HOMELIE 30° DIMANCHE ORDINAIRE

Pour vous qui suis je ?”
D’abord, il y a les petits toussotements des gens…
Des gens, en général :’Un ancien prophète réapparu.’
On aime bien, en général, rester à la frontière du superstitieux ( « c’est un revenant» , et les apôtres eux-mêmes, croiront qu’il est un fantôme, sur le lac).
On aime bien bien aussi que l’Histoire se répète ( Elie revient, Jean-Baptiste ou Jérémie ressuscités…)
Il suffit d’un air de famille, d’une ressemblance pour qu’on dise que le petit dernier est le portrait de son grand-père tout craché. … Bizarre, d’ailleurs, comme expression.

Laissons ces approximations “des gens”… Elles ne suffisent pas à Jésus.
« Et vous ? Quel est vôtre avis ? » demande-t-il à ses plus proches.
Et là, c’est du cœur que jaillit la réponse de Pierre. Il devait la couver depuis quelques temps.
Le soir, avant de s’endormir, il devait se dire :
” … Mais avec qui je me suis embarqué ? Il est prodigieux, ce type… Dieu ne ferait pas mieux.”
Et donc, là, il lance sa réponse comme une balle de tennis.
« Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant ! »
Là, ça avance ! On entre dans une autre dimension !

Pour Pierre, très bien éclairé plus tard par Paul, il y a Dieu… le Dieu vivant. Au dessus de tout.
Il y a le Christ. Au dessus de tout, mais pas au-dessus du Père.
Seul médiateur entre Dieu et les hommes.
Et ça, c’est une nouveauté !
Pierre exprime une nouveauté :
Tu es le Messie. Celui qui devait venir. Le seul… qu’on attendait.
Il n’y a pas plus surprenant et fulgurant que cette réponse. C’est absolument neuf.

Et en retour, Jésus va créer une nouveauté.
Il va créer… Pierre ! Il va changeait le nom de Simon en celui de Pierre, c’est-à-dire qu’il va changeait son être, son destin, avec une nouvelle mission.
C’est comme si, un beau matin, vous vous réveillez sur une autre planète.
Et cette autre planète, pour Simon, c’est l’Eglise.
Jésus crée, du même coup, l’Église.
Il crée l’Église avec sa hiérarchie.
Il crée ‘l’apostolicité’ de l’Église, comme on dit, et cela jusqu’à la fin des temps.
Attention, frères et sœurs, ça change tout !
Ça change le nom de Simon, déjà. Mais ça change notre vie, d’aujourd’hui, à nous tous.

Si nous sommes dans cette petite église ce matin, c’est que nous acceptons, non seulement une hiérarchie de valeurs, une hiérarchie de discernement aussi – des vérités que ne connaissent pas ceux qui qui ne sont pas là, qui n’ont pas la Foi – mais plus fondamentale encore, nous reconnaissons une hiérarchie apostolique.
Quand j’aurai fini de parler, nous allons professer notre foi, c’est à dire affirmer le plus radical fondement de notre personne, de notre conscience, de notre jugement :
” Je crois en l’Église, une, sainte, catholique et apostolique. ”
Tous les mots sont incroyablement lourds de sens.
Si on ne disait pas, intégralement, cette phrase du credo, nous devrions sortir de l’église.
Ou au moins, nous devrions ne pas aller communier au Corps de Christ.

‘Apostolique’…
C’est le grand mystère de Dieu sur l’Église et sur l’Histoire des hommes.
Au début, Dieu inspirait directement les hommes et les femmes dans une relation immédiate.
Adam, Eve, Abel, Caïn, Abraham, Isaac et Jacob, et même les suivants, Noé, et les prophètes. Encore que, depuis Moïse, il y avait déjà un intermédiaire : la Loi écrite sur les tables. Même pour les prophètes.
Parce que le péché était passé par là… Et Dieu a prévu des intermédiaires visibles.
Dieu aurait pu continuer à conduire les hommes par le cœur, par des séries d’inspirations et d’illuminations personnelles.
Il aurait pu orienter les esprits et les cœurs par des impulsions infaillibles, même par dessus nos péchés.
Mais il ne l’a pas fait.
C’est ce que ne comprennent pas nos frères protestants. Mais pas qu’eux, d’ailleurs…
Tous nos frères qui ne sont pas de l’Église catholique, quelles que soient leurs croyances ou leurs incroyances.
Le mot ‘apostolique’ rime avec ‘Église catholique’, et il n’appartient qu’à l’Eglise catholique.
Et à vrai dire, il n’appartient qu’à l’Évangile qui le met en vive lumière.
Et saint Paul dit magnifiquement dans son épître aux Éphésiens que ‘les dons de Dieu, ce sont les apôtres, les prophètes, les pasteurs…’

Cela veut dire deux choses.
Cela entraîne deux conséquences.
D’abord, que Dieu veut faire passer sa grâce et sa vérité par des hommes faillibles. (Comme l’était Pierre d’ailleurs.. )
La grâce infaillible de Dieu, sa pure lumière, et son œuvre de sanctification du monde passera toujours, par des hommes limités. C’est l’intention du Christ.
Par des chemins imparfaits et des hommes aux différents langages.
Dieu veut passer par la nature humaine pour dévoiler ses perles de lumière.
D’abord la nature humaine de Jésus, ensuite celle des apôtres choisis par lui jusqu’à nos jours et jusqu’à la fin des temps.

