HOMÉLIE 28° DIMANCHE ORDINAIRE B

Il y a quelques jours, dans la rue, deux individus m’ont interpellé, en voyant que j’étais prêtre.
Ils ont tout de suite été provocateurs. Provocateurs mais pas méchants.
L’un athée et fier de l’être et l’autre agnostique disait-il, et plus humble.
Alternant les pointes d’humour à des arguments personnels.
Voici le type de remarques qu’ils me faisaient :
« bon alors, quand est-ce que vous inventez un nouveau truc ?!
Ben oui… votre Église maintenant, elle est obsolète, complètement laminée et pourrie de l’intérieur.
Jetez-la et créez donc autre chose ! Soyez inventif !
Allez, mettez-vous au travail !
D’abord, quittez-la et ensuite mettez sur le marché une nouvelle recette un peu plus crédible… »
Tout y est passé, je ne vous dis pas… !
La pédophilie, bien sûr, l’argent du Vatican, les Croisades et l’Inquisition, la petite amie du curé, le célibat des prêtres, l’argent caché et le théorie du complot, la Religieuse de Diderot, les guerres de religions aussi.
Et tout ça pour dire – parce qu’il fallait bien que de leur côté ils proposent une solution – que la science était l’avenir de l’Homme.
Le type d’échanges qui a peu de chance de faire évoluer quoique ce soit.
Sauf… et voilà le petit hameçon divin… l’un des deux, avant que nous nous quittions, souleva une question de fond qui le préoccupait visiblement.
Il me dit, avec une certaine émotion :
« En réalité il n’y a qu’une seule question qui importe. Une seule, (il insistait) :
C’est de savoir pourquoi, au lieu qu’il n’y ait rien, il y a quelque chose.
C’était un ami de Shakespeare : ‘to be ou not to be, that is the question’
Et c’est vrai qu’avec cette question nous sommes au cœur de l’essentiel.
Parce que la réponse étonnamment, change une vie. Devrait changer une vie…
Mais je lui ai répondu : attendez… il y a une deuxième question fondamentale, qui suit de très près la première ; Et la voilà :
s’il y a de l’existence partout, et non pas du rien, pourquoi… – terrible question -, y a-t-il le mal qui mord, qui introduit la mort et le néant dans la beauté créée. Le mal qui gâche tout.
Car enfin c’est quand même mystérieux et surtout absurde que quelque chose qui existe, existe à moitié, mangé en partie par le mal.
Un potier qui fabriquerait des vases cassés, il aurait un problème dans sa tête.
Je n’ai pas pu aller plus loin, mais j’ai tenté en quelques mots de leur laisser une clé.

En fait, ces questions mine de rien, gênent de nombreuses personnes.
Parce qu’elles ne savent pas comment s’en sortir intimement, c’est à dire en vérité.
‘Quelque chose existe et moi-même j’existe.’
‘le mal se propage et semble une bête à mille têtes qui sème la confusion et la détresse dans le monde et dans ma vie.’

En fait, frères et sœurs, j’aimerais vous proposer un chemin de solution devant tous les grands mystères de nos vies.
Toutes ces souffrances, violences, et toutes ces questions qui touchent à la merveille de la vie, de la fécondité, de la joie intérieure, etc…
Ce chemin de solution, c’est une procédure d’approche.
Si l’avion pour atterrir, ne respecte une procédure d’approche, il va se casser le nez.
Notre procédure d’approche chrétienne, elle est très simple.
C’est de commencer par la réponse, avant de pénétrer les questions.

La réponse à toute chose, c’est qu’il y a une Source à tout.
Il y a une source tellement bonne et limpide mais qui nous dépasse dans sa profusion.
Un soleil non pas de lumière… mais un soleil d’existence.
Et pour le mal… ?…
Si nous attaquons le problème par les cas particuliers que nous vivons ou qu’on nous communique, nous risquons le vertige et le dégoût.
Mais si nous fixons résolument la solution, alors nous avons le courage, comme des agneaux au milieu des loups.
La réponse, c’est Jésus. Jésus Sauveur du monde et de mon cœur.
Jésus qui enveloppe de sa tendresse, notre cœur
Jusqu’où ? jusqu’à sortir ressuscité de toutes circonstances.
A ce moment là, nous entrons dans un principe de lumière et de tendresse, même sur le mal.

Commencer par la Réponse. Vite dit, et facile à comprendre.
Mais il ne s’agit pas de comprendre d’abord. Il s’agit de trouver une posture pour dire cette réponse.
Et cette posture, de façon pratique, c’est d’être à genoux. En prière.
Du moins le cœur humble devant Dieu.
Alors, Jésus est là, donc le mal devient une aventure à accueillir, qui va même nous grandir, nous donner du sel.

C’est quand notre cœur s’ouvre à Dieu en amoureux dialogue de prière, que l’existence devient belle de partout.
C’est en posant notre tête contre le Christ, à appelant sa grâce, que le mal se transforme en paix et et en vie.
Prendre les problèmes par l’autre bout mène forcément à l’inquiétude jamais apaisée.

