PREMIER DIMANCHE DE L’AVENT

Ça y est… Le monde depuis maintenant quelques semaines se focalise sur Noël…
Boites de chocolats en avalanches.
Boules de Noël à profusion ; petits pères Noël à prendre de partout.
Guirlandes qui vont scintillaient dans les rues, sur les façades de maisons et de magasins.
Les crèches… Nettement moins visibles.

Noël réveille les porte-monnaies par on ne sait quelle boulimie de rêves d’enfance.
Si je participe à cette déferlante commerciale, je me persuade que je suis aimé et j’existe.

Le monde n’aime pas Noël.
Il s’aime. Et il prend Noël en otage pour se faire plaisir.
Ça veut dire aussi qu’il reconnaît dans la fête de Noël quelque chose de précieux.
L’homme désire la paix et la tranquillité. Et sans la foi il cherche à côté de la cible.

l’Église nous propose, face à ce vide, un message chargé de gravité et d’une espérance qui concerne le cœur de l’homme.
Mon Dieu, comme l’Eglise est belle et comme elle est aimable dans cette fête de Noël !

Puisque nous sommes dans la recherche de cadeaux.
Et qu’en fait, Dieu aime les cadeaux.
Dieu aime faire des cadeaux.
Il aime recevoir des cadeaux aussi.
Alors, au début de ce temps de préparation de Noël j’aimerais prévoir un cadeau pour Dieu.
Puisqu’il nous a donné en cadeau la fête de Noël je peux lui donner un petit cadeau ; comme ça, on échange d’amitié.
Dieu nous fait cadeau d’un petit bonhomme qui va sauver le monde.
J’aimerais lui faire un petit cadeau qui lui fasse plaisir.
Et pour Dieu un cadeau qui lui fasse plaisir c’est un cadeau qui a du sens et qui s’écarte radicalement des calculs commerciaux et des scintillements inutiles.

Alors je vais lire simplement les textes d’aujourd’hui peut-être que l’Église nous indique quel est le cadeau que nous pouvons faire à Dieu.

Que disent Isaïe, Saint Paul, Jésus, dans les textes de ce dimanche ?
Tous les trois nous invitent à la persévérance.
Veillez ! Marchez ! Sortez de votre sommeil !
Là, nous sommes loin des euros et d’une vitrine de magasin…
Tous les trois n’ont pas les mêmes arguments ;
Isaïe : ‘Un jour, ce sera la victoire, tout sera beau,’ dit il.
Paul : ‘Le jour est proche, réagissez.’
Jésus : ‘Veillez dans la nuit parce que vous ne saurez pas l’heure finale.’
C’est un discours d’une autre envergure qu’une boîte de chocolat… !

Mais pourquoi tant d’insistance ?
Est ce si difficile de durer dans le désir, dans l’espérance ?
Oui frères et sœurs, il faut croire que ça coûte, la persévérance.
Et en fait, c’est le fondamental d’un chrétien, c’est aussi le fondamental d’un amour.
C’est le plus difficile, de durer dans un amour.
Pour un amour que l’on voit, les séductions laissent souvent place aux désillusions
Pour l’amour humain, on attrape charnellement et puis la confiance en l’autre doit prendre le relais.

Mais le plus dur, c’est l’amour que l’on ne voit pas. Celui de Dieu.
L’amour divin nous demande de croire avant de le voir.
Le voir sera au Ciel.
Inconsciemment, nous voudrions que notre foi, notre charité, ouvre peu a peu une fenêtre sur la pleine lumière.
Et, inconsciemment, nous attendons des signes de la lumière divine.
Or, le mouvement que désire Jésus en nous, c’est de fortifier notre veille, pas de l’assouvir.
Et comment fortifier notre attente ?
Pour notre corps, c’est de lui présenter des avant-goûts, des petits chocolats qui vont le rendre addict.
‘je te donne un peu, goûte, et si tu es sage tu pourras avoir une part du gâteau.’
Mais pour notre âme, ce n’est pas ainsi qu’on avance.
Et Dieu le sait bien…
‘Moins tu demanderas de signes et de gages de mon amour, plus je fortifierai ta foi.
Plus tu seras fort.’

Je sens que je suis en train de trouver mon cadeau de Noël, celui que je peux faire à Dieu…

En fait pour la vie de notre âme, on ne fonctionne pas par des petites saveurs qui iraient grandissantes.
On fonctionne par des choix de plus en plus engageants.
Il faut prendre son temps pour faire un choix, mais quand il est fait, on le vit, coûte que coûte.