C’est étonnant, ça va troubler tellement d’hommes et de femmes qui sont dans le doute.
Mais… C’est le chemin absolument voulu par Dieu.
“Sur toi, je batirai mon Église. Tout… Tout ce que tu auras lié sur la terre sera lié aux cieux. Idem pour délier.”
Si on est pas d’accord, on a le droit de ne pas être d’accord – hé bien, on n’est pas catholique.
Mais si on n’est pas d’accord, pourquoi se mêler des affaires de l’Église catholique de laquelle on ne fait pas partie et dont on ne comprend même pas le mouvement essentiel.
Notre Église est fidèle à un mouvement que lui a donné, insufflé le Christ.
Le mouvement de la grâce de Dieu qui passe par la hiérarchie des apôtres.
Du pape, successeur de Pierre; des évêques, successeurs des apôtres; et des prêtres, collaborateurs des Evêques.
Mais ce mouvement n’est pas un jeu de poupées russes, où chaque poupée plus petite serait contenue dans une plus grande.
Ce mouvement, c’est qu’à travers de pauvres hommes, du pape jusqu’au dernier des prêtres, (s’il y en a un dernier.. En fait, ils sont tous derniers!! ) En tout cas, c’est à travers ces pauvres hommes que passe l’Esprit de Dieu.
C’est un mouvement organique qui constitue une personne, qui s’appelle l’Église.
Encore une fois, si on n’est pas d’accord, rien n’empêche qu’on reste devant notre télé. Mais qu’on laisse l’Église vivre sa vie !
Elle ne contraint personne.
Or ce sont ceux qui ne font pas partie de l’Église, même s’ils se disent chrétiens, qui n’adhèrent pas à son credo, et qui par conséquent tournent le dos au Christ, qui veulent ternir sa beauté.

Ça c’est la première conséquence des paroles du Christ a Pierre.

Deuxième conséquence :
Elle engage notre existence. Et touche à la prunelle de notre personnalité.
Et je comprends que nous soyons peu nombreux à nous placer dans le mouvement de l’Esprit Saint. Parce qu’il faut être courageux.
Nous sommes les derniers des courageux dans ce vaisseau qui s’appelle l’église.
Église de Salernes ou Église catholique.
Parce que, la foi n’est vivable, je veux dire vivante… Elle ne peut naître, grandir, et devenir un bel arbre plein de fruits, que si elle est greffée dans l’Église apostolique.

En effet, comment voulez vous avoir la foi si vous jugez de tout par vous-mêmes.
La foi est un principe d’évolution.
La foi, c’est accueillir quelque chose, une vérité, un projet qu’on ne comprends pas.
C’est la seule façon d’avancer.
C’est le contraire d’être juge de tout avec nos propres lunettes.
Si on n’est pas capable d’accepter d’un autre, un jugement, qui n’est pas le nôtre, ( ‘accepter’, c’est à dire entrer dans son projet avant même de comprendre ses intentions )
si on reste bloqué sur notre propre jugement, il n’y a pas d’évolution possible.
Ceux qui n’ont pas la foi finissent dans une stabilité peureuse. Ou finissent par tout critiquer.

