HOMÉLIE SEPTIÈME DIMANCHE DE PAQUES

« que leur unité soit parfaite » et ils serons vraiment des fils de lumière.
Chers frères et sœurs, croyez-vous qu’on puisse dire que nous sommes un ?

Quand on regarde nos façons de vivre, nos façons de réagir, nos façons de regarder le monde et ses événements, nos états de santé ou de maladie, l’histoire de nos expériences, notre façon de parler même. Est-ce qu’on se comprend vraiment ?
Même à l’instant où je vous parle…
Les mots que j’emploie ont-ils le même sens dans nos oreilles ?
Je constate tous les jours combien est grande la distance qui sépare chacune de nos vies, chacun de nos intérets, de nos tempéraments.
Et je tremble quand je pose mes mains sur les mains jointes de deux jeunes mariés en leur disant :
« ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas »
‘Ce que Dieu a uni’, c’est à dire ‘a rendu un’
Car de cette unité on ne mesure que les faiblesses, les divergences, la fragilité des sensibilités et des cœurs aussi.
Tout de Babel plutôt, que notre monde !
Et le démon court avec une frénésie facile entre les uns et les autres pour simplement créer des quiproquos supplémentaires. Tellement facile…
Je vois deux réactions face à ce constat d’incompréhension, depuis la Création du monde.
La première réaction face à l’unité impossible, c’est celle de désespérance, celle que choisit souvent le monde.
‘Puisque je ne trouve pas l’unité parfaite ni en moi ni avec les autres, alors je détruis.
‘On ne sera jamais unis, alors on casse tout.’ La réaction même de Picasso qui a joué toute sa vie à casser. « Tout acte de création est d’abord un acte de destruction » dit-il.
Et pourtant, regardez des toiles de Picasso et vous êtes fasciné par l’unité qu’il travaille à casser.
Ce n’est pas la solution proposée par Jésus.

– D’autres ( deuxième réaction) rament pour construire une unité idéale ou du moins un rapprochement. Au minimum, un semblant, une illusion d’unité.
Ce peut être par la soumission de l’autre.
Car si tu es soumis, au moins tu ne me contredis pas. Tu es en accord avec moi.
Mais tu es mort. L’unité du chat et de la souris… qui n’est pas rare.
‘Tu te tais, ça signifie que tu es à l’unisson avec moi’.
– Et puis il y a l’unité de compassion… de fausse compassion j’entends, la plus fréquente.
Celle qui semble se mettre à la place de l’autre ( ce qui est déjà une erreur), mais qui en fait mets l’autre sous notre aile et l’empêche de bouger.
On rejoint l’autre dans son état de souffrance, mais on le préfère même comme cela.
Rapport ambiguë à la souffrance sous le signe d’une unité de compassion, d’assistanat ou de protection.
Mais en fin de compte on est bien content qu’il existe des pauvres.
– Et puis il y a les efforts d’unité superficielle.
‘Parce que tu as le même intérêt que le mien, nous sommes fait l’un pour l’autre.’
La communion se fait par l’argent, le plaisir, le confort ou le pouvoir, par la beauté esthétique ou par telle similitude de tempérament ou de métier, ça tourne court et à la frustration en moins de 10 ans.
Parce que l’homme désire de toute son âme, de tout son esprit, de tout son cœur, l’unité qui va le faire grandir. Et son âme reste sur sa faim.
– Il y a aussi les efforts d’unité par le dialogue.
Conception qui préconise le partage et le dialogue pour construire le rapprochement et l’entente idéale.
Sans se rendre compte qu’un dialogue qui a pour but le dialogue est un canard sans tête.
C’est confondre les moyens d’avec la fin. Et ne pas décoller des moyens.
De là est né ce phénomène récent de l’œcuménisme de surface.
Si nous restons dans la même barque pendant une heure alors nous sommes unis… en couvant la même erreur mais qu’importe !
On se congratule de paroles d’unité et on fait mentir Jésus.
Pourquoi ?
Parce que reconnaître les chrétiens à leur unité parfaite, ça veut dire – et j’aimerais tant le faire comprendre aux jeunes amoureux – que l’unité n’est accessible en vérité que si elle regarde un même horizon et qu’elle émane d’une même foi.
Une même foi et la seule foi. Qui appelle à grandir.
Nous le savons par grâce divine, nous, qui venons à la messe, la seule foi qui fonde est celle de Jésus-Christ Sauveur.
« Je leur ai révélé ton Nom et le leur révélerai pour que l’amour dont Tu m’as aimé soit en eux et moi en eux. »
Si nous négligeons cette condition d’unité, nous laissons le passage au démon et nous faisons du cinéma.
Oui, nous sommes peut-être tous à des années lumière de ressemblance entre nous.
Mais… la foi part d’au-delà des années lumières.
La foi, l’unique foi de notre Credo révélé, offert dans toute sa pureté par L’Église catholique, c’est cette foi tendue vers le Ciel qui fait descendre des sommets éternels la véritable unité des cœurs.
Sans s’imposer, par une discrète mais puissante inspiration qui nourrit, élève et unit même les opposés.
On se retrouve unis, mais si profondément, aux sources de l’âme, qu’on se reconnaît l’un dans l’autre, mais on peut à peine se le dire.
On se rend compte que nos cœurs battent au même rythme, mais on ne sait pas comment cela se fait. Et ça nous réjouit parce que c’est le but de notre vie de goûter à cette mystérieuse harmonie entre deux personnes.

