BAPTEME DU CHRIST 2026

Jésus au cœur de la réalité

L’homme est compliqué.

Il est compliqué parce qu’il doit gérer plusieurs mouvements de croissance au long de sa vie.

Il a un âge pour se laisser porter. Et un âge pour être responsable.

Il a un temps où il doit faire, construire et courir.

Et il est un temps où il doit se calmer et purifier son regard.

Il a un temps où il doit regarder la terre et la travailler.

Et un temps où il doit regarder le ciel et apaiser son cœur.

Il a un temps d’expression. Et un temps de silence.

L’autre jour, je voyais une petite fille, 4 ans… Qui voulait mettre ses chaussures toute seule. Elle affirmait fièrement « je fais toute seule. Maintenant je suis grande…! »

Et tout le monde de sourire, parce que c’était bon signe.

Qu’elle veuille devenir grande…

Pourquoi l’homme est compliqué ?

L’homme et la femme j’entends, bien sûr.

Parce que sa courbe de croissance croise une courbe de maturité qui n’ont pas, l’une ni l’autre, la même équation.

De plus la courbe de croissance, et la courbe de maturité, ne s’appliquent pas de même façon au corps et à l’âme.

Et pour compliquer les choses, l’homme et la femme doivent tenir compte de leur désir pur et de leurs tendances impures qu’ils n’arrivent pas toujours à distinguer.

Et pour compliquer les choses… l’homme et la femme doivent ouvrir la fenêtre de la grâce divine qui seule peut harmoniser tout cela.

Que c’est compliqué de gérer tout ça pour une seule personne !

Comment faire quand on a 10, 15 ou 30 ans, pour garder l’équilibre et pour grandir toujours ?

Dernièrement, je relisais l’une de mes notes de lectures, d’il y a 40 ans.

Et j’y trouvais une lumière.

Dans la vie de Saint François-Xavier, apôtre des Indes et du Japon.

Quand il était ado, ses parents étaient étonnés de son intelligence remarquable. Et ils l’avaient confié à un maître : Pierre Veillard.

François Xavier s’est toujours rappelé de son maître qui brillait par sa doctrine et par sa sainteté.

Et j’ai remarqué que chez les grands apôtres on retrouve souvent ce respect et cette reconnaissance pour un maître qui ont éduqué leur enfance.

Sans être grand apôtre, je me souviens de certains hommes sur ma route qui malgré leurs défauts, m’ont appris, par leur dévouement, à grandir .

Monsieur Chaunier, monsieur Caron, frère Charles Eugène… père Jérôme… les plus proches, et il y a tous ceux, ma famille d’esprit, auxquels je bois encore à la source de leurs bonnes influences.

Ces hommes grandissaient en grandissant les autres.

Ils trouvaient leur joie à bien former les têtes un peu jeunes et légères que nous étions à l’époque.

Je ne cite pas ceux qui sont encore vivants.

Pourquoi je dis tout cela le jour du baptême du Christ ?

Le Christ est né bébé.

Il a grandi.

A 12 ans, il grandissait, est-il dit, en taille, en sagesse et en grâce.

Aujourd’hui, le Christ à 30 ans.

Il a grandi. Et nous avons le Christ à l’âge de la maturité.

Il va commencer sa mission visible, publique  d’accomplissement du salut du monde.

Or, comment s’y prend-il ?

Jean-Baptiste ne le comprend pas.

Personne ne le comprend.

Il va se mettre aux genoux de ce prophète un peu rustre pour vivre un rite de purification dont il n’a pas besoin.

Complètement incompréhensible.

Sauf… si l’on se dit que le Christ introduit à ce moment-là une nouvelle sagesse dans notre monde.

Non pas par des paroles :

«  Laisse faire, dit-il à son cousin Jean-Baptiste,… tu comprendras plus tard. En tout cas ceux qui croiront en moi comprendront plus tard…»

Quelle est cette nouvelle sagesse que le Christ introduit dans le monde ?

Le Christ est descendu à Jéricho.

Le Jourdain s’écoule à peu près à 1 km de Jéricho, la ville la plus basse du monde, à environ 250 m en dessous du niveau de la mer Méditerranée.

Et le Christ s’abaisse devant un homme qui n’est même pas digne de dénouer la courroie de sa sandale…

Nous avons là la clé de l’œuvre d’amour de Dieu, et en même temps la clé de la plus haute sagesse humaine.

Après l’âge de croissance, Jésus nous montre que si l’on veut transformer le monde, si on veut élever le monde, et ça les jeunes comprennent difficilement, (normal…) hé bien, il faut s’abaisser. Descendre au cœur du monde. Se faire proche.

L’esprit du monde est selon un autre schéma.

L’esprit du monde, c’est de trouver tous les moyens pour s’élever, pour couvrir le plus de surface possible, accumuler richesses et de connaissances pour dominer.

L’esprit du monde, d’une certaine façon, n’est pas passé dans le régime de la maturité. Il est un enfant qui veut grandir toujours selon le mode de l’enfance.

Jésus arrive…

Et développe une autre sagesse.

