HOMÉLIE DU SIXIÈME DIMANCHE ORDINAIRE C

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https://www.aelf.org/2019-02-17/romain/messe

Maudit – Béni..
Bienheureux – malheureux
Dieu ne mâche pas ses mots, que ce soit par la bouche de ses prophètes ou que ce soit par sa propre bouche, celle du Verbe Incarné.
Nous pouvons nous détourner de la Bible pour cette raison ; trop de contraste dans la relation avec Dieu. Ou nous détourner de la foi, effrayés … Nous voudrions adoucir d’abord. Un peu moins de sel dans notre charité.
Il est difficile d’être pauvre devant la Parole de Dieu…

Qu’est-ce qu’il ressort des béatitudes, de ce morceau de politique spirituelle inédit dans l’Histoire de la politique ?
De grands philosophes s’en sont inspirés et il n’y a pas besoin d’être philosophe pour pressentir un souffle puissant que portent les mots de Jésus.
Jésus fait la promotion du désir.
Heureux ceux qui manquent et désirent.
Heureux ceux qui attendent la justice et des jours meilleurs pour rire.
En fait, le discours des béatitudes nous interpelle, qui que nous soyons.
Et dérange. Jésus appelle à la pauvreté comme disposition nécessaire et suffisante pour atteindre au suprême bonheur.
Pas d’autres détails : pauvreté, insatisfaction, manque, quels qu’ils soient, quelle que soit leur intensité ou leur domaine d’application.
Ça veut dire quoi ?
Ça veut dire que pour Jésus le désir est premier et sauveur.
Ça veut dire que le désir est à glorifier ou à rechercher.

Pour nous, frères et sœurs, dans cette église, nous savons que nous devons tendre vers la pauvreté. Nous l’avons entendu si souvent.
Et nous avons cette réaction : « De quoi parle Jésus ? De quelle pauvreté ? Suis-je pauvre ou riche ? Et l’on soupèse… Bénis ou maudit ? »
Nous savons que toute perle de valeur est pauvre.
Toute écoute de qualité est silencieuse, pauvre comme le silence est pauvre de bruit.
Toute perfection est simple comme le sommet d’une montagne.
Comme la dernière pierre qui fait le trait d’union entre la terre et le ciel.
Sauf que la pierre dont parle Jésus n’est pas simplement posée sur le sommet, elle est tendue vers un au-delà.
‘Heureux vous les pauvres, le Royaume de Dieu est à vous.’
Le Royaume de Dieu, c’est de contempler Dieu, de L’aimer
Au Ciel, ce sera la totale, l’amour en délices. Tellement spontané.
Sur terre, c’est l’amour qui désire.
Et l’amour qui désire est par excellence dans la pauvreté qui désire.
Et nous savons, nous, que les plus belles réalités de la grâce, de l’existence, ne respirent que dans un environnement silencieux, de pauvreté.
La meilleure prière est une prière qui demande davantage de pauvreté pour pouvoir aimer davantage, pour pouvoir désirer davantage.
Il ne s’agit pas de se dire : « j’en fait parti » ou « un tel en fait parti… du clan des riches ou des pauvres », c’est une recherche qui nous est proposée.
Un chemin permanent de détachement qu’on suit soit dans un sens – si on recherche sa sécurité dans les richesses -, soit dans l’autre sens – si on recherche à s’appauvrir pour vivre de la bénédiction de Dieu.
Nous avons une lumière sur ce chemin.

Et puis, il y a nos frères qui ne sont pas là, ce matin, ceux qui n’entreront pas dans une église, ni ce matin, ni ce soir.
Pauvres d’âme, peut-être pauvres de santé ou de confort, ou d’assurances..
Heureux vous les pauvres, dit Jésus.
Ce sont eux aussi, dont Il parle.
Et, bien qu’ils subissent leur pauvreté volontairement ou par maladresse, Jésus les accueille dans un chemin qui touche à sa pauvreté à Lui.
Rien n’est vraiment clair pour eux. Ils ne comprennent pas tout. Ils envisagent peut-être le Royaume à portée de main. Ils le conçoivent ici-bas, et souvent bien bas.
Ils se heurtent aux obstacles, aux obscurités.
Mais le fait même de leur pauvreté les arrime lointainement au désir de la grâce.
Et la grâce de la Rédemption les rejoint comme les vagues qui viennent caresser la plage.
Parfois elles emportent les barques qui sont échouées sur les galets.

En fait, Jésus n’exclue de la joie promise qu’une sorte de personne.
Celles qui se gavent. Les gloutons. Celles dont l’horizon se ferme sur cette terre.
Celles qui sont obsédées d’affections, d’assurances en tout genre, de richesses extérieures et intérieures, de considération.
Tous les enfants gâtés de la terre.
Celles-là qui ne savent plus le goût du désir simple.
Il y a une gravure de Rembrandt que l’on nomme ‘la pièce aux cent florins’. Une merveille d’ombre et de lumière. Jésus est entouré des foules. Des pauvres qui le regardent et qui attendent, au moins une parole. Les pécheurs et les malades.
Et sur la gauche, il y a un groupe de riches, fermés sur eux-mêmes. Ils tournent le dos à Jésus, l’air satisfait et ne font pas attention aux autres.
Ceux-là : Malheureux… !!
Ils ne veulent plus lever leur regard… Ils n’ont plus de petite fenêtre sur autre chose que leur argent ou leur plaisir, ou qui sait, sur leur écran…
La satisfaction obstrue leur désir, peut-être une affection fusionnelle…
Maudit alors, sont ces hommes. Car ils se coupent eux-mêmes du désir de Dieu sur eux.
La malédiction, elle sera dans l’ordre de l’éternel.
La bénédiction est aussi dans l’ordre de la vie éternelle.

