HOMELIE POUR LE BAPTEME DE EMMA ( 9 ANS ) ET DE EZIO ( 1 ans )

Alors, Emma…
Ce matin, je vais te parler en secret, devant tout le monde…
C’est Dieu qui m’a dit de te parler en secret.
En fait, de son secret à lui.
C’est un secret pour les petites filles, mais aussi pour les grandes filles.
Pour les garçons aussi, mais ton petit frère comprendra un peu plus tard.
En tout cas, ce sont les petites filles qui comprennent avant tout le monde.
Le secret… C’est un cadeau que Dieu veut faire aux princesses.
D’ailleurs, quand Dieu il veut faire un cadeau, c’est qu’il y a toujours une princesse qui va le recevoir.
Cette princesse, c’est une âme, c’est ton âme.
Pour Dieu toutes les âmes sont des princesses et il les aime à la folie.
Et il veut le dire.
En fait, il passe son temps à vouloir dire qu’il nous aime.
Et il le dit par des cadeaux…

Quand un papa et une maman veulent faire un cadeau, qu’est-ce qu’ils font ?
Pour un anniversaire ou une fête…
Ils cachent ce cadeau, on ne sait jamais où !
On devine qu’il va y avoir un cadeau, mais on ne sait jamais dans quel placard ils l’ont caché.
Attention….
Dieu, il fait pareil !
Mais… Il est beaucoup plus rusé que papa et maman.
Il est beaucoup plus fort !
Parce que son cadeau, il le rend invisible…!
Carrément !
Si tu fais tous les placards de ta maison, tu n’arriveras pas à trouver le cadeau de Dieu. Surtout si c’est un cadeau de baptême…
Et puis, normalement, un cadeau, tu le trouves devant la porte de ta chambre ou à côté de ton bol, au petit déjeuner.
Mais là, impossible pour Dieu.
Parce que son cadeau, c’est… Une robe !!
Hé bien, voilà je te l’ai dit….
Mais ça n’enlève rien au secret.

J’aime ta belle robe de ce dimanche, mais la robe que Dieu m’a montrée pour toi, elle est plus belle que la plus belle robe que tu imagines dans tes plus beaux rêves.
Elle n’est pas avec des broderies en or, ou des paillettes, ou des frou-frous transparents.
C’est une robe qui a la couleur de la lumière.
Avec des étincelles de lumière.
Alors évidemment que je ne peux pas te la dessiner.
Je te l’ai dit : elle est invisible à nos yeux.
Mais alors!
Comment vas-tu faire pour mettre cette robe. ?
Je vais t’aider…
C’est ça le secret..
C’est une robe pour ton cœur.. !
Imagine…
Une robe de lumière pour ton cœur ! Splendide. Éblouissante.
Et ça, c’est le cadeau, directement de Dieu, pour ton baptême.

Aujourd’hui, là, dans cette messe, tu vas être la plus belle, Emma.
Ton petit frère aussi, mais je vais te dire, à toi, la suite du secret…

Une robe normale, quand tu la mets, elle va devenir un jour trop petite, ou elle va perdre un peu ses couleurs. Elle risque de se déchirer
Mais voilà la merveille…
C’est que la robe du Bon Dieu, pour ton cœur, plus tu vas la porter, et même tous les jours, le plus souvent possible, plus elle va être éblouissante.
Plus Dieu va l’enrichir des paillettes de son amour.
Il n’y a qu’une situation où la robe de Jésus s’abîme.
C’est si tu la laisses au placard, si tu ne la revêts pas souvent.
Alors là, oui, elle commence à se rétrécir et devenir triste.

Au contraire, si tous les matins, aussitôt que tu sors de tes rêves, que tu te réveilles, tu restes les yeux fermés et que tu dis à Jésus :
 » Jésus, donne-moi aujourd’hui la robe que tu m’as donnée à mon baptême en cadeau. C’est ma plus belle robe.
Elle s’appelle ‘robe de ton amour’, ou ‘robe de ta lumière’,
Et aussi ‘ robe de pureté ’… parce que c’est une robe qui rend pur ton cœur par le pardon.
Je veux, Jésus, que ce soit toi qui habilles mon cœur de ton amitié.  »
Ouahhhh…. Alors là tu vas resplendir, Emma !

Mais tu vas me poser une question :
« Si je mets tous les jours une robe invisible, comment je vais pouvoir la montrer?
Les copines, mes amies, elles vont se moquer de moi…
Elle vont dire : on préfère une poupée Barbie à mille robes invisibles !  »
Et oui…. Mais elles se trompent…
Pourquoi ?
Parce que moi, je vois tout de suite les filles qui ont la robe invisible de Jésus.
Les petits gars aussi..
Mais pour les petits gars, ce n’est pas une robe, c’est la panoplie de Zoro et son cheval dans la nuit.

En tout cas pour les filles, comment crois-tu que je reconnais celles qui portent la robe de Jésus ?
C’est très simple. Je le vois dans leurs yeux.
Parce que la lumière qui brille autour de leur cœur, invisible, elle ne peut pas se cacher quand elle vient sur leur visage.
Elles ne le savent pas toujours, que je vois que Jésus fait briller leur coeur…
… Tu viens avec trois filles et je te dis : celle-là, elle a la robe de Jésus. Celle-là elle ne l’a pas… Pas encore, en tout cas.
Et je ne me trompe pas souvent…..