Le Christ s’abaisse au plus bas pour sanctifier de sa présence divine le plus bas.

Et ça c’est une autre sagesse.

C’est la sagesse du maître qui accueille l’imperfection du disciple, qui se met au niveau du disciple pour mettre en valeur ses dons.

Le vrai artiste entre dans la même sagesse.

Le vrai artiste descend dans l’épaisseur de la réalité pour révéler une beauté que personne n’avait encore vue.

Que fait Jésus ?

Il prend un rite. le baptême de Jean-Baptiste. un rite purificateur.

Un peu comme quand on se lave les mains.  Jésus entre dans ce rite.

Il vient tout simplement recevoir de l’eau sur lui-même.

En a-t-il besoin ? aucunement.

Mais alors que se passe-t-il au moment où Jean baptise Jésus ?

Voilà la sagesse accomplie :

Jésus introduit sa force divine, sa propre puissance de purification – il est source, il est puissance d’amour – dans un rite tout banal et même habituel chez les Juifs.

Au lieu de recevoir le rite de Jean son cousin, il transfigure par sa présence divine la signification du baptême.

À partir de ce moment-là, le baptême n’est plus une simple purification, il est la rencontre de la grâce de Dieu. Il devient un sacrement.

La grâce du baptême de Jésus descend au plus bas de notre monde et de notre cœur, pour apporter la lumière de Dieu, c’est-à-dire pour ouvrir notre cœur à l’amour qui peut complètement le combler.

Et ça c’est une nouveauté qui donne sa maturité au monde entier. Que Jean n’avait pas découvert.

Toute sa vie le Christ va reprendre ce schéma.

Dans chacun des sacrements. La communion bien sûr, la confession, le mariage et tous les autres. Le même schéma.

Il vient habiter ce qu’il y a de plus bas en nous, nos misères, nos souffrances, nos péchés, pour les transformer et les enrichir.

Il va les vivre, et parce que Jésus les a vécus, si nous le vivons avec lui nous entrons dans une maturité de lumière et d’amour.

Et ça personne ne peut le comprendre s’il n’a pas la foi en celui qui est descendu dans le monde pour nous élever jusqu’au Ciel, jusqu’au Père.

L’homme, la femme, qui a la foi est le seul, la seule, qui accède à la maturité de sa personnalité.

Le monde est un immature qui court après les biens et les richesses en n’ayant pas tout compris.

Celui ou celle qui a la foi en Jésus-Christ notre Sauveur, vraiment notre Sauveur, il accède à la beauté de son cœur, à la beauté de son humanité.

Il comprend que la maturité c’est d’habiter la réalité par une présence noble.

Et il n’y a pas de présence plus noble que celle de Dieu.