Oui, aussi boiteux que nous sommes tous dans cette église, nous nous laissons effleurer par une unité que rend parfaite la communion à un seul Corps.
Certains ne peuvent communier, mais ils se laissent effleurer par l’unité d’un même désir de la Gloire de Dieu.
Désir inachevé, mais beau par sa retenue volontaire.

Dans un champ de coquelicots, mêlés aux pâquerettes, au blé en herbe, il y a d’autres fleurs et même quelques champignons cachés sous les feuillages qui ne voient pas les rayons directs de la lumière. Et ce champs trouve son unité de vie par le même soleil.
Quelques plantes ne sont pas exposées directement aux rayons du Soleil, mais elles vivent de la lumière du jour cependant, à l’ombre des feuillages.

L’inspiration de la foi au-delà des normes, oriente notre amour, tous nos amours.
C’est l’amour qui est le chemin de l’union.
C’est l’amour reçu d’une même Source et orienté dans un seul vrai désir, qui crée l’unité.

Vous l’avez compris, frères et sœurs, ça veut dire, que nous ne devons pas nous préoccuper de “construire” l’unité, ni de nous décourager de nos différences profondes.

Parce que notre position, beaucoup plus empreinte de joie, est de simplement vivre d’un même désir de foi.
Et de communier en vérité au Corps du Christ.
… Ou d’approcher la communion mais, dans un désir inachevé de vérité. Ce qui est une belle expression de la foi.

Alors un certain goût d’unité, secret mais efficace, émanera de notre communauté.
Je le perçois d’ailleurs à certains signes discrets.
Ça n’empêche pas les discordances, il y en aura toujours.
Mais la paix du Christ, celle des cœurs est la signature de son oeuvre.

HOMÉLIE DU SIXIÈME DIMANCHE DE PÂQUES

Pourquoi tant d’hostilités ?
Il suffit de proposer une vérité, et les armées de gens indécis se lèvent pour provoquer des affrontements.
Il faut dire que Paul et Barnabé fondaient une Église pour des siècles et des millénaires..
Il se devaient de poser les fondations clairement.
Mais pourquoi tant de remous ?
Parce que l’homme vit sur des peurs, sur des manques d’assurance, des habitudes bonnes ou moins bonnes qu’il a beaucoup de difficultés à remettre en question.
Et un empêcheur de tourner en rond comme saint Paul, ça crée des angoisses.