Or, de qui pouvons-nous accueillir ce qui doit ébranler notre jugement et notre sensibilité pour nous faire avancer vers une nouvelle lumière?
D’une hiérarchie instituée.
Garantie par l’Église et par l’Esprit de Jésus.
Il est préférable d’obéir à une hiérarchie imparfaite que de se scléroser sur nos jugements et revendications.
Si je veux toujours avoir raison, avoir le dernier mot, c’est très bien, mais j’ai l’esprit du monde et je n’ai pas la foi.
Si je refuse d’accueillir de la hiérarchie, c’est à dire du prêtre si je suis laïc; de l’évêque si je suis prêtre ou laïc; de mon abbé si je suis religieux; du pape, si je suis évêque prêtre, religieux ou laïc; une lumière qui n’est pas la mienne, surtout s’il expose clairement et avec insistance son intention, si je refuse son point de vue, il serait bien meilleur que je retrouve mon opinion en dehors de l’Église catholique. Car Jésus a fondé sur Pierre et les apôtres l’Église catholique. Pas celle de Mohamed, de Luther ou de Ramakhrisna.
L’Église catholique est la seule instance qui nous permet de nous épanouir dans une foi et une espérance surnaturelles, parce qu’elle est apostolique.
Elle nous provoquera toujours aux limites du supportable, mais bienheureux ceux qui arrivent à soumettre leur jugement, ils avanceront d’un grand pas dans la dynamique de l’amour divin.
Il n’y a pas d’aventure plus dynamisante et confortante pour notre conscience que de respecter l’intention du Christ.
(Je ne dis pas confortable… – je suis le premier à le reconnaître – Car la souffrance sera au rendez vous, il ne faut pas être naïf. Mais on est courageux ou on ne l’est pas… ! )
La religion de l’Évangile et de notre belle Église n’est pas égalitaire, ni démocratique, mais elle est apostolique, avec une hiérarchie.
Je suis sûr, pour ceux d’entre vous qui m’écoutez encore, que des objections fourmillent dans vos têtes.
” L’Église est rétrograde… Elle ne fait que freiner les créations.”
“Que d’erreurs n’a-t-elle pas faite au cours des siècles… et d’injustices !”
“Que de possibilités brisées par des injonctions d’obéissance abusives…”
“Et que de souillures de mains sales au cours de l’histoire de l’Église… ”
Ce sont ces sortes de jugements dont le monde se gargarise et qui polluent l’esprit des catholiques.
Ils résultent d’un mauvais rêve : celui de croire l’Eglise au dessus du péché et au-dessus des imperfections.
Or Pierre a été le premier imparfait et le second traître. Choisi par Jésus.
Nous rêvons d’une Église parfaite, alors que Dieu rêve de sa sainteté qui se répand dans l’Église imparfaite des hommes pécheurs.
Si l’Église des Apôtres qui est aussi l’Église des Martyrs, est sainte c’est que la grâce fidèle de Jésus, la lumière sainte de sa sainteté, passe toujours dans le tissu irrégulier des hommes infidèles.
Mais si on refuse de reconnaître le tissu irrégulier de la hiérarchie, il n’y a plus de Grâce divine, plus de lumière du Christ, plus de sainteté du tout.
La sainteté ne viendra jamais à travers des rêves ou des idéologies de perfection.
Nous serons étonnés et éblouis au Ciel des fruits de lumière des actes d’obéissance qui nous semblent ridicules ou nocifs, et qui auront ouvert pourtant – de façon cachée et très humble – la porte étroite du Royaume de Dieu.

Vous l’avez compris, tout ce que je viens de dire n’est compréhensible que si l’on a une petite graine de foi.
Je termine par une phrase du cardinal Ratzinger.
” Les vrais croyants n’attachent pas une trop grande importance a la lutte pour la réorganisation des formes extérieures de l’Église ils vivent de ce que l’Église est depuis toujours.
Et si l’on veut savoir ce que l’Église est véritablement, c’est auprès d’eux qu’il faut aller.
(…) Car l’Église se trouve d’abord en ceux qui croient simplement et qui en elle accueillent le don de la foi et en vivent.
[ la foi d’hier et d’aujourd’hui]

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HOMELIE 29° SEMAINE ORDINAIRE

Beaucoup s’extasient sur cette réplique de Jésus qui scotche ses contradicteurs.
Parce qu’elle convient à tout le monde.
Et elle semble d’une tolérance infaillible.
En fait, parce qu’elle peut être comprise par tous les bouts.
Qui n’a pas affaire à César ?
César, c’est le pouvoir politique, ici appliqué à l’économie.
Qui, en effet, ne fonctionne pas avec l’argent ?
Que ce soit le dollar, l’euro, le yen ou le shekel, ou pour les plus aventureux, le bitcoin.
Il n’y a que quelques papous, ou encore les moines qui ont ni billet, ni carte bancaire dans leurs poches.
Quand les pharisiens montrent une pièce de monnaie à Jésus, ils ont derrière la tête une autre intention qu’une réforme économique.
Pour eux, César est le diable.
Car César prend la place de Dieu.
Et Jésus le sait.
Jésus comprend très bien que ce n’est pas une simple question économique.
Mais Jésus va répondre sur deux plans à la fois.
Économique et spirituel.

Quelle est d’abord la réponse économique de Jésus ?
La réponse économique de Jésus, chrétienne donc, c’est celle des béatitudes :
Heureux les pauvres.
Heureux ceux qui laissent l’argent là où il est.
D’une certaine façon, qui ne s’intéressent pas à l’argent.
“On ne peut servir à la fois Dieu et l’argent”.
C’est l’une de ces remarques qui remet en place tous ceux qui veulent vivre de compromis.
Et là dessus, frères et sœurs, je crois qu’il n’y en a pas beaucoup, parmi nous, qui sommes vraiment chrétien.
Chrétien jusqu’au bout des ongles et jusqu’au bout de notre bourse.
Parce que notre abandon à la Providence s’arrête aux frontières de nos peurs et de nos manques d’assurance.
Léon Bloy et d’autres chrétiens au cœur pur n’ont cessé de vitupérer contre les chrétiens bourgeois dont le ver est dans le fruit, par souci de confort.
Un paroissien bourgeois, à plus forte raison un prêtre bourgeois, c’est indécent.
Il y a quelque chose d’illogique pour un chrétien qui revendique davantage d’argent et a fortiori un prêtre.
Car nous devrions manifester pour avoir moins d’argent !

La pauvreté est une fenêtre qui ouvre nos cœurs sur la vie éternelle.
Par conséquent, quand Jésus réplique aux pharisiens, il leur dit, d’une certaine façon :
” cet argent, qu’il soit de César ou qu’il soit du Temple il est tout aussi néfaste et vous devez vous en séparer.
“va, vends ce que tu as, donne-le aux pauvres, puis viens suis-moi”…
Et si vous voulez être témoin de la Bonne Nouvelle, délestez votre porte-monnaie.”
Cela, c’est la vision chrétienne.