J’ai retrouvé une note de lecture qui m’a aidé à poursuivre ma route, parfois .
C’est la remarque d’un paysan à un abbé qui voulait restaurer un monastère au fin fond de la Bretagne.
La scène se passe dans une carriole tirée par un cheval, en 1937 :
«  le vieux paysan lui dit à l’abbé:
– Voyez-vous ces arbres, Monsieur l’Abbé ? Le vent du nord, le noroît, comme on dit chez nous en Bretagne, les a ployés. Vidés du dedans, tout noueux, stériles, ils ressemblent aux vieux qui s’en reviennent des champs, tout lentement, vers la maison. Mais le noroît n’a pu venir à bout des arbres. La terre leur colle aux racines. Ceux qui n’ont pas des idées comme tout le monde, le même sort les attend : le vent de la vie les courbe, leurs graines tombent dans les orties, mais ils ne se laissent pas abattre. (…)
Et il ajouta : – Ma cadette est Visitandine à Vitré. C’est bien à contre-coeur que je l’ai laissé partir : on avait besoin d’elle à la maison, ma femme était malade. Mais si maintenant elle voulait retourner chez nous – il y a cinq ans qu’elle est là-bas – je lui dirais « Vois-tu, Maryvonne, quand tu t’en es partie, je me suis dit en voilà une sottise! Mais comme je savais que tu étais têtue, je n’ai même pas essayé de te retenir. Mais à présent c’est moi qui te dis de rester jusqu’à ton dernier jour dans ton couvent de briques rouges.
Puisque tu as voulu devenir la servante de Dieu, à présent sers-le fidèlement. Voilà ton devoir. Nous autres, Bretons, nous avons toujours fait notre devoir. »
Il respira profondément, puis, sans avoir regardé l’abbé aventurier, il continua :
– Maintenant, si Monsieur l’Abbé veut savoir ce que j’en pense, je ne peux lui dire que la même chose. C’est à une folie que vous vous êtes attelé. Seulement, cramponnez-vous-y, jusqu’au bout. «  [ Les illuminés – Bela JUST p63 Seuil]
Frères et sœurs, c’est au choix qu’on s’attache
Et par là, c’est dans la nuit qu’on s’avance.
Petits choix avec des petites nuits.
Grands choix qui ouvriront de grandes nuits dans notre vie.
Et plus les choix écoutent notre conscience, plus ils promettent de belles nuits bien sombres.
Le grand signe de la foi, c’est donc la marche, sans saveur, sans résultat, de préférence avec des contradictions et des persécutions pour cacher toute lumière.
Quand nos points d’appuis font défauts, on peut dire :
Merci Seigneur… tu es en train d’augmenter, ou du moins tu me permets d’augmenter, la foi en moi.
Prenons ce temps de l’Avent, d’attente de Noël, comme un temps de foi persévérante.
Si nous avions un effort à faire, pendant ce mois de décembre, c’est celui de ne rien demander qui puisse satisfaire notre désir, satisfaire un désir.
Demandons l’inverse au Seigneur : ( voilà son cadeau qu’Il attend de ceux qui sont fidèles et qui l’aiment) :
« Seigneur, ne me donne aucun signe, jusqu’à Noël. Pas de miracle.
Ne me donne aucune satisfaction, même spirituelle… surtout pas matérielle…
Alors je te ferai le plus beau cadeau pour Noël :
Je te donnerai de la foi.
De la belle foi, toute pure.
Je veillerai comme Tu me le demandes, pour attendre Ta venue.
Juste… Toi. Rien de moins que Toi. »

Sachons-le, quand Dieu ne donne pas de signe, c’est qu’à ce moment même, Il se donne Lui-même au cœur de son fidèle.
Le cadeau de Dieu est toujours plus grand que le nôtre.

HOMÉLIE SOLENNITÉ DU CHRIST-ROI

Christ-Roi…
Ça fait quand même un peu vieux jeu.
Ça fait Moyen-Âge, ça fait manteau en hermine, ça fait perruque, pour cacher la misère morale du pouvoir, de la fortune et du plaisir.
Ça fait chasse à courre, avec en arrière fond un goût de guillotine…
Cris victorieux de révolution, barbare.
Ça, c’est l’histoire des hommes.
Mais si on regarde l’histoire par les hommes nous trouverons la misère aussi bien chez les rois que chez les paysans ou les ouvriers, chez les jeunes et les vieux.
Alors, c’est le côté de la lumière qui m’intéresse.
Si nous voulons comprendre l’essence de la fête du Christ-Roi nous devons éviter les réductions à la politique et à l’histoire des hommes, tellement mêlées, comme chacun le sait, aux petitesses et aux nullités.
Christ-Roi…
Cette fête, promulguée par Pie XI, en 1925, récente mais fondée profondément dans l’Évangile, nous propose un sens puissant, pour la compréhension du Christ lui-même.
Et pour notre compréhension de l’Église.