Voilà la réponse à toutes les grandes blessures de la vie :
« Commence par te blottir contre les parvis de Dieu !»

Notre nouvelle Église, elle est là.
Dans le mouvement de notre cœur, caché à celui qui cherche, à partir du monde et de la science, ses solutions.
Et le plus grand péril pour L’Église, il n’est pas dans les péchés mis à jour des hommes et pire, des hommes d’Église.
C’est abominable, frères et sœurs, et le scandale sera puni.
Mais il y a plus terrible et moins visible.
C’est le chrétien à la religion morne, à la foi sans vie et sans relief.
Ou à la foi qu’il s’est fabriquée.
Car alors il y a trahison de L’Église et du Christ sous motif de vertu.
‘Je n’ai pas de péché, je n’ai pas tué, couché, volé…’
Mais tu n’as pas l’esprit de foi, pas l’esprit d’obéissance, ton Espérance se replie sur tes intérêts.
Et tu crucifies le Christ par tes richesses et tes Traditions
Autrement dit, frères et sœurs, et je me mets dans le même panier avec tristesse, la vie éternelle nous passe à côté de par notre médiocrité.
Et nous témoignons d’un faux témoignage.
« Bon Maître »… mais s’il est Bon, écoutons-le !
Mettons-nous en prière pour recevoir la force de le suivre, de vivre ce qui nous est impossible.
Quelle est la corde de l’impossible que nous n’arrivons pas à faire vibrer ?
Celle de la véritable foi dans le Dieu qui se cache.
Cette foi, c’est que notre Église est resplendissante pour ceux qui voient par le cœur.
Notre Église vit dans ses martyrs d’aujourd’hui. Les pauvres, les affamés, les persécutés par la médiocrité ambiante hors et dans L’Église

Je reprends un texte très beau de Lortz, un historien notamment de la vie de Luther.
Il parle de L’Église du XVI° siècle, période où dit-il la splendeur de L’Église est devenue historiquement invisible.
‘Les hommes vraiment catholiques du XVI° siècle, nombreux, étant capables de jugement gardèrent leur fidélité à L’Église non pas parce que la figure de L’Église rayonnait à leurs yeux santé, force, éclat et splendeur d’un organisme sain.
Ils disent plutôt mille fois que sur le visage de leur mère, L’Église, ils ne découvrent presque que des rides et dans toute son existence de multiples faiblesses, proches de la désagrégation et de la ruine.
De L’Église visible « figure et beauté » avaient disparue.
Mais ils demeurèrent fidèles parce que malgré ces abus, ils croyaient en la splendeur essentiellement invisible de L’Église.
Ils proclamaient leur foi en L’Église un sainte catholique et apostolique sous la conduite du Pape et des évêques.
Dans cette Église ainsi déchue demeurait sans diminution la sainteté divine et la bérité intangible, que le Seigneur était présent, quoique dormant, même dans ses évêques indignes.
Et que même tout l’essentiel que réclamaient les novateurs avait toujours été présent, enseigné et distribué dans cette Église et l’était encore .’ [ Cerf 1970, tome 2 p 429 ]

Et je leur ai dit, à mes deux interlocuteurs inquiets :
‘vous ne savez pas voir. Vous êtes aveugles sur la vie cachée et sur le Christ qui est là et qui fait toutes choses neuves.’
Évidemment, sur le moment ils n’ont pas voulu entendre cela.
Et ils sont partis en me communiquant leur conclusion scientifique.
C’est le dernier mot de la science quand on n’entre pas dans ses catégories :
Ils m’ont simplement dit d’aller me faire soigner.
Que des cinglés comme moi, il y en a plein qui peuplent les asiles …

Si on pouvait être une Église de vrais cinglés, frères et sœurs, ce serait la joie…!

HOMELIE FETE DE SAINT DENIS patron de l’église de Tourtour

Mercredi 3 octobre. Mercredi dernier.
Il est midi quand j’entre dans le lieu qui, après Jérusalem est le Centre du monde.
La plus grande basilique du Moyen-Orient, la Basilique de l’Annonciation à Nazareth.
C’est une immense espace circulaire, à plusieurs niveaux, qui nous conduit vers un centre tout en bas, dans les profondeurs, qui était l’humble maison où vivait Anne, Joachim et leur fille, Marie.
Il y a une source, le puits de Marie, où Marie venait, selon la tradition l’eau, et où elle reçut l’annonce de l’Ange Gabriel. De toute façon, il y eu, en ce lieu, toute une vie à l’époque où Marie s’éveillait au dessein de Dieu sur elle.
Je descends donc, directement vers cet endroit. Je m’agenouille devant la grille de la grotte.
De nombreux pèlerins circulent, certains en prière ou parlent dans l’édifice.
Ils ne sont pas rares ceux qui s’agenouillent devant la grille, se tournent vers l’appareil photo en souriant… Flash ! Et repartent rapidement en vérifiant leur portrait.
Et… Une intention de prière qui s’impose à moi, nettement : je dois offrir ce moment magique et lumineux pour sœur Christine.
Elle est loin, ma sœur Christine, mais je me dis : ma petite prière qui passe les distances, va la rejoindre, emportée par la puissance de ce lieu.
Un des derniers mots de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus pouvant à peine respirer entre deux crises de toux de sa tuberculose, fut :
« Il faut beaucoup prier pour les agonisants… Si on savait… !»
Je prie donc pour la grâce de la bonne mort pour notre sœur.
Cette grâce n’est jamais gagnée pour personne. Et dit-on, elle est pure gratuité de Dieu. Une cerise sur le gâteau, qu’aucun mérite ne peut attraper.
Alors, je lance cette intention dans la lumière intense de cette basilique.

