HOMELIE PREMIER DIMANCHE DE CAREME

Vous voyez, frères et sœurs,
nous avons, avec les quatre textes que nous venons de lire, de ce premier dimanche de Carême, la preuve de l’inspiration divine de l’Écriture sainte.
En aucune autre religion ou texte fondateur vous ne retrouverez le sublime qu’il y a dans ce que nous venons de lire.

Plus encore que le récit de la création de l’homme et de la femme, qui est prodigieux de profondeur et de subtilité, Dieu a inspiré le récit de la création du mal.
Bien qu’il n’y fut pas.
La création de l’homme et de la femme appartient à Dieu.
La création du mal appartient à l’homme.
Eve, et Adam, peuvent se vanter d’avoir été créatifs…
Ils ont créé le mal, tout seuls.
Nous avons là un croquis parfait d’une création ratée.
Comme la pellicule d’un film, en négatif, absolument admirable, qui aura besoin de toute l’histoire du monde pour développer sa tragédie.
Toute l’histoire du monde est contenue dans ce croquis parfait.
Sauf que Dieu va utiliser ce négatif, qui n’est pourtant pas de lui, pour faire surgir une photo, la plus parfaite qui soit, avec une lumière et une harmonique de couleurs unique et incomparable.
On pourrait se dire : mais alors, on ne va plus penser au négatif…
Quand le papillon s’envole du cocon, terminé ! Il n’y a plus de larve, il n’y a plus de cocon…
Mais Dieu ne fait pas œuvre humaine.
Quand l’homme crée quelque chose il abandonne ce qui existait avant. Il remplace, transforme.
Quand Ève a cueilli le fruit de l’arbre, elle a laissé tomber tout le reste.
Toute la beauté qui lui était offerte, de son âme, de son corps, de sa relation avec Adam, de son équilibre d’avec la nature, de sa psychologie, elle l’a perdue… au pied de l’arbre.
Et même son intelligence intuitive, tellement limpide, donnée par un don très spécial, préternaturel, don de sagesse et de science infuse, directement de Dieu, elle l’a perdue en croquant ridiculement un fruit séduisant mais accroché à un mystère qui la dépassait.
Que ça fait de la peine, de la voir vriller pour saisir un fruit séduisant… Et ne plus pouvoir retrouver sa pureté et sa clarté d’esprit d’avant…
Oh oui…! Adam et Eve ont acquis l’intelligence… bravo!
Ils ont acquis l’intelligence qu’ils étaient nus !
Ça, c’est un scoop !
‘Ils se rendirent compte’, (d’autres traductions disent : ‘ils surent’), bref, ils eurent connaissance, qu’ils étaient nus.
Seulement voilà, cette merveilleuse connaissance nouvelle qu’ils avaient un sexe, alors que ce sexe était au départ pour se donner, l’un l’autre, l’amour que Dieu avait mis dans leur cœur… cette nouvelle connaissance va être mensongère, et les mettre mal à l’aise.
De cet échange d’amour qui était prévu pour être le plus beau, ‘à l’image de Dieu ‘, quand il était dans l’innocence et dans l’intelligence que Dieu leur donnait l’un de l’autre, de la femme pour l’homme, et de l’homme pour la femme, la femme et l’homme ont réussi à le rendre empoisonné parce que chacun se met à manger pour lui-même.
La joie de l’intelligence profonde de l’autre, corps et âme, polluée par le péché originel, va s’avilir en conscience d’un plaisir fautif, pour soi.
Et ça va même aller plus loin par la suite.
Ce plaisir pour soi, mêlé désormais d’égoïsme, de domination et de soumission, va faire croire qu’il nous libère.
Tout est renversé. Et tout s’embrouille.
Tout le monde se cache.
Pire, tout le monde croit faire œuvre héroïque en s’y aventurant malgré le mensonge de l’autre.
L’interdit… saisir en cachette un mystère qui nous dépasse, excite.
Mais ce qu’on ne dit pas, c’est qu’il détruit… quand il n’est pas dans la grâce de Dieu.
Alors que Dieu avait fait une œuvre d’amour parfaitement harmonieuse.
Alors que Dieu donnait à flots dans le cœur de l’homme les dons les plus merveilleux de la nature et de la vie éternelle.
L’homme et la femme ont laissé tomber tout cela.
On pourrait avoir de la colère de l’héritage que nous ont laissé nos premiers parents.
Ce récit de la Genèse, à défaut d’éclairer notre monde de beauté, explique de manière unique la tragédie de l’Histoire du monde.
De la Bible d’abord. Toute la Bible va être teintée de cette dégénérescence de l’homme.
Jusqu’à notre histoire contemporaine qui est pourrie par ce geste de Ève, partagé par Adam, et qui continue de plus belle à tous les niveaux de notre société et de nos familles et de nos cœurs.
Geste d’orgueil, d’amour propre, et d’appropriation.
Mais le plus inconcevable, c’est que beaucoup en arrivent à accuser Dieu lui-même de ce mal qui se répand.
Si Dieu existe, pourquoi tolérerait-il la souffrance des innocents ?
Le diable réussit à faire attribuer la faute à Dieu. C’est le comble !
Alors que la souffrance des innocents vient de l’homme et uniquement de l’homme enfermé dans le cercle vicieux de ses erreurs.
Mais j’ai dit que Dieu va utiliser ce négatif, qui n’est pourtant pas de lui, pour faire surgir une photo parfaite…
Et cette photo, si je puis dire, parfaite de lumière, c’est Jésus-Christ…
C’est Jésus-Christ devant le Diable.
Nous avons là aussi, avec l’Évangile un texte fondateur.
Devant le menteur, le manipulateur, qui agit par mimétisme, la vérité redevient invincible, avec Jésus-Christ.
Dieu pourrait tuer le mensonge, et le menteur avec, mais Dieu n’est pas homme. Il ne tue pas.
Ce serait prendre les armes de son adversaire qui, lui, cherche à tuer, et en premier lieu, à tuer les âmes.
Dieu simplement avance en vérité, et cela procède de la plus belle intelligence bien sûr; avec le diable qui s’agrippe à ses basques.
Et qui crie, et qui agite ses casseroles, et qui fait du mal aux plus innocents.
Mais qu’importe…
Voilà qui est divin. Dieu a le dernier mot par son fleuve d’amour et de lumière qu’il a ré-ouvert en surabondance sur l’histoire du monde avec Jésus-Christ.
Regarde Jésus-Christ et la grâce viendra inonder les profondeurs de ton cœur d’amour et de lumière. D’harmonie et de paix.
Elle guérira toutes tes peurs et tes blessures, si tu es fidèle.
Et quand tu oublies Jésus-Christ, alors tu fais un pas dans le désert où tu rencontres inévitablement celui qui va te faire croire que tu es héroïque dans ton plaisir et dans l’amour de toi-même.
Et parfois même héroïque dans ton suicide.
Et qui va te faire croire que tu vas devenir plus intelligent, plus intelligente.
Tu n’en sortiras pas indemne.
Il n’y a que Jésus-Christ qui puisse s’en sortir indemne.