Mais Jésus, dans son discours, parle à des disciples autant qu’aux foules. Alors il leur réserve un petit alinéa « spécial disciples ».
Un petit chapitre optionnel. Celui de la persécution qui suit de près l’affirmation de notre foi.
Celui qui a la foi, il ne prend racines que quand il devient persécuté.
L’assurance d’avoir une foi vive, c’est la présence des ennemis, des calomniateurs, des adversaires cachés qui jettent les peaux de bananes sous nos pieds.
C’est la présence insinuante du démon autour du croyant.
Ça, c’est pour les intimes de notre Bien-Aimé Sauveur.
Ceux qu’Il rapproche de Lui et par conséquent qui tressaillent déjà de la douceur du Royaume des Cieux, du Cœur de Jésus, si doux. Ils le savent en secret.
Heureux si on dit du mal de vous (à cause de mon nom)… Tressaillez de joie dans la foi car vous êtes alors dans la vérité.
Exclus, insultés, méprisés.
Attention… ! Pour de vrai, c’est à dire qu’on y croit et que ça fait des victimes. Les petits toujours premières victimes.
Car les calomniateurs, ils ne font pas le plus grand mal aux croyants. Ceux-là, ils les aident à grandir dans la foi. Mais ils font mal aux petits et aux pauvres, parce qu’ils les font chuter.
Ils les font entrer dans leur jeu de perdition. Dans leur jeu de riches, teinté de la colère du diable.
On est en colère que quand on est riche en fin de compte. Quand on a quelque chose à perdre. Quand on sent menacée une certaine richesse en nous.

Ceci dit, on peut toujours opter pour un régime sans sel.
Il est facile de se couler dans les eaux mitigées des compromissions et des camouflages. De ceux qui se disent d’Église et prônent un autre d’Évangile. ‘Leur’ Évangile revu et amélioré. Laïcs ou prêtres d’ailleurs.
Je dis qu’il est facile d’éviter les conséquences de la foi et de se cacher.
Mais je me trompe. Il est quand même plus facile en nos jours de mettre les autorités et les médias et même nos frères de la foi, contre nous, par un mot ou une petite fidélité à L’Église et au Christ pauvre.
Il n’y a presque pas de mérite d’être exclu et insulté.
Tellement sont à l’affût les riches sans cœur qui cherchent à se protéger de la vérité.
Que d’efforts déploient certains chrétiens pour rester inattaquables et spirituellement corrects.
Malheur à vous, dit Jésus, qui êtes spirituellement corrects et qui cherchaient à l’être… !! on ne dira que du bien de vous….
Mais les petits Tintin de la grâce de Dieu, Dieu les connaît dans sa bénédiction.
Les Tintin, mais on trouve aussi des Professeurs Tournesol ou des Capitaines Addock…

HOMELIE – FETE DE NOTRE DAME DE LOURDES

 

Textes de la messe:

première lecture : Isaïe 66 10-14

psaume Judith 13 18-25

Evangile: Jean 2 1-11

Chers frères et sœurs ,
Reprenons cette histoire de Cana et de mariage.
Je voudrais la simplifier en enlevant 4 phrases.
Le troisième jour , il y eut un mariage à Cana en Galilée.
Je saute une phrase…
Jésus avait été invité au mariage avec ses disciples.
Or, on manqua de vin.
Et là je mets 3 phrases de côté. Je reprends :
Or, il y avait six jarres de pierre pour les purifications rituelles des juifs ; Chacune contenait deux à trois mesures ( c’est à dire environ cent litres ).
Jésus dit au servants : « remplissez d’eau ces jarres ». Etc … et ils les remplir….
En fait, rien n’est changé de la belle histoire et de la Gloire que Jésus va manifester.
Marie n’est pas là, dans cette version.
Et on s’aperçoit que Marie est d’une certain façon inutile.
Marie, servante inutile.
Et on comprend la réplique de Jésus. ‘Femme, qu’y a-t-il entre toi et Moi ?’
De fait.. ; « La mère de Jésus lui dit : ‘Il n’ont pas de vin’…
Bon… mais remarque inutile..
Jésus a tout vu, bien évidemment. Certainement que l’agitation des servants n’est pas passée inaperçue.
L’intervention de Marie ne rajoute rien.
Sa mère dit à ceux qui servaient : ‘tout ce qu’Il vous dira, faites-le’.
Que vient faire ici ce conseil ?
Les servants de toute façon, auraient obéis. Ils sont là pour ça. Et les jarres sont là pour être remplies d’eau.
‘Femme, que veux-tu ?’
Tu existes par Moi et tu ne changes rien à ce que je dois faire, ni à ma façon d’exister.
Marie inutile. Encore plus inutile que les servants du repas.
Marie servante inutile. Qu’elle fut là ou pas, rien ne change. Semble-t-il.
Cela nous surprend ? Cela nous gêne-t-il ?
Si l’on fait le même exercice en enlevant n’importe quelle autre phrase de l’histoire, plus rien ne tient debout.
Ça ne veut plus rien dire.
Enlevez Jésus : plus rien.
Enlevez le Maître du repas et l’histoire n’existe plus.
Enlevez Marie, rien ne change.
Et c’est là qu’on entre dans la plus vraie et la plus intense exultation en fait, parce que notre histoire est une histoire de beauté gratuite.
De pur don gratuit.
Marie est passage , purement inutile de l’Esprit Saint. À travers elle pour la Gloire de Dieu, qui seule, se manifeste et donne la lumière.
Et la gloire de Marie, c’ets cette place, reconnue et acceptée, d’inutilité.
Sur le chemin d’adoration de notre Dieu et de Jésus ressuscité, nous rencontrons de manière essentielle la pure gratuité de la présence de Marie
Car, comme le dit avec génie une préface de de la messe, « nos chants n’ajoutent rien, Seigneur, à ce que Tu es, mais ils nous rapprochent de Toi… »
Marie est un chant à la Gloire de Dieu. Et elle n’est que cela.
Dans le Royaume du Ciel, contrairement au royaumes de la terre, la sublimité est atteinte dans la gratuité du chant, la gratuité de la prière. Dans l’inutilité de l’existence suspendue à l’amour de Dieu.
Je veux être inutile pour n’être que aimé pour moi même.
Plus nous sommes dans une relation d’amour gratuit, plus nous sommes à notre place.
Et plus nous sommes en plénitude de joie.
Nous sommes louange de Gloire et rien d’autre.
Ou disons, nous devons le devenir…
Et Marie est la première purement inutile et purement ‘louange de Gloire’.
C’est son message.
Elle ne rajoutera jamais rien à Dieu.

« Je suis l’immaculée Conception ».
Je suis celle dont la conception n’a aucun retour sur elle-même.
Voilà sa grandeur.
Rie de rien de nécessité ou d’intérêt.
Et c’est en cela qu’elle nous ouvre le Cœur de son Fils.
Notre monde le comprend , cela…
Notre monde, ennemi, l’a compris, car il veut retrouver cette gratuité de la grâce, mais à son profit !
Paradoxe du Diable qui crie vers Dieu :
« Tu es inutile » ; « Tu m’es inutile ! » « Que me veux-tu, trouble fête de mon existence ? »
En fait la tactique du Diable, c’est de dire que Dieu existe par lui, avec cette variante qu’on entend parfois :
‘Dieu est une construction de l’homme’.
Mais c’est pour nier que Dieu seul existe et que toute existence ne tient que gratuitement de son amour gratuit.
Marie n’existe en rien sans Jésus.
Jésus adoré, Jésus-Vie. Jésus-Lumière.
Et Marie, porte du Ciel qui n’a pas de porte…
Car le Ciel avant d’envahir nos cœurs par la porte étroite de nos âmes, est tout entier dans le cœur de Marie, à la porte grande ouverte.
Immaculée Conception…
on peut traduire par : ‘Ma porte est grande ouverte à l’entrée du Ciel, en moi’.
Autrement dit, moins on voit de porte (puisqu’elle est ouverte) moins on voit d’obstacle, plus le Ciel envahit la terre.
Mais ce n’est pas vrai dans l’autre sens.
Le Ciel n’a pas besoin de la terre.
Mais la terre a besoin de Marie pour lui rappeler.
Marie nous rappelle que le Ciel ne chante en toute beauté que si la terre n’a aucun intérêt.
Sinon celui d’être un chant gratuit et beauté inutile.
A la Gloire de Dieu.

Marie, elle est gratuité d’existence, manifestation du Don gratuit de la Gloire de Dieu.
Débordement premier de la grâce divine.
On ne demande que cela à Marie.
Merci Marie pour cette leçon d’inutilité.

HOMELIE DU 4° DIMANCHE ORDINAIRE C

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https://www.aelf.org/2019-02-03/romain/messe

