HOMELIE SIXIEME DIMANCHE DE PAQUES

« l’Esprit n’était encore descendu sur aucun d’entre eux :
ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus.
Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains,
et ils reçurent l’Esprit Saint. »

Un oiseau en cage.
Il chante, il vole d’un perchoir à l’autre.
Il mange ses graines.
On peut dire aux enfants :  » regardez ce que c’est qu’un oiseau « 
Et puis vous ouvrez la cage…
Vous suivez cet oiseau allant d’arbres en arbres…
Et il se met au dessus de vous pour chanter dans le feuillage.
En fait, frères et sœurs, j’ai toujours aimé davantage l’oiseau qui chante dans les arbres, plutôt que l’oiseau que je regarde à travers les barreaux.
Il est vrai que dans les arbres, il peut toujours craindre le chat; l’oiseau en cage, il n’a pas a s’en faire souci.
Mais un oiseau en cage, c’est tristesse.
Tout comme un poisson rouge en bocal.
Tout comme un lion en cage.

La sacrement de confirmation ( c’est ce qu’ont donné Pierre et Jean aux samaritains ), le sacrement de confirmation nous libère.
Il ouvre la cage ou la bergerie par l’Esprit Saint.

Le baptême, seul, nous donne l’oiseau mais c’est encore limité.
On a le chant, on a la couleur du chrétien.
On a la lumière.
Mais l’amour, libéré, pas encore.

Pourquoi deux amis, deux camarades, garçon et fille, un jour se disent : on va vivre ensemble. ‘Je te demande ta main… et ton cœur…’ ?
L’amour donné, toute ma personne, donnée à toi.
Parce que l’amour bascule dans la dimension du don de soi, infini, corps et âme .
Avant le mariage, il y avait les mêmes personnes, les mêmes deux amis; les mêmes capacités d’amour; les mêmes expériences de partage;
Et pourtant, la relation change le jour où il y a promesse de s’engager pour la vie, corps et âme, pour l’autre, avec la grâce de Dieu.
On ne vit plus dans deux cages, à se faire cui-cui, on se retrouve dans les arbres à chanter les louanges de Dieu.
Ça devient grand.

Cela veut dire que, en nous, vis-à-vis de Dieu, notre relation peut avoir l’aspect de l’oiseau en cage. .. (on est chrétien, ‘on a tout fait, même la profession de foi… Mais on n’a pas ouvert la porte de la cage)
Ou bien… Notre relation avec Dieu est folie d’amour et de foi, à la barbe du démon.

L’Esprit Saint nous invite alors à découvrir le feuillage des grands arbres.
Et à faire notre nid pour les fruits de l’amour.
Il y a quelques semaines, un couple de pies, accrochait son nid annuel au plus haut d’un grand arbre, près de la Bresc.
Magnifique d’invention, d’habileté. Elles ont fait cela avec empressement et joie.
Et je me disais : ‘ elles ont l’Esprit Saint’… enfin…. L’esprit saint des pies.
L’Esprit Saint de l’amour d’un homme ou d’une femme, c’est encore mieux que celui d’un couple de pies. normalement…

Dans une paroisse, c’est un souffle créatif, c’est une liberté lumineuse d’obéissance, c’est une délicatesse du cœur et de l’esprit.
C’est la proclamation d’une bonne nouvelle comme un feu que l’on ne peut pas retenir.
C’est l’envoi en mission, par l’Eglise.
Sans proclamation de l’Evangile, comment peut-il y avoir communion, conversion, croissance de la communauté ?