Juste, avant de terminer, un petit coup d’œil sur la dernière confrontation entre Satan et Jésus.
Merveille de mensonges…
Tout est faux de ce qui sort de la bouche du diable.
Il emmène Jésus sur une haute montagne…
Qu’est-ce qu’une haute montagne pour celui qui a la vision béatifique de Dieu au profond son âme, et la joie éternelle ?
‘ tous ces royaumes, je te les donnerai…’
Tu parles, rien n’appartient au diable. C’est un charlatan qui vend du vent.
Le royaume du bien ne lui appartient pas, mais il s’en sert.
Et le royaume du mal ne lui appartient pas parce que tout simplement c’est du rien.
C’est le royaume de la destruction, de la dégénérescence.
Quand le diable promet ce n’est jamais pour donner, c’est pour te détruire.
‘ si tu tombes à mes pieds’…
Que c’est beau comme formule, pour un ange !
Chantage…
‘Si tu reconnais mon pouvoir…’
‘Si tu me donnes pouvoir sur toi.’
Le diable sait très bien que c’est impossible par nature que Dieu s’abaisse en dessous de lui.
Mais il ne se dégonfle pas..
Il est quand même un peu mytho, il veut croire qu’un jour il sera au-dessus de Dieu.
Il veut qu’on se mette devant lui en posture d’adoration !
Le péché originel, c’était quand même pour lui un rodage facile.
Une question, un mensonge, un plaisir, et le tour est joué, c’est gagné…
Mais là il s’attaque à du lourd.
Alors il montre jusqu’où va sa mégalomanie.
Devant Jésus-Christ, le diable pète les plombs…

Et Jésus-Christ, s’abaissera, cependant, jusqu’aux enfers de l’homme, pour ré-ouvrir à l’homme un chemin de vie, par son amour.

HOMELIE EPIPHANIE 2026

Épiphanie, c’est quand ça apparaît…
« sur toi la gloire du Seigneur apparaît ».
On doit dire qu’on l’attendait depuis longtemps dans la bible, cette épiphanie.
« une lumière brillante brillera jusqu’aux limites de la terre. De loin viendront les peuples nombreux vers ton nom qui est saint, Jérusalem, les mains chargées de leurs offrandes pour le roi du ciel.»
Ça c’est dans le livre de Tobie au chapitre 13.
Les prophéties qui annoncent une lumière sur le monde et sur les nations sont très nombreuses tout au long de la Bible.
La lumière est une image préférée du Seigneur pour signifier sa présence surnaturelle.
Mais quelque chose éveille notre curiosité pour toutes ces évocations de lumière.
D’où vient la lumière ?
C’est curieux en fait parce qu’il y a trois sortes de citations qui courent tout au long de la Bible.
Soit la source de la lumière n’est pas définie.
« Dieu dit : que la lumière soit. Et la lumière fut.» [ Gen 1, 3] premier jour.
On devine que cette lumière n’est pas le soleil puisque le soleil est créé au troisième jour, plus tard.
Lumière spirituelle…
Et encore dans Isaïe :
« le peuple qui marche dans la nuit voit une grande lumière.» [Isaïe 9, 1]

Mais dans la grande majorité des cas, dans la Bible, la lumière, c’est Dieu lui-même.
« Dieu est lumière, il n’y a pas de ténèbres en lui ». [1 Jn 1,5]
« fait briller ton visage sur ton serviteur. Sauve-moi par ta grâce »
Quelle belle prière du psaume 31.
La parole, le Verbe de Dieu est lumière.
« ta parole est la lumière de mes pas, la lampe de ma route» [Ps 35, 10]
« Jésus leur parla : ‘ moi, je suis la Lumière du monde. Qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie » [Jn 8, 12]
« le Verbe était la vraie lumière, qui éclaire tout homme en venant dans le monde ». [ Jn 1, 9]
C’est bizarre comme nous sommes rassurés au fond de nous-même quand nous lisons ces phrases.
Elles correspondent à notre attente.
Tout le monde peut les comprendre.

