HOMELIE DEUXIEME DIMANCHE ORDINAIRE B

Depuis Noël, nous avons vécu les premiers matins de l’histoire du salut.
Marie, Joseph, la famille proche, puis les bergers, le monde entier, tous s’éveillent à une intervention, inédite, de Dieu.
Aujourd’hui, c’est parti ! Jésus se met en route avec les hommes. Les hommes avec lui.
Dieu veut emmener par la main, avec une réponse libre, les hommes qu’il cherche pour une amitié. Son amitié qui doit rénover les cœurs et l’Humanité.
La beauté du soleil qui se lève au dessus des montagnes, elle n’est complète que si les petites fleurs de la plaine s’ouvrent à cette lumière, avec leurs nuances de couleurs.
Ce sont ces couleurs répandues en notre monde que nous pouvons favoriser ou éteindre, par notre réponse aux appels de Dieu.

Pierre, Jacques, Jean, Samuel, Isaïe, Saul, et la foule innombrables des saints de l’Église se sont levés à l’appel du Christ et ont ajouté leur couleur.
” Me voici “…
C’est à cette intersection, entre l’appel de Dieu et la réponse de l’homme, que deux mystères apparaissent.
– Le mystère de l’appel ou de la vocation, qui est déjà un miracle.
– et le mystère de la résistance à la conversion qui est demandée…
Dimanche prochain, je pense parler du mystère de lumière.
Ce matin, je voudrais effleurer, survoler le mystère de nos surdités et de nos fuites.
Mystère d’obscurité qui vient de l’homme. Les parades à la conversion qui nous est demandée.
Mettre à bas nos faux fuyants.
Les miens… les nôtres, et les leurs, à tous ceux qui se cachent….

Il est vrai qu’il y a tous nos frères qui ne viennent jamais à l’église.
La périphérie de la vie éternelle…
Dieu s’adressent à eux, par des appels personnels, pourtant. A tous.
Il y a une périphérie très lointaine, et une périphérie plus proche.
Avec toute la gamme de raisons qui recouvrent et provoquent le refus.
” ils se bouchent les oreilles comme des serpents qui refusent d’écouter la voix de l’enchanteur ” dit le Psaume 57.
Mais la périphérie, ne l’oublions pas, elle passe par notre cœur, frères et sœurs.
Certains sont engloutis par le mystère du mal. Chemins de perdition.
Ils se posent franchement en ennemis de la foi, de l’Église, et du Christ.
Dur d’oreilles mais surtout durs de cœur.
Tout en sachant que nous partageons le goût de ces ténèbres, dans les replis de nos âmes.
Je voudrais cependant davantage m’adresser aux bons chrétiens que nous sommes.
D’abord parce les autres ne sont pas là, (je pense…)
Et que l’appel à la conversion, il est pour nous, dans son urgence, dans cette église.

Comment devient-on sourd à la voix du Seigneur ?
La voix du Seigneur, c’est pourtant un appel à accueillir sa miséricorde. Un appel à guérir nos blessures.
Et je vois, tellement évident, un chemin, royal, large et accessible à tout le monde…
Tellement enveloppant et trompeur.
Celui de se donner aux sirènes du monde :
Le travail.
Les intérêts honnêtes ou malhonnêtes.
Le confort.
Les ambitions pour le bien et pour le meilleur.
C’est la forêt du petit Poucet.
La forêt n’est pas mauvaise en soi, mais on s’y perd.
La grande excuse est généralement : qu’y a t il de mal à travailler, à nourrir sa famille, à s’offrir un téléviseur ou un nouveau téléphone ? A vouloir davantage d’argent et d’assurance ? A s’informer, (jusqu’au dégoût), des sentiers boueux du monde ?
Il y a qu’on brouille la voix de Dieu qui nous appelle à avoir moins d’argent, plus de temps à la prière, plus de silence intérieur, plus d’intelligence et d’amour dans nos choix.
Et le chemin large nous détourne de la pureté et de notre vérité.
C’est une échappatoire, facile, dans notre environnement qui le favorise de toute ses forces.

Mais je passe à une autre nébuleuse de diversions.

Celle de la chair.
Diversions qui ne sont pas directement les débauches dont parle Saint Paul.
Mais qui brouillent notre écoute de la grâce divine.
Facile aussi:
Les appétits de la chair sont les plus sensibles, les plus enivrants.
Quand le cœur bat trop vite, nos oreilles se ferment, elles deviennent inaptes à la douce voix du Seigneur. Et notre jugement est pris dans un filet invisible. Il s’épaissit.
La chair, ce sont nos sentiments, c’est notre plaisir. C’est notre paix sensible.
Sables mouvants dans lesquels on s’enlise. Et dans lesquels surtout s’enlise notre jugement, notre regard sur les autres qui devient charnel, animal et impur.