On m’a demandé, à mon retour du pèlerinage des prêtres: ‘c’était bien ?’
ou encore : ‘qu’est ce qui vous a le plus intéressé ?’
Je peux répondre et ça va rejoindre certainement Paul et ses missions.
Le lendemain de notre arrivée, nous avons d’abord été prier devant la chasse de saint Vincent de Paul.
Puis nous sommes allés au siège des Missions étrangères de Paris.
Les missions étrangères, c’est un Instituts fondé vers 1650, (Louis XIV) avec pour but de d’appeler des vocations des prêtres dans les pays fermés à notre foi.
Un guide laïc, intéressant de culture nous a fait parcourir les salles d’exposition jusqu’à une pièce avec des reliques et une grande pierre horizontale, sorte de mémorial sur laquelle étaient gravés quelques 400 noms.
des hommes et des femmes qui sont morts de mort violente en annonçant la Bonne Nouvelle. Surtout en Asie.
Et ce spectacle nous saisit. M’a saisi.
Notre guide nous explique que l’espérance de vie d’un missionnaire des Missions Étrangères jusqu’au XX° siècle, lui promettait en moyenne de mourir à 35 ans.
Certains, rares passaient au travers des persécutions sévères, mais la partie n’était jamais finie.
Les autres ne devaient pas être obsédés par les tortures qui les attendaient.
Jésus dit :
« C’est la paix, c’est ma paix que je vous donne »…
Mais aussi : « ce n’est pas celle du monde, et le monde vous persécutera… »

Ces deux phrases nous expliquent le chemin du martyr.

Le martyr chrétien ne cherche pas à avancer le moment de sa mort.
Il cherche à vivre de l’Esprit Saint.
Et par là il connaît la paix, la paix du Christ.
L’Esprit Saint stimule ses pieds et ses jambes pour qu’il aille annoncer Jésus ;
Et par là, sa paix déborde sortant du fond de son âme.
Et par là, il veut plonger dans une paix plus profonde encore ;
Et par là enfin, il possède le Don de force, le Don de conseil, de piété, et les autres Dons du Saint-Esprit qui le transforment en témoin de paix.
Un tel homme ne peut pas retourner en arrière, tellement il goûte à l’action de Dieu en lui.
La charité le brûle, l’amour de faire connaître aux indigènes la lumière de Jésus qui accomplit tout.
Les missionnaires des Missions étrangères de Paris ne sont cependant pas des excités, et ils ne visent pas à augmenter les statistiques mais à être témoin.
Lumière mais lumière cachée car ils se savent comme des brebis parmi les loups et au moindre problème ils leur restera à s’offrir jusqu’à la mort.
400 martyrs en 3 siècles. De ceux seulement dont on a retenu les noms.

Et je suis reparti avec une question :
« mais pourquoi sommes nous si tièdes ? Pourquoi suis-je si tiède ?
Pourquoi notre joie ne déborde-t-elle pas ?
Pourquoi notre message n’est-il pas compris ?
Il y a deux réponses conjointes :
D’abord peut-être parce que notre milieu environnant est bruyant. Nous sommes noyés dans le bruit.
Mais aussi, à n’en pas douter, l’intensité des Dons du Saint-Esprit n’atteint pas son plein régime en notre cœur.

Or ce qui fait un chrétien, une chrétienne, ce sont les Dons du Saint-Esprit.
Ils sont donnés en graine à notre baptême.
Et doivent prendre leur place plus on devient adulte dans la foi.

Nous avons un monde à sauver. Ou plutôt nous devons entrer dans un Salut, un Salut que nous a tracé Jésus.
Nous avons des frères à rejoindre, et nous avons tant de peine à nous lever.
Notre cœur se cache en ses peurs et ses blocages.
On bouge si peu !… on rayonne si faiblement !…
On ne montre pas l’unité qui est un des fruits de la Présence de Dieu dans nos vies.

Ne cherchons pas plus loin, il nous manque notre dose de Dons du Saint-Esprit.