Il y a une troisième évocation de la lumière.
Quand le Christ nous dit :
« vous êtes la lumière du monde.» il parle de nous.
« votre lumière doit briller devant tout le monde. ». … ‘ vous devez la mettre bien haut pour qu’elle brille pour tous ceux qui sont dans la maison.’ [ Math 5, 14-16]

Mais en fait, si nous sommes lumière nous ne sommes pas source de la lumière, nous sommes reflets de la lumière qui nous habite.
« si nous marchons dans la lumière nous sommes unis les uns aux autres ». [ 1 Jn 1, 5-7]
« car si autrefois vous étiez ténèbres vous êtes lumière dans le Seigneur. Conduisez-vous en enfant de lumière !» [Eph 5,8]

Qu’est-ce que nous découvrons en ce jour de l’Épiphanie annoncé tout au long de la Bible… ?

Nous découvrons que la lumière et la paix ne viennent pas de traité de paix ni d’enseignements.
Elles viennent d’une source cachée, et cette source qui a la puissance d’un soleil, est comme un cœur qui irradie.
Et ce cœur c’est celui du Christ.
Incognito, dans une grotte de Bethléem, dans la nuit. Qui est pour nous, tout aussi caché sous la forme du ressuscité.

Toute la lumière annoncée ne vient pas de l’extérieur, mais de l’intérieur.
De l’intérieur d’une seule personne.
La lumière de la divinité vient habiter le monde à partir du cœur très humain de Jésus-Christ.
Et ça c’est une merveille, c’est une merveilleuse bonne nouvelle !
Pourquoi ?
Eh bien parce que nous n’avons pas à chercher Dieu au sommet du ciel.
« la voix du Seigneur ton Dieu n’est pas au-dessus de tes forces ni hors de ton atteinte.
Elle n’est pas dans les cieux, pour que tu dises : ‘ qui montera aux cieux nous la chercher ? ‘ (…)
Elle n’est pas au-delà des mers, pour que tu dises : ‘ qui se rendra au-delà des mers nous la chercher ?’ (…)
Elle est tout près de toi cette Parole, elle est dans ta bouche et dans ton cœur afin que tu la mettes en pratique.» [ Dt 30, 11-14]

L’Épiphanie, c’est une révélation au monde entier à partir d’une source intérieure.
Et comment cette révélation se répand au monde entier.
C’est très simple, et c’est justement parce que c’est si simple que c’est vrai d’une belle lumière.
Cette révélation se répand par la communion au cœur de Jésus.
C’est-à-dire qu’il y a une communion d’amour qui se transforme en lumière pour notre cœur.
Au plus profond de nous.
Pour certains cette invasion de lumière va les brûler, tellement elle est forte.
Mais Dieu est tendre et cette invasion de lumière, il va la faire progressivement monter pour nous ménager.
Dieu nous invite à vivre avec un volcan au cœur de notre âme.
Nous partageons sa lumière par un mystère de communion.
Si bien sûr, nous nourrissons ce mystère par des temps de prière silencieuse.
Alors, ce mystère de lumière, invisible pour celui qui le vit, devient contagieux.

L’épiphanie de Jésus monte de son cœur divin à notre cœur amoureux.
C’est une aventure de lumière et de ténèbres. Les deux à la fois.
Toute notre vie chrétienne sera une aventure de lumière et de ténèbres dans notre cœur.
« pour que l’âme atteigne la vie avec Dieu et communique immédiatement avec lui, elle a besoin de s’unir dans les ténèbres à la lumière éclatante, et même aveuglante, qui est une union d’amour » [Jean de la Croix MC 2, 9, 4]

Ce qui amena les mages jusqu’à Jésus, c’est moins l’étoile qui s’arrêta au-dessus du lieu de l’enfantement, que la brûlure du cœur de ces hommes qui firent tout ce voyage presque pour rien.
Simplement pour apaiser le désir trop brûlant de rencontrer celui qui était la lumière du monde.
Simplement Ces mages ont fait cette équipée désintéressée pour ouvrir leur cœur à la source de la lumière, leur cœur qui avait simplement le désir ardent de rencontrer un Sauveur.
Il repartiront très simplement aussi, allégés de leurs trésors et apaisés dans leur espérance brûlante par une expérience intime qu’ils n’ont racontée à quasi personne.
Comme Siméon, ils sont repartis au loin, silencieux, en murmurant à travers le désert de Jordanie :
« tu peux laisser aller ton serviteur en paix selon ta parole car mes yeux ont vu ton salut »
Ils avaient vu Jésus, Dieu homme, pendant une journée, ou deux, et cela suffit à accomplir une mission qui ne dépendait pas tout a fait deux, à remplir leur vie, à les délivrer du monde, des ténèbres,
Et à leur donner la joie qui ne les quittera plus jamais.
La même expérience de l’Épiphanie qui peut grandir dans notre cœur.