Quand je me relève, si heureux d’être en ce lieu qui dépasse de très loin le palais de Versailles ou les sept merveilles du monde, je remarque un phénomène curieux, dont je ne sais pas s’il se reproduit souvent.
Un grand silence, unique.
J’ouvre les yeux, les oreilles (ça, c’est déjà fait…) je me retourne…
Il n’y a plus personne, plus aucune personne dans l’église !
Je suis seul, devant Jésus au Saint-Sacrement, là où il a joué quand il était enfant.

Je me dirige alors vers la sortie, un peu ébloui de ces circonstances, porté par ce phénomène de cœur à cœur avec ce Dieu incarné, ici même.
Dehors, des cars de pèlerins continuent d’arriver.
Je croise une seule personne, un religieuse, voile blanc, qui entre silencieuse, et va prendre le relais de ma prière.
Le Bon Dieu est bon.
Et je n’apprendrai que le soir, tard, la nouvelle du départ de sœur Christine vers la maison du Père.
En lisant le message de Sœur Marie Pierre, je me suis dit : ‘curieux, c’était à peu près le moment, où je me trouvais en prière. Et je lui ai dit par texto.
J’ai été heureux que son départ ait suivi la courbe de paix qu’elle a vécu toutes ces dernières semaines.
Je me suis dit alors, dans la nuit de Terre Sainte, qu’il y avait eu comme un clin d’œil de Jésus ou de Marie, à ma prière.
Sœur Christine est partie comme dans une Annonciation, comme devrait l’être toute bonne mort.
« Je te salue Marie… »
Eh bien, sœur Christine m’a fait comprendre par cette correspondance de prière et de silence que la bonne mort est une annonciation.
« Je te salue sœur Christine, le Seigneur est avec toi… ». C’est ainsi qu’elle l’a entendu ce mercredi 3 octobre, peu après 11 heures.
Cela me suffisait, même si il n’y avait pas parfaite correspondance.
Sœur Christine a pris la main de l’Ange à 11 heures et quelques.
Ma prière était à midi… Mon avion avait un peu de retard sur l’événement.
Tant pis, je m’en suis satisfait.
Mais, en voulant vous en parler, chers frères et sœurs… surprise, je refais rapidement les comptes et m’apparaît, après coup une nouvelle correspondance, en fait.
Avec Israël, nous avons une heure de décalage horaire.
Je me suis donc agenouillé exactement au moment où sœur Christine ouvrait son âme à la nouvelle vie de Jésus.
Elle vivait l’Annonciation dans son petit monastère à la minute même où je m’inclinai devant le seuil de la maison de Marie, pour elle.
Je voulais vous partager cela lors des obsèques que je pensai rejoindre lundi ou mardi, mais je n’ai pris connaissance de la cérémonie qu’une fois revenu vendredi après midi.
Eh bien c’est parfait, parce que j’ai pu vous faire une homélie que je n’aurais pas pu faire le jour de la messe.
Et je remercie le Bon Dieu pour ses merveilles et ses clins d’œil et pour ces grâces qu’il répand sur ses petits.
Tous nos calculs sont rien devant Lui, qui a déjoué tous les plans de l’Histoire par l’Annonciation de l’Ange à la Vierge Marie.
C’est une leçon de la vie de sœur Christine : le Bon Dieu joue avec une finesse absolument géniale pour mener la joie, ses grâces, sa victoire, son Église, sa Belle Église, exactement là où nous n’aurions jamais imaginé les prévoir selon les apparences.
Il fait la pluie, Il fait le beau temps, exactement comme il faut.
Comme ces petites fleurs qui sont dans l’enclos du prieuré de sœur Christine, au milieu de l’herbe, pouf ! Au raz du sol des tâches lumineuses, toutes jaunes et posées, avec justesse, à l’endroit-surprise.
J’ai vu ces mêmes fleurs à Notre Dame de Clarté, hier.
Je ne sais pas leur nom.
Notre Bon Dieu, c’est un semeur de fleurs et de clins d’œil