Après… après, la beauté de Dieu peut faire des œuvres encore plus magnifiques.
On va d’abord commencer par là, chers frères et sœurs..
Cela c’est simplement ouvrir la porte de la cage.
Vivre en vérité et en communion.
Ensuite, ensuite… Nous parlerons d’œuvres magnifiques

Au-delà des vocations communes…
il y a les vocations à l’intimité au cœur de Jésus.
Je ne parle pas de piété ici.
Je parle de grâce particulière d’appel à l’amitié à Jésus.
Où l’amour de Dieu emporte le cœur de celui qui répond ‘oui’ jusque dans le nid divin.
Il n’y a plus de mots.
On ne peut pas faire de photos de cette relation intime de celui qui aime Dieu de tout son cœur, de toute son âme.
Alors oui, Jésus vient aimer par une grâce particulière et habiter le cœur de celui qui veut vivre de résurrection, de vie éternelle, d’eau et de sang, celui qui veut poser sa tête contre le cœur de Jésus.
Jésus frappe doucement, parfois un peu plus fort, mais jamais sans forcer et il appelle :
« veux-tu parler d’amitié avec moi ? »
« ne crains pas, c’est moi . »
Mais je n’ai pas à m’étendre là-dessus, parce que cet appel est intime et qu’il s’adresse aux âmes d’ambition qui se reconnaîtront.

Et là aussi c’est une merveille de la Création de Dieu.
Oui, l’Église accueille les pécheurs, ceux-là mêmes qui lui font du mal.
L’Église accueille aussi tous ces petits oiseaux en cage qui sont légions.
Et elle leur fournit le grain.
Ils ne demanderont jamais d’ouvrir la cage de leur cœur.
Mais…. l’Église habite jusqu’au sommets des plus grands arbres des forêts.
L’Église connaît jusqu’au secret du cœur de Jésus, de la Transfiguration à la Croix, de la Résurrection jusqu’à la béatitude, ceux qui ont soif.
Ceux qui tout simplement veulent devenir des saints et des saintes.
Accomplir les promesses de leur baptême…
Jésus n’a pourtant pas dit:
Heureux les cœurs qui posséderont leur cage…
Il a dit :
« heureux les cœurs purs, ils posséderont la terre »…
Cette Église là, chers frères et sœurs, je vous le dis, celle des cœurs purs, elle est magnifique.
Mais on ne la visite pas. On la vit.

HOMELIE CINQIEME DIMANCHE DE PÂQUES

Une des merveilles de la Parole de Dieu, de la Bible, c’est sa façon d’exposer la vérité des événements et des personnes.
Chaque mot, chaque verbe, et indication, porte un message qui nous élève, qui nous appelle a un mystère grand.
Tellement riche
Hé oui… La première Église n’a pas échappée aux murmures, (c’est dit tel quel…) aux rééquilibrages des rôles, elle n’a pas échappée à ce que certains font tout le travail et d’autres restent à l’écart.
Les veuves font tout le travail, c’est généreux, mais ce n’est pas dans la paix.
Quand on regarde les débuts de l’Église, il y avait aussi du n’importe quoi. Et ce n’est pas caché… même des conduites irrespectueuses pendant la messe (Saint Paul dit que certains corinthiens se disputent au moment du repas sacré!
Et même qu’ils ne sont pas tous très frais !
Et pourtant l’Esprit Saint fait son œuvre.
Les œuvres du Christ et de l’Église sont toujours plus grandes.
Vraiment c’est un mystère…
L’homme porte en lui la contradiction, et l’Église demeure lumière.
Et aujourd’hui dans les Actes des Apôtres nous voyons cette contradiction et cette lumière.
Nous sommes au tout début de l’Église et nous assistons à une leçon d’Esprit Saint.
D’abord des querelles de service.
« on en fait trop. et eux ils font rien…! » classique…
Mais la leçon d’Esprit Saint, elle est dans la réponse.
Et la réponse est une leçon d’Eglise et pour les siècles.
Les apôtres décident d’organiser non pas selon l’inspiration de chacun. (cela se termine toujours en conflit. Le détestable : »C’est moi qui …. »)
Mais les services seront organisés en mission.
Et voilà l’esprit de l’Église.
Et l’Esprit Saint.
Chaque chrétien, chaque paroissien est appelé selon une mission qui lui est donnée pour le Christ.
L’esprit du monde n’entre pas dans ce mouvement.
L’esprit du monde c’est : ‘ je fais ma place et c’est moi qui décide. Et tout ce que je décide est inévitablement le meilleur.’
L’esprit de l’Église, c’est qu’il y a une tête, qui est le Christ.
Et que cette tête est représentée par l’Église visible qui est le pape, les évêques et les prêtres.
Le pape qui appelle.
Les évêques qui appellent.
Les prêtres qui appellent.