DEUX NOVEMBRE FIDELES DEFUNTS 2025

Espérance et passé

Nous retrouvons régulièrement ces textes lors des obsèques de nos proches. Mais tout aussi régulièrement, nous les retournons dans le souvenir de ceux qui sont partis. C’est normal, quand on vient de perdre quelqu’un notre regard est happé par le passé, par la mémoire, par nos impressions encore vives. Mais ce n’est pas la perfection d’un regard chrétien. Plutôt que de vouloir retenir nos défunts, notre foi nous invite à vouloir les rejoindre. Cela je ne le dis pas à chaque fois dans mes homélies de funérailles… En tant que chrétiens nous sommes enfants d’espérance. Et notre espérance elle est devant nous. Notre espérance c’est que Dieu nous invite… À sa plénitude de présence : beauté à
venir, amour à venir, symphonie à venir de l’Église glorieuse. Où serais-je dans cette symphonie ?
Je n’aurai de réponse que lorsque je présenterai mon ticket. Mais je pourrai goûter la musique de Saint Jean, celle de saint Paul, des apôtres, et
celle de Marie Madeleine et de tous les amis de Dieu, les grands et les petits saints, peut-être de ceux que j’ai connus, avec la Vierge, 1 nitout près du chef
d’orchestre. La Vierge Marie en soliste, parce que personne ne peut être de son niveau. Et pourquoi sommes-nous si frileux, nous, chrétiens catholiques, pour ne pas être joyeux lors des obsèques ?
En fait il y a deux raisons. Parce que d’abord nous sommes trop engagés dans notre histoire sensible. C’est normal, nous passons 50, 70, 90 ans à nous débattre dans notre histoire sensible, pour notre place dans la société, pour nos enfants tellement présents, pour régler nos dysfonctionnements si nuls et si envahissants et pour nous réjouir de quelques aventures qui nous semblent héroïques… Donc, il est normal que nous prenions tous ces événements, même les plus purs ou les plus lumineux, par le côté de notre histoire charnelle et affective, de nos combats et de nos joies terrestres. Ça c’est la première raison pour laquelle nous abordons la mort avec maladresse. Et la deuxième raison qui freine et fait dévier notre joie lors des obsèques, c’est
que inévitablement, nos défunts n’étaient pas parfaits, et la mort réveille en nous les blessures qui ne sont pas encore guéries. Celles qui n’ont pas été lavées par le pardon, celle qui n’ont pas été transfigurées
par une résurrection. Nous sommes lourds de notre chair et de nos défauts. En fait, si nous sommes tristes lors des obsèques c’est parce que nous n’avons pas réglé nos problèmes. Nous sommes attachés à notre chair qui pourtant nous crée tellement de difficultés. C’est parce que nous ne sommes pas morts à nous-mêmes pour vivre dans la lumière du Christ. C’est parce que nous ne savons pas aimer d’un amour de lumière. C’est parce que nous n’avons pas encore vécu la Pentecôte. Les apôtres ont été tristes jusqu’à la Pentecôte. Ensuite leur regard s’est fixé définitivement sur l’espérance de vivre le Christ
ressuscité. Le monde se retourne sur le passé parce qu’il n’a pas d’avenir. Le monde est toujours en train d’essayer de récupérer le passé. Or l’avenir du monde est toujours un dépassement du passé. Si l’on reste accroché au passé nous ne sommes pas dans un mouvement de
croissance et de vie. Or, notre espérance de chrétien n’est pas du tout selon cette vision. L’espérance du chrétien c’est de préparer dans le présent la Transfiguration à venir. Et vous voyez, chers frères et sœurs, que le passé pour le chrétien, il est mort. Dans notre aujourd’hui, dans la joie de notre aujourd’hui, nous voulons goûter à la
plénitude de demain. Et cette plénitude de demain, dans la joie d’aujourd’hui, elle soigne le passé. Par le fait même que notre regard est fixé sur le Christ ressuscité et sur l’Église glorieuse, notre passé, nos expériences, nos défauts, nos péchés, et même nos ancêtres, et tous ceux qui nous rappellent le passé, disparaissent dans la lumière de la grâce. Pour un chrétien, le passé c’est un présent qui n’existe plus. Ou plutôt, le passé n’est fécond que quand il nourrit harmonieusement, comme en
cachette, notre présent. Et s’il nous fait mal, il doit être guérit, par la foi et le pardon. Il est comme un décor que l’on ne voit pas. Mais c’est le présent qui nous intéresse. C’est le présent parce que le présent porte l’avant-goût de notre plénitude au ciel. Ce qui m’intéresse, là maintenant, c’est la vie éternelle qui est dans le Christ Jésus. Et tous mes morts – ceux que j’ai connus – et tous mes morts – ceux qui sont encore là et que j’ai oubliés – et toutes mes morts, c’est à dire tout mon passé, je ne veux en entendre parler que dans la lumière du Christ mon Sauveur. Le passé, comme disait quelqu’un, on ne peut que l’énumérer. Comme une série de nombres. Le présent, il n’est vraiment présent que quand il est habité par une étincelle de notre avenir. Et notre avenir enrichit notre présent par son attente lumineuse. Bien sûr, quand on est chrétien. Sinon, sans la foi, on est enlacé dans notre passé. on se débat avec notre pauvre
présent embrouillé. Et l’avenir devient la tristesse d’avoir perdu le passé. Faites toutes les applications de cette vision à ce que vous voulez. Il y a une vision chrétienne et il y a toutes les autres visions qui sont plutôt des
obscurités. Par exemple, aucune analyse ou psychanalyse.. ne peut résoudre une vie. Puisque seul l’amour d’un à venir donnera guérison à notre cœur. Une analyse ne résout rien si elle n’est subordonnée à un amour qui nous promet
une élévation. Le Christ n’a jamais parlé du passé, sinon pour dire qu’il accomplissait tout ce qui était annoncé. Il ne dit pas ‘dans le temps’… ‘de mon temps…! ‘ . Mais le Christ parle de son Jour, qu’Abraham a vu, et qui est la révélation de la lumière divine, éternelle, inscrit dans le premier jour du monde. ‘Par lui, tout a été fait.’ Nous vivrons le Christ, nous vivrons la joie de notre foi, quand notre amour nous aura transporté dans l’Éternel présent de la vie éternelle, à venir. La vie éternelle récapitule, au delà de notre histoire passée, au delà de notre présent, et du temps à venir, l’harmonie de notre bonheur. Là où nous attendent tous nos frères aimés dans le Christ. Tous les saints glorieux du Ciel. Et tous ceux que nous retrouverons lors de la Résurrection finale de l’Église
glorieuse dans une vision émerveillée de notre Dieu Trinité.

LA TOUSSAINT 2025

Dans le chemin de la grâce, nous sommes toujours comme le petit Poucet au milieu de la foret.
Nous avons besoin de petits cailloux blancs pour y retrouver et de bottes de sept lieues pour avancer à la bonne vitesse, c’est à dire chaussés de la grâce de l’Esprit Saint.
Les petits cailloux blancs, ce sont les exemples de nos frères les saints qui stimulent notre désir et l’orientent en illustrant la Parole de Jésus.

Heureux les pauvres…
Heureux ceux qui attendent tout.