Et quand tu vas revenir au caté, je vais mettre mes mains sur mes yeux pour ne pas être ébloui par la robe de ton cœur.

Comment tu peux savoir si elle est belle, toi ?
Je vais te dire….
Il existe un miroir magique.
C’est inclus dans le cadeau du baptême.
Ce miroir, c’est la prière…
Et c’est aussi la messe.
A chaque fois que tu t’approches de Jésus par la prière et en venant à la messe, Dieu te sera comme un miroir et il augmentera la joie de ton cœur et l’éclat de ta robe intérieure.
C’est ce que les savants appellent ‘ la grâce de Dieu…’
Mais pour les filles ou pour les garçons, on dit ‘ la beauté et la pureté divine ‘ ou encore ‘ Dieu qui devient amoureux ‘.

Voilà… Je t’ai dit le secret.
Et je voudrais maintenant… ( je suis impatient.. ! )
Je veux ouvrir le cadeau pour toi et pour Ezio, enveloppé dans le sacrement du baptême.

Juste avant d’aller à la porte d’entrée de l’église, un dernier
souhait. Le mien.
Moi je t’apporte le cadeau, d’ailleurs Clémentine et Jacqueline m’aident aussi, elles l’ont préparé.
Mais un souhait.
Quand ta robe sera finie, que Jésus sera sur ton cœur, si tu as été fidèle tous les jours à ajouter des étincelles d’amour dans le miroir de la prière,
– ce sera dans plusieurs années de toute façon – , alors tu seras une sainte resplendissante.
A ce moment là, même si je suis mort, appelle-moi pour que je dise au bon Dieu :
‘ hé ! Mais c’est moi qui ait donné à Emma et à son petit frère le cadeau que tu m’avais demandé de leur faire, dans l’église de Villecroze ; la robe de lumière et le cheval de la foi à Ezio !
Et maintenant, Ezio a galopé toute sa vie avec la foi..
Et maintenant Emma, c’est une sainte toute belle pour la vie éternelle !
Et les anges applaudiront à ta beauté. Et Clémentine, et Jacqueline, et toute l’Église, aussi…!

HOMELIE DU VINGT ET UNIEME DIMANCHE ORDINAIRE A

« pour les gens, je suis qui ? »
Le Christ, pour les gens, pour ceux qui sont au marché en ce moment ; pour ceux qui sont devant la télé la plupart du temps ; qui vont au travail le lundi matin, qui pensent à leurs problèmes, à leurs familles, à l’actualité, proche et lointaine…
Le Christ, qui est-il ?
Généralement, le Christ n’est pas critiqué.
Il est plutôt estimé.
C’est un sage, un prophète, qui a fait du bien, des miracles même… là-dessus, pas tous sont d’accord, c’est déjà un peu gênant…
Il a dit de bonnes paroles.
Bref, c’est quelqu’un au-dessus du commun.
Mais il est lointain.
Et pour tout dire, qu’il le reste…
Parce que s’il se rapprochait, il deviendrait engageant.
Il demanderait des choix.
Mais là, ça commence à coincer. On ne veut pas aller jusque-là.
On préfère se renseigner sur l’actualité du coin de la rue, ou plutôt du coin d’une rue de New Delhi, que sur les paroles du Christ.
Parce que le Christ ne doit pas concerner notre vie.
Il ne doit pas inviter à du concret.
Si vous demandez dans la rue : « pour vous, qui est le Christ ? »
Inévitablement, il va y avoir une distance de posée. Une sorte de « oui, mais…».
D’ailleurs certains le disent tout de go : « ça ne m’intéresse pas ! » »
C’est celui qu’on décrit… qu’on a décrit…
Mais tout ce qu’on a dit n’est pas forcément vrai…
Et on relativise le récit des Évangiles.
On ne sait pas trop pourquoi, mais ça rassure.
Alors qu’on ne relativisera pas le récit de la vie de Jules César.
Et voilà la distance…
Ça permet de le mettre de côté.
Au moins, ce qui est dit dans les évangiles ne me concerne pas.
On a détourné la question. C’est trop beau pour moi….
Et d’une certaine façon, les contemporains de Jésus ont réagi de la même façon.
Dire de lui que « c’est l’un des prophètes, Jean-Baptiste, Élie, Jérémie, ou un autre… »
c’est une manière de dépersonnaliser quelqu’un.
On le compare, on fait un rapprochement diffus, peut-être louangeur, c’est quelqu’un de grand, voilà tout simplement… Et même d’original, mais un remake.
On ne veut pas spécialement connaître sa spécificité.
« et pour vous, qui suis-je ? »
Alors là, on peut faire le même exercice.
« pour vous frères et sœurs, qui est Jésus ? »
Vous êtes dans une église…
Alors qui est Jésus pour vous ?