Pour le païen qui lit l’évangile d’aujourd’hui, il va le comprendre autrement.
Il va mettre d’un côté l’argent, de l’autre côté Dieu, mais préférer l’argent.
Il rend à l’argent ce qu’il lui doit et se prosterne devant le système économique qui lui permet de rouler son frère.
Sauf que, comme l’argent est trompeur, il essaie aussi de tromper ce système par tous les moyens. (Travail au noir, fraudes aux impôts, petites combines… ).
Quand on a pas la foi, on peut se le permettre
Quant à Dieu, il le rend à Dieu, c’est-à-dire qu’il le considère comme un rêve, et ne veut pas en entendre parler.
Ça c’est la vision de nos frères des ténèbres.

Mais Jésus – chacun de ses gestes et chacune de ses paroles – ne se comprend qu’avec la grâce de Dieu.
Si Jésus demande de rendre à César ce qui est à César c’est pour rendre, avec perfection, à Dieu ce qui est à Dieu.
Pour Jésus, César est inexistant.
Disons qu’il ne pèse rien.
“Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu, c’est en fin de compte : “rendez César à Dieu”
Et soyez pauvre de soucis d’argent.
Et ne mêlez pas la grâce de Dieu avec une condition d’argent.
Une paroisse qui vivrait libre, à la mode des apôtres de la première Église, serait, par le fait même, une paroisse magnifiquement missionnaire.
Ne serait-ce que de rendre le dimanche à Dieu, et de ne pas faire ses courses et nos petites affaires ce jour là. Nous avons là, à portée de main, une belle occasion de témoignage de notre foi.

Et j’en viens à l’interprétation spirituelle de Jésus qui réagit aux pharisiens.
Ces derniers veulent mettre Jésus dans l’embarras parce qu’ils associent César au démon.
Si Jésus avait admis de collaborer avec César, il se serait mis du côté du démon et se serait disqualifié.
Parce que César demande qu’on l’adore comme un dieu.
C’est la tendance d’ailleurs naturelle de tout pouvoir qui ne fait pas référence à Dieu dans ses décisions.
La vraie laïcité n’est pas athée. Une laïcité athée penche inévitablement à ne pas respecter la conscience de ceux qui croient. Pour, bien sûr, de bonnes raisons pratiques.
En tout cas, si Jésus admet que César est opposé à Dieu, sa réponse signifie qu’il faut laisser le diable au diable.
Et que le diable ne pèse rien.
Et que le plateau de l’Espérance en Dieu est infiniment plus lourd que celui des espèces trébuchantes qui ne sont faites que pour faire trébucher.
La réponse de Jésus revient à dire :
“Arrêtez donc de regarder le diable et de collaborer avec lui, regarder Dieu. Dieu seul suffit”.
Vous allez me dire, frères et sœurs, qu’il faut être réaliste… Que je rêve…
Et puis qu’il faut bien vivre avec son temps…
Et donc, collaborer à l’esprit du monde.
” Bah… Ce n’est pas si grave d’aller faire ses courses le dimanche…”
Et on en arrive à la variante : ” Et puis l’Église doit évoluer… ”

Et je vous dirais.
C’est que vous n’avez pas essayé, en vérité, de vivre Dieu avec Dieu.
Tant que vos paroles seront humaines, vous ne pourrez pas vous sortir de cette problématique.
Jésus parle des paroles de la grâce.
Que je ne sois pas perdu en Dieu je le reconnais et je m’en désole, mais je reconnais aussi que si je rendais vraiment à Dieu ce qui est à Dieu, j’aurais toute solution à mes peurs, à mes angoisses, et à mes problèmes les plus pratiques.
Car celui qui est empêtré dans les problèmes de César, dans les problèmes économiques, politiques ou tout simplement d’éducation de ses enfants, celui qui patauge et qui se bat avec César et avec ses problèmes de tous les jours, c’est celui qui ne rend pas résolument à Dieu ce qui est à Dieu.
Il a une vision trop humaine pour s’en sortir.

Alors, est ce que Jésus ne s’est pas trompé dans sa réponse… ?!
Car il aurait dû dire : ‘ rendez d’abord à Dieu ce qui est à Dieu, et vous saurez comment rendre à César ce qui est à César.’
En fait, c’est une forme habituelle de la pensée de Jésus.
Quand il dit par exemple : “heureux les pauvres, le Royaume des Cieux est à eux”, il semble inverser l’ordre pratique des choses.
Parce qu’il devrait d’abord dire: ” Vous qui possèdez le Royaume des Cieux, vous êtes des pauvres bienheureux.”
Mais c’est normal que Jésus, vivant en lui-même la vision béatifique, étant Dieu lui-même, inverse ses propositions.
Il vit dans une lumière totalement pure, une plénitude de lumière que nous ne pourrons jamais comprendre son point de vue sublime.