Ça ne vire pas automatiquement à l’orgie.
Mais par la séduction de la chair, nous perdons la chasteté de notre esprit.
Jusqu’à modifier notre nature qui croit se suffire si facilement du plaisir :
On a faim, on mange. On a un petit manque, on se rassasie. Et s’il y a quelque chose qui vient nous gêner, on réagit par la violence.
Contraception artificielle, relations qui oublient la finalité de l’amour humain, de la fécondité de la vie et, bien sûr de la fécondité de Dieu.
Je rappelle, à cette occasion, frères et sœurs, que toutes ses recherches qui sacrifient la vie spirituelle au plaisir, premier servi, et qui sont contraires à la chasteté, sont des péchés qui éloignent du sacrement de la communion et ne nous permettent pas d’être en adéquation pour communier si on ne s’en est pas confessé.
Le degré au-dessus bien sûr, ce sont les addictions que le plaisir sensible engendre si naturellement :
Le champ lucratif de la pornographie qui fait dégringoler en dessous de l’animal.
La violence, la drogue, les jeux et les divertissements qui réduisent nos facultés les plus nobles. Notre intelligence et notre amour.
Impossible d’accueillir en ses conditions la grâce de Dieu.
À plus forte raison, un appel ou une invitation à la conversion.
Dieu est là, pourtant, le Christ frappe à la porte de notre cœur, pour simplement nous offrir de sa vraie joie, profonde…
Quels sont en nous les racines de ces appétits ? Chacun peut discerner pour soi.
Si vous ne vous êtes pas confesser, notamment et obligatoirement pour Noël, c’est que tout cela est vainqueur, au moins de manière tacite, en vous.

Est-ce que ces glissements sont les remparts ultimes de nos résistances ?
Eh bien non, frères et sœurs… il y a plus dangereux et plus imprégné de l’odeur du démon.
Car jusques-là, je parle de pécheurs, mais de victimes aussi, pour lesquelles il y a aura un temps pour les purifications, qui seront douloureuses.
Et qui ont déjà comme une maladie dans leur corps et dans leur âme.
Mais ce sont les faibles, des manipulés et ils le savent confusément, victimes, emportées dans les mâchoires de notre monde étourdi.
Toutes ces victimes, nous-mêmes, sur lesquelles nous devrions davantage pleurer.
Il existent tant de ces victimes, révoltées d’avoir ratées l’appel de la vraie vie et de leur mission sur terre, emportées par leurs addictions.
Qui sont cependant victimes, aussi. Dieu pardonnera, Dieu ira les chercher au profond de leurs erreurs. Dieu est bon.

Cependant, en profondeur de mal, il y a plus douloureux pour Dieu.
Pas dans les apparences, surtout pas dans les apparences.
Ce sont ceux qui détournent l’appel du Christ par mensonge.
Ils se mentent et ils mentent aux autres.
Vous ne les trouverez pas dans les ennemis visibles de l’Église, mais derrière le visage du frère. Du faux frère.
Nous avons en nous notre part du faux-frère.
Pas là où nous pleurons sur notre faiblesse… Mais là où nous nous croyons fort.
Le faux frère se croit ‘modèle’.
Il se croit représentant de l’Église. Parfois et souvent.
Et ne se croit pas invité à la conversion.
Il est gentil. Il est souriant tant qu’on ne lui parle pas de sa conversion.

On peut bien entendre et réentendre le chemin de la grâce, et ne pas comprendre.
Le comprendre de travers… les sages et les savants…
Il y a ceux qui entendent et ne veulent pas comprendre.
Il y a ceux qui ne comprennent pas, et qui savent tout.
On peut pratiquer. Mais en évitant le chemin de la conversion.
On reste dans la catégorie de ceux qui disent : ” Seigneur, Seigneur !”
Le discours est là, mais il sécrète les parades pour ne pas correspondre à l’appel.
Pour réduire cet appel. En fait, on fonctionne sur la réduction. Ça commence par «oui, mais…»

Depuis un siècle, l’Église se purifie des faux frères, disons, plus énergiquement qu’avant.
Depuis un siècle, des faux frères deviennent des frères ennemis parce qu’ils sont démasqués.
Et c’est tellement mieux pour un homme de foi, d’avoir un ennemi plutôt que d’avoir un faux frère.
Cependant, le père du mensonge sait se camoufler derrière des piétés, des dévotions, des actes humanitaires, des revendications de justice, des blessures qui apitoient.
Souvent, j’ai vu le diable pleurer.. Larmes de serpent qui semblent des sanglots immenses. Mais fausses.

Alors… Le faux frère… Sa tactique dominante…?
Je dis dominante, parce qu’il n’existe pas un faux frère parfait, absolu.
Ni un ennemi absolu.
Ni d’ailleurs un saint absolu, sinon la Vierge Marie, qui est justement le contraire de l’absolu.
Tout homme est un tissu qui se confectionne de plusieurs fils entrelacés.