Normalement, si vous êtes là pour cette messe, il n’est pas si loin.
Vous venez le chercher, ici, pour cette messe.
Vous venez même pour une union intime avec Lui !
On a mis un petit papier sur votre chaise.
On va vous faire passer un stylo.
Et chacun de vous va écrire sur le papier un mot, ou deux.
« Pour vous, qui est Jésus ? » En un ou deux mots.
Et on récoltera les résultats en fin de la messe.
En tout cas, Pierre répond instantanément.
 » Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant !  »
Pierre n’a jamais peur de se tromper.
Il est impulsif. Comme les enfants.
L’impulsion est périlleuse.
Mais c’est sur l’impulsion que se greffe le Saint-Esprit.
Celui qui a peur de l’erreur n’atteindra jamais l’autre rive.
Il restera paralysé à l’idée de se tromper.
Et ce n’est pas du tout le caractère de Pierre.
Jésus aime celui qui fait confiance et qui s’aventure.
Celui aussi qui compte sur le pardon en cas d’erreur.
Rien n’est plus pénible que les personnes qui n’admettent pas la possibilité de se tromper.
 » Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant.  »
Autrement dit, tu es un mystère .
Tu es celui qui dépasse tous les autres.
Et tu es celui qui accomplit. La Source. Celui qu’on attendait.
Tu es celui qui ouvre la vie éternelle. « Tu as les paroles de la vie éternelle ! »
Saint Paul répond aussi à la question avec sa puissance :
‘ Quelle profondeur dans la richesse, et la sagesse et la connaissance de Dieu !
Ses décisions sont insondables. Ses chemins sont impénétrables.
Qui a connu la pensée du Seigneur ? Car tout est de lui, et par lui, et en lui….’
Ça c’est le cri de saint Paul.
Et qu’est-ce qui en ressort des paroles de Paul et de Pierre, soulevés par l’Esprit Saint ?
Et bien, il en ressort l’Église…. !!
Qui est un plus grand mystère encore que le Christ lui-même…

En fait, nous avons la capacité curieuse de diminuer les réalités qui nous gênent.
Généralement, ce qui nous gêne, c’est ce qui est beau, ce qui est vrai, ce contre quoi nous n’avons rien à redire.
L’Église est l’une de ces réalités.
Tout comme le Christ est l’une de ces réalités.
Notre esprit à la capacité de mettre à distance ce qui nous appelle à nous impliquer intimement.
Quand quelqu’un nous regarde dans les yeux, nous avons la possibilité de détourner le regard.
Et bien, quand Jésus nous regarde dans le coeur, dans les yeux de notre coeur, notre esprit, à la possibilité de se dire : il n’existe pas vraiment, en tout cas il n’existe pas vraiment pour moi, celui qui en ce moment regarde dans mon coeur.
C’est incroyable cette puissance à se détourner de ce qui veut toucher notre intimité.
Quand c’est un danger, admettons.
Mais quand c’est un mystère de bien, de beauté, de vie, et parfois de résurrection, alors c’est grande tristesse que de vouloir y échapper et de se défiler.
Et, c’est un fait, les gens de feu sont les seuls à pouvoir ouvrir leur coeur.
Les gens de feu, ce sont les enfants, les innocents, les êtres qui ne se protègent pas.
Il n’y a rien de plus dangereux, mais il n’y a rien de plus fécond, il n’y a rien qui ouvre davantage à la grandeur d’une vie.
Ouvrir son coeur à quelqu’un qui touche notre cœur…
Ouvrir son coeur à quelqu’un qui habite notre cœur.
Jésus est l’intime de notre cœur.
L’Église est aussi l’intime de notre cœur.
Différemment.
Il est très difficile de l’admettre.
Autant pour Jésus que pour l’Église.
Nous voulons toujours ramener Jésus à quelqu’un d’extérieur.
Au pire à quelqu’un d’historique.
Au mieux à quelqu’un qui serait notre voisin, un parmi d’autres, dans la rue, mais un peu plus loin.
Qui peut nous faire du bien.
Mais pas celui qui fait palpiter notre cœur.
Et cette palpitation c’est une grâce.
Et quand cette grâce anime le fleuve de vie qui coule en nous, elle se répand hors de nous.
Nous, catholiques, nous avons cette merveille : que quand Jésus habite en notre cœur, l’Église porte notre cœur. Dans sa main comme dans un écrin.
Quand Jésus parle à notre cœur, l’Église prononce les paroles de Jésus.
Quand Jésus illumine notre cœur, c’est par l’Église que nous buvons ces rayons de lumière.
C’est dire si l’Église est intime !

Et quand Jésus guérit notre cœur par son pardon, c’est l’Église qui répand le baume de sa miséricorde.

Le grand mystère….
C’est que Jésus se fait proche de nous par l’Église.
L’Église ne crée aucune distance.
Bien au contraire,
Dans l’imperfection de notre relation à l’Église, Dieu nous touche de sa perfection.
On peut souffrir de l’Église mais on ne souffre de l’Église que comme on souffre de Dieu.
Parce qu’elle nous demande plus loin que nous-mêmes, et pourtant dans le plus intime de nous-mêmes.

« Tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié dans le Ciel.
Tout ce que Dieu aura délié sur la terre sera délié dans le Ciel »

Et le Ciel, c’est la vie éternelle qui est déjà en nous, l’eau vive qui a bouleversé la Samaritaine, et Marie Madeleine, et Barthymée, et les apôtres, et Paul, et … Pierre

HOMELIE DE L’ASSOMPTION DE LA TRES SAINTE VIERGE MARIE 2026

Quand nous approchons de l’église de la Dormition à Jérusalem, nous repérons facilement son dôme, comme un immense chapeau rond, harmonieux, couronnant le sanctuaire qui est aussi circulaire.
Nous entrons.
A droite le magasin, bien fourni.
Et puis, à gauche, un couloir qui mène à l’espace sacré, dans lequel la lumière se répand abondante.
Au sol, une riche mosaïque qui évoque les apôtres, les mois de l’année et, curieusement, les signes du zodiaque.

Et puis, un petit écriteau indique une crypte. Tout discret, à vrai dire.
Il ne force pas, mais il est nécessaire que nous arrivions vers cet indicateur en faisant le tour de l’immense pièce lumineuse (et sonore s’il y a un groupe qui débarque)
Donc, au minimum par curiosité, mais comme obligé, on descend l’escalier en spirale.
Et l’on découvre le secret du bâtiment…
Rond encore, mais où le soleil ne pénètre plus. Lumière indirecte en haut des colonnes solides qui forment encore un cercle, autour d’un cénotaphe.
Au centre, la statue du gisant de la Vierge Marie.
Telle que nous la retrouvons dans toutes les icônes de la dormition.
Corps droit, allongé ; la tête de la Vierge légèrement inclinée, comme en adoration, les mains croisées sur le corps.
Ici, dans cet endroit priant, les apôtres sont plutôt évoqués par les deux rangées de colonnes stables et sereines.
Simplement, avant de partir de ce niveau paisible, deux coups d’œil hautement significatifs.
D’abord un petit autel placé dans le prolongement aligné du corps de Marie.
Et au-dessus, sur le mur, une mosaïque toute d’or, avec la Vierge en gloire, sur un trône, entourée, cette fois en clair, des douze apôtres.
Pour les pèlerins touristes, il n’y a pas grand intérêt à tendre la tête jusque-là.
Ils regardent la voûte, ils regardent les chapelles ornées de mosaïques très colorées, dons de différents pays qui ont contribué à la reconstruction du sanctuaire.
Après quelques commentaires inutiles, la plupart ne sauront jamais qu’ils ont raté la grâce de leur existence, le cœur vital du bâtiment.
S’ils avaient fait trois pas en direction du maître autel, ils auraient découvert, comme cachée, une petite chapelle, sur la gauche.
Et dans ce renfoncement accueillant, une petite lampe rouge indiquant le tabernacle et la présence du Roi des Cieux et du Seigneur de l’Apocalypse.
Le Sauveur, le seul ressuscité, celui-là même qui a donné au monde la Vierge Marie, et qui a donné à Marie les flots de grâces pures qui lui a valu de s’élever au Ciel en son corps et en son âme.
Et si l’on s’assoie, ou mieux, si on se met à genoux, en cet endroit, on peut vivre par le cœur ce que l’immense bâtiment représente dans les formes artistiques, riches et variées .
Là, à cet endroit précis.
Sans que personne, des groupes pressés et bruyants, ne soupçonne du feu qui brûle; de la vie qui coule. De l’Esprit qui introduit en vie éternelle.
D’un côté, les représentations, les paraboles et les images qui étonnent et qu’on admire.
De l’autre côté, à peine cachée, presque insoupçonnable et pourtant ouverte, la réalité qui enflamme et transforme tout l’être et notre cœur et soutient le monde.

Mais si je vous ai écrit tout cela, frères et sœurs, ce n’est pas pour pour m’arrêter là.
C’était pour atteindre le génie de l’architecte.
Nous ressortons du bâtiment.
Et là, si on n’est pas aspiré par le magasin (très avantageux, je vous le conseille, en choix de belles choses, ce qui n’est pas toujours le cas des magasins des lieux saints) … On se trouve devant une curiosité… Le clocher campanile de 42 mètres, n’est pas accolé à la coupole, mais au contraire à une bonne distance.
Pourquoi cette originalité de l’architecte ?
A-t-il il eut des contraintes de fondations ? A-t-il eu des contraintes de budget pour se tromper d’emplacement ?
Alors que tout est si minutieusement placé jusqu’au petit carreau minuscule de mosaïque.
Hé bien non, l’architecte ne prouve pas son incompétence par cette anomalie de ses plans…
Mais sa grandeur, sa grandeur d’âme, sa connaissance théologique, et son génie de constructeur.
Et je m’incline bien bas devant toutes ses qualités.