En raison de notre faiblesse, de notre péché, de nos aveuglements, de l’enlisement de nos jugements, je modifierais légèrement la phrase de Jésus.
Et je vous dis, frères et sœurs, pour la puissance de l’Esprit en nous, pour notre place de chrétien, pour notre assurance et le bien-être de nos cœurs :
“Rendons à Dieu ce qui est à Dieu, commençons par là.
Et ensuite, rendons à César ce qui est à César.
Et enfin, comme la cerise sur le gâteau, nous rendrons César à Dieu.
Rendez tout à Dieu.
Rendez les discours aux discours.
Rendez vos angoisses aux angoisses.
Rendez vos petits soucis et vos grands soucis aux soucis.
Rendez la science et la science.
Rendez tous les mauvais aux mauvais et laissez les se débrouiller entre eux.
Rendez votre pauvreté à la pauvreté de Dieu qui est puissance de Dieu.

Mais…. commençons à rendre à Dieu ce qui est à Dieu….
Ainsi, comme le dit saint Paul :
Vous serez choisis par Dieu.
Vous serez libres…
et nous serons lumière de notre monde.

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HOMELIE 28° DIMANCHE ORDINAIRE

Dieu aurait de quoi…
Dieu aurait de quoi se mettre en colère.
Bien sûr, la colère de Dieu c’est une image.
Parce que, la colère pour nous, c’est juste quand on ne trouve pas de solution à une frustration.
Alors on piétine des pieds.
Mais Dieu, il a toujours des solutions.
Aucun problème ne peut l’arrêter.
Mais il aurait de quoi se mettre en colère.
Une colère d’amour.
Quand il voit ce qu’on rate.
Un enfant qui ne fait pas ses devoirs, il comprend très bien que ses parents se mettent en colère.
Parce qu’il comprend que ses parents l’aiment.
Et que s’ils ne se mettaient pas en colère, ni ses parents, ni ses professeurs, ni personne autour de lui, c’est qu’il ne serait pas aimé vraiment.
Il comprend, l’enfant, que si on accepte toutes ses paresses et tous ses refus, toutes ses rebellions, c’est qu’on ne sait pas l’aimer.
C’est tout simplement qu’on n’attend rien de mieux de lui.
Aimer, c’est attendre mieux de celui qu’on aime.
Pour lui… Pas pour nous.
Le problème c’est que nous, quand on attend, on s’énerve.
Et on croit que Dieu fait pareil.
On ne cesse, d’attribuer à Dieu, à la Sainte Vierge, à ses saints, nos propres sentiments.
Ce sont des images, qui traduisent l’impuissance des hommes, pas le bonheur inaltérable de Dieu et des saints, au Ciel.
Les saints ils aiment la terre, simplement, en étant heureux au Ciel.
Le démon souffle la colère parce qu’il a refusé le banquet de la grâce de Dieu, éternel.
Et qu’il ne pourra jamais revenir sur son choix.
Il ne peut que s’en vouloir à lui-même. Et il en veut à tout le monde.
Il peut bien se cacher derrière de savants décors, des parades multicolores ou parfois dans des engagements héroïques…
Quand nous mêmes, on se dit : ” tu as raté quelque chose “, ce que l’on a raté, on ne sait jamais ce que c’était, puisque, justement, on ne l’a pas vécu. On l’a raté.
Celui qui préfère s’occuper de son champ ou de ses bœufs, il ne connaîtra jamais le goût du banquet qu’il a raté.
Le banquet de la grâce de Dieu…
Et il aura la colère en lui.

Notre vie se passe en cela :
On nous propose une source abondante et pure – c’est une source pour notre âme, pour notre vie éternelle – et nous, on préfère l’eau de notre petite mare et nos nénuphars.

Il y a une jolie citation dans le Petit Prince de Saint-Exupéry.
C’est le petit prince qui pense en lui-même :
“Si j’avais 53 minutes à dépenser, je marcherais tout doucement vers une fontaine “.
Dans nos vies, c’est la fontaine qui est seule intéressante.
Et Dieu nous offre toute la source.
Si nous ratons cette source, nous serons en colère.
Et nous croirons que Dieu est en colère.
Alors que Dieu ne cesse de nous tendre la main et de nous dire :
” Il n’est jamais trop tard pour toi, pour te laisser apprivoiser par la grâce.
Jamais trop tard pour apaiser ta colère et redonner du sens à ta vie.”
Tiens, encore, c’est le renard qui parle au Petit Prince. Il lui dit :
“Les champs de blé ne me rappellent rien. Et ça, c’est triste ! mais tu as des cheveux couleur d’or. Alors ce sera merveilleux quand tu m’auras apprivoisé ! Le blé, qui est doré, me fera souvenir de toi. Et j’aimerai le bruit du vent dans le blé.”