HOMELIE 1er Janvier SAINTE MARIE MERE DE DIEU

« que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse. que son visage s’illumine pour nous »
« que Dieu nous bénisse…»

Ce verbe ‘bénir’ est comme du miel pour n’importe quel homme, même celui qui ne croit pas en Dieu ( enfin, … ne croit pas au Verbe fait chair, à Jésus-Christ illuminateur de notre vie)
Bénir, c’est l’un de ces mots qui est riche. Tout petit, mais très riche.
Parce qu’il nous dit qu’il y a quelque chose qui nous échappe, qui est tout au fond de nous-même, et sur lequel nous n’avons pas, ou très peu, de prise, et que cette profondeur de nous-même elle est aimable à Dieu.
Et ça, ça nous remplit de joie et d’aise.
Parce que Dieu m’aime : je suis aimable.
Dieu m’a choisi.
Presque ‘ je n’y peux rien’.
Dieu a mis en moi quelque chose qui ne dépend pas de moi et dont je n’arriverai jamais à me défaire :
C’est que je suis aimable !
Certains ne sont peut-être pas tout à fait d’accord … alors je peux le dire autrement…
Il y a une chose que vous n’arriverez jamais à vous défaire : c’est que vous êtes aimable, vous mon frère, vous ma sœur.
Aussi forban, pécheur, nul, et malgré mes efforts à faire tout rater, je ne peux pas enlever cette part de moi-même qui appelle l’amour et qui donne l’amour.
Je ne suis pas libre de ne pas être aimable.
C’est terrible, mais le grand pécheur qui fait tout pour être infect à l’humanité, à lui-même et à ses frères, il n’arrivera jamais à ne pas être aimable tout a fait.
Même Adam, piteux derrière son arbre, Dieu blessé en son cœur le poursuit quand même :
‘ où es-tu Adam ?’
‘Adam, je t’aime quand-même…’

Parce que Dieu nous a béni de sa grâce d’immensité.
Je suis aimable parce que Dieu est présent en moi. il me communique la vie, la capacité de parler en ce moment, de vous regarder, de voir la lumière, de ressentir, d’aimer et d’essayer de comprendre quelques petites choses de ce grand mystère de la Création.
Et à moi et à vous, et aux bons et aux mauvais, Dieu fait se lever le soleil et pleuvoir sur les bons et sur les mauvais.
Il y a une sorte de bénédiction générale de la naissance à notre existence.
Tout le monde le vit.
Mais tout le monde n’y répond pas.
Il y a une seconde bénédiction c’est la présence par grâce qui réveille, si j’ose dire, le plaisir de Dieu.
Dieu m’aime parce que je le désire.
Parce que je réponds à son appel.
Oh ! très largement…
Je veux dire que le simple baptême suffit pour que Dieu soit proche de mon coeur.
Il suffit simplement que je ne fasse pas de péché mortel pour que Dieu ne se mette pas dans l’oubli.
Mais cette présence elle est cachée. Je ne peux pas la percevoir. C’est déjà la foi qui me le dit. je ne peux pas la mesurer.
« Si je suis en état de grâce, que Dieu m’y garde », disait sainte Jeanne d’Arc, « si je n’y suis pas, que Dieu m’y mette ».
Réponse sublime dans sa simplicité, à l’évêque Cochon qui l’interrogeait.

Mais cela ne me suffit pas.
Je veux répondre à Dieu de toute mon âme, de tout mon esprit, de toute ma force.
Parce que Dieu m’a donné mon âme mon esprit et ma force, il me les a donnés pour une réponse d’amour.
Et je veux qu’il soit présent pour agir spirituellement et pour se réjouir dans un dialogue d’amour.
Dieu communique sa grâce dans les âmes ferventes pour que cette grâce soit active, lumineuse, et qu’elle établisse la joie profonde de notre âme.
Et là il n’y a plus de plafond.
Le jeu de la grâce ne se repose pas qu’il n’y ait une intercommunication d’amour;
Une expérience qui d’abord purifie, élève mes actes,
Dieu regarde son amoureux, son amoureuse, et il lui fait goûter la douceur et la puissance de son cœur.
Il lui fait goûter la bénédiction.
Mais ça ne suffit pas.
Cette bénédiction devient transformante.
Cette bénédiction non seulement touche mes actes, leur donne une qualité surnaturelle, au-delà de ma nature, mais elle s’enracine pour transformer mon âme et pour l’identifier à Dieu.
Et là c’est la merveille.
L’âme se voit en Dieu et elle voit Dieu qui se voit en elle.
Par une expérience ineffable, c’est à dire qu’elle ne peut pas le dire.
Et pourtant Dieu élève à une égalité d’amour le cœur de celui qui s’unit à lui.
C’est à proprement parler ce que l’on appelle la contemplation.
Non seulement l’âme agit selon ce que Dieu veut, mais elle a radicalement sa vie en Dieu.
C’est une présence ou une bénédiction transformante.
C’est un coeur à cœur dont Dieu a l’initiative.
Tout est changé par cette bénédiction.
Notre regard, nos actes, notre façon de percevoir et d’intégrer les réalités naturelles et surnaturelles, tout cela devient une communion dans la lumière, d’abord du Créateur, mais ensuite de Celui qui est venu apporter la réparation de notre nature blessée.
Et ensuite de Celui qui est venu apporter l’illumination. Le Saint Esprit.
La plus belle bénédiction c’est lorsque il n’y a plus qu’illumination.
La Vierge Marie a vécu tout les degrés de la présence de Dieu dès le premier instant et dans sa plus forte intensité et dans sa plus profonde profondeur.