Petite explication qui va nous donner une grande leçon de spiritualité.
Juste avant d’aller prier dans le lieu exact où la tradition a maintenue l’Assomption de la Vierge Marie, je suis allé tout droit au tombeau de David.
Pour la petite histoire, c’est le seul endroit où j’ai retiré ma croix pour la glisser sous ma chemise, et où j’ai posé sur mon crâne pelé une kippa, ce petit bout de tissu que tout bon juif place sur la tête. D’ailleurs je préfère ne pas être juif, parce qu’elle n’arriverait pas à tenir sur la tête. Elle glisse sur les lunettes.
Bref, je suis allé me recueillir sur le tombeau du roi David parmi quelques dizaines de Juifs fervents qui ne rigolent pas avec les signes religieux dans cette pièce étroite de leur ancêtre illustre, qui est aussi l’ancêtre de la Vierge Marie, et d’une façon un peu le mien (même si les Gaulois ne se réclament pas de lui spécialement).
J’aime David.
Mais ce n’est pas tout.
Quand on sort du tombeau de David, on peut monter quelques marches pour entrer… Où ?
Dans une vaste pièce vide.
Nous sommes dans l’ancien quartier des esséniens, du moins des sympathisants aux esséniens, au temps de Jésus.
Et c’est précisément dans cette pièce que Jésus a demandé à ses apôtres de préparer son dernier repas, la Cène, où il va transmettre, instituer, le plus grandiose des sacrements, celui de son Corps divin et celui de son Sang rédempteur, jusqu’à la fin des temps.
Peut être couché sur quelques banquettes de coussins autour d’une table basse parmi ses 11 amis qui étaient plutôt tendus ce soir-là..

Alors, je récapitule le puzzle.
Le Cénacle, à la porte de Sion, qui jouxte le mémorial de David.
On sort et à l’ouest, à 30 mètres, l’endroit où la Vierge est montée au Ciel entourée sinon des douze apôtres du moins de la plupart.
L’architecte doit respecter la tradition et conserver l’endroit exact vénéré depuis des siècles.
Cependant, s’il doit achever son édifice comme il se doit par un clocher, un détail le gêne.
Son clocher va faire le fier au-dessus du bâtiment où Jésus est passé.
Qu’est ce qui est le plus important ?
Théologiquement, pas de doute, c’est le Sacrement du Corps et du Sang divin pour le salut des hommes qui passe avant l’élévation de la Vierge au Ciel.
Alors, décision est prise de décaler le fier clocher vers l’ouest pour qu’à aucun moment de l’année l’ombre de ce campanile ne touche le bâtiment où Jésus est entré dans son Heure, de Passion et de Gloire.
La Vierge dans son mémorial même, ne pouvait pas faire de l’ombre à son Fils…
Comme c’est beau et puissant comme choix !

Alors je voudrais en tirer une petite leçon rapide mais très importante pour notre vie spirituelle.
De dévotion à la Vierge Marie.
Nombreuses piétés et spiritualités mariales initiées d’ailleurs par certains saints patentés par l’Église expriment des attachements radicaux à la Vierge Marie.
« Marie que je sois ton esclave »
« Prends tout de moi… »
Donne-moi à Jésus, Vierge Marie… »
Nous pouvons donner à ces expressions des nuances acceptables, mais elles nécessitent de la prudence et un équilibrage précis pour ne pas être nocives .
Prises dans leur état brut, elles font de l’ombre au Christ Sauveur.
La piété à la Vierge Marie peut faire de l’ombre à l’union à Jésus qui compte en priorité.
Chez les saints, il n’y a pas de problème, ils savent l’origine de la vie éternelle.
Mais nous qui ne sommes pas saints nous mêlons du psychologique de bas étage à la pure lumière de l’Église et du Verbe de Dieu.
Marie, ni aucun autre Saint ne peut nous attribuer de faveur.
Marie, et tous les saints, ne sont que des canaux, vecteurs de la grâce transformante du Christ.
Marie est simplement le plus pur cristal que traverse la lumière de la grâce divine.
Si on la prie une fois tous les 15 jours, il n’y a pas de problème sur les approximations de piété.
Mais si on est dévôt de la Vierge Marie, notre posture intérieure doit être vraiment ajustée, nos paroles être précises, parce que nous pouvons abîmer notre âme et notre capacité au bonheur en se croyant fervent ou fervente, mais en avançant avec une roue dans le fossé.
Quand un architecte avisé modifie un bâtiment de première importance pour respecter une priorité théologique, qu’elle ne doit pas être notre soin a bien placer la Source des grâces par rapport au canal de la grâce.
La Vierge Marie est venue rejoindre le Ciel dans une unique et extraordinaire faveur de la grâce divine, à l’ombre du lieu le plus chargé d’intensité de son fils sur terre.
Son Fils n’a jamais vécu à l’ombre de sa mère.
Il faut bien retenir cette leçon de lumière.
Bien sûr qu’il y a les représentations et les prières à tous nos saints, si on n’oublie pas la petite pièce où le Christ lui-même nous attend. Là où se trouve le feu incandescent, caché mais qui libère nos âmes.
On peut s’attacher à une spiritualité d’imitation (dans le genre : « je veux vivre les vertus de la Vierge Marie ou les états de Jésus-Christ »…) mais ce à quoi Jésus nous appelle, c’est à une transformation de notre cœur par la grâce du Verbe fait chair. À une union immédiate de notre âme à la divinité.
Jésus nous a ouvert un chemin de transfiguration, pas d’exercices pieux.
Et Marie ne peut pas enseigner un chemin spirituel que son divin Fils n’a pas voulu et qu’elle n’a pas vécu.
Marie s’est laissée transformer par les rayons du Saint-Esprit en son cœur.
Bien plus silencieuse que parlante à Dieu.
Et ainsi elle est devenue toujours davantage limpide au passage de la grâce divine.
Et voilà pourquoi elle est le premier passage de l’amour de Dieu pour les hommes, et le premier passage des prières des hommes jusqu’à Dieu.
Parce que rien en elle ne freine le va-et-vient des grâces jusqu’à son Fils.
Parce qu’en elle tout est silence.
Comme l’a été son entrée au Ciel.