Quels sont d’abord les caractères du pouvoir royal ?
L’autorité, la justice et le discernement qui s’exprimera par la miséricorde envers le peuple. La vérité, la force du pouvoir, la primauté. L’unité aussi.
Tout ces qualités se retrouvent, par nature, dans le Christ.
Jésus parle avec autorité.
Jésus discerne spontanément les hommes et les événements. Il connaît tout de l’homme et de ceux qu’Il rencontre.
Jésus est Vérité. La Vérité.
Il est le Sauveur du peuple des croyants. [Eph 5, 23]
Le Christ manifeste la volonté de Dieu – “qui me voit, voit le Père” , ” Je dis ce que moi, j’ai vu auprès de mon Père” – Il est l’image visible de l’invisible parce qu’Il est Un avec le Père.
Le Verbe incarné, Jésus-Christ, définit et révèle le Royaume des Cieux.
“À vous, dit-il, le mystère du Royaume a été donné”. [Marc 4, 11]
Car son Royaume n’est pas politique, et en ce sens il reste un mystère dans l’Esprit.
Il ne lui suffit pas d’une liberté, d’une fraternité, d’une égalité. Son Royaume est fondé sur l’autorité, la Vérité et l’unité.

Mais il y a une deuxième conséquence qui découle de la fête du Christ-Roi.
Très importante pour l’Église. Et qui vient chercher dans le cœur de chaque chrétien.
C’est que notre relation avec Dieu, individuelle et communautaire, est une relation qui vient d’une source et qui se réfère à cette source.
Au lieu de ‘source’, on peut dire ‘d’une tête’.
Notre vie avec Dieu, notre vie en communauté, nous est possible parce qu’il y a une Tête. Jésus-Christ.
Dieu l’a voulu ainsi.
Ainsi donc, la structure de l’Église n’est pas une démocratie.
L’Église n’est pas fondée sur la communauté. Elle est personnelle.
D’abord, L’Église est une Personne. Et en même temps, elle reçoit son existence d’une Personne.
Elle n’est pas fondée sur l’avis du plus grand nombre.
Ni même sur les lumières de savants théologiens ou de géniaux discoureurs autour d’une tasse de thé.
Elle n’est pas l’association d’un groupe de personnes qui auraient la même sensibilité, les mêmes opinions, les mêmes charismes…
L’Église est un Corps, celui du Christ.
Elle est un peuple, celui de Dieu.
L’Église est une société en communion, quasi amoureuse, avec Celui qui lui donne vie et cohésion.
L’Église reçoit son influx vital d’une Personne, le Christ. Et son âme est l’Esprit divin du Christ.
Il y aura donc dans la vie de l’Église toujours cette relation d’une tête au corps.
Dans L’Église, et dans la structure profonde de chaque chrétien.
Le schéma premier dans l’Église est celui du maître au disciple.
Cette belle image du maître au disciple qui se fonde sur la communion, de mode amical, de deux personnes.
Quand je regarde mon chemin, je vois qu’il est tracé et qu’il continue d’être tracé par des personnes qui m’ont fait naître mes rêves et fait germer mes possibilités.
Nous recevons la vie, nous ne la gagnons pas.
Saint Paul poussera la comparaison jusqu’au rapport de l’époux et de l’épouse.
Jésus prendra les images du cep de vigne pour ses sarments, du berger pour ses brebis.
Toutes des expressions que notre monde politique évite et fuit et voudrait détruire.
Parce que si le berger, le maître, l’époux, n’est pas divin, la comparaison devient périlleuse.
Le berger devient alors celui qui destine son troupeau à la boucherie, le maître devient le gourou, l’époux le pervers de l’épouse soumise, et le roi devient l’autocrate tout puissant qui profite du pouvoir pour ses intérets.
l’Église est dirigée par une tête qui s’appelle Jésus-Christ.
Et duquel vient tous les dons les plus intimes ou personnels et les plus collectifs.
Quand on a compris cela, on voit comme est ridicule cette attitude de vouloir faire avancer l’Église selon nos propres points de vue.
Et selon les points de vue du monde, de ses modes, et de l’histoire qui court.
On entend : … “Ah, enfin! le pape se met au goût du jour…”
Traduisez : “le pape se met à mon goût.”
On entend aussi : “l’Église devrait être à l’écoute du progrès de l’histoire. Elle devrait évoluer”. Comme si elle était débile…
Autrement dit , “elle devrait réagir comme moi je réagis et elle devrait cadrer sa morale comme, moi, je vis ma moralité ou mon immoralité”.
quelques soient nos avis, qui peuvent être très valables, la question est de respecter l’Église selon que le Christ l’a voulue.
C’est-à-dire selon l’autorité du Christ et ce qu’Il est.
D’accueillir la lumière comme reçue ‘d’en-Haut’.
Alors même que cette lumière nous dessine l’ombre de la Croix…
Sinon, on peut faire partie d’autres clubs, plus accessibles.
On peut faire partie des clubs de gilets jaunes, mais ce n’est pas l’Église catholique.
Ou d’un club de scrabble.
Un mouvement d’Église descend d’une personne qui a autorité et charisme, et qui tient son autorité du Christ, jusqu’à une communauté qui vit de son esprit.
Le Christ, c’est à dire Dieu, l’a voulu ainsi.
On voit bien que ce n’est pas une histoire de pouvoir.
Mais que c’est l’histoire d’une source qui coule pour irriguer un corps.
Notre Pape François n’est pas un potentat qui détient un pouvoir.
Il est un représentant de Dieu, au service de l’Esprit Saint.
Et on peut le dire à tous les niveaux de la chrétienté.
Du Pape, des évêques, des prêtres, et de chaque chrétien que nous sommes.
Si chacun de nous n’avons pas l’humilité de recevoir d’une lumière supérieure reliée objectivement au Christ, la conduite de nos pensées et de notre vie, et que nous ne demandons pas le discernement de l’Église, nous pouvons affirmer notre appartenance à l’Église, mais nous ne sommes pas en communion et en unité avec l’Église. Catholique j’entends.
Le Christ est et demeure le pasteur unique de l’unique troupeau, du peuple unique de Dieu.
Ce n’est pas ma tête qui fait l’Église, c’est le Christ qui est tête, et l’Esprit Saint qui est cœur.
Tête de ma tête, et cœur de mon cœur.
Roi de son Royaume et de mon bonheur.
Je vais plus loin, au péril de déplaire à certains.
Si je n’obéissais pas à l’Église, en tant que pasteur ou en tant que chrétien, je n’obéirais pas au Christ et à Dieu.
Car l’Eglise coïncide avec la Personne du Christ.
Obéir, non pas en théorie ou en discours, mais jusque dans la pratique.
Comme le dit Saint Thomas d’Aquin.
Ceux qui favorisent la division dans l’église n’ont pas l’Esprit Saint, car l’Esprit Saint est principe d’unité.
Et ceux qui sont contre l’Église, incarnée dans sa hiérarchie, n’ont pas l’Esprit Saint, et ceux qui font semblant d’être dans l’Église pour simplement user de quelques profits pour leur conscience, n’ont ni la charité, ni l’Esprit Saint, ni le salut du Royaume des Cieux.
Ni la foi d’ailleurs en Jésus, Roi de toute vie et de toute domination.
“Que ton Règne vienne Seigneur !
Dans la pauvreté de chacun de nos jours, soit Celui qui règne sur notre cœur.
Le monde restera terne de son entêtement et ses manigances.
Et l’Église sera belle de ta puissante mais discrète grâce.”