Nous ne saurons jamais quelle est notre bénédiction, le degré de notre bénédiction.
Peut-être au Ciel, mais à ce moment-là nous ne nous en préoccuperons plus.
On peut simplement savoir qu’il y a des ‘plus bénis’ que d’autres.
Simplement parce que Dieu les a désignés nommément.
Les patriarches, Abraham, Moïse, Josué, quelques amis de Dieu, et les prophètes.
Dieu leur a dit ‘tu es mon béni.’
Comme il aurait dit ‘ tu es mon chéri.’
Tout ceux là sont entrés dans l’union mystique pour vivre de la sagesse, de l’intelligence, de la piété, de la force et de la douceur de Dieu.
Mais il y en a une à qui Dieu a dit davantage , ‘ tu es ma chérie ‘
Tu es bénie entre toutes les femmes.
… Entre toutes les femmes.
Et il y en a beaucoup.
Dieu est entré en elle, Dieu a habité de toute sa grâce l’âme de la Vierge Marie.
Et Dieu lui a donné d’être Mère de Dieu.
Mère de Celui qui donne toute bénédiction.
L’amour de Dieu pour Marie l’a élevée jusqu’à son coeur en lui donnant son cœur, en lui donnant son Fils.
Plus on est béni de Dieu, plus on goûte au silence, parce qu’on expérimente la présence silencieuse et permanente de Dieu dans le secret de notre cœur.
La Vierge Marie était femme de silence parce que Dieu savourait d’être dans le cœur de Marie.
Comme tout bébé, Jésus bébé a savouré d’être dans le ventre de Marie.
Mais c’est de lui que venait la bénédiction et il a ouvert la source de la bénédiction pour cette femme qui ne l’a jamais perturbée, ni refusée.

HOMELIE FETE DE LA SAINTE FAMILLE

Frères et sœurs,
Nous fêtons la Sainte Famille.
On peut donc penser qu’elle est comme une lumière qui éclaire toute famille.
Or, aucune famille n’est configurée comme une autre famille.
On ne peut pas comparer Monsieur et Madame Dupont à aucun autre couple de Durant . Ni les parents, ni les enfants. Ni dans leur vie intime, ni dans leur vie publique (Peut-être, de loin, pour la vie publique ou le travail, il peut y avoir parfois quelques rapprochements).
La Sainte Famille n’a aucune ressemblance avec aucun de nos parents, ni en grâce, ni en pureté, ni en harmonie, et encore moins dans leur mission..
Mais n’existerait-il pas une vertu qui nous rapprocherait de la Sainte Famille?
J’en vois une, lumineuse, principale, spécifiquement chrétienne; je dirais même délicieusement chrétienne.
Les textes d’aujourd’hui proposés par l’Église la confirme avec évidence et la murmure à notre cœur avec insistance.
Je parle de la vertu de compassion.
Toute vraie famille, qui garde vaille que vaille, l’unité naturelle d’une famille – papa, maman, et les enfants, fécondité du couple – et inévitablement humble.
Et c’est toute la leçon de Ben Sira, dans la première lecture.
Goethe écrivit dans ses Maximes une réflexion qui est devenue citation commune et même passée en proverbe.
« il n’y a pas de grand homme pour son valet de chambre ».
Cette constatation n’est pas en raison d’un manque de qualité du premier, c’est en raison de la proximité du regard du valet sur les besoins communs du grand homme.
Le grand homme, pour faire de grands pas doit enfiler ses bottes avec ses rhumatismes; et malheureusement, il peut oublier ses clés de voiture dans une poche de son pantalon qui tourne dans la machine à laver…
Le grand homme a ses défauts et le valet, lui, ne retient que ces détails qui sont quotidiens et nombreux.
Ainsi en est-il dans une famille.
Pour ses enfants, leur père n’est pas souvent un grand… ‘ père ‘.
Et leur mère une grande ‘ femme ‘.
Et les parents considèrent leurs enfants ‘grands’ tant qu’il promettent encore, par une sorte d’ambition illusoire, jusqu’à ce qu’ils atteignent leur plafond qui n’est pas souvent plus haut que le plafond de la normalité.

Ben Sira ne cesse de défendre le père et la maman.
Il est entré dans l’âge de la compassion. De la belle compassion.
De la compassion qui grandit l’homme.
Car l’homme grand et celui qui regarde avec compassion.
« celui qui honore son père obtient le pardon de ses péchés, » écrit Ben Sira.
« celui qui honore sa mère ramasse un trésor ».
Cet honneur correspond exactement au mouvement de compassion et au mouvement d’intelligence profonde de l’autre,
qui réclame généralement des années pour trouver sa douceur, sa tendresse vraie.
Et comme par hasard, ce regard profond sur celui qu’on voit tous les jours dans ses faiblesses incurables, c’est le regard de pardon qui nous obtient le pardon de Dieu.

La compassion n’a rien à voir avec l’affectif fusionnel qui fausse la relation tant avec son père qu’avec sa mère. L’affectif fusionnel asphyxie l’âme et l’intelligence.
La compassion et lucide et bien plus saine.