HOMELIE DU DIX NEVIEME DIMANCHE ORDINAIRE

Homélie de la saint Romain, patron du village de Villecroze ( textes de la messe du jour)

 

Saint Romain, bien sûr, c’est l’un de ces exemples de chrétiens devant qui on s’incline.
D’admiration, de vénération.
Comme devant un maître.
Oh… il n’a pas fait de traité spirituel.
Il n’a pas apporté à l’Église de nouvelles vérités; de nouvelles expressions de la Bonne Nouvelle.
On dit que sainte Thérèse de l’Enfant Jésus a parcouru sa vie chrétienne à pas de géant.
Il lui a fallu 24 ans pour accomplir sa vie.
Être la petite balle que Jésus chérissait.
Romain, il a été chrétien une journée. Une nuit.
Alors ce n’est pas des pas de géant qu’il a faits, c’est un saut dans le coeur du Christ.
Pour accomplir sa vie en une nuit.
Il croise Laurent, son prisonnier, et il comprend tout.
Par une grâce fulgurante, ce soldat païen est empli de lumière, divine.
Et vraiment, je vois deux sujets d’admiration pour Romain.
Le premier c’est sa mort, le don de sa vie à celui qu’il vient de rencontrer : le Sauveur Jésus-Christ.
Et cela c’est d’un autre ordre de la vie que nous déroulons du matin au soir.
Romain vivait sa vie.
Il voulait le bien de son empire puisqu’il était soldat.
Il attendait sa solde chaque mois.
Il n’est pas dit qu’il avait fondé une famille. Mais qu’importe.
De toute façon, c’est d’un autre ordre.
Il est soudainement saisi par un amour qui enveloppe tout son être.
Voilà le nouvel ordre.
Romain accueille une transformation de toute sa vie, comme une bombe d’amour dont l’onde de choc lui fait changer son plan de vie en un coup de cuillère à pot.
Mais c’est ça un chrétien…!
Un chrétien trouve sa puissance d’envol le jour où il dérape des chemins du monde pour se retrouver ébloui par la grâce divine.
Quand Pierre demande à Jésus de marcher sur l’eau, il dérape grave de la normalité. Il aime ça Pierre…
Et Jésus aime ça de Pierre.
Même qu’il lui dit qu’il aurait pu aller plus loin ..!
Empli de la grâce de Dieu, de sa conversion, Romain ne pouvait pas faire marche arrière.
Son ‘oui’ a été ‘oui’
Sans piétinements, sans demi choix et sans compromissions…

Mais, en fait, c’est la base du chrétien.
Le martyre prouve que le cœur est donné au Seigneur.
C’est simplement la définition d’un chrétien.
« À celui qui croit en moi, je ferai ma demeure en lui et nous viendrons dîner chez lui ».
Mais vous vous rendez compte..?
Jésus le Christ, Dieu, source infinie de toute grâce venant investir notre cœur.
La vie change, inévitablement.
Elle prend de la couleur.
Des choix sont pris, on assure, on ne craint pas de quitter sa barque…
Mieux… une autre vie prend place avec un autre esprit, un autre regard, une autre perception.
Mais en fait c’est tout simple : c’est l’esprit de ce Jésus qui nous aime, c’est le regard d’un coeur pur à la grâce de Dieu, c’est le témoignage vrai d’un coeur vrai qui se donne vraiment.

Il n’y a pas à se demander si le martyr ça fait mal, si c’est excessif, il n’y a pas d’autres méthodes de suivre le Christ…
C’est le coeur qui parle dans la lumière éblouissante de la rencontre avec Jésus-Christ.
Et puis c’est tout.
Celui qui n’a pas rencontré Jésus-Christ n’a pas le même habit, il se tait.
Il peut toujours de sa fenêtre regarder le martyr comme une chose curieuse, peut-être même inquiétante.
Il prouve simplement que son cœur n’a pas été touché par celui du Christ.

Saint romain ne s’est pas demandé si c’était le meilleur témoignage, et s’il ne devait pas plutôt rabaisser ses prétentions pour mieux servir l’Église.
Il a dit :  » oui Seigneur, tu as pris mon coeur… alors prends mon coeur  »
Ça, c’est la première dimension de toute beauté que nous présente chacun des martyrs de la première Église jusqu’à notre Église du vingt-et-unième siècle.
C’est beau tout simplement.
C’est magnifique…

Mais il y a aussi une deuxième dimension du sacrifice de Saint Romain.
Et cette nouvelle dimension je la trouve encore plus belle.