HOMELIE 33° DIMANCHE ORDINAIRE

1210, une apocalypse s’élève depuis la Mongolie.
Des cavaliers, sur petits chevaux nerveux, soulèvent la poussière et sous le génie terrible de Genghis Khan, vont instaurer la terreur pour établir le plus grand empire qui exista jamais.
Après leur passage, 2% de la population survit.
La fin d’un monde. Ils arrivent jusqu’aux portes de Vienne, en Autriche.
L’Europe frôle la possibilité d’un deuxième saccage de Rome, à la dimension d’un continent.
La Providence sauvera notre pays, de justesse.
150 ans plus tard…
1350, comment ne pas penser à la fin du monde ?
La peste noire décime près de la moitié de la population pendant 5 -10 ans. Comment ne pas s’affoler quand chacun ensevelit plus d’un tiers de sa famille. ?.
Et ne pas voir des signes de la fin des temps…

1660, Marie de l’Incarnation, missionnaire au Canada, écrit dans une de ses lettres :
« On n’y voit goutte, on marche à tâtons ; (…) on pense être au fond du précipice, on se trouve debout. (…) lorsqu’on entend dire que quelque malheur est arrivé de la part des Iroquois… (les blancs massacrés par les indiens seront par dizaines) Chacun veut retourner en France ; et au même temps on se marie, on bâtit, le pays se multiplie, les terres se défrichent et tout le monde pense à s’établir »

Je cite enfin Raïssa Maritain, qui écrit en 1919 :
« au niveau de ce déluge nouveau qui fait non pas périr mais croître en nombre les impies, que le Seigneur garde l’Arche unique de L’Église. » On peut imaginer toute sortes de déluges contemporains : Moral, écologique, économique, familial, etc…

En fait, frères et sœurs, qu’est-ce que je veux montrer ?
C’est que les frayeurs de l’Histoire datent de toujours.
Et toute civilisation en péril réveille un vieux cauchemar inconscient :
celui de la fin du monde.
Les signes de la fin du monde… Que certaines sectes maintiennent constamment sur le feu pour mieux manipuler leurs adeptes.
Facile… quand on constate la sensibilité de nos esprits à cette peur de fin du monde.
Un réchauffement… c’est la fin du monde.
Un refroidissement ou un cyclone… c’est la fin du monde.
Une guerre ou un attentat… c’est la fin du monde.
Ou simplement la menace, d’une tempête, d’une guerre atomique ou d’un attentat.

Réponse de Jésus : « de toute façon vous vous trompez et vous n’aurez jamais la réponse ou l’estimation de la fin du monde. »
Vous perdez votre temps à simplement frémir à cette idée.
Car le temps doit être utiliser à vivre. Non pas à trembler.
A vivre comme si demain c’était la fin du monde. Et pourquoi pas dans 5 minutes ?
A vivre comme si nous devions soutenir le monde pendant 1000 ans.