A mesure qu’on a plus d’esprit, on trouve qu’il y a plus d’hommes originaux.
Les gens du commun ne trouvent pas de différence entre les hommes.’
Blaise Pascal…
‘N’est-ce pas là le fils de Joseph ?’
Ça, ça vient des proches de Jésus.
Un autre israélite, franc de collier, avait dit quelques temps auparavant :
‘que peut-il sortir de bon de Nazareth ?’
Seulement les deux questions n’émanaient pas d’une même disposition de cœur.
Nathanaël sous son figuier et son air de fierté attendait. Il attendait quelqu’un qui puisse motiver son désir. Il attendait un motif de conversion valable.
Nathanaël voulait mettre en route son cœur insatisfait.
Et croisant le regard de Jésus, il se lève… pour la vie entière.
Les habitants de Nazareth, familiers de Jésus attendent. Mais ils attendent un avantage.
Nathanaël attendait de se donner.
Les Nazaréens attendaient qu’on leur donne… un miracle, une guérison, ou un petit spectacle exorciste.
De cette constatation, deux applications pratiques en ressortent.
La première concerne la foi.
La seconde vise à notre capacité d’avancer.
Qu’est-ce que nous attendons ? … en venant, par exemple, dans cette église ?
Un mieux de vie ? un sentiment réconfortant ? Une remise en santé après le stress de la semaine ? Comme on ferait du vélo…
En fait, c’est ce qu’attendaient les frères de Jésus, à Nazareth. Un petit plus.
Et leur regard ne s’est pas ouvert sur la personne même de Jésus.
Il est vrai qu’il y a un phénomène d’accoutumance quand on vit proche de quelqu’un.
Les habitudes effacent les reliefs profonds.
Mais, en fin de compte, que veut Jésus ? :
Simplement qu’on le considère en termes d’amitié.
Qu’on le regarde avec sympathie ou qu’on admette qu’il nous regarde avec une divine sympathie.
Il n’y avait pas sympathie à Nazareth dans la synagogue. Il y avait peut-être questionnement, curiosité, étonnement.
A la limite de la bienveillance au départ. Mais pas amour de Jésus.
Pas d’amour de cette lumière formidable qui constituait la personnalité de Jésus.
Or Jésus est venu pour une révélation.
Pas pour fournir un produit fini. Alors même que ce produit consisterait en des dons merveilleux.
Le message de Jésus, c’est Lui-même.
Nazareth a été le lieu qui a été le plus favorisé de la Présence de Jésus.
Comment Jésus rajouterait-il quelque chose à sa présence d’une trentaine d’années, à la synagogue, dans les rues de Nazareth. Sur les toits aussi – à réparer les charpentes ?
Il n’y a pas de lieu où Jésus a davantage marché, parlé, souri, été témoin de la lumière divine qui l’habitait. Dieu a aimé, préfère Nazareth entre toutes.
Ses proches ont eu le plus beau de son existence : sa vie cachée…
Vie cachée pour le reste du monde, mais lumineuse de sa divinité, de sa grâce et de celle de l’exceptionnelle Vierge Marie et de l’exceptionel Joseph.
Si personne ne l’a remarqué, ni reçu, ni perçu dans sa beauté (d’ailleurs je ne le crois pas . Il y a eu de belles âmes qui se régalaient à croiser Marie dans la rue, à rendre visite à Joseph. Il y avait tant de paix près d’eux. Mais ceux qui n’ont rien vu, trop grossiers de charpente ou dispersés dans leurs problèmes, ceux-là, comme par hasard dressent l’oreille quand il commence à faire des miracles).
… en tous cas, si ceux-là ne l’ont pas perçu pendant 30 ans, ils n’auront pas la capacité davantage de le percevoir en son essentiel par la suite.
Ce seront les mêmes qui tenteront de passer à travers la foule un jour, en voulant le rabaisser. Ceux qui diront : ‘il a perdu la tête’ ou quelqu’autre calomnie.
Donc première application pratique : Jésus est à reconnaître comme Celui qui comble notre cœur, par Lui-même. Jésus tu me suffis.
Pas besoin d’autre merveille adjacente… Jésus sans miracle.
Certains saints, comme Charles de Foucauld, mais aussi toute la cohorte de saints inconnus, de saints moines et religieuses, de saintes mères de famille ( des pères aussi ), dont la foi a grandi très haut, sans visibilité dans le commun des jours étreignent Jésus en son cœur caché.
Et ce sont les plus véritables saintetés appuyées sur la fidélité commune.
La Présence de Jésus sans miracle, sans visibilité extraordinaire, ne trompe pas.
Le summum de la sainteté des saints.
Là nous trouvons les géants de la grâce et les intimes de Jésus.

Deuxième application pratique de cet Évangile :
C’est que dans la vie spirituelle, il est impossible de rester sur la route de la grâce et du Saint-Esprit sans évoluer.
‘C’est le fils de Joseph…’ et on en reste là.
Ils n’imaginent pas que la réalité a de multiples épaisseurs.
Et que le fils du charpentier n’est pas que cela.
Là se trouve l’invitation pratique : Être capable de changer de point de vue.
En bref : convertir notre jugement.
Une personne qui vit sur un curriculum vitae inchangé depuis des années ne peut pas être réceptive à la grâce de Dieu, qui est essentiellement de la nouvelle vie, à chaque seconde qui s’écoule. Et il lui sera impossible de vivre le pardon, puisque le pardon réclame un regard neuf.
Un chrétien est un créateur, un réacteur, attentif au frémissement de la voix de Dieu, toujours neuve et surprenante.
‘C’est le fils de Joseph, le charpentier.. ;’ prototype du regard en arrière qui fige.
Regard contraire à notre mouvement de foi, puisque notre foi porte de l’Espérance à plein poumons. Droit dans l’avenir.
Un chrétien vit dans une vie chargée de projets. Parce qu’il espère, il voit le monde en marche qui se renouvelle.
Il sait que son frère d’hier est susceptible d’avoir changé, que le frère d’aujourd’hui sera meilleur demain. Et que le même frère a des profondeurs de cœur toujours plus profondes que ce qu’il soupçonne.
Nous sommes dans une dynamique de Providence et de grâce.
Et notre regard personnel ne sera pas le même demain.
Quel est le danger d’un regard figé. D’un jugement qui n’évolue pas ? Tout simplement de fermer les portes. Sinon de les claquer.
Et de repousser l’éventuelle nouveauté de la Présence de Dieu.
Car la présence de Dieu est toujours nouvelle.
Danger de la repousser jusqu’à la falaise toute proche. Autrement dit de ne plus vouloir en entendre parler.
Combien de vies spirituelles sont bloquées ainsi sur un obstacle.
La relation avec Dieu s’est arrêtée un jour.
Réflexe de la personne figée : fuir l’évidence du changement et rejeter l’ombre même de ce qui l’inviterait à changer de point de vue.
En ce cas là, Dieu n’insiste pas. Il passe au travers, discret, parce qu’Il ne peut répandre la paix que dans un cœur qui désire changer, aller de l’avant, se remettre en question.