Nous parlons peut-être le langage des chrétiens. Mais avons nous le souffle ?
Sinon, nous sommes des chrétiens aux roues mal gonflées.
Et comme par hasard nos problèmes prennent des proportions démesurées, parce qu’ils ne trouvent pas de fondations de paix dans nos cœurs.
Je regardais la pierre gravée des noms de nos martyrs ( Un certain nombre d’origine asiatique. Des convertis sur place)
Et je me disais, « de ces gens qui ont porté cette gangue, ces objets de torture, je ne désire pas spécialement leur sort violent, mais je désire une part de la douceur de Dieu qu’ils ont goûtée. »
Si nous ne parlons pas de notre foi, si nous ne produisons pas des signes de paix
frères et sœurs, c’est que l’Esprit de notre religion, de notre foi, a besoin de reprendre l’entraînement. Nous ne sommes pas fondés sur la douceur de la proximité de Dieu.
Cette douceur que nous trouvons à genoux devant le grand Silencieux.
Nous devons expérimenter avant tout la sincérité dans notre foi, dans la Présence divine agissante dans nos choix, nos paroles, aux sources de notre psychologie et de notre histoire.
Je dis ‘aux sources’… et c’est là que je rejoins le début de cette homélie.
‘Aux sources…’ Car quand on s’intéresse ‘aux sources’ divines, alors réjouissons-nous, car le combat est proche.
C’est le combat de L’Église, source de paix et source de contradiction.

Il y a un deuxième message qui m’a beaucoup réjoui, pendant ce pèlerinage.
C’est celui des adorateurs de la basilique du sacré Cœur de Montmartre.
Depuis plus d’un siècle, l’adoration est permanente en ce lieu.
Depuis plus d’un siècle, des chrétiens attirent les grâces divines sur le monde à partir de ce lieu. Jour et nuit.
Quel beau témoignage, grandiose : 15000 adorateurs par an, juste pour les nuits de silence devant la Présence de Jésus au très Saint Sacrement. Cela est une œuvre de génie, une œuvre d’art mais plus encore une œuvre de salut, rédemptrice.
Quand Jésus nous a dit : ‘Vous pourrez faire de plus grandes œuvres que je n’ai faites. » Voilà ces grandes œuvres.

Nous ne sommes pas 15000 dans notre village, mais nous pouvons augmenter cete recherche aux sources du salut devant le tabernacle de nos églises.
Inconnus, discrets mais nos noms gravés sur le cœur de Dieu.
Car si saint Paul était aux origines de L’Église, nous ne le sommes pas moins.
Pas moins que nos frères martyrs du 17° ou 19° siècle.
Et c’est ce qui fait notre vérité, la vérité de notre foi.
Revenir inlassablement à la Source avec des ébranlements de nos âmes, des persécutions pour notre temps, et la vie éternelle en nos cœurs.