Pour Jésus il y a un sens de l’Histoire.
Il y a une constante qui n’est pas un idéal de paix, mais au contraire comme un long accouchement.
Et voilà un deuxième monstre du Lockness qui surgit de notre inconscient :
Karl Marx a peut-être cru vraiment à cette chimère de paradis terrestre à conquérir quand il écrivait le Manifeste du Parti communiste :
« Les prolétaires n’ont rien à perdre que leurs chaînes. Ils ont un monde à gagner. Prolétaires de tous les pays, unissez-vous ! »…
pour le beau paradis terrestre d’une égalité sociale !
Se tenir un jour par la main, autour de la terre, toutes différences confondues, toutes races réconciliées, les vrais et les faux, les athlètes et les tordus.
Cet idéal d’une paix finale est aussi tenace que les prophéties de fin de monde.

Or Jésus, notre Évangile, notre foi, notre certitude, balaye ces deux obsessions.
La fin du monde, elle ne nous appartient pas, le dernier jour sera comme l’éclair.
Ouf, au moins ça m’évite de scruter les signes avant-coureurs.
Et l’idéal de paix, c’est tout simplement une illusion sur l’avenir..
Jésus nous annonce une tension croissante des conflits humains.
Et même des désordres cosmiques.
La matière est le maillon faible de la Création pourtant si belle.
Mystère d’une désorganisation introduite par le péché originel, non pas voulue, mais acceptée par Dieu.

Combien voit-on de jeunes qui cherchent, avec bonne volonté, la communauté paradisiaque, qui promet par une écologie, une politique nouvelle, dans la gentillesse ou la violence parfois, un nouveau monde d’harmonie et de paix universelle (inspiré bien sûr des Incas ou d’une secte Hindoue).
Jésus balaye ce rêve tenace du fond de l’homme :
Atteindre un paradis sur terre, le retrouver ou le fabriquer.

Pourquoi Jésus se lance contre les rêves et les cauchemars de l’homme,
Parce qu’il a à proposer une issue.
Une belle issue associée au beau courage de l’homme, dans la belle réalité.
Qui s’atteint par la Foi en s’ouvrant par l’Espérance..
Une foi qui ne s’arrête pas en chemin.
Une Foi en la Présence actuelle de Dieu.
Ce Dieu Providence qui nous aime, et ce Dieu vivant en Jésus. Là, aujourd’hui.

Notre Foi, colorée d’une si belle espérance du Ciel, nous libère de nos illusions enfouies.
Et nous enracine dans la réalité.

Et du même coup fait de nous des témoins d’une autre conception du monde.
Tellement plus juste…
– Dieu…
– Nous, qui nous accrochons à Dieu avec la force de l’Espérance.
– Et le Diable, qui tente toujours de mordre Dieu, de vouloir le tuer !! et qui, en désespoir de cause, mort ces pauvres hommes qui font l’Histoire.
Le Diable dont la morsure est d’autant plus forte que le Bien auquel il s’attaque est puissant et lumineux.
La fécondité divine augmente toujours.
Les mâchoires du Mauvais comme celles d’un pitbull ne relâchent pas leur morsure.

Cela ne nous empêche pas d’avancer.
Mais pas pour établir la paix. Pour traverser de la paix du Christ notre monde en guerre.
Notre cœur en guerre.

Nous sommes, frères et sœurs, enfoncés jusqu’au cou dans la réalité historique de plus en plus combattante et tendue, – mais notre tête émerge et elle voit loin. Très loin
au delà du voile .
Et nous sommes sauvés.
Et nous entrerons dans la bienheureuse vision.
L’union à Dieu dont quelques petites effluves nous donnent l’avant-goût, dès maintenant …

