sa montagne, aveugle la plupart du temps, stérile de toute façon.
Et j’ajouterai, elle se retrouve assoiffée de vengeance et broutant la rancœur et désirant mettre la division dans la bergerie toute entière.
Pourquoi, je n’en sais rien, mais c’est toujours ainsi.
Ça m’est si habituel que je ne peux éviter un sourire à retrouver cette situation pourtant bien triste.

Pour en arriver là, il lui a suffit de ne pas accepter une seule parole d’humilité.
C’est toujours l’orgueil qui casse la communion.
Toujours.
Dans tous ces genres de situations on retrouve les racines de l’orgueil.
Soit larvé et secret, soit violent et impatient.

En fait, pour ce petit conte de la brebis égarée, il a beaucoup de variantes.

Il y a ainsi des brebis qui se déguisent en loup, (dans les fables de La Fontaine c’est l’âne qui prend la peau du lion. Il finit très mal.)
Une variante c’est qu’une brebis qui se déguise en loup risque de tuer d’autres brebis.
On reconnaît facilement une brebis qui a été tué par une autre brebis.
Le loup, c’est-à-dire le démon, il égorge.
Une brebis qui se déguise, elle va pousser ses amies dans le ravin pour les faire périr.
Ce n’est pas le même mode opératoire.
Là où ça fait de la peine, c’est quand une brebis qui se croit berger est suivie par une dizaine de moutons.
Car elle les poussera tous dans le ravin avant de se déchirer elle-même dans les buissons épineux.

Vous connaissez la parabole du Bon Pasteur qui va chercher sa brebis.
La brebis très haut dans la montagne…
Elle bêle, il la prend sur ses épaules…
Mais si cette brebis a été tondue par l’orgueil, le berger ne pourra pas la ramener au troupeau tant qu’elle ne reconnaîtra pas qu’elle est une brebis perdue.

En fait, il y a un clivage entre ceux qui ont la foi et ceux qui n’ont pas la foi, mais aussi entre chrétiens entre eux.
Il y a ceux qui se reconnaissent comme brebis perdue.
Oh… évidemment, leur laine n’est pas toujours très propre.
Mais elles gardent l’oreille attentive à la voix de leur berger.
Même si elles se sont égarées. Elles bêlent en vérité.
Et puis il y a la brebis tondue par l’orgueil.
Qui paraît même parfois plus propre que les précédentes.
Mais elle ne reconnaît ni le berger ni sa condition de brebis.
Elle peut prendre tous les déguisements possibles pour échapper au berger.
Elle peut manger à tous les râteliers. Celui du boeuf et celui de l’âne.
Elle ne fera jamais l’Église.
Parce que la sève de l’Église c’est la communion puisée puisée au cœur de Jésus.
Communion puisée dans l’intelligence de l’obéissance à son Église.
À son premier pasteur qui s’appelle désormais Léon XIV, et à ses pasteurs qui s’appellent Paul, Barnabé, Augustin, Martin, Edouard ou Jacques…
Obéissance aussi à la Providence comme le vit magnifiquement l’Eglise des premiers siècles.

Deux options mes chers frères et sœurs :
L’humilité de la communion du cœur. Le risque de la foi, profonde et amoureuse.
Ou bien
La tonte de l’orgueil et de son maître ‘le Diviseur’ qu’on ne veut pas lâcher. Et l’égarement stérile dans la nature .