Traduisons les belles paroles de Ben Sira :
« celui qui honore son père aura de la joie dans ses enfants »
Bien évidemment… car celui qui a compassion des limites de son père aura l’humilité avec ses enfants et ses enfants lui rendront en tendresse.
« celui qui glorifie son père verra de longs jours ». Bien sûr !
Puisqu’il ne se battra pas toute sa vie dans la révolte d’avoir eu un père si nul.
« celui qui obéit au Seigneur donne du réconfort à sa mère » bien sûr !
Puisqu’il saura, celui-là qui obéit, combien sa mère a de mérite à obéir elle-même à la suite des jours et des événements.
L’obéissance au Seigneur est une école de compassion, tellement elle demande d’humilité .
« la miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée ». Dit encore Ben Sira.
La miséricorde pur jus, la belle miséricorde et en fait celle qui est .enveloppée de compassion.
Et la miséricorde pour notre père nous ajuste à la miséricorde divine.
Ou plutôt l’inverse… quand on expérimente la miséricorde divine pour notre pauvre cœur blessé, alors la miséricorde pour notre père devient possible, quel que soit le visage patibulaire de notre père.

Avec cette introduction, nous pouvons nous aventurer dans le jardin de Saint Paul et comprendre Saint Paul.
Le terrible saint Paul, tout tendu de volonté et d’esprit de force pour tourner le cœur de ses frères, et des païens, vers le Seigneur..
Que dit-il ?
Habillez-vous… dit-il au Colossiens, « habillez-vous de tendresse et de compassion ».
Le rude Paul, il pleure presque, il supplie pour que sa nouvelle communauté témoigne de la douceur, de son pardon, de son humilité qui ne peuvent être véridiques que si elle jaillissent d’un fond d’amour et de l’Esprit Saint.
Mais c’est le même message que celui de Ben Sira ! et il va plus loin, plus précis encore…

« femmes, soyez soumises à votre mari ! »
Certains, impurs, vont se frotter les mains et dire :
‘ quel beau témoignage : une femme soumise à son mari ! voilà qui est très bon… ‘
Et certaines, d’ailleurs tout aussi impures, mais davantage coincées et meurtries, diront :
‘ jamais ! jamais de la vie ! Au diable Saint Paul !’
Arrêtons-nous une minute.
Reprenons notre souffle, frères et sœurs.
Ou plutôt reprenons l’esprit de saint Paul et devenant fils et fille de l’Église, plutôt que de se bloquer sur place en ne respirant plus.
Et si on osait demander : ‘ comment serait-ce possible?’
Et si j’abordais cela dans la prière.
Et si je demandais l’esprit de Saint Paul, l’Esprit Saint…
Reprenons notre tricot avec le fil de la compassion.
Évidemment, Paul ajoute très vite : ‘ dans le Seigneur, c’est ce qui convient ‘
Parce qu’une soumission qui ne serait pas dans le Seigneur dans la grâce du sacrement du mariage et du désir de sanctification de son conjoint serait destructrice.
Ce serait prendre l’autoroute à contresens.
‘ dans le Seigneur… ‘ la relation par la compassion, une compassion inévitablement réciproque, elle ouvre la compassion pour le pauvre cœur de l’autre, de son conjoint, et appelle la compassion et la paix du Christ qui est le fondement d’une union d’amour, malgré tous les dysfonctionnements de faiblesse ou de péchés même.
On ne se frotte plus les mains, c’est un sommet permis par la grâce de Dieu.
Et la réponse du mari pour sa femme, elle est inscrite dans la grâce du jour du mariage : elle est de compassion encore et toujours.
« Maris, aimez votre femme, ne soyez pas désagréables avec elle ».
Parce que nous sommes tous dans le même désir d’union de pauvretés qui veulent se rencontrer.
Si on en reste à la pauvreté nous serons toujours déçus.

Alors je reviens ma première question.
Comment la Sainte Famille qui n’a pas eu la même expérience pratique, la même expérience conjugale que chacune de nos familles, peut-elle être lumière pour notre temps ?

La réponse elle vient de Saint Paul, elle vient aussi de Ben Sira le sage.
L’expérience de la relation ne vient pas des années à regarder la télévision dans un même canapé, ni de manger la même cuisine au beurre ou d’avoir dans son verre le même jus de fruit que son conjoint.
Elle ne vient pas de reproduire les mêmes efforts de fidélité que nos parents ont essayé de vivre, et de supporter les mêmes reproches que nos parents se sont échangés aussi. Ou de les éviter…
Le fond du couple et de la famille, il émerge d’un regard qui dépasse les aléas de l’affectif et d’une complémentarité qui n’est jamais satisfaisante en plénitude.
Il vient d’un regard de compassion expérimentée dans la grâce.
Dans la grâce d’abord du Seigneur sur notre faiblesse, compassion divine qui s’appelle miséricorde.
Et qui permet un autre regard de compassion, différent, qui est le respect d’un mystère de faiblesse chez son mari, chez son épouse.
Le plus bel amour de son mari, ce n’est pas un amour d’admiration et d’éblouissement, un jour de printemps, c’est un amour de tendre compassion, dans l’Esprit Saint.
Le plus bel amour de sa femme, ce n’est pas un amour de clair de lune un soir d’été, c’est un amour de tendre compassion, dans l’Esprit Saint.
Dans la grâce, demandée, de l’obéissance au Seigneur et à l’Église.
Aucune communauté, aucun couple, aucune famille, ne peut toucher à la joie et à la fidélité sur le long terme, à l’unité tout simplement, sans recevoir de la grâce divine et de l’Esprit Saint grande compassion et douceur qui s’ouvre en pardon dans les meilleurs des cas.