HOMÉLIE 32° DIMANCHE ORDINAIRE

Les sadducéens ne croyaient pas à la résurrection.
Ils épiaient Jésus, mais d’une certaine façon, ils avaient un peu d’humour… avec l’histoire de cette femme qui subit rigoureusement la Loi de Moïse.
Les sadducéens formaient l’un de ces groupes juifs qui avaient leur doctrine à eux.
Les Sadducéens étaient encore plus intégristes que les pharisiens. Et ils se regardaient les uns les autres, en chiens de faïence.
Mais il y avait d’autres groupuscules juifs, plus ou moins radicaux ou extrémistes, les zélotes, les esséniens, etc…
L’Église ne manque pas d’humour non plus en rapprochant l’histoire du martyre des 7 frères et celui des 7 mariages de cette femme.
Le point commun de ces deux histoires est-il le martyr de tous ces hommes… !!?
Il y a quand même un autre aspect commun entre ces deux histoires:
Celui de la relation avec l’au-delà.
Jésus insiste très nettement sur la résurrection de la chair qui nous adviendra, un jour.
Et cela a des conséquences très importantes pour notre vie.
En fait, on agit toujours en fonction du but vers lequel on va.
Non seulement nos grand choix de vie, mais tous nos petits actes successifs de tous les jours, sont influencés en fonction de ce que nous visons au final.
Cela vaut aussi bien pour une course de fond – si on ne sait pas où se trouve la ligne d’arrivée comment peut-on gérer nos forces par exemple – et si il n’y a aucune récompense à l’arrivée comment trouver la motivation ?
Imaginez-vous la finale d’une course de fond… où les participants passeraient la ligne dans l’indifférence totale ! tous les supporteurs sont en train de boire leur café en discutant des résultats du match de foot…
Ça vaut pour une course de fond, ça vaut pour les devoirs d’école des enfants,
Ça vaut pour le choix d’une épouse ou d’un époux, ça vaut pour la façon dont nous allons manger l’omelette qu’il y a dans notre assiette.
La conception que nous avons de notre bonheur final influence tous nos choix, nos actes, la façon dont nous allons vivre nos passions, nos souffrances et nos efforts.
La façon d’utiliser et même de perdre notre temps…
Un staretz, en Russie, disait à certaines jeunes femmes qui venaient se faire bénir pour avoir des enfants :
“Si l’enfant que tu désires ou que tu portes, tu ne veux pas en faire un Saint, je ne te bénis pas.”
C’est un peu abrupt comme avertissement, mais c’est tout à fait juste. Et très beau.
Parce que l’enfant que l’on désire, si on ne lui donne pas comme objectif son bonheur éternel, près de Dieu, pour Dieu, ça veut dire qu’on le veut pour soi-même, et il manquera une certaine envergure humaine.
Et si la femme qui nous a plu, on ne veut pas qu’elle devienne belle pour son bonheur éternel, pour son plus grand épanouissement spirituel et psychologique même, elle nous plaît pour nous-même. Notre relation avec elle sera inévitablement restreinte, limitée à des équilibres momentanés qui seront fragiles.
Et l’omelette qu’il y a dans notre assiette, si elle n’a pas le goût de la vie éternelle, si elle n’a pas la couleur de la Présence de Dieu qui nous accompagne et nous appelle jusqu’à Lui, cette omelette, même si elle est bio, sera mal digérée.
Parce que notre âme ne sera pas en bonne relation avec notre corps et notre estomac.
Il est très important de connaître notre bonheur final, pour conformer nos journées, nos interventions publiques jusqu’à nos actes d’amour les plus intimes, (comme peut l’être celui d’une prière solitaire dans la nuit) … les conformer à la lumière qui dirige nos cœurs et nos intelligences vers la vie qui n’aura pas de fin.
Alors qu’elle est-elle cette vie après la mort ?
Est-ce simplement un temps où il n’y aura plus de travail ni d’efforts ?
C’est déjà le chômage ici-bas alors au Ciel, si on s’ennuie à ne rien faire ou si on passe son temps à se forcer à blaguer avec les copains…! Pas marrant….
C’est là qu’on se trompe.
C’est qu’en dehors du travail ou des divertissements, il y a un autre jeu qui fait partie de la création.
Un jeu délicieux pour lequel Dieu nous a créés ici-bas et pour le Ciel.
Le jeu de l’amour contemplatif pour lequel on est fait.
Déjà ici-bas, ce jeu doit investir nos joies et nos souffrances.
Mais au Ciel… ! Ce jeu sera unique, éternel, intense, intense et délicieux d’un don total, corps et âme.
Rien à voir avec un manque de travail ou un rire autour d’un verre de pastis.
Le Ciel, c’est le don que nous cherchons ici-bas et qui est encombré de tellement d’imperfections, ici-bas…
Au Ciel, ce don engage toute notre personne dans une lumière qui n’a pas de limite.
Et c’est pour cela que l’on dit que l’on est comblé au ciel.
Et que toutes les réalités que nous vivons sur terre sont un petit essai de cette grande plénitude que nous désirons du plus profond de notre nature.
L’omelette que nous découpons dans notre assiette est déjà un petit essai très lointain de cet amour tourné vers Dieu.
Et les meilleurs moments que nous vivons avec notre époux ou notre épouse, nous font rejoindre, d’une manière encore plus approchante, cette union extatique que nous vivrons dans le sein de Dieu.
Le mariage alors sera dépassé, au Ciel, mais il vous aura donné un avant-goût, s’il est vécu, avec efforts, avec ses hauts et ses bas, dans la lumière de la grâce, comme le plus bel effort de l’homme et de la femme pour exprimer le coeur de notre nature : celle du don d’amour à un autre, à un ami. En fait, il n’y a que ça.
Voilà pourquoi il ne suffira pas au ciel que nous soyons comme des esprits un peu informes.
Notre amour aura besoin de notre corps pour un don total de nous-même.
Ici-bas, notre corps est un souvent un inconvénient.
Un marche-pied indispensable, mais qui reste instable et encombrant.
Au Ciel, il sera le dernier épanouissement de notre union avec le Christ.
Ce que n’avaient pas compris les sadducéens, c’est que nous sommes une personne, corps et âme.
Et que le jeu d’harmonie que Dieu a créé pour l’homme, il se trouve, oui, dans l’amour de charité, mais il se trouve aussi entre l’âme et le corps.
Jeu palpitant mais difficile quand nous sommes encore liés à nos passions et à nos hormones.
Mais ce jeu sera absolument sublime quand nous verrons Dieu en sa seule Présence, pure, au Ciel.
C’est pour cela que nombre de saints attendaient et attendent, avec impatience, que jaillisse cet état de Gloire pour leur âme et au final pour leur corps.
Sainte-Thérèse de l’Enfant-Jésus à quelques mois de sa mort disait à l’une des sœurs auprès de son lit:
“Je ne crains pas le voleur… Je Le vois de loin et je me garde bien de crier “au voleur”.
Au contraire, je l’invite, en lui disant : “par ici, par ici”. ”
Sainte Thérèse d’Avila, plus impétueuse encore dans son désir de voir Dieu, à la veille de sa mort, à Alba de Tormes, répondait à l’une de ses sœurs qui lui demandait quel était le désir de son cœur :
“Oh ! ma fille, je dis à mon Bien-Aimé : ‘ à cheval et au galop ‘ !”
Peut-être que ce sera comme cela que nous verrons Sainte Thérèse au Ciel…