Saint Benoît-Joseph Labre, ce fils de bonne famille qui parcourut un peu avant la Révolution française, les routes de France et d’Italie, partageait sa vie en trois périodes.
Il marchait.
Il entrait dans les églises et il priait longuement. Période principale. Et il mendiait sa nourriture d’un jour.
Quand une bonne âme sortait une livre-tournois de sa poche, il murmurait à son bienfaiteur : « Pas trop…. pas trop…»
Il voulait juste quelques sous pour le jour même.‘ Pas trop…’ Puis il remerciait.

Le monde organise des stages de bien-être et des techniques d’accumulations. Le Royaume des Cieux est aux pauvres.
Notre vie chrétienne est un abandon à la présence amoureuse et providentielle de Dieu.

Heureux les doux.
Un évêque, lituanien, Vincentas Borisevicius, fusillé le 3 janvier 1947 par les
communistes.
Jugé, déjà à moitié mort à la suite des tortures subies pendant des mois, les seules
paroles qu’il prononça avec douceur devant le tribunal qui le condamnait à mort … pour avoir été trop apostolique… ses seules paroles furent :
« Devant Dieu et devant les hommes, je suis dans la vérité ».

Notre vie de foi n’est pas un parcours pour amateurs. C’est un chemin de sainteté.

Heureux les affligés.
Frère Léon marchait sous la pluie avec frère François et il lui demande :
« je te prie de la part de Dieu de me dire où est la joie parfaite ! »

Et Saint François d’Assise répond :
Quand nous arriverons à Sainte-Marie des Anges, trempés par la pluie et glacés par le froid, souillés par la boue et tourmentés par la faim. Nous frapperons à la porte du couvent et si le portier arrive en colère pour nous
demander : ‘ qui êtes-vous?’ « nous sommes deux de vos frères ». Alors il dira : ‘ je ne vous crois pas ! vous êtes des brigands qui trompaient le monde et les pauvres.
Allez-vous-en, misérables voleurs !’
Frère Léon, si nous supportons avec patience, sans trouble ni murmure, avec allégresse même dans la neige et dans le froid, si nous supportons ses injures et même qu’il nous frappe, alors frère Léon écris : c’est en cela se trouve la joie parfaite en pensant aux souffrances du Christ béni que nous devons supporter pour son amour ».

Notre vie chrétienne n’est pas une dégustation des produits du terroir.
Elle est exultation du cœur dans les épreuves.

Heureux les affamés et assoiffés de justice .
Le 4 novembre 1990, une voiture s’arrête devant la maison du père Simon Jubani. Le conducteur lui dit : « Père, vous devez aller au cimetière ou 4 à 5000 personnes
vous attendent pour célébrer la messe. »
Il répond : « je suis prêt ».
Ce prêtre risque sa vie. Il a déjà passé 25 ans en prison. Depuis 40 ans en Albanie il n’y a plus eu un seul office religieux public dans le pays. Il célèbre la messe à la fin de laquelle il annonce qu’il en célébrera une autre une semaine plus tard.
Il est aussitôt arrêté, menacé, mais il ne renonce pas. On le relâche pourtant quelques heures plus tard et disparaît dans la clandestinité. Pendant une semaine, caché chaque jour dans une maison différente. Le jour arrive. 50000 personnes sont réunies, encerclées par des escadrons de miliciens, l’arme au poing. le Père Jubani avance entouré par des jeunes intrépides. Une étincelle, et ce pourrait être un massacre. Le Père célèbre la messe, il fait son premier sermon depuis plus de 27 ans. « la liberté je ne vous l’apporte pas, c’est dans vos cœurs qu’elle se trouve ». « la religion je ne vous l’apporte pas, elle brille déjà en vous par votre présence ici.»
Il n’y aura pas un coup de feu.
Le régime le plus répressif d’Europe a perdu la face, vaincu par la foi. Un mois plus tard, décembre 1990, le régime communiste athée jette l’éponge, et la
liberté de croyance est autorisée. En Albanie, il ne restait qu’une trentaine de prêtres en vie en 1990, sur 110, 25 ans
plus tôt.

Le chemin des saints, nos frères, n’est pas un voyage de tourisme découverte… Notre foi nous rassasiera et nous rendra assoiffés de justice.

Heureux les miséricordieux.

Au début de sa vie de solitude avec le Seigneur, Saint Serge vécu dans les forêts de Radonège.
Vie dure et tentations nombreuses. hivers rigoureux. Les loups affamés entouraient quelquefois sa cellule et des ours venaient jusqu’à sa porte.
Un ours avait pris l’habitude de venir tous les jours rôder devant sa cabane.
Il avait faim.
Et l’homme de prière lui déposait une petite miche de pain sur un morceau de bois ou sur un tronc.
La bête trouvait sa nourriture et s’éloignait.
Souvent il manquait de ce pain, seule nourriture accompagnée de l’eau de la source. Et quand l’homme de Dieu n’avait qu’un morceau de pain, il le jetait néanmoins à sa bête, ne voulant pas l’offenser et la laisser sans nourriture.’
Et peu à peu, des disciples se joignirent au bienheureux dans sa forêt…

Dieu comble de bien les hommes de miséricorde.
Notre Église n’est pas un club de loisirs ou de partage culturel.
Elle est attente de la miséricorde du Seigneur.