Alors vous voyez, frères et sœurs, à quoi nous invite la messe du dimanche :
A tendre notre cœur, à l’ouvrir avant tout à la seule Présence de Jésus.
Et si nous ne visons que cela, peut-être les miracles et les guérisons apparaîtront.
Et puis cette messe nous invite à nous mettre en mode créatif, en mode conversion, de toute façon en mode dynamique.
Nous venons à chaque messe nous mettre en position de surprise intérieure pour changer nos points de vue…
Non pas pour rejeter, mais pour découvrir l’abondance de richesses et de nouveautés divines aujourd’hui, dans la réalité d’hier.
La prière de l’homme de foi, c’est : ‘Seigneur aide-moi à faire, (dans la nuit, bien sûr…) le pas de ce jour nouveau et lumineux d’une nouvelle lumière de grâce.’

 

HOMELIE 5° DIMANCHE ORDINAIRE C

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Mettez-vous, frères et sœurs, à la place de Simon-Pierre.
Il a ramé toute la nuit, pour un résultat très maigre. ‘Sans rien prendre’.
Et Jésus monte dans sa barque.
« Simon, on va retravailler la même copie. Va plus au large… »
Simon râle, c’est normal.
Une nuit pour rien… ce qui n’empêche pas qu’il a fallu laver les filets, les nettoyer des algues, de la glu laissée par les poissons, de petits bouts de bois, des impuretés.
Pour quasi rien, aucun bénéfice. Ça fait partie du jeu, du pêcheur. Il y a des jours sans…
Et voilà que, d’un coup, il fait une récolte de trois jours de pêche.
Ça frétille de partout.
Quelle serait la réaction d’un bon pêcheur classique ?
Ce serait évidemment de dire : « Seigneur, reste avec nous !! On va se faire de bonnes pêches à ce régime ! Tu restes. Tu nous dis où jeter les filets. On travaille un jour sur trois. Ça suffira… »
Or, réaction de Simon (qui va bientôt devenir Pierre) :
‘Après un moment de frayeur’, entendez bien… il pousse sa barque près du rivage et… laissant tout !… Il suit Jésus !! Tous, ils partent !!
C’est incroyable comme réaction !…
Ces pionniers de L’Église de Jésus, ils se désintéressent complètement de la récolte. Ils laissent tomber la réussite, les fruits, et le matériel dont ils s’occupaient avec soin une heure auparavant…
Incroyable… presque absurde…
Pour cela, il est absolument nécessaire qu’une lumière inattendue soit intervenue.
Aucun homme ne lâche une réussite à son apogée pour courir après… après quoi ?
Une promesse, peut-être du rêve… !
Il faut que Simon ait été touché par un phénomène sismique de grande profondeur en lui, pour abandonner ce qui faisait sa vie.
On ne change pas de repères de vie, en dix minutes. Ce n’est pas possible. Même pour un cerveau hors-normes.
C’est presque comme si une grenouille voulait devenir comme un bœuf, en un instant.
Ou comme si l’hiver, en une heure de temps, devenait le printemps, ou même l’été.
Structurellement, ce n’est pas possible d’arracher un pêcheur à son monde de barque et de poissons, sans préavis ni stage de formation.

