HOMELIE 1er Janvier SAINTE MARIE MERE DE DIEU

« que Dieu nous prenne en grâce et nous bénisse. que son visage s’illumine pour nous »
« que Dieu nous bénisse…»

Ce verbe ‘bénir’ est comme du miel pour n’importe quel homme, même celui qui ne croit pas en Dieu ( enfin, … ne croit pas au Verbe fait chair, à Jésus-Christ illuminateur de notre vie)
Bénir, c’est l’un de ces mots qui est riche. Tout petit, mais très riche.
Parce qu’il nous dit qu’il y a quelque chose qui nous échappe, qui est tout au fond de nous-même, et sur lequel nous n’avons pas, ou très peu, de prise, et que cette profondeur de nous-même elle est aimable à Dieu.
Et ça, ça nous remplit de joie et d’aise.
Parce que Dieu m’aime : je suis aimable.
Dieu m’a choisi.
Presque ‘ je n’y peux rien’.
Dieu a mis en moi quelque chose qui ne dépend pas de moi et dont je n’arriverai jamais à me défaire :
C’est que je suis aimable !
Certains ne sont peut-être pas tout à fait d’accord … alors je peux le dire autrement…
Il y a une chose que vous n’arriverez jamais à vous défaire : c’est que vous êtes aimable, vous mon frère, vous ma sœur.
Aussi forban, pécheur, nul, et malgré mes efforts à faire tout rater, je ne peux pas enlever cette part de moi-même qui appelle l’amour et qui donne l’amour.
Je ne suis pas libre de ne pas être aimable.
C’est terrible, mais le grand pécheur qui fait tout pour être infect à l’humanité, à lui-même et à ses frères, il n’arrivera jamais à ne pas être aimable tout a fait.
Même Adam, piteux derrière son arbre, Dieu blessé en son cœur le poursuit quand même :
‘ où es-tu Adam ?’
‘Adam, je t’aime quand-même…’

Parce que Dieu nous a béni de sa grâce d’immensité.
Je suis aimable parce que Dieu est présent en moi. il me communique la vie, la capacité de parler en ce moment, de vous regarder, de voir la lumière, de ressentir, d’aimer et d’essayer de comprendre quelques petites choses de ce grand mystère de la Création.
Et à moi et à vous, et aux bons et aux mauvais, Dieu fait se lever le soleil et pleuvoir sur les bons et sur les mauvais.
Il y a une sorte de bénédiction générale de la naissance à notre existence.
Tout le monde le vit.
Mais tout le monde n’y répond pas.
Il y a une seconde bénédiction c’est la présence par grâce qui réveille, si j’ose dire, le plaisir de Dieu.
Dieu m’aime parce que je le désire.
Parce que je réponds à son appel.
Oh ! très largement…
Je veux dire que le simple baptême suffit pour que Dieu soit proche de mon coeur.
Il suffit simplement que je ne fasse pas de péché mortel pour que Dieu ne se mette pas dans l’oubli.
Mais cette présence elle est cachée. Je ne peux pas la percevoir. C’est déjà la foi qui me le dit. je ne peux pas la mesurer.
« Si je suis en état de grâce, que Dieu m’y garde », disait sainte Jeanne d’Arc, « si je n’y suis pas, que Dieu m’y mette ».
Réponse sublime dans sa simplicité, à l’évêque Cochon qui l’interrogeait.

Mais cela ne me suffit pas.
Je veux répondre à Dieu de toute mon âme, de tout mon esprit, de toute ma force.
Parce que Dieu m’a donné mon âme mon esprit et ma force, il me les a donnés pour une réponse d’amour.
Et je veux qu’il soit présent pour agir spirituellement et pour se réjouir dans un dialogue d’amour.
Dieu communique sa grâce dans les âmes ferventes pour que cette grâce soit active, lumineuse, et qu’elle établisse la joie profonde de notre âme.
Et là il n’y a plus de plafond.
Le jeu de la grâce ne se repose pas qu’il n’y ait une intercommunication d’amour;
Une expérience qui d’abord purifie, élève mes actes,
Dieu regarde son amoureux, son amoureuse, et il lui fait goûter la douceur et la puissance de son cœur.
Il lui fait goûter la bénédiction.
Mais ça ne suffit pas.
Cette bénédiction devient transformante.
Cette bénédiction non seulement touche mes actes, leur donne une qualité surnaturelle, au-delà de ma nature, mais elle s’enracine pour transformer mon âme et pour l’identifier à Dieu.
Et là c’est la merveille.
L’âme se voit en Dieu et elle voit Dieu qui se voit en elle.
Par une expérience ineffable, c’est à dire qu’elle ne peut pas le dire.
Et pourtant Dieu élève à une égalité d’amour le cœur de celui qui s’unit à lui.
C’est à proprement parler ce que l’on appelle la contemplation.
Non seulement l’âme agit selon ce que Dieu veut, mais elle a radicalement sa vie en Dieu.
C’est une présence ou une bénédiction transformante.
C’est un coeur à cœur dont Dieu a l’initiative.
Tout est changé par cette bénédiction.
Notre regard, nos actes, notre façon de percevoir et d’intégrer les réalités naturelles et surnaturelles, tout cela devient une communion dans la lumière, d’abord du Créateur, mais ensuite de Celui qui est venu apporter la réparation de notre nature blessée.
Et ensuite de Celui qui est venu apporter l’illumination. Le Saint Esprit.
La plus belle bénédiction c’est lorsque il n’y a plus qu’illumination.
La Vierge Marie a vécu tout les degrés de la présence de Dieu dès le premier instant et dans sa plus forte intensité et dans sa plus profonde profondeur.

Nous ne saurons jamais quelle est notre bénédiction, le degré de notre bénédiction.
Peut-être au Ciel, mais à ce moment-là nous ne nous en préoccuperons plus.
On peut simplement savoir qu’il y a des ‘plus bénis’ que d’autres.
Simplement parce que Dieu les a désignés nommément.
Les patriarches, Abraham, Moïse, Josué, quelques amis de Dieu, et les prophètes.
Dieu leur a dit ‘tu es mon béni.’
Comme il aurait dit ‘ tu es mon chéri.’
Tout ceux là sont entrés dans l’union mystique pour vivre de la sagesse, de l’intelligence, de la piété, de la force et de la douceur de Dieu.
Mais il y en a une à qui Dieu a dit davantage , ‘ tu es ma chérie ‘
Tu es bénie entre toutes les femmes.
… Entre toutes les femmes.
Et il y en a beaucoup.
Dieu est entré en elle, Dieu a habité de toute sa grâce l’âme de la Vierge Marie.
Et Dieu lui a donné d’être Mère de Dieu.
Mère de Celui qui donne toute bénédiction.
L’amour de Dieu pour Marie l’a élevée jusqu’à son coeur en lui donnant son cœur, en lui donnant son Fils.
Plus on est béni de Dieu, plus on goûte au silence, parce qu’on expérimente la présence silencieuse et permanente de Dieu dans le secret de notre cœur.
La Vierge Marie était femme de silence parce que Dieu savourait d’être dans le cœur de Marie.
Comme tout bébé, Jésus bébé a savouré d’être dans le ventre de Marie.
Mais c’est de lui que venait la bénédiction et il a ouvert la source de la bénédiction pour cette femme qui ne l’a jamais perturbée, ni refusée.