Heureux les cœurs purs.
Saint Thomas d’Aquin suivez les cours de philosophie dans l’université très cotée de Cologne.
Il parlait très peu. C’était un disciple qui savait écouter. Certains le surnommaient
le bœuf muet» en raison de sa corpulence.
Et les étudiants qui le côtoyaient de considérer comme un peu niais. Un peu débile. Pour se moquer de lui, un petit farceur l’interpelle dans un couloir :
« Frère Thomas, venez vite ! il y a un bœuf qui vole dans le ciel … »
Thomas se rapproche de d’une embrasure dans le cloître et regarde au ciel… Et l’autre rigole comme un malade. Alors frère Thomas le regarde et lui dit : « « Mon frère, il m’est plus facile de croire à l’existence d’un bœuf volant qu’à celle d’un religieux menteur… ». »
Cette réplique pourrait s’appliquer à la fête mensongère d’Halloween ou à nos petites calomnies qui, en plus, ne sont pas drôles. Notre foi réclame d’être disciples d’un Sauveur qui est vérité.

Heureux les artisans de paix.

Louis Lenoir, prêtre aumônier dans les tranchées de 14-18, savait qu’il serait certainement tué avant d’avoir pu ramper jusqu’au premier mourant sur la champ de bataille. Il n’a pas dit : « Réfléchissons… il y a là une impossibilité apostolique ! » . Il croyait à la valeur suprême du sacrifice pour attirer les grâces divines sur l’humanité . Et il fut tué. (Histoire des crises du clergé contemporain – Paul Vigneron p 319)

Heureux les persécutés pour la justice… Heureux si on vous insulte, persécute, calomnie, à cause de moi…

Dans la même cellule d’une même prison roumaine étaient réunis deux hommes. Le premier, un opposant politique à la République populaire socialiste, n’avait pas la foi.

Le second était évêque. Il s’appelle Monseigneur Ghika.
Le premier demande à l’ecclésiastique :
« qu’en pensez-vous ? Quand retrouverons-nous la liberté ? ».
L’évêque au lieu de répondre ou même de réfléchir à la question, le regarde. Et visiblement il ne comprend même pas le sens de la question.
Alors soudain, cet homme inquiet pour son avenir comprend que sa question est absurde face à cet homme de foi.
Il comprend que pour cet homme-là les murs de la prison n’existent pas. Qu’il n’avait pas à se demander quand est-ce qu’il serait libéré. Il était libre…!
Celui qui posa la question deviendra prêtre catholique. Ce fut le Père Mattei Boïla, qui eut un grand rôle dans l’œcuménisme de la fin du 20e siècle. Quant à Monseigneur Vladimir Ghika, il est mort en prison, de tortures et d’épuisement, le 16 mai 1954 et fut déclaré bienheureux par le Pape François.
Si l’ange de l’Apocalypse ‘marque au fer rouge, comme un sceau’, les élus de Dieu, ne rêvons pas d’une foi style planche à voile ou style parfum Lancôme…… L’amour dont nous parle le Christ c’est l’amour qui passe à travers la croix, qui est cloué sur la croix.
Voyant les foules, Jésus leur dit… :
« vous êtes le sel de la terre. »
« vous êtes la lumière du monde ». Pour tous nos frères qui ont vécu leur baptême comme un appel à la sainteté, le sel et leur lumière ne se sont pas trouvés dans une petite promenade printanière dans la prairie.

TRENTIEME DIMANCHE ORDINAIRE 2025

TRENTIEME DIMANCHE ORDINAIRE 2025

Pauvreté

Jésus parle de s’élever ou de s’abaisser…
Qu’est-ce que s’élever, qu’est-ce que s’abaisser ?
Qu’est-ce que être riche, qu’est-ce qu’être pauvre ?
Jésus lit au cœur des choses.
Pour nous, être riche c’est avoir l’estomac satisfait. Être pauvre, c’est avoir le ventre qui crie famine.
De façon plus moderne, être riche, c’est rouler en Porsche, décapotable de préférence pour montrer qu’on est béni des dieux, et être pauvre c’est même pas pouvoir se payer un grand écran.
Jésus voit profond… la richesse ou simplement le désir de la richesse, l’un et l’autre sont équivalents. (Être riche c’est avoir gagné; désirer être riche c’est ‘ être un riche qui n’a pas de chance comme disait Jean-Paul Sartre)
La richesse ou le désir de richesse vise la sécurité, par soi-même, par des biens possédés.
Et comme les angoisses et les malaises viennent du cœur et ne peuvent pas être soignés par une nouvelle voiture, ni par la richesse de nos dons, ni même par nos vertus morales, il y a erreur de vouloir calmer notre malaise intérieur par ce chemin. Le pharisien de l’Évangile n’est pas tranquille.