Comme dit Jésus : « qui a des oreilles pour entendre qu’il entende »
L’Église n’est pas là pour tirer les oreilles pour qu’on entende.
Elle est là pour proférer l’appel.

Que se passe-t-il dans les Actes des Apôtres ?
La décision de l’Esprit Saint s’exprime par les Apôtres justement. C’est à dire par la voix des évêques.
Qui eux-mêmes sont en communion avec le Pape.
Les apôtres en communion avec Pierre.
Les évêques en communion avec le Pape.
Les prêtres en obéissance avec les évêques.
Les fidèles en obéissance avec le prêtre.

La communion est très facile à dessiner.
Mais il faut l’Esprit Saint pour la vivre.

Il n’y a donc pas à s’étonner que dans une paroisse il y ait des paroissiens qui comprennent l’Église et qui sont excellents de communion.
Je remercie chacun de vous, paroissiens excellents, qui vivait en communion avec votre prêtre.
Nous formons l’Église selon l’Esprit Saint éternel.
Et j’essaye d’être en communion et en obéissance avec notre évêque François.
Ainsi l’Église est belle et féconde.
Et j’ai une certaine douceur intérieure à vivre cette communion avec vous parce qu’alors nous sommes en communion avec le Christ et nous sommes dans la vérité.

Et il n’y a donc pas non plus à s’étonner que certains ne comprennent pas l’Esprit de l’Église.
Et agissent dans l’Église avec l’esprit du monde.
Il n’y a donc pas s’étonner des murmures, des refus, des conflits qui divisent nos communautés.
Incompréhension de la grâce de communion que repèrent facilement ceux qui ne mettent pas les pieds à l’église.

Et l’Église, malgré la lourdeur invisible de cette incompréhension, l’Église reste belle et chemin de salut pour ceux qui prient, pour ceux qui veulent se sanctifier, pour ceux qui veulent toujours se convertir et vivre de l’Esprit Saint.
Malgré cela se font des œuvres plus grandes encore que celles que le Christ a réalisées lorsqu’il était physiquement avec ses apôtres.

On pourrait dire qu’il y a une Église pure dans chaque paroisse et il y a une non-Église, une Église factice dans chaque paroisse aussi.
L’Église pure elle est dans le cœur de celui qui écoute l’Esprit Saint et l’Epouse, représentée par ses ministres.
C’est l’Église d’une joie silencieuse et intense…
Et puis il y a une Église qui ne correspond pas à son appel, mais qui se sert de l’Église plutôt qu’elle ne la sert.
Qui n’a pas à sa tête l’Esprit Saint et ne vise pas la communion. Et pourtant pleine de bonne volonté….
C’est inévitable.
Puisque ça existait il y a 2000 ans.
Mais, tirant à ses chevilles ce semblant d’Eglise,
l’Église pure avance et ne cesse de s’embellir dans la communion délicieuse,
Elle n’est pas toujours nombreuse, mais elle est puissante de vérité et elle est délicieuse de communion, d’une onction très douce pour ceux qui la vivent.