Je pense que le faux frère sécrète inévitablement l’hypocrisie.
Il se dit, il se place, il s’indigne, il est à la place qu’il pense la meilleure, toujours, la plus honorable.
Mais intérieurement quel est son processus ?
Il manque de silence et il a besoin de reconnaissance, voilà ce qui trahit le faux frère sous son apparente humilité.
On le voit s’apaiser quand on parle de son excellence.

Cela serait à la limite plus drôle que fâcheux, quand on a repéré le faux semblant, derrière les discours, les dévotions, ses témoignages et ses conseils, sa charité très visible, mais l’œuvre de Dieu est abîmée en profondeur.
Parce qu’il réduit à sa conception l’infini de l’Esprit.
Tant de beaux chemins qui s’annonçaient et qui ne s’achèveront pas… en lui et autour de lui.
Voilà le plus triste.

Samuel, et les apôtres sont à l’appel de Dieu, la fraîcheur de la réponse à la conversion.
En fait, frères et sœurs, il y a un critère qui pose dans la lumière notre relation actuelle avec Dieu.
C’est la réponse à cette question :
” ma vie de foi, ma pratique, ma spiritualité, mes engagements, mes conceptions, est-ce que je les propose au discernement, de l’Eglise, ou est-ce que je les discerne par moi-même ? ” .

La réponse à cette question nous donnera la mesure, soit de la vérité de notre foi, de notre vie avec le Seigneur, de notre état tout simplement de chrétien.. ou bien de la fausseté qui tente de se cacher en nous ?

Dimanche prochain, je vous inviterai à ouvrir la porte de lumière.
Mais il fallait commencer par répondre à cette question pour ne pas partir sur un malentendu.

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SAINTE MARIE MERE DE DIEU – premier janvier

Vous aimez quelqu’un, frères et sœurs… Alors, vous désirez lui faire le plus précieux,  le plus doux,  le plus intime cadeau, celui qui va emporter son cœur ?
Vous réfléchissez…
Vous mesurez votre bourse pour savoir combien engager dans cette perle que vous lui voulez merveilleuse.
Vous pensez peut-être à une robe en dentelles et fils d’or, dessinée par Sarah Burton…
Soyons fou.
Quand on aime, on ne compte pas.
Avez-vous rêvé un jour d’offrir ce qui dépasserait tous vos moyens.
Une Lamborghini… Une Aston Martin Vanquish…
Oui, pas mal, si votre épouse aime la vitesse et les voitures hautes en caractère !
Mais si elle est plutôt artiste, délicate, mélomane, elle ne vous remerciera jamais assez que vous lui offriez un stradivarius.
L’alto ‘Macdonald’ Stradivarius…! Le chef d’œuvre le plus génial du luthier italien.
Moins sublime pour la qualité de l’âme, mais envoûtant pour voguer sur les océans infinis, vous pouvez aussi penser à un yacht, 100 mètres de long, furtif… Pourquoi pas..
La liberté…!!
Allez…!  pour notre bien-aimé(e), ne pourrait-on pas l’envoyer au ciel en lui réservant un voyage dans un vaisseau spatial.
Un petit billet de la compagnie de tourisme dans l’espace, Virgin Galactic…
Mais il y a plein d’autres expériences extraordinaires que l’on peut offrir en merveilleux cadeaux :
La découverte du mont Kilimandjaro, nager avec les requin-baleines à la grande barrière de corail australienne…
Vous avez peut-être eu, pour Noël, des idées plus fantastiques, d’ailleurs…

Mais en fait de cadeaux, le premier jour de l’année 2021, il existe un grand spécialiste…
Si on demandait à celui qui s’y connaît le mieux en termes de cadeaux…
À Celui qui est le plus grand…
Le spécialiste: Dieu, bien sûr !
Il s’y connaît depuis les origines. Il ne cesse de faire des cadeaux… divins.
Et pour découvrir ses meilleurs cadeaux, nous devons rejoindre ceux qui ont accueilli ses inspirations les meilleures. Les saints.
Allez, je vais m’offrir un petit luxe : je vais même demander à celle qui a le mieux accueilli les cadeaux divins, quel est le plus beau cadeau à faire à la personne que l’on aime.
« Vierge Marie, as-tu rêvé d’éblouir en une magnifique robe de mariée, la plus belle de toutes ?
Tu as ébloui le cœur de Joseph.
Tu as ébloui ton village.
Tu as ébloui tous les chemins où tu es passé.
Et tu as ébloui de la plus belle robe au monde que Dieu t’a donnée ? Ta Robe de pureté.
‘Maison d’or’, ‘Rose mystique’.
Tu es passée dans le monde plus élégante et plus rapide que la plus belle des voitures de luxe.
Dieu t’a donné sa puissance et un moteur sans aucun raté.
Cadeau !
Cadeau de ton Créateur…
Tu fus ‘Arche d’Alliance’ .
Dieu t’a offert une âme qui a vibré d’une musique autrement plus délicieuse que celle des violons les plus géniaux qui ont existé.
‘Vase spirituel’, ‘Cause de notre joie’.
Le Seigneur t’a offert une aventure des plus inédites que ne pourra vivre aucun homme :
Une traversée du monde et de l’univers en tenant la main du Fils de Dieu, ton cœur gonflé du Saint-Esprit.
Avec l’Espérance plus limpide que les plus purs coraux des océans.
Aucun yacht ne pourrait te combler à ce point-là.
‘Étoile du matin’, d’un matin nouveau.
Que t’importe, Vierge Marie, de t’élever au-dessus des nuages, les portes du Ciel t’ont été ouvertes dès ta naissance.
‘Porte du Ciel. Toi-même’, ‘Trône de la sagesse’.