On croit pouvoir soigner et apaiser notre cœur par un confort qui détourne en fait de la guérison…
Vous allez me dire :’on peut faire du bien si on est riche…’
On peut faire du bien, mais on ne se fait jamais de bien.
Car la richesse est trop attirante et nous fait croire que nous sommes meilleur et en sécurité.
La richesse, acquise, qu’elle soit matérielle ou vertueuse, nous apporte toujours,

sans exception, la suffisance.
Et la richesse désirée nous apporte toujours, sans exception, jalousie, aigreur,
égoïsme et parfois révolte.
Je me souviens du témoignage d’un skipper…
Le propriétaire du bateau qu’il conduisait, était millionnaire. Peut-être plus. Il ne lui manquait rien. Sauf peut-être, un cœur à qui se confier.
Il avait son équipe de marins, mais il avait peur.
Il s’enfermait le soir dans sa cabine, après avoir pris ses cachets pour dormir.
Rappelez-vous, frères et sœurs, la solitude de Adam et Ève, derrière leurs arbres, après avoir voulu être riche du fruit de l’arbre.
Qui s’élève sera abaissé dans sa solitude .Et la pauvreté… ?
Ah… elle est beaucoup plus intéressante.
La petite pauvreté elle a besoin de quelqu un. Et elle le sait.
La petite pauvreté a besoin d’être élevé par le regard de quelqu’un, le regard ou l’acte d’amour de quelqu’un. Et elle le sait.
Voilà la pauvreté en sa vérité :
Les biens, les dons, ils lui sont encombrants.
Ils ne l’intéressent pas parce que son désir est ailleurs.
La petite pauvreté a compris que le dépouillement lui permet de rejoindre son cœur.
Là où naissent et là où se guérissent les peurs, les angoisses, les nuits sans sommeil,
les tensions, les comparaisons qui irritent.
Pour rejoindre notre cœur, rien ne doit encombrer le chemin intérieur et tant qu’àfaire ni celui extérieur; c’est plus sûr…
Le secret d’une vie c’est de rejoindre son cœur.
Mais comment faire ?
C’est trop simple pour le reconnaître.
Nous devons viser la pauvreté pour que celui qui nous aime rejoigne notre cœur.
Et ensuite pour que nous le suivions jusque-là.
Dieu, notre Sauveur Jésus Christ, nous demande de le suivre dans la nuit, dans la foi,
sans trop comprendre l’itinéraire, de nous dépouiller pour qu’il puisse nous mener
avec une tendresse incomparable là où notre cœur prend sa source.
Il prend sa source dans un appel d’amour.
Aucun riche ne peut pénétrer jusqu’à cette source.
Ça c’est certain.
Le pauvre ne sait même pas qu’il est conduit jusqu’à la source de son cœur. Et, dansun instant de grâce, il s’
y retrouve avec émerveillement.
Cet instant de grâce c’est quand il n’a plus rien.
Il n’a plus rien à perdre.
Il ne cherche rien à gagner.
Et il se retrouve exactement là où est le Pauvre, le pauvre Mendiant qui est Jésus,
Mendiant, Assoiffé, le Pauvre de la Croix…
Le petit pauvre reconnaît le grand Pauvre.
Quand Saint Paul dit:
« J’ai mené le bon combat, j’ai achevé ma course, j’ai gardé la foi.»
Il dit juste qu’il n’a rien… que la foi.
Et la foi c’est rien du tout.
Une flamme de bougie dans la nuit… bref, rien du tout.’
« tous mont abandonné, le Seigneur m’a assisté. il me sauvera et me fera entrer dans son royaume céleste.»
On ne peut être élevé que si on attend… d’être élevé. Le pauvre est celui qui reconnaît que tout seul il n’y arrive pas.
Ni à se rejoindre, ni à rejoindre ses rêves, ni à rejoindre les autres.
Voilà du réalisme ! : se reconnaître dépendant de quelqu’un qui nous libère.
Le vrai amour est pauvre.
« mon Dieu montre-toi favorable au pécheur que je suis ».
La véritable pauvreté c’est celle de l’esprit et de la grâce de Dieu.
La pauvreté matérielle on ne peut jamais aller jusqu’au bout, mais elle nous aide à appeler la pauvreté de l’esprit.
La véritable pauvreté c’est la pauvreté de l’esprit qui est émerveillement.
Bienheureux les pauvres en esprit. parce qu’en fait, on ne peut être pauvre que
d’esprit.

Si bien que Jésus en a fait la première des Béatitudes.
Parce que celui qui est pauvre, il veille, il soutient les retards de Dieu, indéfiniment.
Et son attente, si elle est vraiment attente de pauvreté, remonte toujours à sa
source et cueille le fruit de Celui qui n’a rien pour’ être’ tout.
Le véritable pauvre cueille le fruit de la communion.
Voilà la véritable élévation, c’est l’entrée en communion.