HOMELIE QUATRIEME DIMANCHE DE PÂQUES

L’autre jour, j’étais sur la route du Thoronet.
Et il y a en ce moment un grand troupeau de moutons qui paissent tranquillement, comme des moutons, dans les champs sur le bord de la route.
C’est toujours mignon, ce rassemblement de bêtes paisibles.
Sauf que ce n’est pas tout à fait la même scène que nous présente Jésus.
Même actuellement, en Israël, les moutons ne vivent pas selon les mêmes principes que les nôtres.
Les moutons d’Israël sont frères des moutons français, mais ils n’ont pas la même culture.
Je ne sais même pas s’ils se comprendraient si on mettait nos moutons dans un avion et qu’on les fasse atterrir en Israël.
Si on faisait un jumelage de nos gentils moutons avec les gentils moutons des bédouins d’Israël.
Parce que, en fait, presque partout en France, on a déconstruit aussi la culture moutonne.
Nos moutons n’ont pas fait de manifs mais ils n’en pensent pas moins de la révolution culturelle qu’on leur a imposée depuis quelques années.
Alors, quelle différence entre les moutons Israéliens et les moutons français ?
Admettons que les moutons israéliens sont parfois moins gras.
Normal, on les voit davantage au bord du désert dans les régions de Beersheba, ou dans les collines pelées qui mènent de Jérusalem à Jéricho.
Entre Bethléem et Hébron aussi.
Mais là où la terre est meilleure les moutons n’ont pas leur entrée.
On préfère cultiver des arbres ou des légumes en culture intensive.
Les bédouins, et leurs moutons, plantent leurs tentes fait de bric et de brocs dans les cailloux du désert parmi lesquels la plupart du temps de l’année il n’y a que des touffes d’herbes sèches à brouter.
Et pourtant c’est avec ces touffes d’herbes sèches un peu broussailleuses que nos petites bêtes très douces font leur vie et ne se plaignent pas.
Avec ça les brebis font des petits, avec la queue qui branle quand ils tètent le lait de leur maman. Des petits qui tètent, ils sont toujours contents.
Et tout le monde est content, même ceux qui les regardent.
Les Bédouins passent leur journée à regarder leurs moutons, à leurs parler, à bricoler quelques casseroles cabossées, et parfois un revisser quelques boulons pour prolonger la vie de leur voiture.
Alors évidemment du temps de Jésus il n’y avait pas de voiture brinquebalante.
Là aussi il y a eu évolution.
Les Bédouins vont chercher l’eau dans des jerricanes en voiture.
Les bergers du temps de Jésus, comme au temps d’Abraham, connaissaient les points d’eau au milieu de nulle part.

Et nos moutons français ?
Je dois dire qu’ils sont bien gras…
Et que leurs gilets de laine sont confortables au sortir de l’hiver même si l’hiver provençal n’est pas aussi terrible qu’en Israël.
Qu’est-ce que fait un mouton français ?
Il broute.
Qu’est-ce que fait un mouton israélien. il broute.
Qu’est-ce que fait une brebis française. Elle s’engraisse et elle pense à son petit.
Qu’est-ce que fait une brebis israélienne ?
Elle pense à son petit et elle essaye d’apaiser sa faim. Et de lui apprendre à rester près d’elle, ce qui n’est pas toujours facile.
Chaque tige d’herbe à moitié sèche elle la mâche deux fois plus que nos moutons français.
Parce que la brebis israélienne sait qu’il ne faut rien perdre de la divine substance sortie du sol.
Tandis que la brebis française elle sait qu’elle aura toujours du gâteau en abondance, bien vert, bien dodu.
En fait la brebis française, son plus grand souci, c’est de choisir entre une herbe grasse et une herbe encore plus grasse. Si elle trouve du trèfle ou de la luzerne, ça c’est son délice !
Tandis que la brebis israélienne, son souci c’est simplement de trouver de l’herbe.
Vous voyez, frères et sœurs, la philosophie entre moutons n’est pas la même.
Et pourtant…
Et pourtant j’ai remarqué dans le regard du mouton israélien une petite flamme de bonheur que nos moutons français n’ont pas.
On pourrait se dire :
Mais les moutons israéliens sont traumatisés dans leur inconscient collectif.
Les moutons israéliens savent bien que des générations de leurs ancêtres ont servi au sacrifice pour suivre les Lois de Moïse.
Que de brebis parmi leurs ancêtres ont pleuré leur petit agneau d’un an, égorgés en sacrifice pour le Dieu d’Israël !
Pour pardonner les péchés des hommes…
On pourrait se dire : on comprend que les moutons israéliens se méfient du Dieu Tout-Puissant !
Alors que nos moutons français, dans leurs pâturages abondants, ne peuvent que rendre grâce à Dieu des bienfaits du Créateur et ne se méfier que des restaurateurs..
Bien sûr, de temps en temps, l’un ou l’autre sert de rôti sur quelques tables.
Mais quand un mouton français disparaît, c’est vraiment dans la paix. on ne sait pas où il est passé tout simplement.
Tandis que combien de moutons israéliens ont vu les membres de leur famille égorgés devant eux !
Et en plus on ne fournit pas de psychologue pour tous ses frères et sœurs traumatisés.
Donc, le mouton israélien est quand même aguerri à la vie et à la mort.