Frères et sœurs, vous voyez, quand la grâce de Dieu nous apprivoise, les champs de blé reprennent leur beauté. Notre vie s’enrichit d’une nouvelle musique. Celle qui nous convient parfaitement et qui apaise notre colère.
Ce ne sont pas que les champs de blé, mais tout prend vie et nouvelle beauté.
Le prophète Isaïe dans la première lecture parle d’un voile de deuil qui enveloppe tous les peuples.
C’est bien cela, la même image :
Quand on ne sait pas où on va et quand on a perdu la lumière intérieure des choses, la lumière de notre âme, c’est un voile de deuil.
Et quand on se laisse apprivoiser ( ce n’est pas un mot méchant ” apprivoiser ” quand il vient de quelqu’un qui nous aime et qui est grand et dont on peut tout recevoir )
… Si on se laisse apprivoiser par Dieu, on retrouve un ami, et la colère s’apaise.
Car la pire frustration, c’est de ne pas avoir répondu à l’ami qui nous invitait à son banquet.
Saint Paul en a fait l’expérience.
Il était tout de colère avant de se laisser apprivoiser par Jésus : son ami, son sauveur, son maître.
Mais il a compris que le banquet auquel il était invité dépassait tous les avantages et tous les désavantages de sa puissante nature.
Et vous voyez, frères et sœurs, je finirai par une expérience que Le Petit Prince de Saint-Exupéry à fait et que certains d’entre vous ont vécue aussi.
Saint Paul l’a faite…
Alors je laisse les mots au Petit Prince :
“Dans le désert au crépuscule, on s’assoit sur une dune, on ne voit rien, on n’entend rien et cependant quelque chose rayonne en vous. ” Voilà… C’est tout.
Simplement j’ajouterai :
” Quelque chose de la paix de Dieu qui apaise la colère. Parce que la paix de Dieu apporte son pardon sur nos morts, sur nos excès et sur nos vides ” .
il s’agit simplement d’oser s’asseoir, dans le désert, et de laisser la prière monter de notre cœur

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HOMELIE DU 27° DIMANCHE ORDINAIRE

Nous venons de lire de belles paraboles.
Une parabole, c’est une image poétique ou une histoire de tous les jours, qui veut nous faire comprendre quelque chose qu’on ne voit pas avec nos yeux.
Généralement, cette image évoque la vie de notre âme.
Aujourd’hui, une vigne, des fruits, un propriétaire, des ouvriers, etc…
Mais le texte de Saint Paul n’a pas d’image. Alors je vais en proposer une.
Vous l’avez écouté, dans la deuxième lecture :
” Ne soyez inquiets de rien… Le Dieu de la paix sera avec vous “.
Imaginons que la reine de la nature décidé de se promener dans ses domaines.
Il faut dire que la reine de la nature, elle a toute la terre, elle a le choix du chemin.
Au moment où elle part en exploration de la terre, elle se trouve au fond d’une vallée, et elle se dit :
Je vais descendre dans cette grotte que je vois tout près.
Et voilà qu’elle se trouve dans un endroit souterrain, pas très chaud, mais pas froid non plus. Toute l’année il y a la même température. 15⁰.
Pas de bruit, pas de vent, pas de chants d’oiseaux.
Un petit ruisseau coule en souterrain, c’est un peu humide. Des petits lapins courent de temps en temps.
Bon… Première expérience de la reine de la nature.
Alors… ? Quelle serait la traduction de cette parabole ?
Je vais pour celle-ci vous la donner.
Ensuite vous chercherez les suivantes :
La grotte souterraine, c’est la vie des gens sans ambition. Avec des désirs plutôt basiques et primitifs.
De ceux qui restent des heures devant leur télé.
La tête remplie d’informations.
Avec comme première préoccupation du confort et leur ventre.
Tout le reste autour d’eux est sombre. Ils peuvent avoir de belles voitures, des tas de jeux vidéos, leur esprit est souterrain, et encombré d’inutilités, même si ce sont des inutilités savantes. Ni chaud ni froid.

Mais, Madame ‘Reine de la nature’ sait qu’il existe tellement d’autres paysages.
Elle ressort au grand air, et se trouve au fond d’une vallée, dans une forêt.
Une forêt avec toutes sortes de gros arbres mais aussi de buissons plein d’épines.
Pas facile à marcher.
Tiens… le petit ruisseau est sorti de son souterrain et il forme une rivière qui passe à travers les arbres.
Et les oiseaux sont heureux de chanter à tue-tête.
Mais voilà qu’il pleut et fait grand vent. La reine court sur un petit monticule pour se réfugier parce que la rivière devient torrent dangereux, des branches mortes tombent et risquent de la blesser.
Elle est mouillée. Et voilà qu’un sanglier passe en courant tout près d’elle. Puis elle entend des hyènes au loin qui cherche à manger. Et au moment de partir elle se pique le pied sur un hérisson en position de défense.
Explication de cette nouvelle expérience de la reine…. (?)
Alors là, je dirais, c’est l’esprit du monde.
On fait de bonnes expériences mais gâchées par la vanité, l’orgueil, les affections qui se terminent en déceptions.
On tend à satisfaire nos désirs et nos intérêts, par tous les moyens.
On peut cueillir des fruits sucrés et écouter de jolis chants d’oiseaux.
Mais les mauvaises bêtes ne sont pas loin et la pluie peut tout gâcher.