HOMÉLIE 26° DIMANCHE ORDINAIRE B

Saint Jacques aborde un sujet délicat entre tous. Avec quelque rudesse : l’argent.
Ça montre bien, en tout cas que notre monde a bien de la peine à sortir de ses défauts.
Une petite histoire pour commencer :
Quand j’étais commerçant, j’avais certains confrères, sympathiques du reste… qui avaient oublié le mot « bonjour ». Quand je les croisais, ils me tendaient la main et me disaient : « Combien ?! »
C’était une semi-blague et en même temps un exorcisme de leur obsession d’argent.
… « combien ?! » C’est le cri de l’argent.
Il y a un cri du hibou, ou le cri de la panthère.
Et l’argent aussi a son cri : c’est « combien ?! »
avec quelques variantes : « combien veux-tu ? » « sur combien je peux compter ? »
Et on se rassure…
Deux piécettes suffisent à nous faire croire que nous sommes garantis pour manger, pour s’habiller, pour nous placer en position de force et pour élargir notre pouvoir ou nos possibilités de distractions.

Cependant, j’ai connu de vrais pauvres. Et leur ‘bonjour’ à eux, c’est… : « tiens !»
Comme disait l’autre : « un tiens vaut mieux que deux tu l’auras ! »
Parce que les vrais pauvres ne disent pas bonjour non plus. Ils disent : « pour toi, mon frère » ou simplement ils offrent un sourire.
Frères et sœurs, un abîme sépare ces deux bonjours.
Celui du riche : « combien ?! » « Combien tu me dois ? ». « Combien je te dois ? », c’est pareil d’ailleurs, c’est le cri du riche.
Et celui du pauvre : « Avec toi, mon frère, ce que je suis… »

Ce n’est pas une histoire de quantité, c’est une histoire de tournure d’esprit.
A partir du moment où on compte, on est dans le clan des riches.
Dans la matière, le temps à gagner, les assurances à trouver, les calculs ou les records.

Le pauvre est libre, par son esprit de don, de surabondance de ce qui ne lui appartient pas, – il le sait- et je pense en premier, aux dons de la grâce et de l’Esprit qui échappent à toute mesure. Mais une mère de famille (ou le père aussi) qui se lève la nuit pour vérifier le nez qui coule, de son enfant, est en posture de pauvreté. Et elle est belle, cette pauvreté, à ce moment là.

Bien sûr, il y a toutes les objections possibles :
‘mais qui va me nourrir si je donne tout mon avoir ?’
Et que vais-je léguer à mes enfants si je dilapide tous mes biens ?’
‘ et si je n’ai plus rien, comment je ferais pour faire des dons aux pauvres ?’
‘et comment acheter mes médicaments, sans argent ?’

Cela n’est pas le langage de la foi ! Ni celui de Jésus.
D’ailleurs, il n’existe pas de traduction entre le langage du riche et le langage de la foi.
Il est impossible de faire un pont entre eux. Dieu ou l’argent. Soit l’un, soit l’autre.
Pour trouver la pauvreté nous voudrions donner des solutions de riches !
« combien dois-je donner ? » Mais justement, c’est encore une réaction de riche…
Qu’il ramène ses sous jusqu’à lui ou qu’il les distribue, il le fait en riche.
Nous pouvons être dépourvu de biens et voler en riche. Les voleurs sont des riches qui réussissent ou qui sont fauchés, mais ce sont des riches.