Vous voyez déjà, la culture française et la culture israélienne ovine n’a pas du tout le même impact psychologique chez le mouton.
L’un et l’autre non pas la même culture gastronomique.
L’un et l’autre n’ont pas le même paysage.
Et enfin l’un et l’autre n’ont pas le même rapport à la religion.
Un mouton israélien sait bien que pendant des milliers d’années ses ancêtres sont devenus sacrés sous le couteau du sacrificateur.
Le mouton français n’a pas de notion du sacré…

Et pourtant… je maintiens que dans le regard du mouton d’Israël se trouve une lumière que je n’ai jamais trouvé dans l’œil d’un mouton français.
Pourquoi ?

Et bien c’est très clair. Je vous donne la clé …
Les moutons de la route départementale 562… ils étaient tout seuls….
Ils faisaient silence au milieu d’un champ entouré d’une clôture électrique.
Tandis que les moutons israéliens ils ne sont pas seuls.
Un mouton israélien a toujours un regard sur son berger qui est là.
Ou plutôt une oreille…
En tout cas, il sait que son berger n’est pas loin même s’il a été chercher de l’eau.
Le mouton israélien même s’il connaît le bruit du 4*4, goûte la plupart du temps au silence du désert.
Et son bruit préféré, et qu’il connaît bien, c’est la voix de son pasteur.
Il n’y a qu’elle qui l’intéresse.
Tandis que le mouton français a perdu son pasteur.
Ah ! il le voit bien une fois par jour… Et encore, parfois, ce n’est pas tous les jours…
Or un mouton qui n’a pas de pasteur c’est un mouton malheureux.
C’est un mouton qui ne se sent pas exister pleinement.
Parce que c’est le pasteur qui rassure et conduit le troupeau.
En tout cas qui lui donne la paix du cœur.
Et voilà la différence, c’est que le mouton français, bien nourri, n’a pas la paix du cœur.
Tandis que le mouton israélien un peu plus maigre, se réjouit de son pasteur qui est avec lui, nuit et jour.
Le Bédouin israélien ne fait pas de grand discours.
Son mouton ne demande pas de grande philosophie.
Il demande simplement d’être rassuré par la voix de son berger. Parfois consolé.
Malgré les tensions des hommes en guerre, malgré le nombre de cailloux plus important que celui des herbes, le mouton d’Israël n’a pas besoin de cardiologue.
Tandis que le mouton français il est toujours inquiet.
Parce qu’il n’a pas son berger H24.

Un chrétien qui ne connaît pas la voix de Jésus et qui n’a pas inscrit en son cœur la voix de son pasteur, est un chrétien inquiet qui se reconnaîtra davantage du côté de nos moutons français actuels que du côté des moutons d’Israël qui ont reconnus leur berger et qui goûtent à la grâce infuse qui libère la confiance du cœur et la joie de l’union à Dieu sur les sommets paisibles.
« Seigneur prend pitié de nous. Fais de nous des moutons israéliens… »

HOMELIE TROISIEME DIMANCHE DE PÂQUES

« Notre cœur n’était-il pas brûlant en nous,
tandis qu’il nous parlait sur la route
et nous ouvrait les Écritures ? »

Il y a deux façons de connaître.
De connaître le monde, les personnes que nous aimons, de nous connaître nous-mêmes.
Je dirais même qu’il y a deux familles d’esprit.
Qui malheureusement ne se comprennent pas bien et ont des grandes difficultés à communier ensemble.

On peut connaître le monde par accumulation.
Première famille…
Et la deuxième famille, c’est celle de l’unité et de la simplification.