Hop ! Un petit coup de baguette magique et notre Reine de la nature poursuit son chemin…

Très vite elle se trouve sur les pentes d’une petite montagne.
Des pâturages verts, et puis surtout un beau paysage.
Elle voit plus loin.
Il est vrai que le matin et en fin d’après midi, le soleil arrive tard et se cache tôt derrière les sommets d’alentour.
Je résume les impressions de la Reine de la nature…
Alors quelle explication ?
Eh bien, là, on vit mieux, on s’intéresse aux belles) choses, aux choses de valeurs, et on fait le bien.
On garde du temps pour prier chaque jour, et on a vue sur les sommets de la vie.
On lit des témoignages de valeur, bref, on donne place à une vie de l’esprit et à une relation avec Dieu.
C’est un peu essoufflant, parce que le terrain est en pente et il réclame des efforts de tous les jours.
Parfois des rochers infranchissables et des chutes. Le jour il peut faire chaud mais quand le soleil disparaît il fait vraiment froid.
La reine de la nature se demande alors si elle n’a pas inventé quelque chose d’autre.
Et elle décide de s’élancer sur les sommets.
D’elle même elle se rend compte qu’elle n’y arrivera jamais avant l’hiver tellement ils sont hauts…
Et pourtant ces sommets lui appartiennent !!
Alors toute Reine qu’elle est, elle appelle les anges.
Qui la portent au dessus des neiges.
Elle se retrouve au dessus même du château de la reine des neiges.
Au dessus des nuages, au dessus de toutes les vallées.
Le soleil brille quasi tout le temps. Il est même très chaud ! L’air est pur.
Plus de petits animaux ici.
De grands aigles ont leur nid. Et des bouquetins bien musclés et agiles qui sont sympathiques, l’observent.
Mais surtout la vue est magnifique sur le monde qui paraît courir à ses affaires, très en bas !

Et que découvre-t-elle, lumineuse et déposée au sommet des sommets… ?
A votre avis ?
Facile…. :
La lettre de saint Paul aux Philippiens, bien sûr !
“Ne soyez inquiets de rien – et la paix de Dieu qui dépasse tout ce qu’on peut concevoir gardera vos cœurs et vos pensées dans le Christ Jésus. – et la paix de Dieu sera avec vous.”
Explication de cette fin de parabole.. :
Il n’y en a pas… Pourquoi ?
Parce que seuls, la prière et les sacrements, la communion au Corps du Christ, tous les dimanches (et davantage selon notre amour), seul, vivre en permanence notre foi en vérité, avec une charité délicate et fondée sur le roc, nous pose au sommet de notre âme et nous donne la paix.
L’explication de cette parabole vous l’aurez quand le Christ sera votre vrai ami, la vie de votre cœur.
Et vous comprendrez alors que les amateurs de télé, de jeux, et de fumée du diable sont les plus malheureux dans leurs souterrains. Ils sont légions malheureusement.
Petits et grands.
Vous comprendrez que la plupart des hommes se battent dans leurs forêts et n’arrivent jamais à émerger, toujours menacés.

Et que certains s’essoufflent pour gagner un peu de pureté et de beauté.
Mais d’être aux côtés de la Reine de la nature, au sommet, comme Saint Paul, seule la communion fidèle et régulière au Christ – avec une vie de prière intime et continue – la donne comme un cadeau, le plus précieux :
Celle d’une âme en paix, sommet d’une vie d’homme.
Avant de pouvoir monter sur les ailes du Grand aigle et d’être dans l’Église du Ciel et des bienheureux.

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HOMELIE 26° DIMANCHE ORDINAIRE