HOMÉLIE DU 31° DIMANCHE ORDINAIRE

Vous avez peut être entendu parler, par l’un ou l’autre prêtre, d’une certaine Madame Michu.
Cette madame Michu qu’on apprend à connaître dès le séminaire, a quelque chose de très spécial et de pratique :
C’est qu’on la reconnaît partout. C’est la dame du coin de la rue.
Celle d’hier qu’on a croisée. C’est notre cousine, mais c’est surtout, si on est humble et attentif, une part de nous-même ; la part de madame Michu en nous !
Notre cœur est habité par différents personnages.
Aujourd’hui je vais leur donner un nom, à chacun de ces personnages :
Il y a la fameuse Madame Michu, la part de pharisien en nous, il y a Monsieur Trottine qui est le frère de Zachée. Et puis il y a Zachée que nous allons découvrir.
Bon… en fait, madame Michu a le devant de la scène, mais quand je dis Madame Michu, ses cousins ne sont pas loin, qui lui ressemblent mais plus philosophes ou politiques.

M Trottine rencontre souvent Madame Michu. C’est normal ils habitent, j’allais dire le même palier, mais en fait ils habitent le même cœur. Notre cœur.
Or, Madame Michu, à chacun de ses réveils est mécontente parce que, pense-t-elle, on la critique.
Monsieur Trottine, qui l’a connaît bien, lui dit que ce qu’elle croit être une critique est peut-être une invitation à se convertir, à grandir.
Le grand problème c’est que tous les mots que l’on dit à Madame Michu qui ne sont pas dans son cadre de vie, dans ses habitudes, tout ce qui peut la déranger, elle pense que c’est pour lui faire du mal.
Monsieur Trottine au contraire, dans tout ce qu’il fait, cherche à trouver du nouveau, autour de lui, mais aussi en lui. Il cherche à faire palpiter son cœur.
Ce n’est pas qu’il trouve à chaque fois, mais il est toujours dans l’attitude de l’attente.
Et pour cela il est prêt à monter aux arbres, à courir, à épier ce qu’il peut y avoir de nouveau.
Madame Michu préfère chercher des opinions.
La base de son jugement, c’est qu’on doit se méfier de toute nouveauté… Elle est à l’affût des nouveautés, mais c’est pour s’en protéger.

Et quand on se méfie de toute nouveauté, on découvre des complots partout.
Que Jésus se soit assis à la table de gens peu recommandables, chez un certain Zachée, c’est certainement un complot.
Au minimum, une compromission avec le mal.
Madame Michu et une spécialiste pour détecter les complots.
Monsieur Trottine le sait.
Mais il sait aussi que les complots contre lesquels lutte Madame Michu sont des complots imaginaires…
Elle est capable de lever toute une petite armée d’opposants contre un événement qui n’existe pas.

(Rappelons-nous que Madame Michu, c’est la part de notre cœur, fermé sur lui-même… c’est le pharisien qui nous parasite au fond de nous et qui va troubler notre sommeil de fantômes fabriqués… !)
Je dis Pharisien…. Mais, frères et sœurs, c’est une tactique de certains philosophes , les cousins de Madame Michu, de critiquer leurs confrères sur des phrases qu’ils n’ont pas vraiment dites…
“Il a dit cela et c’est faux.” affirment-ils.
Oui. C’est faux. Mais l’inconvénient, majeur, c’est qu’il n’a jamais dit cela….
Mais la suspicion est entrée…
Madame Michu, dans sa tactique, n’est pas tombée de la dernière pluie.
Et c’est bien la tactique des pharisiens qui conduira Jésus à la Croix.
Rappelons-nous… Michu et ses cousins, Trottine et ses frères, cohabitent en chacun de nos cœurs…

Quand Monsieur Trottine dit à madame Michu qu’elle a mal compris, celle-ci fait silence.
Mais elle ne remet pas en doute sa ferme conviction qu’elle a raison.
Madame Michu n’est pas intéressée à vérifier les sources.
Elle ne cherche pas des responsables, mais des alliés.
Monsieur Trottine, lui, préfère aller directement auprès des acteurs des événements.
Se renseigner, et patiemment essayer de comprendre vraiment ce qui se passe.