Alors, Vierge des vierges, peux-tu me dire quel est le plus beau cadeau que tu aies reçu du Seigneur…?
Et je sais que tu m’as répondu, avec douceur :
« Rien de tout cela.
Le plus beau cadeau qui peut venir de quelqu’un, est le cadeau le plus intime, celui qui vient du plus essentiel de sa vie, d’une communion à son cœur.
Or, le plus intime, le plus au cœur de mon Dieu…
Le plus admirable, bref, le plus divin, mon enfant, je te le dis sans hésiter :
C’est le don de la fécondité.
Le plus beau cadeau que l’on puisse faire à quelqu’un c’est de le rendre fécond.
C’est de le rendre fécond dans l’amour.
C’est de rendre son amour fécond.
Dieu m’a donné cette grâce suprême.
Et c’est pour cela que tous les cadeaux qui s’achètent, ont quelque chose de vulgaire et goût de poussière.
Que tous les cadeaux que j’ai reçus, moi, Vierge Marie, n’existent que pour le cadeau essentiel de ma fécondité.
De la fécondité de Dieu en moi. »

Vous pensez, chers frères et sœurs, que Marie parle de la fécondité de la conception de son fils. En son corps.
Cadeau unique du Père, effectivement.
Mais on ne peut pas penser à sa maternité virginale, sans entrer dans le fleuve de sa fécondité mystique, qui correspond à la lumière de notre merveilleuse Église.
Marie, Mère du Christ.
Marie, Mère de la divine grâce pour tous tes enfants.
Marie, Mère de l’Église et de tous les saints, des plus petits jusqu’aux plus admirables.
Frères et sœurs, si vous voulez faire un cadeau à quelqu’un, montrez-lui le chemin de la fécondité de l’Esprit Saint.
Et aucun milliardaire n’atteindra à votre cheville.

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HOMELIE FETE DE LA SAINTE FAMILLE

SAINTE FAMILLE
Il y a deux jours, on se penchait sur un petit bébé  qui s’appelle Jésus.
Aujourd’hui, on considère la petite famille, le bébé, sa maman, et l’époux de cette maman.
Ce serait facile à l’Église de proposer des textes attendrissants pour la fête de la Sainte Famille. Cela plairait à tout le monde.
Seulement les lectures de cette messe ne sont pas pour nous attendrir.
La grande difficulté quand on aborde le sujet de la famille, c’est de ne pas se satisfaire d’idées et de mots, mais de rester accroché à la réalité.
Or, quand on dit réalité, on pense « sensible ».
Un couple c’est du sensible qui se reconnaît comme capable de joie… à deux.
Un enfant trouve son origine dans du sensible.
Il se fait connaître, il grandit par des expressions sensibles.
Il bouge, il fait bouger autour de lui, il se fait entendre, et c’est bon. C’est bon signe.
Il tombe malade en toussant, c’est moins bon signe… il saute de joie et rit.
Seulement voilà…
Les textes d’aujourd’hui n’ont pas l’air de s’intéresser à cette gamme de sensations.
Ni à la tendresse du couple, ni aux cris qu’a dû gazouiller l’Enfant-Jésus, ni au plaisir sensible qu’à dû ressentir Abraham, ou aux battements du cœur de Sarah, à l’annonce de sa maternité.
L’Église nous invite à rejoindre une réalité différente qui est celle d’un souffle plus puissant derrière l’impression sensible.
Oui, la famille est toute entière immergée dans le sensible.
Cependant l’Église donne l’impression de ne pas vouloir y toucher.
Elle ne veut pas pénétrer dans ce domaine si infini et indéfinissable.
C’est, nous dit la philosophie, le domaine du particulier, de l’expérience singulière, existentielle.
Ça reste dans l’expérience unique que même celui qui la vit ne peut pas exprimer.
C’est bien cela le mystère de la relation homme-femme.
Qui dira, à son épouse, de quoi était composé son premier regard amoureux ?
Et son second regard sur elle ?
Et encore son regard, celui d’hier, après 30 ans de mariage ?
Soit elle le comprendra en croisant son regard avec le sien, soit il restera dans le secret du cœur de Dieu.
D’ailleurs, j’entends régulièrement, l’argument catégorique qui clôt toute discussion:
«  vous ne pouvez pas comprendre parce que vous n’avez pas fondé de famille. »
L’argument quand on ne veut pas écouter.
Cependant, si je ne peux pas comprendre, croit-elle, cette brave dame, que sa voisine qui est maman, croit-elle que sa sœur qui est peut-être aussi maman, peuvent davantage la comprendre ? Car tout autant, il y a un abime entre son expérience et celle de sa voisine, ou celle de sa sœur, de son mari ou de sa fille.
Alors sommes-nous destinés à ne pas pouvoir partager notre solitude, nos expériences intimes, nos peines profondes et nos joies intérieures intenses, sans cri ou nos efforts secrets ?
Existe-t-il un chemin de communion réelle, concrète, que nous propose l’Église, la seule Église, celle du Christ ?
Ce n’est pas que l’Église se désintéresse de l’amour sensible.
Ce n’est pas que l’Église n’y comprends rien dans la masculinité, la féminité…
Ni que l’Église veux châtier la dimension corporelle, passionnelle, de l’homme ou de la femme.
Mais l’Église sait par l’esprit de son époux qui est le Christ, par l’Esprit Saint, que la chair ne peut être réconciliée avec elle-même, trouver son harmonie et ce qu’il y a de plus beau dans sa sensibilité blessée, que par le souffle de la grâce de Dieu.