C’est que saint Romain a vécu une journée en tant que chrétien.
Pour aboutir à la perfection du Christianisme : au don de soi.
C’est cette journée qui me laisse dans l’éblouissement.
Pourquoi ?
Il a reçu le baptême.
Il n’a pas été préparé pendant deux ans au baptême.
Et c’est cela qui m’émeut.
C’est que la grâce de Dieu à touché si profondément le cœur de Romain qu’il est entré dans la pleine vérité de la foi catholique en quelques heures.
Il a compris en quelques heures le plus profond de la foi catholique et de l’histoire du monde.
Parce que Jésus est venu révéler l’histoire du monde.
Il a fallu 2000 ans, depuis Abraham, pour que Dieu mène pas à pas, avec tellement de patience, son peuple qu’il a porté comme un fils dans ses bras. [Os 11, 2]
2000 ans pour que ce peuple ne comprennent pas encore l’accomplissement de la Providence en Jésus-Christ Sauveur.
Et c’est bouleversant de rapprocher Romain et le bon Larron sur ce point-là.
Le bon larron n’est pas mort martyr.
Mais Romain et le bon Larron ont tout compris en quelques instants des profondeurs de leur âme, du dessein divin sur notre monde, et le sens vertigineux du sacrifice du Christ.
Saint Paul gémit de l’incompréhension aveugle de son peuple devant le message de Dieu.
Comme il est difficile d’accepter de quelqu’un qu’on aime, qu’il ne comprenne pas…
Ce peuple hébreu qui continue de fonctionner comme à l’heure de sa naissance…
Comme il est difficile d’accepter que quelqu’un ne grandisse pas.
Grande peine, oui, qu’il soit arrêté dans sa croissance, bloqué et ne sache pas respirer d’un mystère qui lui était destiné.
Voilà l’écharde dans le cœur tellement juif de Paul…
Et je pense que Paul pourrait encore pleurer actuellement sur ses frères de race et de foi.
Le mystère libérateur qui leurs était annoncé depuis des siècles, ils passent à côté.
Ce mystère que Élie a surpris alors qu’il était pourchassé par la reine Jezabel et le roi Acab.
Dieu… dans la brise légère de son coeur apaisé.

Et bien tout cela, saint Romain l’a découvert et l’a porté au plus profond de lui-même en quelques heures.
C’est presque un peu râlant pour nous.
Nous passons notre vie a attraper des petites flammèches de grâce.
Et chacune de ces grâces nous ravit le cœur.
Et bien, imaginez…
Saint Romain a eu dans son esprit, dans son âme, le tsunami des grâces que l’on peut accumuler au long d’une vie entière.
Il est entré dans la compréhension de l’histoire des hommes par la présence fulgurante de son Sauveur, alors que la plupart, au bout de 40 ans avancent, bien sûr, mais hésitent, reculent a moitié, et repartent à tâtons, dans la révélation de notre Seigneur Jésus-Christ qui a souffert, qui est mort, et qui est ressuscité en vie éternelle.
Ce lui fut comme une transfiguration, dans ce fleuve de grâce qui coula ces jours-là, avec le sang de Laurent, martyr, avec celui de Sixte, le Pape lui même, quelques jours plus tôt, qui avait enfreint les consignes de l’empereur; enfin, avec le sang d’une partie de la communauté chrétienne de Rome.
Sang et extase.
Mais saint Romain, davantage encore, emporté comme Élie dans un char de feu de grâces.
Il a tout vécu, la brise, dans son cœur tellement puissante qui lui permit de vivre le feu dans son corps pour participer au seul sacrifice qui veut dire quelque chose maintenant.
Normalement, on arrive au don de soi en fréquentent le Christ, particulièrement par le sacrement de l’Eucharistie.
Et nous allons encore le vivre aujourd’hui.
Romain n’a pas commencé par la question; il a commencé par la réponse, q solution de tous les siècles.

Il y a quelque chose qu’il nous fait envier.
Pour Dieu, un jour c’est comme mille ans, et mille ans comme un jour.
Et pourquoi ne pourrait-il pas nous donner de vivre mille ans en une seule journée ?
Il y a quelque chose qui nous fait frémir quand on entre dans l’intimité de ceux qui ont bu à la Source.

En fait, nous restons devant saint Romain comme jaloux de la pleine grâce à laquelle il a répondu.
Parce que son martyr nous révèle la grâce immense d’amour dont il fut aimé.
Et à laquelle il a répondu.