Bon… d’abord, il faut dire que rien ne pourra avoir autant d’intensité et de rapidité de pouvoir transformant, que le phénomène ‘Jésus’.
Mais je vois une autre explication indispensable.
C’est que Pierre a compris – et il avait compris bien avant cet événement – que sa vie n’est pas constituée par le nombre de poissons qu’il ramène chaque matin.
Et il y a quelque chose qui a soudainement rencontré une attente en lui, bien plus profonde et engageante.
Qu’est ce qui peut se révéler, comme cela, d’un moment à l’autre, et faire s’évanouir ce qui semblait pourtant l’essentiel de notre vie ?
En fait, le cœur de Simon-Pierre a reconnu une correspondance, une coïncidence parfaite avec un autre cœur, le Cœur de Jésus.
Tout pêcheur qu’il était, il avait en lui une avidité, cachée, qui trouvait enfin sa jouissance.
Un peu comme une note de musique qui trouve son accord parfait avec d’autres notes.
Elle aurait pu jouer, cette note, dans des symphonies de plusieurs heures et rester, je dirais, sans éclat particulier. Mais rapprochée de celles qui lui correspondent, elles s’attachent entre elles et découvrent qu’elles étaient faites pour être jouées et unies éternellement entre elles.
Grande leçon pour nous pour notre conception de L’Église.
L’Église qui rame. Pour quoi ?
On pense que c’est pour attraper le plus de poissons. On va dire : ‘le plus grand nombres d’âmes à sauver’.
Et cela va faire notre peine, notre inquiétude. Et selon ces mêmes critères, on va élaborer des plans d’évangélisation.
Ça peut faire parfois notre joie, à la manière d’une pêche miraculeuse.
« Mon église se remplit.. ! » Espoir ! Ou au contraire, les filets ne risquent pas de craquer…
Simon-Pierre nous apprend que de mesurer ainsi la pêche du jour, c’est ne pas avoir encore touché au cœur de Jésus. C’est ne pas avoir compris le cœur de l’Eglise.
C’est d’être un chrétien qui n’a pas encore rencontré Jésus sur son rivage, un beau matin, fatigué d’une nuit d’effort.
Simon Pierre a été emporté et le restera… On ne revient pas de cette expérience.
… Simon Pierre a été emporté, il a goûté à la correspondance d’un cœur d’une amitié qui le transforme. Je dirais, à une attirance quasi amoureuse mais très pure, avec un homme-Dieu : Jésus. Il a perçu profondément qu’avec Lui, il allait s’accomplir.
Vous voulez essayer cette expérience, frères et sœurs ?
Pas difficile : commencez par un acte d’obéissance.
« Seigneur, je vais faire ce que Tu me dis. Alors même que ce que Tu me dis est contraire à ce que je pense. »
Pour Simon, c’était de repartir à la pêche après l’échec de toute une nuit.
Commencez par prêter votre barque à la grâce de Dieu et à la parole de L’Église.
Laissez vous transpercer du constat de votre misère.
Mais pas en se frappant la poitrine en se disant : ‘qu’est-ce que j’ai bien pu faire de mal ? Je ne suis quand même pas si mauvais que ça !’
Bien plutôt en se jetant dans le gouffre de nullité que nous sommes.
Des gens vinrent rendre visite à un Abba du désert, emmenant avec eux un possédé du démon afin qu’il le guérisse. Le vieillard, lorsqu’ils eurent beaucoup insisté, dit au démon : « sors de la créature de Dieu ».
Et le démon dit au vieillard : « je te pose une question : dis-moi qui sont les boucs dans l’Évangile, et qui sont les brebis ? »
Le vieillard répondit : ‘ les boucs, c’est moi ; les brebis Dieu le sait ». Entendant cela le démon se mit à crier : « voici qu’à cause de ton humilité, je m’en vais ».
Et là, aux pieds du Seigneur, nous découvrons que L’Église n’est pas une série de chiffres, mais une rencontre d’amour qui imprime les cœurs de l’empreinte du Cœur de Jésus. L’Église c’est une consonance de désirs, vibrants vers le Christ.
Isaïe, Paul, Pierre, Jean et Jacques.. tous sont passés par là !
Leurs plans se sont évanouis devant l’invasion de la grâce de Dieu, du regard et des paroles de Jésus dans leur être profond.
Et on voit parfaitement cette correspondance trouvée par Paul : « ce que je suis, je le suis par la grâce de Dieu ».
Voilà le lieu pour lui de l’harmonie parfaite.
Et généralement, cette harmonie génère de la frayeur.
Parce que le Cœur de Dieu engloutit le nôtre. Isaïe l’exprime bien.
Eh bien, la différence entre les hommes, entre les femmes, elle situe dans ce moment où les uns vont céder à la rencontre avec Dieu. Ils vont se livrer, en lâchant tout.
Les autres vont se débattre sur la rive emprisonnés par d’innombrables fils ;
… Cette harmonie peut produire une frayeur mais elle produit l’instant d’une vocation, avec tout ce qui s’en suit de choix radicaux.
Car le désir le plus lancinant et le plus autoritaire en nous, qui va laisser tomber des filets pleins, pour une vie plus palpitante, c’est celui de rencontrer la correspondance d’un cœur avec le nôtre.
Celui de Dieu, son Cœur, est le plus offert et le plus adapté pour notre joie.
Et même s’il est le plus disproportionné en intensité, on crie en l’expérimentant :
« Seigneur, avec Toi, je suis prêt à me perdre, parce que, me perdre, c’est tout gagner de moi »
Comme le disait un mystique musulman mort dans la foi au Christ :
« ceux que le Désir tue, Il les ressuscite. » (El Hallaj, cité par Louis Massignon]
Ceux qui ont rencontré le désir qui tue, ils sont perdus, rien ne peut les récupérer.
Ils vont vibrer à l’unisson avec la vie de L’Église, la vie de Jésus, la vie de Dieu, qui deviendra la fécondité de leur vie. C’est cela L’Église.
A ce moment là, on a vraiment les bases d’une mission féconde. « oui, maintenant, dit Isaïe, envoie-moi ».