Vers 1770 – 1780 siècle, il y eut un pauvre mendiant, très pauvre mendiant, qui parcourait les chemins de France puis d’Italie, en direction de Rome.
Pour lui, Jérusalem était trop grande ambition.
Ce vagabond priait, priait, priait d’église en église…
Il était l’un de ses petits en haillons à qui on offre un verre d’eau, qu’il ne pourra même pas rendre.
Chaque jour il tendait la main pour recevoir le pain de ce jour-là.
Et quand une bonne âme déposait près de lui un peu de son surplus, on l’entendait dire avec douceur : « pas trop… pas trop… »
Pourquoi ? Parce qu’en vrai pauvre de l’Évangile, saint Benoît Joseph Labre ne demandait que le pain du jour, pas celui du lendemain.
Le pain du lendemain aurait été pour lui un vol sur la Providence divine.
Mais bien plus, une raison infiniment plus valable de sa pauvreté, c’est qu’il rayonnait la lumière de l’Esprit, de l’Esprit Saint, et que son seul désir était l’union à son Seigneur qui lui donnait toute joie et le rendait radieux dans sa misère.
Une pièce de trop l’aurait alourdi.
Voilà, frères et sœurs, le véritable pauvre. Celui qui ne sait pas compter au-delà de ‘un’.
Qui parle, respire, désire, dont le cœur palpite en terme d’unité, de communion.
Ce qui fait la pauvreté évangélique, c’est l’humble désir d’être enflammé de l’intimité avec son Seigneur.
La richesse du pauvre, c’est ce qu’il est pour Dieu. Et ce qu’il est, c’est son désir, son feu intérieur qui brûle tout le reste.
Il sait que la piécette de trop de la journée est un poids et un obstacle à l’amour de son Bien-Aimé.
Quand il commence à compter jusqu’à deux, il coupe les ailes de son Espérance, sa charité se refroidit, sa foi s’émousse.
L’Esprit de richesse n’est pas uniquement attaché à l’argent, mais à toute possession matérielle ou spirituelle.
Josué voulait protéger le monopole d’Esprit de son Maître Moïse.
Et Moïse purifie son disciple de cet esprit possessif et jaloux.
L’Esprit ne grandit qu’en se donnant et en se simplifiant.
En fait, il n’y a que le goût de la grâce divine qui nous introduit dans la simplicité évangélique et l’esprit de communion.
C’est comme la chasteté qui ne devient joie intérieure que quand elle est mise en pratique.
Tout comme le silence qui introduit au dialogue intime avec Dieu.
Ou la solitude consentie qui favorise la communion et l’esprit fraternel.
Eh bien, la pauvreté est goûtée dans l’Esprit-Saint quand on a tout mis en lumière, car ce qui est mis en lumière devant quelqu’un nous libère de l’esprit de possession et d’une certaine façon, ça ne nous appartient plus.
On croit que d’être privé de quelque chose, c’est le chemin de la pauvreté.
Pas spécialement.
Le vrai langage de la pauvreté : c’est la mise en lumière, avant tout.
Le riche dissimule. Le pauvre met en lumière, sans complexe, d’autant plus qu’il ne possède rien.
Le sentier de la pauvreté, c’est le sentier lumineux de l’humilité qui n’a rien à cacher.
Pour cela, il faut beaucoup de simplicité de cœur. Pour s’ouvrir, d’abord à ce qui touche la matière, ensuite à ce qui touche l’esprit.
Tout ce que nous cachons, frères et sœurs, est effectivement richesse et ça pourrit en nous. Quoique ce soit.
Ce que nous ne voulons pas dire c’est le terrain de la maladie en nous.
Le pauvre a le cœur tendre et clair.
Il est capable alors de la rencontre. De la rencontre d’un cœur à cœur.
Parce qu’il est ébloui au cœur de lui-même.

Un mystique musulman, Abou’l – Hasan Al Nourri en 907 à Bagdad, disait :

« Seigneur, on ne peut venir à Toi, autrement que par Toi ! »
En ajoutant ce qui revient au même :
« pour celui qui rend visite à son Bien Aimé,
les meilleurs habits sont ceux que le Bien Aimé lui a Lui-même donnés. »
Et ces habits-là, personne ne peut les lui retirer. Ils sont de l’ordre de la foi, de l’éblouissement, de l’esprit de prophétie, de la contemplation divine inexprimable.

HOMELIE DU 25° DIMANCHE ORDINAIRE

Retrouvez les textes de la messe de ce jour sur le site:

https://www.aelf.org/2018-09-23/romain/messe

Livre de la Sagesse 2,12.17-20
Lettre de saint Jacques 3,16-18.4,1-3
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 9,30-37

Frères et sœurs,
Je vois bien la petite troupe des 12 apôtres qui suit Jésus sur la berge tranquille du lac de Tibériade.
Ils connaissent bien leur région et sont habitués au paysage, calme, des alentours.
Ils croisent quelques collègues pêcheurs. Du premier coup d’œil, même de loin, ils savent si leur pêche a été bonne ou laborieuse.
Et quand on marche longtemps, inévitablement vient le temps des paroles, des discours, ils commentent les miracles et les paroles de Jésus qui ne cessent de les étonner.
Et puis ils partent sur les nouvelles du jour, et les oppositions des adversaires acharnés qui comme des loups les suivent à la trace.
Et quand Jésus prend un peu de distance, leur conversation à eux, pêcheurs de ce lac, glisse sur des ambitions secrètes, un peu de rêve de grandeur, de mérite, de gloire même.
Ils se lâchent. C’est pas méchant.. Ce sont des hommes… Ils délirent un peu en se chamaillant gentiment.
Lequel sera le plus aimé au Ciel ?
Mais vous savez, quand on rigole un peu trop, comme les enfants, ça se termine parfois en friction. C’est aussi arrivé aux apôtres. Comme pour des enfants.

A côté de Jésus, ce sont de grands enfants.
‘Qui c’est qui sera le plus grand au Ciel ?’ Question dangereuse en fait, car tout de suite elle appelle des comparaisons, elle soulève des doutes et de l’amour propre…
Jésus vient de leur parler de souffrances, de mort en perspective, et d’une mystérieuse résurrection. Pas drôle, tout ça…
Et eux, ils ont besoin de décompresser de ces présages.

Jésus la connaît bien, sa bande de jeunes. De toute façon ils ne savent pas cacher leur jeu. Sauf un, parmi eux. Ce sera pour son malheur.

Et Jésus va rectifier le tir autour d’un bol de thé à la menthe.
Il connaît si bien le cœur de chacun.
‘Le plus grand, les amis, ce sera celui qui sera le plus ‘sacrement’.’