Et c’est pour cela que l’Église ne veut jouer avec la fragilité de la relation homme femme, des relations familiales si délicates et si subtiles,  qu’en les enracinant, en les nourrissant, en leur donnant cohésion, par la sève de la foi.
Remarquer le dans les textes d’aujourd’hui, la foi est la réponse essentielle aux situations impossibles.
Rien de plus concret que la foi au cœur de la chair.
L’écharde dans le cœur d’Abraham, et dans celui de Sarah, c’est de ne pas avoir d’enfant.
Dieu donne en réponse à la foi d’Abraham sa bénédiction, par une nouvelle fécondité.
Dieu se plaît à donner fécondité sur un mouvement de foi confiante.
Anne pour Samuel, Zacharie Élisabeth pour Jean-Baptiste, Marie pour notre Sauveur.
Cela veut dire que le cœur de la famille c’est l’intensité de sa foi.
La compréhension entre un homme et une femme se trouve au moment où l’un et l’autre se mettent en prière devant Dieu.
Où, secrètement,  Dieu infuse à leur cœur la grâce de leur foi.
L’unité de chair, la correspondance de leur amour, la communion de deux sensibilités qui s’aiment, vibrent à la mesure de la foi qui anime les époux.
L’éducation des enfants, l’équilibre du travail et du soin de la maison, la fécondité d’une vie de famille, et je dirais, le mécanisme le plus charnel inscrit par le Créateur dans la sexualité masculine et féminine, ne trouvent leur sens et leur liberté que dans l’acte de foi qui apaise les profondeurs de l’âme.
Notre monde court aux psychologues, il court aux thérapeutes de toutes catégories. Etudes, analyses et thèses foisonnent pour calmer le mal-être des dysfonctionnements.
Mais peuvent-ils, peuvent-elles faire grandir la foi ?
«  grâce à la foi, Abraham offrit Isaac en sacrifice ».
« sous l’action de l’Esprit Saint Siméon prophètisa sur l’enfant.
Il sera signe de contradiction, de chute et de relèvement. »
Et ses parents s’etonnaient de ce qui était dit…  cela les dépasse.
Une femme ne peut pas se donner à un homme si elle n’est pas portée par le don de la foi.
Un homme ne peut pas gérer  sa relation de père ou d’époux, s’il n’accueille pas en son intime la grâce obscure et lumineuse de la foi.
Voulez-vous  mesurer la qualité de votre famille ?
Rien à voir avec la réussite.
La qualité de votre famille se mesure au regard de foi avec lequel l’époux accueille sa femme.
Et au regard de foi par lequel l’épouse fait corps avec son mari.
Tout le reste est accessoire et aléatoire.
C’est par l’union d’un seul esprit avec le Seigneur, dans la foi, que vous vivrez l’union d’une seule chair, à deux.
Et l’union de votre famille, à 5, 10 ou 15…
Dans son encyclique,  ‘ la joie de l’amour ‘, notre pape François écrit :
” vouloir fonder une famille, c’est se décider à faire partie du rêve de Dieu, choisir de rêver avec lui, vouloir construire avec lui (…) un monde où personne ne se sentira seul “.
Pour Dieu, il n’existe pas de rêve qui ne soit pas réalité et création effective.
Mais si on veut tracer notre réalité sans la présence de Dieu, toute réalité devient un rêve périlleux pour nous.