HOMELIE DIX-SEPTIEME DIMANCHE ORDINAIRE

Ça peut gêner certains, ça laisse d’autres dans un sorte d’étonnement ravi :
Il n’y a pas d’imperfection en Dieu.
Et c’est pour ça que le Royaume de Dieu est caché…
Parce que nos pauvres yeux ne captent que des réalités imparfaites.
On est plus à l’aise dans l’imperfection et nos limites.
Et même quand rien ne va pas.
Comparez le nombre d’informations catastrophiques par rapport au nombre d’informations d’événements harmonieux…
Vous connaissez le proverbe ( je crois que c’est un proverbe russe ):
‘Quand les ennuis cessent, l’homme incertain ne sait plus s’il existe.’
Ce qui est trop parfait nous échappe; cela échappe à la surface des flots.
L’impeccable dérange l’homme orgueilleux comme une allergie parce qu’il n’a pas de prise sur les profondeurs. Il n’est pas au-dessus.
C’est pour cela aussi que la prière (du cœur), la pratique fidèle des sacrements, la communion des cœurs, sont si peu pratiquées dans la durée et la fidélité….
Parce qu’elles nous amènent en dessous de la surface des flots.
Là où on commence à respirer du parfait, de la vie éternelle.
La pureté reste cachée au regard impur.
Et le regard impur cherche à souiller la pureté parce qu’il n’arrive pas à la saisir.
Il y a comme cela des réalités cachées que l’on déforme pour les ramener à nos limites.
L’Église est l’une de ces réalités, cachée par le Saint Esprit .
On juge de l’Église par ses déformations qui ne sont pas l’Église…
On tente d’imiter la charité, mais par son côté visible et déformé.
Mais on ne connaît pas la charité qui s’oublie et se fait oublier.
On tente d’attraper la vie éternelle par le phénomène des miracles … ce qui revient en fait à l’approcher par le plus petit côté de la lunette.
Or, les grâces précieuses qui peuvent combler une vie, pour lesquelles nous voudrions tout vendre pour les posséder… ces grâces précieuses peuvent couler à travers des miracles, mais ne s’arrêtent pas à eux et à nos mesures.
C’est pourtant d’elles que sort toute fécondité véritable.

Oui, savoir discerner le bien et le mal pour gouverner un peuple, c’est bon…
Il est bon d’être grand dans l’art de gouverner.
Mais cette grâce doit être portée et ajustée par les dons du Saint Esprit, pour qu’il en fleurissent des grâces de vraie charité, de persévérance, d’illuminations intérieures, et des fruits surnaturels et véritables selon le désir de Dieu.
Salomon à dérapé par la suite dans sa religion parce qu’il a oublié d’assurer la première grâce.
Il n’a pas commencé par la perle : la grâce du Saint Esprit.

Si on veut envoyer une fusée dans l’espace, il est très bon de lui donner une forme aérodynamique. Il est très bon de lui donner une solidité de construction à l’épreuve des plus dures conditions de vol; il est très bon de l’équiper des dernières découvertes de captage d’informations.
Mais si on oublie de régler le moteur, notre fusée peut être bien belle, elle ne sera pas fonctionnelle dans sa rampe de lancement.

Si l’on oublie dans notre vie, ou si l’on passe à côté de l’union la plus intime de notre cœur à celui qui veut nous élever jusqu’à Lui, on pourra bien structurer notre vie et demander les meilleurs dons, tout cela ne sera pas relié à la sève de notre Sauveur Jésus-Christ.
Nous serons des sarments bien visibles mais secs, détachés du pied principal de la vigne.
Nos œuvres seront visibles.
Nos charismes réaliseront même de belles choses.
Mais nous gratterons à côté du Royaume des Cieux.

Ainsi en est-il de notre prière.
Nous pouvons demander beaucoup de biens pour notre monde; nous pouvons demander la santé, le beau temps, la paix, et l’intelligence pour notre voisin…
Ou quelques charismes pour bien parler de Dieu et pour témoigner de sa tendresse.
Tout cela est très bien et le Seigneur a même promis d’exaucer toute prière énoncée avec foi.
Nous pouvons nous adresser à tous nos saints et saintes pour qu’il pleuve des roses sur notre monde.
Et nous pouvons demander le sourire de la Vierge Marie.
Tout cela peut nous être accordé.

Mais tout cela est l’antichambre du Royaume des Cieux.
Ce n’est pas la perle. Le trésor.
Ce n’est pas le battement caché du cœur de notre Sauveur.
Et ce n’est pas la prière pure.
La prière pure est comme le rayon qui relie le cœur de Dieu à notre cœur.
Et lorsque nous boirons à la vie éternelle il ne restera que cette union qui doit être cachée derrière toute autre vraie prière.

Et voilà pourquoi Jésus-Christ décrit presque toujours le Royaume de Dieu comme caché et mystérieux.
Parce que comme le dit un grand saint :
 » celui qui veut trouver un objet caché, doit pénétrer jusqu’à la profondeur où il se cache, et lorsqu’il l’aura trouvé, lui aussi sera caché.
Ton Époux Bien-Aimé est le trésor caché dans le champ de ton cœur.
(…)
Si tu demeures ainsi caché en lui, tu le sentiras en secret, tu l’aimeras et tu en jouiras en secret;
Tu prendras secrètement en lui tes délices, c’est-à-dire d’une manière qui surpasse toute parole et tout sentiment. »

[II° cantique spirituel str 1 – Saint Jean de la Croix ]