Sacrement… Qu’est-ce qu’un sacrement ?
C’est un signe qui nous branche sur la grâce de Dieu.
C’est, en fait, une prise de courant.
Jésus ne pouvait pas prendre cette image à son époque, personne n’aurait compris, puisque les centrales nucléaires n’existaient pas, mais il aurait certainement fait ce rapprochement de nos jours.

Un sacrement c’est un prise de courant. On branche et ça permet le passage de l’électricité invisible qui se transformera en lumière, en chaleur, ou en force motrice.
Un sacrement, ça fait passer la grâce.
Ça transforme la Source Divine en multiples dons.

Jésus est plus écologique que moi et plus poétique.
Il prend l’image de l’enfant et de l’accueil.
Accueillir un enfant.
Les mamans et les papas le savent du fond de leurs entrailles.
Accueillir un enfant c’est accueillir davantage.
C’est pas une fabrique ! C’est se brancher sur une vie qui vient de plus loin que l’enfant et qui mène plus loin.
Une vie qui grandit le couple.

L’enfant est sacrement de vie.
A travers lui, passe le visage de ses parents.
Il ne sait pas cacher ou garder pour lui, qualités et défauts.
C’est risqué, car l’enfant révèle ses parents avant tout.
Et davantage… L’enfant est manifestation de la Source de vie qui vient de plus loin encore… Il révèle la beauté innocente et pure de Dieu.
De fait, il est sacrement de la beauté cachée de Dieu.

L’enfant, plus il est petit plus il manifeste le mystère merveilleux et proche de la Source de la vie. C’est pour cela qu’on doit le respecter comme sacré.
Pour certains, il est gênant, de ce point de vue.
Les messages de vérité d’enfant touchent notre cœur profond.
Un adulte raide dans ses bottes n’est pas enfant. Il n’est pas conductible.
Il n’est pas sacrement. Et il n’exprime rien de plus grand que lui.

Pourquoi est-ce si grave d’abîmer un enfant, de lui voler son enfance ?
Parce qu’on touche au cœur de Dieu qui passe en lui.
En fait, frères et sœurs, redevenir comme un enfant, ce n’est pas retrouver un état d’immaturité. Mais c’est retrouver une proximité avec la Source de la vie de laquelle l’enfant est très proche en raison, pas de son âge, mais de son innocence.
Comme pour un sacrement qu’on profane, un enfant qu’on tort ou perverti, c’est un sacrilège.
Celui qui déforme un enfant, touche à la source de la Vie dont il est porteur.
Les mamans qui ont la foi savourent ce mystère.
En cela, qui accueille un enfant accueille Jésus.
Jésus innocent, reflet immédiat du Père. Du seul Père, Origine et Source.

C’est ça la grandeur et la noblesse de la foi. La grandeur de la paix du chrétien qui se tourne vers Dieu, du chrétien imbibé de sagesse.
Un chrétien est noble de par sa foi.

‘La sagesse est pure, avant tout’, dit Saint Jacques. Je comprends bien !!
parce qu’elle est l’espace en nous de la présence immédiate de Dieu.
C’est le caractère de la beauté.
La beauté émane d’une chose, d’une nature, d’une personne, quand celle-ci ne falsifie pas l’harmonie divine qui transparaît en elle.
C’est tout simple.
La beauté suscite dans l’âme le désir d’un infini.
Devant une beauté on a envie d’aller plus loin que le message
Ça s’applique à la sainteté, et ça s’applique à un sacrement.
‘Là où les saints passent, disait le curé d’Ars, Dieu passe.’
Le saint se suffit de Celui qui l’aime. Et voilà pourquoi il aime vraiment ses frères. Parce qu’il n’attend rien d’eux pour lui-même.

Au contraire, le laid, et on pourrait dire l’homme mauvais ou la femme méchante, c’est le parasite du bien.
Le mauvais vit de la comparaison d’avec les autres.
Le pervers se grandit au détriment de quelqu’un qu’il parasite, en douceur ou en violence.
Il se nourrit en grignotant la beauté.
Il veut même la mordre avant la naissance, bien qu’il n’en fasse pas étalage.
Là où le mauvais passe, quelque chose va manquer.
Et s’il est sincère – comme Jean-Paul Sartre définissait la sincérité – il peut même aller à s’autodétruire, pour massacrer la beauté qu’il a en lui.

Il est attiré par la beauté, mais pour la posséder et la réduire.
Et de là il abîme tout, et lui-même.
Le mauvais est affamé et blessé de sa propre faute.

Et une dernière remarque à ce propos, frères et sœurs.
C’est que le plus difficile, c’est d’aller chercher celui ou celle qui a fait mal.
Car de lui-même, il se cache. Parce qu’il se sait comme une bête blessée.
Et comme sa blessure est celle de sa conscience impure, il aggrave son cas bien souvent, en produisant un décor de mal, supplémentaire.
L’homme fautif a tendance à se cacher. A s’exclure lui-même.
Il va pleurer qu’il est un exclu.
Mais c’est lui qui se met en position de victime pour faire oublier que c’est lui qui s’est fait mal.