Comme il est difficile de dire cela aux jeunes fiancés.
Car c’est une progression de vie intérieure qui ouvre à la compréhension.
Autrement dit,  plus la couleur de leur regard est teintée par la sensibilité plus la pesanteur de la concupiscence,les conduit au rêve.
Ce qui ne veut pas dire obligatoirement qu’ils vont partir dans le décor.
Comment dire à ces jeunes pour reprendrema remarque du début, que le premier regard amoureux entre eux, s’il est traversé par la lumière de la foi, sera d’autant plus promesse de tendresse, mais bien plus sûrement encore promesse de communion.

Il n’y a pas plus concret, ni plus difficile, je l’admets, dans un couple, (mais aussi pour chacun selon son état) que son effort à s’ouvrir au don de la foi.
Pas plus concret ni plus jouissif.

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HOMELIE DU JOUR DE NOEL

L’Église nous fait un cadeau merveilleux.
Le jour de Noël.
Le prologue de l’évangile selon Saint-Jean…
La perle du Nouveau Testament.
Il suffirait pour fêter Noël sans rien de plus, de lire le prologue de Saint-Jean !
Il suffirait pour être saint, de laisser la musique de cette première page de l’Évangile selon saint Jean, faire vibrer notre cœur.
Mais en fait, je ne voudrais pas faire de jaloux.
Chacun des mots des 4 évangiles sont suffisants pour nourrir, toute une vie, notre cœur.
Quand la grâce passe…
Mais qu’est-ce qui arrive quand la grâce de Dieu touche notre cœur…
Quand la présence de Dieu frôle notre vie pour la changer, lui faire prendre un chemin qu’elle ne s’était pas imaginé ?
Il est étonnant que ce jour où il y a abondance de guirlandes, abondance de repas, de rencontres, et de cadeaux, qui nous détournent de la présence de Dieu par leur abondance, ce soit le jour qui, normalement, signe l’identité du chrétien.
Alors je me demande quelle est le rôle de la grâce quand elle touche un coeur ?
Vous avez peut-être remarqué, ou pas, notre petite crèche autour de l’autel.
Est-ce qu’elle est propice pour inviter à une conversion du cœur ?
En tout cas, elle ne correspond pas à l’Évangile que l’on vient de lire.
Qu’est-ce qui lui manque ?
Le petit enfant Jésus ?
Non il est là.
Est-ce qu’il lui manque Joseph Marie, le bœuf et l’âne, les bergers, et les petits moutons ?
Non ils sont tous là.
Et bien plus même.
Tous nos santons sont en route vers la crèche pour signifier qu’il y a un événement important.
Le décor est bien posé.
Mais il manque quelque chose…

Alors je vais vous donner la solution.
« en lui était la vie,
et la vie était la lumière des hommes ;
la lumière brille dans les ténèbres,
et les ténèbres ne l’ont pas arrêté. »
( j’allume la crèche)
Vous voyez, frères et sœurs, le rôle de la lumière.
Depuis toujours, Dieu nous montre ses merveilles.
Depuis toujours la création nous montre la beauté de Dieu.
Depuis 2000 ans, il y a ce prologue de Saint-Jean qui resplendit comme une perle.
Mais si la lumière de la grâce ne vient pas illuminer notre cœur il manquera cependant sa beauté et son relief.
Il manque la joie des yeux et la joie de nos âmes.
La lumière est ce phénomène qui fait apparaître les couleurs.
Je viens d’éclairer la crèche.
C’est symbolique bien sûr.
Dans la réalité, cet éclairage s’est produit à la naissance de Jésus.
Jésus, une certaine nuit, quasi inconnue, est venu donner la lumière au monde.
Le monde existait, le monde avançait, mais le monde trouve son relief le jour où Jésus apparaît sur terre.
Et cela jusqu’à la fin des temps.
Jésus donne son relief à l’histoire du monde.
Mais, encore plus réel…
Jésus donne son relief à la vie de nos cœurs.
Il y a un phénomène extraordinaire et je dirais extrêmement mystérieux.
C’est que la vie nous suffit.
Mais lorsque la lumière de la grâce de Dieu qui vient se révéler par Jésus, touche notre cœur, illumine notre intelligence, vient bouleverser notre âme, alors, quel que soit l’histoire du monde et notre histoire, une joie resplendit en nous.
Tout ce qui était terne, qui nous semblait inachevé, pauvre en apparence, prends un nouveau relief, je dirais un nouveau contraste.
Que se passe-t-il lorsque la grâce de Dieu touche notre cœur ? :
Notre cœur prend conscience de ses ténèbres.
C’est ça le relief.
Il y a du haut, il y a du bas, des sommets et des abîmes.
La vie devient pleine, pleine de sens.
Et paradoxalement nous devons supporter davantage la misère et l’obscurité.
Plus on s’approche de la lumière, plus on admet notre incapacité et nos ténèbres et les ténèbres ambiantes.
Et ce n’est qu’à partir de ce moment-là que l’on se met à vivre.
Les saints ne sont pas lumineux.
Mais ils admettent que la lumière est venue dans leurs ténèbres.
Noël… c’est quand on vient en silence, tout seul, pauvre, prêt d’un pauvre qui est un petit enfant – il n’y a pas plus fragile – et qu’on lui dit :
‘ viens, toi qui m’aime, donner du relief à ma vie.’
Viens, toi que je veux aimer, changer mes ténèbres par ta lumière’.
Noël nous interpelle, frères et sœurs, à ce que, depuis cette nuit, nous parlions, seul à seul, avec celui qui peut rentrer comme un torrent de joie dans notre cœur et dans notre vie.