Sur les lèvres du véritable pauvre peut passer la prière du cœur :’
mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis ! ‘
C’est la note la plus pure de la prière contemplative, celle qui traverse les nuées et fait frémir le cœur de Dieu

SAINT DENIS 2025

 

Martyr et vérité et mensonge
Anniversaires de mariages

Frères et sœurs,
Qu’est-ce qu’on fait là ?
Parce qu’enfin, il faut savoir ce que l’on fait quand on est dans une église, à
Tourtour, le 12 octobre…
On fait un acte d’insurrection…
Insurrection contre l’esprit du monde ambiant.
Et de façon collatérale contre quelques idéologies préfabriquées.
Vous voyez c’est pas rien !
C’est vrai que l’on vient de faire une petite escapade à travers Tourtour au son du tambourin et de chants folkloriques.
Et c’est vrai que, croyant ou pas croyant, nous sommes dans cette église pour
louer le Dieu de l’univers.
Enfin… plus précisément pour louer Jésus-Christ, celui qui nous libère de tous nos enfermements, blocages ou péchés.
Ça c’est grand.
Reconnaître celui qui peut faire de notre vie une vie vraiment humaine et grande
et promise au bonheur.
Ça c’est grand !
Mais c’est déjà une insurrection vis-à-vis de ce que vous avez regardé hier à la
télévision.
Mais je vais vous indiquer ce matin deux motifs plus prononcés d’insurrection.
Qui réjouissent notre cœur mais peuvent gêner certains qui ne sont pas là.
Le premier motif c’est celui de notre fête d'aujourd'hui.
Saint Denis…
Saint Denis, martyr.
Je ne sais pas si vous vous rendez compte l’intensité de ce que nous vivons ce
matin par le culte de cette messe.
Comme à chaque messe, nous célébrons le martyr de Jésus-Christ.
Mais à cette messe précisément nous honorons le martyre d’un disciple de Jésus-Christ.
C’est-à-dire de l’un de nos frères tout proche.
Nous venons acclamer ici le témoignage d'un homme d’Eglise, d’un homme de foi, jusqu’à la mort.
Et ça c’;est l’horreur pour l’esprit du monde.

Le phénomène du martyr va jusqu’aux entrailles de l’histoire de l’humanité.
Quand on parle d'un martyr chrétien, catholique, ce n’est pas la mort d’un
criminel.
Comme quelqu’un qui aurait volé la femme de son voisin.
Que son voisin se venge et le tue, c’est horrible, c’est trouble, mais il y a quelque chose de compréhensible dans cette passion vengeresse.
Tandis que le martyr, il ne meurt pas pour un mal, il meurt pour un bien.
Le véritable martyr c’est celui qui meurt pour la vérité.
Il meurt justement parce qu'il est innocent.
Bien sûr, seul le Christ est totalement innocent, mais le martyr chrétien est tué
pour la vérité.
Il appelle à la vérité ou tout simplement il l’annonce dans son coin, et c’est ça qui gêne.
C’est quand même fort.
Le martyr provoque par la vérité une insurrection qui va jusqu’au meurtre.
Quelqu’un dit la vérité, et il faut le lyncher. Pourquoi ?
Parce que, par sa disparition, on va pouvoir rester dans notre mensonge.
Quelqu’un qui met au grand jour le mensonge par la vérité perturbe l’ordre établi dans le mensonge.
C’est le mensonge qui se défend et qui tue.
Or les martyrs qui ne cherchent qu’à témoigner de la vérité et de l'amour, mais de l’amour vrai, pur, pas de n’importe quel amour tordu sur soi-même bien sûr, les martyrs montrent que l’homme de mensonge a besoin de victime.
L’homme de mensonge cherche une victime et un bouc émissaire.
Pour pouvoir entretenir son mensonge.
L’unité des menteurs se fait sur le meurtre de celui qui dit la vérité.
C’est une tactique qui vient de Adam et Eve d’après le péché originel.
c’est pas moi c’est elle dit Adam.
C’est pas moi c’est le serpent. dit Eve.
Caïn tue son frère, les fils de Jacob veulent tuer leur jeune frère, tout
simplement parce qu’il est plus pur, et il leur semble plus aimé de leur père. Il est visionnaire et il dit la vérité.
Il faut l’éliminer !
Et Jésus le dit bien : tous les prophètes sont persécutés.
Pourquoi ? Pas parce que ce sont des voleurs ou des traitres, mais parce qu’ils
disent des paroles de vérité.
Simplement.
L’homme mauvais a besoin de trouver sa victime, et sa première victime c’est
celui qui ne se défend que par la vérité.