Il aime les ténèbres extérieures parce qu’elles le dissimulent.
Il aime ses ténèbres intérieures parce qu’elles le détournent momentanément de sa conscience abîmée, qui souffre. Et ça lui évite de demander pardon.

Et le juste arrive. Le juste…. disons l’homme de foi, l’homme humble devant Dieu.
Il manifeste, comme l’enfant, plus grand que lui, en lumière et en vie et en beauté.
Il a compris qu’il se grandit en laissant passer à travers lui, la grandeur d’un plus grand, d’un infini.
Il a compris que l’obéissance est libératrice. Parce que Jésus a atteint sa plénitude par son obéissance parfaite.
Alors l’homme de foi grandit à la mesure de son désir.
Il se grandit en se laissant trouver par un amour qui, le premier, l’attendait en son cœur.

 

HOMELIE 22° DIMANCHE ORDINAIRE B

Retrouvez les textes de la messe de ce jour sur le site/

https://www.aelf.org/2018-09-02/romain/messe

Livre du Deutéronome 4,1-2.6-8.
Lettre de saint Jacques 1,17-18.21b-22.27.
Évangile de Jésus-Christ selon saint Marc 7,1-8.14-15.21-23.

Depuis Jésus… Depuis Jésus, on les aime bien nos bons pharisiens.
Parce que Jésus les a mis en lumière.
Vous savez, pendant des siècles tout le monde savait qu’ils étaient là, mais ils étaient déguisés.
On les reconnaissaient à leurs traces, un peu comme les souris dans la maison.
Pendant des siècles, personne ne les avait attrapés.

Et puis, un jour, Jésus arrive. Mais il n’arrive pas comme tout le monde.
Il n’arrive pas en faisant le tour de la maison, mais il arrive par le cœur de la charpente.
Et alors, comme pour les grandes découvertes archéologiques, Jésus a mis à jour une nouvelle réalité qui existait depuis la fondation du monde, au cœur du monde.
… Les pharisiens…
Les pros du camouflage.
Tellement ils sont devenus caméléons par une sorte d’évolution de leur espèce, qu’ils sont confondus avec le bien qui est leur habit de camouflage.

Et il a fallu attendre Jésus depuis Abraham Isaac et Jacob, et surtout depuis Moïse qui, indépendamment de sa volonté, a mis sur le marché un habit de camouflage perfectionné, le plus compétitif au cours de l’Histoire.
Repris, revu et corrigé jusqu’à récemment, par de grands philosophes, comme Kant qui a tant influence sur nos pharisiens contemporains de la justice et de la bonne tenue.
Parce que le pharisiens, ils sont spécialistes dans la religion, mais ils existent aussi en version plaquée pharisien, avec beaucoup de brio dans la politique, dans le social, dans l’humanitaire.
Dans tous les domaines, si vous les cherchez, allez gratter d’abord parmi les gens de bien.

Mais Jésus est arrivé.
Et qu’a-t-il mis en évidence ?
En fait, c’est très simple, c’était très simple à mettre en lumière, avec un éclairage adhoc.
Il les a fait sortir de leur trou.
Il a mis en évidence que sur terre il existait des personnes qui aimaient le pantalon du grand père.
C’est un peu bizarre comme image, mais je veux dire par là qu’une caractéristique des pharisiens, c’est leur incapacité à évoluer.
Vous savez ces pantalons qui avaient besoin de bretelles et dans lesquels on pouvait rentrer à quatre.
Eh bien, les pharisiens ils mettaient les deux pieds dans la même jambe.
Quand Jésus passait quelque part, il y avait toujours des gens qui sautaient dans une même jambe de pantalon.
Ce qu’avant Jésus, on n’avait pas mis en évidence.
C’est pour cela qu’on les aime bien les pharisiens. Ils ont l’air un peu ridicules…
En 1787, Catherine II de Russie voulut se rendre compte de l’état de son empire. Par un grand voyage, en Crimée.
Pour se rapprocher de ses sujets. Sortir un peu de sa Cour de Saint Saint-Pétersbourg.
Pour satisfaire l’impératrice, les gouverneurs, dit-on, faisaient construire sur son passage, à travers le pays, des façades de villages, au loin sur sa route, avec des figurants qui l’acclamaient au son des musiques.
Et elle pensait ainsi que son pays était prospère et dans la joie. Et qu’il l’aimait bien.
Alors que ses pauvres compatriotes mouraient la faim et habitaient des masures repoussantes dans les campagnes. Jamais il n’y eut plus de misère que sous son règne.
Les pharisiens, c’est la façade.
Et quelle décor choisissent-ils? Celle du bien, de l’honorable, du propre, et ils arrivent à faire des façades de villages entiers comme cela.