C’est exactement ce qu’a vécu Joseph, le sage, dés avant la naissance de Jésus, et à sa naissance, et pendant sa jeunesse, en regardant Marie et l’enfant Dieu.
Et Marie en regardant Joseph.
Sauf que leurs regards de compassion n’étaient pas en raison du péché, mais en raison de la faiblesse inhérente à la nature humaine.

Petite cerise sur le gâteau .
« et vous parents, n’exaspérez pas vos enfants, vous risqueriez de les décourager », écrit Saint Paul
Alors là, il me faudrait une autre homélie d’environ 1h pour traiter ce sujet…

HOMELIE SAINTE FAMILLE

Frères et sœurs,
Nous fêtons la Sainte Famille.
On peut donc penser qu’elle est comme une lumière qui éclaire toute famille.
Or, aucune famille n’est configurée comme une autre famille.
On ne peut pas comparer Monsieur et Madame Dupont à aucun autre couple de Durant . Ni les parents, ni les enfants. Ni dans leur vie intime, ni dans leur vie publique (Peut-être, de loin, pour la vie publique ou le travail, il peut y avoir parfois quelques rapprochements).
La Sainte Famille n’a aucune ressemblance avec aucun de nos parents, ni en grâce, ni en pureté, ni en harmonie, et encore moins dans leur mission..
Mais n’existerait-il pas une vertu qui nous rapprocherait de la Sainte Famille?
J’en vois une, lumineuse, principale, spécifiquement chrétienne; je dirais même délicieusement chrétienne.
Les textes d’aujourd’hui proposés par l’Église la confirme avec évidence et la murmure à notre cœur avec insistance.
Je parle de la vertu de compassion.
Toute vraie famille, qui garde vaille que vaille, l’unité naturelle d’une famille – papa, maman, et les enfants, fécondité du couple – et inévitablement humble.
Et c’est toute la leçon de Ben Sira, dans la première lecture.
Goethe écrivit dans ses Maximes une réflexion qui est devenue citation commune et même passée en proverbe.
« il n’y a pas de grand homme pour son valet de chambre ».
Cette constatation n’est pas en raison d’un manque de qualité du premier, c’est en raison de la proximité du regard du valet sur les besoins communs du grand homme.
Le grand homme, pour faire de grands pas doit enfiler ses bottes avec ses rhumatismes; et malheureusement, il peut oublier ses clés de voiture dans une poche de son pantalon qui tourne dans la machine à laver…
Le grand homme a ses défauts et le valet, lui, ne retient que ces détails qui sont quotidiens et nombreux.
Ainsi en est-il dans une famille.
Pour ses enfants, leur père n’est pas souvent un grand… ‘ père ‘.
Et leur mère une grande ‘ femme ‘.
Et les parents considèrent leurs enfants ‘grands’ tant qu’il promettent encore, par une sorte d’ambition illusoire, jusqu’à ce qu’ils atteignent leur plafond qui n’est pas souvent plus haut que le plafond de la normalité.

Ben Sira ne cesse de défendre le père et la maman.
Il est entré dans l’âge de la compassion. De la belle compassion.
De la compassion qui grandit l’homme.
Car l’homme grand et celui qui regarde avec compassion.
« celui qui honore son père obtient le pardon de ses péchés, » écrit Ben Sira.
« celui qui honore sa mère ramasse un trésor ».
Cet honneur correspond exactement au mouvement de compassion et au mouvement d’intelligence profonde de l’autre,
qui réclame généralement des années pour trouver sa douceur, sa tendresse vraie.
Et comme par hasard, ce regard profond sur celui qu’on voit tous les jours dans ses faiblesses incurables, c’est le regard de pardon qui nous obtient le pardon de Dieu.

La compassion n’a rien à voir avec l’affectif fusionnel qui fausse la relation tant avec son père qu’avec sa mère. L’affectif fusionnel asphyxie l’âme et l’intelligence.
La compassion et lucide et bien plus saine.

Traduisons les belles paroles de Ben Sira :
« celui qui honore son père aura de la joie dans ses enfants »
Bien évidemment… car celui qui a compassion des limites de son père aura l’humilité avec ses enfants et ses enfants lui rendront en tendresse.
« celui qui glorifie son père verra de longs jours ». Bien sûr !
Puisqu’il ne se battra pas toute sa vie dans la révolte d’avoir eu un père si nul.
« celui qui obéit au Seigneur donne du réconfort à sa mère » bien sûr !
Puisqu’il saura, celui-là qui obéit, combien sa mère a de mérite à obéir elle-même à la suite des jours et des événements.
L’obéissance au Seigneur est une école de compassion, tellement elle demande d’humilité .
« la miséricorde envers ton père ne sera pas oubliée ». Dit encore Ben Sira.
La miséricorde pur jus, la belle miséricorde et en fait celle qui est .enveloppée de compassion.
Et la miséricorde pour notre père nous ajuste à la miséricorde divine.
Ou plutôt l’inverse… quand on expérimente la miséricorde divine pour notre pauvre cœur blessé, alors la miséricorde pour notre père devient possible, quel que soit le visage patibulaire de notre père.