HOMÉLIE DU QUATRIÈME DIMANCHE DE PÂQUES

Si l’on suit la Bresque, la rivière, depuis Sillans, jusqu’à Carcès, on peut le faire en voiture
et nous avons des panoramas variés.
Depuis la cascade on s’arrête à des endroits calmes où l’on peut se baigner, et des
passages plus étroits et en sous-bois après Entrecasteaux.
On peut faire ainsi une sorte de reportage avec des instantanés.
Mais il y a une autre façon de la découvrir. C’est de la suivre à pied sur tout son long.
De s’en faire une amie avec son eau qui se faufile, qui clapote, gazouille. Et on se fraye son
chemin dans les creux.
On voit cette rivière non plus comme des images successives, mais selon son unité.
On apprend sa vie qui tient de sa source et se poursuit au long de son cours. Son
tempérament et ses petits secrets.
C’est ainsi que je parcourais la campagne de mon pays quand j’avais 15 ans. L’Église n’est pas la Bresque, mais elle peut être vue avec les mêmes points de vue.
Soit par instantanés, glorieux ou mauvais, soit par une communion.
Or, Jésus nous invite à une communion d’unité, à une approche familière et d’amitié entre
nous.
Quand nous parcourions, il y a quelques jours les routes de Galilée et de Palestine, ou les
places où le Christ a marché physiquement, je me disais : « nous cherchons quoi au fait ? »
Nous cherchions à fortifier la réalité de notre foi et nous découvrions l’unité de L’Église
et de notre Église paroissiale, en rejoignant la source d’eau vive, dans l’Histoire.
La même rivière, la même Église, le même Esprit vécu – vécu aujourd’hui – pendant cette
messe, il y a 8 jours pour le mariage de Lionel et Isabelle, le baptême dans le Jourdain ou
la première communion d’Éloïse.
La même vie à laquelle nous communions et qui se laisse toucher sur la plage de
Capharnaüm, dans le bruit des souks de Jérusalem ou les dunes du désert de Jéricho, sur
le Mont des oliviers.
La raison de notre voyage, ce ne sont pas des impressions de paysage ou des photos ou des
émotions des rencontres.
C’est le désir de ressentir les racines dont nous vivons chaque jour au profond de notre
cœur et qui passent par des paysages, des émotions, des fatigues et des bruits de rue.
Et… un esprit de communion de groupe.
Je dirais : plus notre pèlerinage a été vécu en esprit d’Église, plus il a rejoint ce flot de vie
qui habitait le Cœur du Christ dans la poussière bruyante des rues de Jérusalem.
Une brebis est vraiment en vie et peut le rester si elle connaît un pasteur, son pasteur.
C’est ce niveau de relation que préconise Jésus. La communion au bon Pasteur.
C’est quand on vise cette communion de part et d’autre, du pasteur et du fidèle, que la vie
d’Église prend sa forme et son vrai nom ; Et trouve sa source.
C’est ce niveau de vie qu’il importe d’atteindre.
La communion entre nous et entre le Bon Pasteur et nous.
C’est curieux d’ailleurs la façon dont l’Apocalypse présente ce Bon Pasteur, au Ciel.
Le Bon pasteur, que nous aurons, même au Ciel, il est Agneau.
Le Berger est un agneau !
Comme elle est belle cette inversion ! Être bon pasteur en étant un petit mouton…
Je dois dire, frères et sœurs, que, dans la pratique, ce n’est pas évident de marier le
caractère du pasteur avec celui de l’agneau. Et pourtant, c’est une perfection.
On pourrait croire que le Pasteur doit avoir des réserves de lion en lui pour dompter
l’environnement rebelle.
Or, quand un agneau est reconnu comme pasteur par les brebis, c’est que réellement ce
pasteur vit sa mission par le cœur.
Et ne vit plus que par le cœur, inondé des dons du Saint-Esprit.
Les brebis doivent avoir aussi sur leur pasteur, un regard purifié, traversé de la lumière
de l’Esprit Saint, infusé dans des temps de Présence à Dieu..
Ce peut être des petites prières lancées vers le Ciel maladroitement peut-être mais
fréquemment.
Qui vont leur faire découvrir le cœur de leur pasteur.
‘Le Père et moi nous sommes un’.
Ce ‘Un’, qui est-il ? C’est le ‘Un’ de l’Esprit saint, Esprit d’unité et d’amour, que nous,
nous vivons dans les difficultés et les contradictions.
Saint Paul nous en donne une illustration :
C’est étonnant quand même ce contraste entre l’Évangile qui se termine par « le Père et
Moi nous sommes un ». C’est une phrase mystique qui évoque le Ciel.
Et de l’autre côté, cette agitation autour de Paul et Barnabé, contrariés par les juifs qui
sèment le trouble.
Nous l’avons vécu ainsi, je crois la semaine dernière… cette approche de notre religion
incarnée dans l’humain compliqué et tourmenté
Une rivière coule parfois avec tumulte, parfois avec un cours d’eau reposant… Mais il n’y a
pas de mal en elle. Dans l’humain, si.
Comment trouver l’unité que réclament nos cœurs dans notre monde brisé par la division ?
Tout d’abord en accompagnant le réalité, pas en la jugeant de loin. Et puis l’Apocalypse
nous dit : ‘en vivant de la source’ Mais cette source, dans la vie spirituelle, elle ne se
trouve pas dans un petit glouglou qui sort entre deux rochers.
Cette source, c’est l’océan de la paix de Dieu qui se répand dans nos désirs.
Saints Paul et Barnabé nous le montrent bien :
« Vous nous rejetez, disent-ils à leurs frères juifs, vous nous injuriez, mais le flot très
doux, de la grâce divine, passe. Vous n’avez pas de prise sur lui. On secoue votre poussière
de nos pieds et la joie de l’Esprit-Saint emplit nos cœurs. » Et les unit.
L’amour du Christ passe tous les barrages de cette pauvre terre, cet amoncellement de
ruines et de batailles et de malheurs, d’Histoire ratée ou rasée par le temps.
Et il permet cette unité lumineuse de L’Église catholique qui reçoit sa source de l’océan de
Dieu.