Jésus est venu pour les pécheurs. Pour sauver les pécheurs.
Mais il y a deux espèces de pécheurs. Il les a mis en évidence.
Il y a l’espèce qui court avec le pantalon du grand-père.
Ce sont ceux qui se cachent derrière la Tradition, la Bonne Tradition de préférence, et qui se justifient.
Et puis, il y a l’espèce qui court derrière les arbres. De ceux qui se savent hors-jeu et en majorité, qui se savent nus ou en haillons.
Ils passent d’arbres en arbres pour se cacher.
Jésus est venu pour trouver ces derniers qui se cachent derrière les arbres, mais qu’on aperçoit entre deux.
Parce que le pécheur de toutes races, il se cache…
Soit derrière une façade ou une mode, pour se persuader lui-même qu’il est honorable.
Soit derrière les arbres.

Jésus est venu pour les pécheurs nus et qui se savent nus et qui savent que c’est leur cœur qui est malade.
Et qui un jour peuvent accepter leur nudité sous un regard qui les aime.
Vous devinez sous quel regard ?… Bien sûr celui de Dieu, celui de Jésus.
Et quand un pécheur en pantalon du grand-père apparaît comme par un mauvais miracle devant le regard de Jésus, le pantalon, il tombe…
Si on a mis notre confiance dans le pantalon ou dans la façade, cela est insupportable.
Ce fut le cas de Judas.
Si on a mis notre espoir dans un regard d’amour, alors une nouvelle vie se dessine.
Ce fut le cas de Nicodème.
Les pécheurs nus qui courent d’arbre en arbre ce sont la Samaritaine, pas claire la fille, Zachée ou Matthieu les escrocs, David, passionné de Bethsabée jusqu’au meurtre, Jacob le roublard, Marie-Madeleine bien sûr, et la plupart des prostituées et des escrocs patentés qui forment le tissu de la Bible ?

Les pharisiens semblent agressifs autour de Jésus, mais en fait nous avons là les pharisiens officiels. La couche du pharisaïsme habilité et tamponné.
Car la tactique de camouflage derrière le bien concernait et concerne toutes les catégories sociales.
Les pharisiens qui apparaissent dans l’Évangile, c’est la catégorie poids-lourds, les sumos du pharisaïsme.
Mais il y a toutes les catégories plus légères dont nous faisons partie, vous et moi…

Et pourquoi les aime-t-on maintenant?
Parce qu’ils sont d’abord une partie de nous et parce qu’ils nous permettent d’avancer.
A partir de Jésus, ils sont devenus moteurs à leur dépend, parce qu’ils sont les prototypes de ce que nous sommes. Mais ils servent à notre avancement.
D’une certaine façon, ils font partie de notre écosystème, tout en sachant que Jésus a transformé leur espèce.
De furets qu’ils étaient, capables d’aller égorger les petits lapins dans leurs terriers, on a découvert leur nouvelle catégorie. Il sont devenus rapaces qu’on voit voler dans le Ciel.
Avec toujours le même refrain qu’auparavant:
“c’est le bien qu’il faut faire !” “C’est le bien qu’il faut faire!”
Avec sa variante: “… Et lui, il ne fait pas le bien !” “… et celui-là, il ne fait pas le bien!…”

Et Jésus leur demande : “est-ce bien d’être les deux pieds dans la même jambe de pantalon ? Le pantalon de Moïse…
Avant d’ajouter : “en fait, ce n’est pas la façon dont on court qui importe. Mais la façon dont on regarde, dont on se regarde, et dont on se sait regardé.
Soit avec le regard fixe et critique, soit avec le regard du cœur qui peut traverser les façades et les charpentes les plus solides.
Parce qu’on ne peut évoluer que si on s’attache au cœur des choses.
Ce n’est pas une question de bonne ou mauvaise volonté au départ.
C’est la question de découvrir le cœur des choses ou d’en rester à un aspect.

Comment peut-on définir un pharisien ?
On pourrait dire : c’est un homme qui court avec les deux jambes dans un pantalon trop grand pour lui’. Mais je propose une autre définition plus sobre :
– ‘Un homme dont les racines ne sont pas dans la foi’
Il ne dira jamais qu’il n’a pas la foi. Et d’ailleurs il a la foi.
Mais ces racines ne sont pas dans cette foi.
Elles sont dans la Tradition, dans la Loi, dans le Bien ou la morale, la science ou la liturgie.
Parfois dans l’écologie, dans le sauvetage des espèces en voie de disparition,
ou dans l’éducation par la méthode de communication non-violente.
ou encore dans la guérison des blocages par le cri primal ou l’introspection psychologique.
Toutes de bonnes choses, mais pas la foi… la foi surnaturelle et théologale, don de Dieu, de Jésus et de l’Esprit saint.
En tout cas, même s’ils ont le regard fixe, ces pauvres pharisiens en fait si malheureux, on peut les remercier.
Car sans en prendre conscience, dans leur aveuglement, ils ont ouvert le Cœur de Jésus
… tout en restant cachés… derrière leur façade.