Vous voyez donc, pourquoi Noël, fête de l’Enfant Jésus de la crèche, est une fête à risque.
Parce que Noël en manifestant une nouvelle lumière, manifeste un nouveau contraste.
Pour ceux qui n’ont pas la foi, il y a comme un manque insupportable qui leur est infligé par cette présence qu’ils ne peuvent pas nier, mais qu’ils tentent de contourner.
Noël est la fête de la plus anti laïque qui soit, et fêtée par ceux qui la renient !
Et pour ceux qui ont la foi, pour nous, il y a comme une accentuation du contraste de notre vie chrétienne.
Pour les uns et pour les autres, c’est le moment où les crises se révèlent.
C’est facile à constater.
Ça rentre dans la dynamique de Noël.
Noël, moment d’extase et moment de défection.
Noël, simplement en posant le petit Jésus dans la crèche, et en ajoutant un petit projecteur, nous révèle à nous, chrétiens, que notre vie est programmée pour la lumière et… les ténèbres.
Pour la lutte entre la nuit et le soleil.
C’est incroyable comme ce petit enfant en terre cuite fait mentir ceux qui n’ont pas la foi, et ceux qui ont une foi sans la grâce. Nń
Dès les premiers jours de Jésus Siméon dans le temple le détecte.
Il dit à Marie: « Voici que cet enfant provoquera la chute et le relèvement de beaucoup en Israël. Il sera un signe de contradiction.”
À sa naissance c’est déjà fait…!
La prière de Noël, à partir du prologue de Saint-Jean, je pourrais la formuler ainsi :
” Seigneur Jésus, par ta venue dans le monde, tu illumines nos ténèbres.
Accentue la contradiction dans nos cœurs, dans nos paroisses, dans nos familles et dans notre monde, pour que nous vivions d’une joie qui ruisselle de ta présence, au-delà de toute contradiction.”

Attention, frères et sœurs, cette prière est une médication anti ténèbres assez puissante, pour une vie pleine.
Si vous avez des effets secondaires, prévenez-moi assez rapidement.

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HOMELIE DE LA MESSE DE MINUIT NOEL

Jésus le précise bien, « c’est pour tout le monde que je

Vlan ! la porte d’entrée claque.
Et le petit gars (il s’appelle Michel) , rentre en faisant la tête.
Il a laissé ses sabots dehors, et il vient se réchauffer près de la cheminée. En boudant.
Nous sommes en 1810, dans un petit village du Pays Basque, dans les Pyrénées. Ibarre, c’est le nom du petit village .
Sa maman s’approche de lui et lui demande pourquoi il rentre si tard, et si de mauvaise humeur.
Et le petit chenapan répète, toujours l”air grognon:
« il n’y était pas. J’ai vu personne. »
La maman veut en savoir plus :
« mais de qui tu parles ?»
« maman, tu m’as dit qu’au ciel, c’est là où vivent Jésus Marie et Joseph et tous les saints. Et c’est là que mémé est partie quand elle est morte.
Et Dieu il est aussi là-haut… »
Et bien, je suis en retard ce soir, c’est parce que j’ai grimpé au sommet de la montagne.
D’abord, j’ai pas pu attraper le ciel, parce qu’il était toujours plus haut, et ensuite j’ai vu personne. »
Et le petit gars se met à pleurer de grosses larmes.
Histoire vraie.
Ce petit gars, il est devenu un grand saint.
Saint Michel Garicoïts, qui a fondé une congrégation de prêtres et qui a ouvert des écoles et des collèges dans le monde entier.
Mais là sa maman doit le rassurer.
« Ce n’est pas en grimpant au sommet des montagnes qu’on va au ciel.
Pour arriver là-haut, il faut avoir beaucoup d’amour pour Dieu et pour les autres. »
En fait, voilà l’erreur du petit gars…
L’erreur habituelle des grandes personnes aussi.
Deux erreurs.
La première c’est de vouloir voir. Voir le ciel…!
Et la deuxième c’est de grimper.
‘ Eve vit que le fruit de l’arbre était bon à manger.’ première erreur : voir pour attraper.
Et puis… ‘ Zachée grimpa sur un arbre pour voir passer Jésus.’..
Deuxième erreur : grimper.
« Zachée descends vite je viens chez toi ». Lui dit Jésus.
Descend…