Je ne citerai pas les innombrables exemples de bourreaux à grands pieds ou à
petits pieds.
Si l’on ne vit pas dans la lumière du Christ, de la vérité de Dieu par la grâce de la
foi, nous cherchons nos victimes.
Les martyrs sont ceux qui mettent en évidence par la lumière, le poids du
mensonge qui habite l'homme.
Comme l'a fait Jésus-Christ, sur la croix.
Le martyr montre par son témoignage que l’homme ne veut pas reconnaître ses démons qui l’habitent et avec lesquels il pactise.
Le pire pour un homme c’est qu’on lui montre ses démons, ses mensonges.
Tout ce qui est amour de soi, amour de ses intérêts, amour de sa gloire, amour de son confort ou de ses plaisirs.
La vérité nue, l’annonce du Christ Vérité, quelque part, fait peur à l’homme.
L’homme est vérité-phobe.
Quand l’homme innocent montre du doigt l’amour propre, le sien et celui des
autres, il s’annonce candidat au martyre !
Le persécuteur va affiner ses mensonges pour que son meurtre devienne
acceptable et justifié en apparence.
Quelle est la première manœuvre du démon ?
Ce n’est pas de faire le mal en tant que tel.
C’est d’abord de camoufler ses mensonges.
Il se félicite de manipuler les esprits.
Et s’il pouvait atteindre l’Église ils s’en réjouirait.
Mais l’Église se met toujours en pleine lumière.
Frères et sœurs, dites-vous que celui qui agit de façon cachée, parfois occulte, a toujours peur de la vérité qui vient mettre à jour et troubler ses mensonges.
Et comment se présentent les martyrs ? comment s’est présenté Saint Denis ?
Dans la vérité, oui… mais ça ne suffit pas.
Il était dans l’amour, en paix, avec lui-même et avec le ciel.
Et puis, tout simplement il s’est présenté en pauvre.
Tout évêque qu’il était il n’était pas surhomme.
Et tant d’autres, évêques, apôtres, paysans du Danube, Ougandais, chinois, se
sont avancés comme lui pour suivre le Christ, doux et humble de cœur.
Quel rapport alors avec 50 ans de mariage ou 10 ans ?
Et bien, je le dis souvent aux jeunes mariés le jour de leur mariage :
Vous faites par le sacrement du mariage une œuvre de vérité.

Vous manifestez par votre engagement pour la vie un témoignage.
Le témoignage de la vérité et de la foi en Jésus-Christ.
Cette vérité c’est la vérité de la grâce de Dieu.
Un couple sans mariage que fait-il ?
Il consomme un don inestimable, le don de l’amour, le don de l’unité, le don de la fécondité.
Et ça peut passer…
Un couple avec mariage, quand je dis avec mariage, c’est toujours avec le
sacrement du mariage…
Un couple avec mariage fait d’abord, le jour de son mariage surgir une vérité,
comme un grand feu dont la flamme s’inscrit dans l’éternité.
Et deuxièmement en même temps, il rend grâce de ce don inestimable qui vient d’un Autre.
Vous vous rendez compte de la différence de grandeur que prend la même réalité
pour un couple qui ;cohabite; et pour un couple qui s ́unit dans la grâce de Dieu.
C’est là toute la différence entre un feu qui peine à prendre, qui fume et grésille,
et un feu en plein essor de flamme, lumineux et sain.
Par le sacrement du mariage s’élève le feu de la vérité.
Et qui permet à l’amour d’être sain et profond.
Avec la fidélité…
Parce que la fidélité prouve la vérité des cœurs.
Il existe cet amour fou qui peut faire perdre la tête à n’importe qui, et qui en
fait est très commun, du moins au départ…
Mais l’amour fidèle n’est pas commun.
… La vérité n’appartient qu’aux couples mariés dans la foi et fidèles.
… c’est cette fidélité qui fait éclore dans la beauté l'union profonde qu’ils
désiraient le premier jour,
… Avec l’amour, la vérité, la fidélité, il est inévitable que le monde les regarde
curieusement.
Le monde secrètement les admire, mais le monde est gêné dans ses
compromissions compliquées.
Un couple marié et fidèle dans la grâce de Dieu, c'est difficile à supporter.
Jacqueline, Franck, Agniezska, Laurent, vous proclamez aujourd’hui la splendeur de la fidélité.
Qui est loin de l’amour à la sauvette présenté dans les films.
Et comme toute bonne chose, vous la proposez par votre témoignage.
Alors bien évidemment, votre fidélité, vous la vivez avec pauvreté.
Un chemin glorieux dans le mariage ça n’existe quasiment pas.
Votre chemin, il est toujours avec des cailloux, avec des branches qui n’ont pas
été taillées ou qui sont mortes, avec des reliefs qui sont pénibles, des montées et des descentes, avec des irrégularités dans votre relation, des recherches qui ne trouvent pas toujours de solutions;
Quand l’un veut courir, l’autre peut avoir mal aux pieds;
Il y a tous les imprévus de la vie.
Et il faut tenir la charrette dont les roues ne sont pas toujours synchronisées.
Et c’est avec ça, avec ce chemin qui demande une bonne dose d'humilité que vous
prétendez, Jacqueline, Franck, Agnieshka, Laurent, faire œuvre de beauté.
Et vous avez raison.
Parce que c’est Dieu qui la fait.
Et il reste fidèle dans tous les imprévus du chemin.
Et là vous rejoignez Saint Denis…
Parce que la lumière de l’Église, la lumière de l’amour conjugal vécu dans la grâce  de Dieu est une lumière qui peut gêner les yeux des oiseaux de nuit de  notre monde.
Vous les provoquez par votre témoignage.
Mais aujourd’hui, Jacqueline, Franck, Agniezska, Laurent, vous nous réjouissez,
vous réjouissez l’Église, vous réjouissez le cœur du Christ Sauveur.
Et je vais maintenant l’exprimer par une prière de bénédiction de vos couples et de vos alliances, de vos enfants, signes de votre insurrection et signe de votre union et de votre union avec Dieu.