Et Zachée … ?!
Zachée, lui, court, et il accueille. Il va jusqu’au bout.
Quand Jésus dit à Zachée “descend vite, je veux aller demeurer dans ta maison,”
il y a comme une descente de Zachée, dans sa maison, mais aussi, inévitable, dans son cœur, dans son esprit, qui convie, avec ardeur, à une rencontre profonde.
Ce n’est qu’en descendant au profond de nous-même que l’on peut toucher le lieu de la rencontre.
Et rencontre avec Jésus signifie conversion.
Zachée, c’est la part de notre cœur qui finalise ses choix.

L’attente de Madame Michu n’entre pas dans ce genre de désir de monsieur Trottine et de Zachée.
Elle sait faire silence, non pas en elle, pour mieux écouter, ça n’arrive jamais, mais elle fait silence, ou plutôt elle fait taire les propos qui peuvent l’inviter à une certaine conversion.
Elle n’écoute que ce qui l’arrange.
… Cette capacité, en nous, de nous boucher les oreilles de façon sélective.
Monsieur Trottine qui ne manque pas de bon sens sait que, quand quelqu’un s’obstine à ne pas comprendre, rien ne sert d’insister. C’est qu’il y a une barrière psychologique infranchissable.
Il faut attendre le moment de la grâce.

Zachée, lui, a compris que Jésus lui offre une base de jugement, claire.
Et ça… ça l’intéresse.
Il peut clairement juger de sa vie et de ses torts, d’abord parce que Jésus le regarde avec amour, et ensuite, parce que tout simplement Jésus est saint. S.a.i.n et S.a.i.n.t.
Jésus lui sert de phare, de fondations, de référence, de socle solide pour poser un jugement droit et changer sa vie.
Zachée le sait et ça l’intéresse. Même si ça va lui coûter.

Entre parenthèses : Quand des professeurs, éducateurs, ou des parents vivent de façon faussée…
Sont addicts à la télévision, amateurs de films immoraux, violents ou pornos.
S’enfument de temps en temps, et n’hésitent pas à accentuer les apéritifs, ils ne peuvent pas répondre à leurs enfants sur des bases saines.
Leurs enfants ne sauront pas réagir de façon franche à la réalité.
Simplement parce que, eux mêmes, les parents, ne sauront pas se situer clairement vis-à-vis de la vérité, du bien ou du mal.

Jésus recadre. Simplement parce qu’il est.
Ça peut faire mal, ça peut nous remettre en question, mais Jésus nous permet d’avancer.
Il y aura inévitablement conflit. Mais le conflit est bon, il n’est pas à fuir, il est à résoudre.
Éviter le conflit, que ce soit un conflit intérieur entre Dieu et madame Michu, ou avec l’un de ses cousins, c’est réduire sa liberté.
Et le conflit ne sera résolu que par la présence d’une lumière plus haute, qui est celle du Christ.
Pour celui qui n’a pas la foi, je ne vois pas d’issue. Sinon soumission ou compromission.

J’oubliais une arme très efficace de Madame Michu : la comparaison.
Elle vit de comparaisons.
Quand elle risque d’être mise à mal dans ses propos, elle trouve des cas particuliers d’échecs monumentaux. Elle a un riche catalogue d’exemples de ratés que lui offrent les informations.
Le plus croustillant, c’est quand elle les cueille chez ses frères et sœurs catholiques.
Personne ne peut répliquer à de tels arguments !

Monsieur Trottine comprend qu’aux seules forces humaines il est impossible de remettre Madame Michu d’équerre avec la réalité.
Rappelez-vous : Monsieur Trottine, c’est la part inachevée de nous-même.
De bonnes intentions, mais en recherche.
Zachée, il est notre désir qui passe à l’acte.
Même si l’attitude de Zachée n’est pas parfaite, il accepte de se confronter à la réalité qui est Jésus, et d’en tirer des conséquences.

En fait la grande différence entre Monsieur Trottine et Madame Michu c’est que lui cherche la confrontation avec la réalité qui le mènera sûrement à la mise à nu du cœur et, à partir de là, à accueillir Jésus.
Et que, elle, la part empoisonnée de notre cœur, n’est pas disponible à recevoir la réalité chez elle.

“Zachée descends ! je veux aller demeurer chez toi, dans ta réalité, pour manifester ma réalité, ma divinité.”

Tout ça pour dire que Zachée a plein de défauts, mais il a le courage de la réalité.
La foi ne creuse son socle que sur cette base : la belle réalité, la cruelle réalité parfois, la réalité nuancée… La réalité que l’on saisit, peut-être en tremblant, mais jusqu’au cœur.
Frères et sœurs, dans la foi, il faut passer à l’acte.
Zachée personnifie cet engagement. Et il prend les moyens.
Zachée, c’est la part de notre cœur que Jésus aime.