Frères et sœurs,
Est-ce que vous vous regardez dans le miroir ?
Je ne vous le conseille pas trop, mais une fois par jour, pour se remettre une mèche ou vérifier que sa chemise n’est pas tâchée ça ne fait pas de mal.
Et s’il était possible de regarder son âme dans un miroir… ?
Qu’est-ce qui se passerait ?
Hé bien, il s’y passerait ce qui se passe avec notre conscience.
Notre conscience est le miroir le plus perfectionné qui existe.
Imaginez-vous que vous vous promeniez du matin au soir avec un miroir devant les yeux…
C’est ce que produit, pour notre âme avec notre conscience.
Nous avons un miroir intégré pour tous nos actes extérieurs et même pour toutes nos pensées.
On comprend que certaines personnes font tous les efforts pour se séparer de ce miroir.
” Je ne veux pas écouter ma conscience…”
Il n’y a rien de plus lourd pour l’homme que cette vigilance intérieure, discrète, mais toujours présente.
Toujours présente…
La plupart des philosophies, et surtout les plus modernes, essaie de mettre au placard ce miroir encombrant.
Sartre, Nietzsche, Hegel, Marx, et de nombreux philosophes contemporains, qui suivent ces grands génies, essaient de briser le miroir intégré en notre nature humaine.
Or, la seule solution pour se libérer de ce poids du miroir, c’est de se mettre en accord avec lui.
C’est d’ajuster notre conscience aux impulsions secrètes de notre nature.
En fait, c’est d’être en bonne santé morale.
Quand nous sommes en harmonie avec nous-même et bien sûr avec Dieu, à ce moment-là la pression du miroir disparaît.
Le miroir ne se fait plus voir.
D’une certaine façon, on passe à travers le miroir quand on fait le bien.
Et quand on fait le mal on s’y cogne.
Quand on est en bonne santé on s’oublie.
Quand on se regarde on tombe malade.
C’est pour cela que tant de gens fuient le silence.
parce que le silence qui n’est pas habité par l’amour devient le plus encombrant des compagnons.
Le confinement et le déconfinement ont provoqué une recrudescence d’appels à la psychiatrie déjà bien sollicitée avant le mois de mars.
Ils ont provoqué aussi une flambée d’addictions : alcool, écran, réseaux sociaux, tabac et cannabis, somnifère et nourriture… il faut bien trouver des compensations… et se libérer de notre miroir.
Quel rapport avec notre évangile aujourd’hui ?
Regardez ce que Jésus reproche aux pharisiens.
Il leur dit : ” Jean-Baptiste était la voix de la conscience.
Et vous n’avez pas voulu l’écouter.
Et vous ne voulez toujours pas l’écouter.
Vous croyez avoir bonne conscience et vous fuyez celui qui peut vous éclairer.
Si vous compreniez que vos défauts, vos misères, vos péchés, et même toutes vos imperfections, si vous compreniez que le problème n’est pas de bien fonctionner mais de reconnaître devant le Seigneur ce que vous êtes, tout se simplifierait.
Il donne comme exemple, presque comme modèle, ceux que les pharisiens détestaient le plus.
Les collecteurs d’impôts qui, pour la plupart étaient verreux et escrocs.
Et les prostituées pour lesquelles il est inutile de faire un dessin.
En fait les pharisiens avaient un grand souci des vertus mais le miroir ils le voulaient pour les autres, pas pour eux.
La poutre dans leurs yeux, ils préféraient la chercher chez les autres.
Seulement voilà, Jésus n’entre pas dans leur jeu.
Parce que Jésus ne cherche pas les péchés.
Pas plus les péchés que les vertus.
Ce qu’il nous demande, ici comme un trésor à découvrir, c’est de reconnaître notre indigence.
Reconnaître nos péchés comme des erreurs accidentelles, c’est encore faisable.
Mais reconnaître que fondamentalement nous sommes faibles, que nous n’y arriverons pas par nous-même, que même dans nos premiers mouvements nous ne concordons pas avec ce que nous voudrions être, cela c’est beaucoup plus difficile.
Parce que c’est se faire pauvre.
C’est demander à Dieu qu’il nous délivre de nous-même.
C’est rejoindre notre misère qui ne peut être supportable que dans un abandon de confiance en Dieu.
Vous voyez, frères et sœurs, nous avons au fond de nous un refus farouche de prendre conscience de notre insuffisance.
Et ce refus nous conduit a mettre obstacle au mouvement de l’amour, au don de soi.
Mais le miroir reste là.
et ce n’est que lorsqu’on se reconnaît pauvre devant quelqu’un qui nous aime que le miroir devient transparent.
Et Jésus avertit les grands prêtres :
Que les grands pécheurs se reconnaissent pauvre, plus facilement que les hommes vertueux.
En fait, notre conscience, ce miroir encombrant, peut nous renvoyer deux images de nous-même.
Soit il nous murmure nos péchés et nous faisons tous les efforts pour nous en libérer.
Nous les enfermons dans des oubliettes. Mais ils continuent de crier, comme Jean Baptiste au fond de sa prison pour Hérode et Hérodiade.
Ça c’est la première conséquence du miroir.
Elle ne résout pas la question.
La deuxième face du miroir bien plus profonde, c’est qu’il nous invite a reconnaître une profondeur en nous, qui n’est pas un péché mais qui peut basculer dans le péché.
Cette obscurité, c’est notre pauvreté fondamentale.
Si on l’a refuse, nous sommes aveugle, sur les autres et sur nous mêmes.
Si on l’admet, elle bascule en flots de lumière.
” Seigneur, je suis aveugle, donne-moi ta lumière… ”
Ce n’est qu’à partir de cet instant, de cette prière que l’on fait du fond du cœur que la lumière pénètre en nous et nous donne la paix.
Quand quelqu’un vient se confesser et qu’il dit, avec peine, qu’il a toujours les mêmes péchés à redire, voilà qui est magnifique ! Car c’est alors, en fait, qu’il commence à comprendre mieux qu’un autre que ce ne sont pas les péchés qui comptent mais cette tendance à ne pas pouvoir sortir de soi-même et de ses ornières.
Dieu commence à agir en lui.
La grâce de Dieu montre le bout de son nez.
Non seulement parce que Dieu lui pardonne ses péchés, mais parce qu’il est tout proche de le libérer de son miroir et de lui ouvrir la région de l’amour.
La région de l’amour elle s’ouvre sur la reconnaissance de notre insuffisance et de notre pauvreté.
Alors comme le dit saint Paul, on reconnaît l’autre meilleur que nous.
Quelle libération, puisque nous nous abandonnons à Dieu.
Dieu est le seul qui puisse réparer notre miroir cassé et nous délivrer, au plus profond, de la préoccupation de nous-même, soit dans le bien, soit dans le mal.

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