Eh bien, Noël, c’est cela…

Il faut dire que Dieu ne nous a pas facilité la vie.
Il nous a donné des yeux, pour voir tant de richesses, tant de couleurs, tant de beauté.
Et il nous a donné les montagnes pour soulager notre désir de grimper.
Sitôt qu’on crapahute à quatre pattes, nous voulons escalader. Nous visons les escaliers.

Alors Dieu nous donne pour Noël, la solution.
Tu veux voir Dieu …
Alors va dans l’étable.
La lumière n’y sera pas très forte, mais c’est parce que une lumière trop vive gène la lumière du cœur.
La lumière d’une veilleuse suffit pour parler à Dieu.
Et pour découvrir un petit bébé tout vivant.
En fait, le jeu de Dieu pour la création, c’est de trouver la plus grande variété de manifestations de sa présence aux hommes.
Et son coup de poker génial, c’est de se manifester par une vie tout simplement, d’homme.
Ensuite, sa présence dans la création, la nature, sa présence dans les sacrements, et sa présence au Ciel, dans la vision bienheureux, je dirais, de Dieu tout nu, toutes ces présences sont plus faciles.
Mais alors la présence du Verbe de Dieu dans une nature humaine, ça personne ne pouvait y penser.
On voudrait grimper pour avoir le beige de regarder le monde de haut.
Mais Dieu s’est dit :
Je vais leur expliquer très simplement comment faire, à tous ces hommes glorieux et pleins de volonté.
Je vais me faire bébé.
Alors qu’elle est la plus grande capacité d’un bébé ?
De se faire obéir. Oui, c’est vrai.
Mais il en a une autre, plus subtile…
C’est d’amener à sa hauteur les grandes personnes !
C’est de faire plier les dos raides.
Devant un bébé, on se penche.
Dans un geste presque d’adoration, au minimum de respect.
Devant un berceau, on s’incline.
Avec le petit dernier, on se met à quatre pattes avec lui.
On joue à genoux.
Et voilà, Dieu l’avait remarqué…
Et il s’est dit :
C’est la que je vais les cueillir les grands hommes qui veulent refaire le monde.
Au moment où ils regardent l’enfant, le nourrisson.
C’est lá que je vais me cacher.
Et au moment où ils s’abaisseront, je serai là.
Celui qui n’est pas capable de descendre jusqu’au sol pour croiser le regard d’un bébé, ne peut pas avoir la foi.
Le coeur de Dieu, il se rejoint au niveau du tapis de sol… Ou du berceau.
Dieu ne veut pas en fait nous casser le dos, il veut abaisser notre coeur.
Les plus grandes oeuvres, et les plus grandes batailles e l’histoire ont trouvé leur origine à quatre pattes sur le sol.
Que ce soit les conversions, que ce soit pour étudier les stratégies sur la carte.

La crèche, la mangeoire de la crèche, elle est au niveau des genoux.
Et Dieu est au niveau du sol.
Marie Madeleine a trouvé son Bien-Aimé divin au niveau de ses pieds. Même au matin de la Résurrection.
Et ce n’est que quand notre cœur s’humilie que la grâce le pénètre.
L’enfant nous humilie.
Toute être pur nous humilie.
Et nous force presque à ouvrir notre coeur aux sources du divin.
Si nous ne résistons pas bien sûr, c’est toujours possible.
Noël, mystère d’agenouillement…
Cette nuit, celui où celle qui ne s’agenouille pas, est faux et passe à côté de la réalité la plus précieuse.
Je ne parle pas de ceux qui physiquement, sont handicapés.
Mais je parle de ceux qui garderont le cœur raide ou le cœur souillé.
Alors, pour prendre notre place dans la communion des saints.
Pour porter le monde qui veut rester debout et fier, le porter jusqu’au coeur de Dieu qui se trouve sur la paille avant esse trouver sur la croix, nous allons nous mettre à genoux devant l’enfant de la crèche qui est Dieu.
Et dire simplement en notre coeur :
“Seigneur, que le monde se mettre à genoux pour t’accueillir.
Et accorde moi de rejoindre ton cœur où il se trouve:
En Jésus, qui, cette nuit, fait s’incliner le monde entier, bons et méchants, conscients et inconscients, devant son berceau qui contient ta divinité ”

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