Un homme de foi, chrétien celui-ci, le disait en d’autres termes.
Il disait : ‘c’est le baiser suprême de la bouche du Père, ce baiser qui tue et vivifie, conduit à tous les anéantissements et en ramène.’ [Père Dehau – en prière avec Marie – p313]

 

 

HOMÉLIE DEUXIÈME DIMANCHE ORDINAIRE

 

 

« Femme, que me veux-tu ? »
Plus littéralement : « Quoi entre toi et moi, femme ? Mon heure n’est pas encore venue ».
Marie est humble, très humble.
C’est à dire que son humilité lui permet de comprendre son Fils et toute chose et tout événement.
Parce que l’humilité est une puissante disposition de perception de la réalité.
Marie est en communion absolument permanente avec son Fils.
Rien ne trouble sa paix. Même dans les contradictions.
Elle a été la mère enfantant son fils.
Elle a été la mère nourrissant son petit, de son lait.
Elle a été la mère protectrice et éducatrice de Jésus enfant puis ado.
Elle est celle qui va marcher sur ses pas, jusqu’à l’instant insoutenable de la Croix.
Mais là, au premier signe de Jésus, à Cana, (au moment où le Messie révèle sa mission), il apparaît une nécessité que Jésus réaffirmera divinement, en justesse et vérité au long des années qui vont suivre.
« Femme », dit-Il à sa mère.
« Qu’en est-il entre moi et toi ? »
« Femme »… Jésus reprendra ce mot à la Croix.
Désormais, la nature des choses, la nature de sa mission, appellent la relation mère-fils à un détachement affectif où la mère redevient – devient pour l’enfant enfin adulte – la femme.
Profonde leçon de psychologie que ce bref échange entre Jésus et Marie.
Elle ‘devient’ pour lui, la femme, la personne adulte avec laquelle il doit désormais vivre une relation adulte et responsable, autrement plus féconde que si la mère reste la maman de son bébé ou même de son enfant.
Jésus signifie par là, que l’évolution de sa relation affective, qui était bien avancée déjà pour lui à 13 ans, a atteint sa maturité.
Comme il est curieux, ou gênant, voire déplacé et malsain, d’observer des relations mère-fils jamais matures.
Où le fils (je dis fils, mais bien sûr ce peut être la fille) reste lié viscéralement à sa mère ou à son père. Tel homme de 40 ans qui redevient le petit de 10 ans quand il revient, au nid familial de ses parents.
Ou même sans revenir au nid, qui entretient avec son épouse la position de l’enfant près de sa mère. Jamais vraiment adulte dans ses décisions, ses réactions, ses réponses ou ses silences, dans ses habitudes aussi.
Et dans l’autre sens… La mère de 70 ans qui appelle son fils, ‘mon petit’, ‘mon enfant’, incapable de le lâcher et de lui permettre de fonder sa famille libre et indépendante.
Incapable de supposer qu’il puisse se faire cuire un œuf tout seul ou penser à mettre son écharpe quand il fait froid.
On fait souvent appel au commandement du décalogue ‘tu honoreras ton père et ta mère ‘ pour justifier ce manque de maturité affective et les prolongations d’une relation fusionnelle.
Marie, humble et comblée de grâce a compris immédiatement.
Marie reste mère mais désormais en une relation d’adulte à adulte, avec son fils de 30 ans.
Respectant sa personnalité qui la dépasse de beaucoup et à l’infini…
Ce qui va lui permettre de devenir ‘Mère de L’Église’ et Mère des générations de chrétiens, nés de L’Église.
Elle prend sa place, la place de celle qui intercède. La place de priante auprès du Fils de Dieu qui n’avait pas besoin d’elle pour se rendre compte du manque de vin, mais qui aime qu’elle porte intérêt à ses frères terriens, à nous.
Ceci est une petite remarque pour pointer le mode affectif qui doit évoluer dans une famille, pour se libérer des crises d’adolescence interminables, jamais vraiment assumées.
Pour éviter ces crises d’adolescence qui restent ‘mal cuites’ pendant 70 ans.

« Femme!… cesse d’être ma mère couveuse. Prend ta mission de femme qui sera autre que le lien élastique d’une affectivité jamais libre. »
Jésus donne à sa mère une autre dimension de vie.
Marie va connaître son Fils en tant que Époux de L’Église.
Et son jugement, se conforme en parfaite harmonie avec le message de son Fils.
Pure, intégralement pure, sans pollution et élevée par la grâce sanctifiante en son âme , en son esprit et par là en son corps et en son affectif à un équilibre je dirais presque ‘vertigineux’ [ pour nous, le vertige. Pas pour elle].
Marie comprend. Son Fils l’éduque et Marie comprend avec une intelligence supérieure.
Ç’aurait été le comble que Marie réplique :
« Oh, mais tu pourrais me parler autrement. Respecte ta mère quand même !
Et puisque tu le prends comme ça, je ne te dirai plus rien ! »
Et se tournant vers Joseph : « Et toi, tu le laisses me parler ainsi ? Dis quelque chose !… »