Alors je m’explique :
Connaître par accumulation, c’est multiplier les observations, c’est être attentif aux événements, rassembler le plus de connaissances possibles pour faire nos choix, élaborer des projets, résoudre des problèmes.
Ce n’est pas mauvais en soi…
Nous sommes devant un paysage de montagne… et nous rassemblons tous les renseignements qui vont nous permettre de mieux nous situer.
À combien culminent les monts.. ?
Qu’est-ce que l’on cultive sur les pentes exposées au soleil..?
Comment protéger les moutons des attaques des loups.?
Quels sont les chemins de grande randonnée..?
Bref, on analyse tout ça.
Et la nature nous intéresse par les coutumes des écureuils, des sangliers, du renard, et même des toutes petites fourmis infatigables..
Tout ça est très intéressant.
Par là, je vais comprendre l’équilibre et l’harmonie de la Création.
Première famille…

Deuxième famille… la connaissance par l’unité. Vous allez voir, c’est très différent..
Pour connaître je veux entrer en communion.
Je me rappelle les heures que je passais, quand j’étais encore en culotte courte, à observer les jeux des écureuils, la trace des sangliers, à surprendre les perdrix au milieu des champs de blé, bref, à vivre la nature.
Il n’y avait pas Internet, ni les innombrables documentaires qui nous expliquent…
Et sans le connaître encore je me rapprochais de mon frère François d’Assise :
‘frère soleil ! Frère écureuil ! frère renard et frère sanglier… !’ criait-il au milieu de nulle part. Sœur eau, et sœur montagne..!
Et sans le savoir, j’entrais dans la famille qui veut vivre l’existence des choses.
Je comprendrais, plus tard, que c’est la meilleure connaissance de Dieu, la connaissance ‘expérimentale’ de la grâce divine, qui prend le chemin de la communion et nous élève jusqu’à lui.

Mine de rien, la question des pèlerins d’Emmaüs avant que Jésus ne les accompagne ouvre au problème de la connaissance.
Ces deux hommes se posent des questions sur le déroulement des événements qui les ont meurtris.
Et ils ne comprennent plus rien. Leur tête ne suit plus.
Ils ont vu Jésus, ils ont comparé ses faits et gestes, ses miracles, avec leurs espoirs et leurs attentes. Ils voulaient la délivrance d’Israël.
Jusques-là, ils font partie de la première famille.
Ils rassemblent les arguments, ils comparent, ils cherchent le positif et le négatif, ils méditent et ils imaginent ce qui aurait dû se passer et… ils aboutissent à un échec total.
A un gouffre de déception.
Ils n’arrivent pas à faire rentrer dans leur conception ce qui vient de se passer.
Ça les dépasse.

Vient le deuxième temps :
Un homme… réel… qui se met à leurs pas, sur leur route.
Ils prêtent attention à cet homme qui les écoute et qui les laisse parler.
Et ces deux-là se confient.
Mais sa présence déjà change leurs regards. Il va les rejoindre sur un message que ces deux hommes connaissent bien : la Parole de Dieu.
Or la Parole de Dieu est unificatrice.
La Parole de Dieu simplifie.
Pourquoi ?
Parce qu’elle oriente notre esprit et notre cœur vers une unique profondeur, celle du mystère de l’existence de Dieu.
Pas de l’analyse.
Vous voyez, frères et sœurs, la différence de regard.
Les pèlerins d’Emmaüs cherchent une explication selon leurs critères.
Jésus leur propose de se mettre à l’écoute. A l’écoute du cœur de Dieu.
Et pour cela, ils doivent laisser tomber leurs hypothèses et même leurs observations pour admettre que Dieu parle plus loin, plus lumineux; comme un appel qui nous dit :
« viens suis-moi…»
C’est complètement différent de la démarche d’accumulation.
Et cette différence on peut la trouver dans la prière, aussi…
Certains prient par accumulation : des prières, des mots, des idées, des imaginations Et la prière nous ramène à nous-mêmes.
Dieu ne peut pas en placer une, prendre lui-même la parole.
Une prière qui ne lâche pas les paroles et les méditations ne permet pas à Dieu de parler, au cœur.
De parler à notre cœur et d’ouvrir notre âme à la grâce de son amour.
Les paroles et les discours dans la prière doivent rester des préliminaires, et laisser place au cœur à cœur.
Jésus a insisté là-dessus : « ne rabâchez pas comme les pharisiens».
La finalité de la prière doit être un silence d’écoute du mystère divin

Je reviens aux pèlerins d’Emmaüs..
Qu’est-ce que provoquent les mots de Jésus qui expliquent les mots de la Bible ?
C’est très simple, les mots de Jésus rejoignent le désir profond du cœur de ces deux hommes.
Ils l’admettent eux-mêmes :
« nos cœurs n’étaient-ils pas tout brûlants lorsqu’il nous expliquait des Écritures ? »
Jésus a touché leurs cœurs.
Mais ce n’est pas tout.