Avec cette introduction, nous pouvons nous aventurer dans le jardin de Saint Paul et comprendre Saint Paul.
Le terrible saint Paul, tout tendu de volonté et d’esprit de force pour tourner le cœur de ses frères, et des païens, vers le Seigneur..
Que dit-il ?
Habillez-vous… dit-il au Colossiens, « habillez-vous de tendresse et de compassion ».
Le rude Paul, il pleure presque, il supplie pour que sa nouvelle communauté témoigne de la douceur, de son pardon, de son humilité qui ne peuvent être véridiques que si elle jaillissent d’un fond d’amour et de l’Esprit Saint.
Mais c’est le même message que celui de Ben Sira ! et il va plus loin, plus précis encore…

« femmes, soyez soumises à votre mari ! »
Certains, impurs, vont se frotter les mains et dire :
‘ quel beau témoignage : une femme soumise à son mari ! voilà qui est très bon… ‘
Et certaines, d’ailleurs tout aussi impures, mais davantage coincées et meurtries, diront :
‘ jamais ! jamais de la vie ! Au diable Saint Paul !’
Arrêtons-nous une minute.
Reprenons notre souffle, frères et sœurs.
Ou plutôt reprenons l’esprit de saint Paul et devenant fils et fille de l’Église, plutôt que de se bloquer sur place en ne respirant plus.
Et si on osait demander : ‘ comment serait-ce possible?’
Et si j’abordais cela dans la prière.
Et si je demandais l’esprit de Saint Paul, l’Esprit Saint…
Reprenons notre tricot avec le fil de la compassion.
Évidemment, Paul ajoute très vite : ‘ dans le Seigneur, c’est ce qui convient ‘
Parce qu’une soumission qui ne serait pas dans le Seigneur dans la grâce du sacrement du mariage et du désir de sanctification de son conjoint serait destructrice.
Ce serait prendre l’autoroute à contresens.
‘ dans le Seigneur… ‘ la relation par la compassion, une compassion inévitablement réciproque, elle ouvre la compassion pour le pauvre cœur de l’autre, de son conjoint, et appelle la compassion et la paix du Christ qui est le fondement d’une union d’amour, malgré tous les dysfonctionnements de faiblesse ou de péchés même.
On ne se frotte plus les mains, c’est un sommet permis par la grâce de Dieu.
Et la réponse du mari pour sa femme, elle est inscrite dans la grâce du jour du mariage : elle est de compassion encore et toujours.
« Maris, aimez votre femme, ne soyez pas désagréables avec elle ».
Parce que nous sommes tous dans le même désir d’union de pauvretés qui veulent se rencontrer.
Si on en reste à la pauvreté nous serons toujours déçus.

Alors je reviens ma première question.
Comment la Sainte Famille qui n’a pas eu la même expérience pratique, la même expérience conjugale que chacune de nos familles, peut-elle être lumière pour notre temps ?

La réponse elle vient de Saint Paul, elle vient aussi de Ben Sira le sage.
L’expérience de la relation ne vient pas des années à regarder la télévision dans un même canapé, ni de manger la même cuisine au beurre ou d’avoir dans son verre le même jus de fruit que son conjoint.
Elle ne vient pas de reproduire les mêmes efforts de fidélité que nos parents ont essayé de vivre, et de supporter les mêmes reproches que nos parents se sont échangés aussi. Ou de les éviter…
Le fond du couple et de la famille, il émerge d’un regard qui dépasse les aléas de l’affectif et d’une complémentarité qui n’est jamais satisfaisante en plénitude.
Il vient d’un regard de compassion expérimentée dans la grâce.
Dans la grâce d’abord du Seigneur sur notre faiblesse, compassion divine qui s’appelle miséricorde.
Et qui permet un autre regard de compassion, différent, qui est le respect d’un mystère de faiblesse chez son mari, chez son épouse.
Le plus bel amour de son mari, ce n’est pas un amour d’admiration et d’éblouissement, un jour de printemps, c’est un amour de tendre compassion, dans l’Esprit Saint.
Le plus bel amour de sa femme, ce n’est pas un amour de clair de lune un soir d’été, c’est un amour de tendre compassion, dans l’Esprit Saint.
Dans la grâce, demandée, de l’obéissance au Seigneur et à l’Église.
Aucune communauté, aucun couple, aucune famille, ne peut toucher à la joie et à la fidélité sur le long terme, à l’unité tout simplement, sans recevoir de la grâce divine et de l’Esprit Saint grande compassion et douceur qui s’ouvre en pardon dans les meilleurs des cas.

C’est exactement ce qu’a vécu Joseph, le sage, dés avant la naissance de Jésus, et à sa naissance, et pendant sa jeunesse, en regardant Marie et l’enfant Dieu.
Et Marie en regardant Joseph.
Sauf que leurs regards de compassion n’étaient pas en raison du péché, mais en raison de la faiblesse inhérente à la nature humaine.

Petite cerise sur le gâteau .
« et vous parents, n’exaspérez pas vos enfants, vous risqueriez de les décourager », écrit Saint Paul
Alors là, il me faudrait une autre homélie d’environ 1h pour traiter ce sujet…