En fait, je voudrais ouvrir ma réflexion à des horizons plus vastes.
Toujours à partir de la réaction de Marie.
Alors, je reviens au jugement de Marie…
Mais toutes les lectures d’aujourd’hui nous pointent du doigt un accomplissement.
Jérusalem, couronne de perles entre les doigts de Dieu. ‘La Préférée’… mieux, ‘l’Épousée’, qui fait la joie de son Dieu, ça va loin, très loin.
Le même Seigneur, le même Esprit-Saint dans le cœur des fils de L’Église, produit une union intime, permanente, entre le cœur de l’homme et Celui de Dieu.
C’est vraiment la plus belle œuvre sur terre que de trouver un accord de cœur et d’esprit.
C’est ce que les artistes recherchent. Ce que recherche la nature, les loups et les fourmis et les mouvements de astres, avec succès.
Ce que recherchent les époux avec, parfois, moins de succès…
Mais que l’on puisse être en mélodie d’amour avec quelqu’un, avec les battements de son cœur et plus comblant encore, être en position d’épousée avec Dieu.. que le cœur de Dieu soit uni au nôtre, que notre esprit vive de sa lumière, je ne dis pas ¼ d’heure tous les trois mois, mais en prière continuelle… Cela c’est l’ambition de l’homme de foi qui pressent en cela l’apogée de son existence.
Cela veut dire aussi que toute impureté de cœur ou d’esprit, venant s’ajouter aux traumatismes habituels de la vie (que ne connaissaient pas la Vierge Marie) dérèglent nos jugements, nos perceptions internes.
Si vous vivez sur des ambitions réduites, détournées vers vos intérêts, vous ne pouvez pas capter les messages dans leurs sens véritables.
Marie n’aurait pas compris son Fils ainsi, n’aurait pas été aussi uni à Lui si elle avait eu quelques poussières en son esprit.
On peut parler avec des mêmes mots et ne pas coïncider, par pollutions intérieures.
Et quand cette configuration s’introduit, comme une écharde, dans la vie de couple, voyez à quel point le rêve de l’union peut devenir douloureux.
A l’instant où je vous parle, je peux appliquer cela.
Me comprenez-vous ?
Si vous êtes pollué par le dernier jeu vidéo que vous avez pratiqué pendant 3 heures hier, vous ne pouvez pas être adapté à cette messe. Car elle apparaîtra en filigrane derrière les images de votre jeu vidéo.
Si vous êtes pollué par des affaires d’argent pour changer de voiture ou si vous êtes obsédé par une promotion dans votre travail, vous n’entrez pas dans la pureté de compréhension des Noces de Cana.
Si vous êtes blessé dans votre affectif profond, par une séparation, une amertume familiale, une déchirure de votre conscience… Vous ne pouvez pas dire : « tout ce qu’Il vous dira, faites-le ».
Si vous vous étourdissez le cerveau par la télé, par le bruit du monde ou des curiosités mêmes légitimes, comment voulez-vous être en harmonie pour comprendre saint Paul et l’Esprit-Saint ?
Ou si parmi vous certains se polluent l’esprit et le corps par des approches pornographiques, votre jugement est atteint, plombé, votre vision non seulement de votre épouse, de votre époux, mais de votre famille et de toutes réalités sera déformée au profond de vous.
Comme ces reliquats de marées noires qui recouvrent de goudron la beauté des plages nues.
Comment voulez-vous comprendre Isaïe qui nous parle des épousailles de la grâce divine et du cœur de l’homme ?
Vous passerez à côté de la vraie compréhension des choses et des êtres.
Votre jugement ne peut plus atteindre la barre minimale de lucidité, ni votre affectif réagir sur la bonne longueur d’onde, ni vos nerfs ou votre mémoire être en silence réceptif.
Le bruit et le péché nous place dans des mondes de mauvaises réactions, de jugements
mauvais, exacerbés et hyper-susceptibles. De mécanismes obscurs, égoïstes et stériles.
sans que notre intelligence puisse s’en rendre compte.
Nous sommes ficelés tellement loin alors des Noces et de l’intimité lumineuse auquel notre cœur aspire.

Alors je vois deux chemins pour retrouver l’harmonie du jugement et donc désirer d’un désir pur et intense la joie offerte par notre foi.
1 / Le chemin de la prière. Qui change l’eau en vin, sous la lumière puissante de l’Esprit de Jésus.
Avec la prière silencieuse, l’oraison, notre cœur devient attentif au sens des mots et des choses. Il accède à une symbiose et devient capable de conversion, de fécondité.
Pour la Vierge c’était à flots continus qu’elle grandissait en son âme.

Et 2 / deuxième chemin, que n’a pas connu la Vierge Marie :
C’est le sacrement de réconciliation, qui permet des soigner les brûlures, de désinfecter les blessures, d’adoucir les plaies et parfois de détourner les chiens enragés qui tournent autour de nous. De retrouver un regard neuf. Et un affectif adulte.

Prière et réconciliations fréquentes permettent à notre jugement d’être juste, à notre cœur d’être de niveau et d’épouser la joie de Dieu. En direct.
Et nous ouvrent au Sacrement de communion en vérité mais aussi à l’union habituelle avec notre Dieu.
Bref de changer l’eau de notre vie en vin délicieux des Noces, sans que la source s’épuise jamais.