Ce ne sont plus les événements qui les intéressent et l’histoire des derniers jours;
Ce qui intéresse ces deux pèlerins c’est l’homme qui est avec eux.
« reste avec nous…»
Ils ont changé leur manière de connaître et de voir les choses.
Et c’est bien la démarche de la foi; d’une conversion de foi :
On veut tout expliquer, et puis un jour quelque chose nous dépasse.
Ce quelque chose c’est peut-être simplement notre désir d’une rencontre. D’aimer ou d’être aimé(e).
Et là, on comprend qu’il ne s’agit plus d’expliquer.
Il s’agit d’ouvrir son cœur à une autre existence qui nous reste mystérieuse.
Il y a comme quelque chose qui nous fascine parce que tout se simplifie en nous.
On peut dire qu’il y a conversion à partir de ce moment-là.
Quand on rencontre un appel au mystère et que l’on est comme obligé de se mettre à l’écoute.
Et on commence à faire partie de la deuxième famille.
Celle dont l’esprit se laisse envahir par un mystère d’unité qui est en fait un mystère d’amour et une nouvelle sagesse. Et pour cela je dois faire silence.
Je ne veux pas savoir, je veux être rempli de lumière.
C’est très différent.
Et que se passe-t-il pour les pèlerins d’Emmaüs ?
À ce moment-là, ils accèdent à une connaissance supérieure.
À partir de rien :
D’un bout de pain que Jésus, ressuscité, partage devant eux.
Ils entrent dans la connaissance du sacrement.
Ils entrent dans la connaissance de la grâce divine dont ils ont la source à leur table, en face d’eux : le Verbe de Dieu…
Et ce qu’ils n’arrivaient pas à comprendre en décortiquant les événements des derniers jours, cela leur devient lumineux.

Oui, cet homme Jésus a tout accompli; tout ce que l’homme peut vivre de plus fort et de plus profond, cet homme Jésus lui a donné des dimensions infinies.
Jésus a donné la paix au cœur des hommes, de tous les hommes.
Il a offert la paix par la voix du mystère, du sacrifice, du pardon, de la vie éternelle. De l’union à Dieu; par la grâce de l’amour divin.

Remarquez frères et sœurs, que l’Écriture sainte, les évangiles nous appellent à faire partie de la deuxième famille.
La famille de la connaissance mystique.
De la famille qui se simplifie plutôt qu’elle ne se complique la vie.
Quand les évangélistes écrivent la vie de Jésus ils sont toujours dans une intention de simplification et d’unité.
Ils ne décrivent pas la taille de Jésus, la couleur de ses yeux, sa façon de marcher ou de rire ou de manger des figues.
Parce que tout cela fait partie d’une connaissance d’accumulation qui n’apporte pas la paix au cœur.
C’est la connaissance que nous propose les réseaux, que nous propose l’intelligence artificielle :
Accumulation de connaissances, parfois de visions ou de messages, qui nous donne l’illusion de savoir et qui, par une curiosité légitime, nous éloigne à pas feutrés de l’amour qui peut combler le cœur d’un homme ou d’une femme.

Le chrétien ira toujours à rebours de ce que lui propose le monde.
Mais lorsque, au détour de son chemin, il rencontre le Christ, libérateur des cœurs et non pas d’un pays, alors il entre dans une nouvelle famille.
Et il retourne sur son chemin et là, il dit, il proclame :
Je fais partie d’un mystère dont le cœur est le Christ ressuscité, et je ne veux plus rien savoir que celui qui me comble de joie.
Quand les deux hommes sur le chemin d’Emmaüs reviennent vers les apôtres, ils ont vécu une conversion qu’ils n’avaient pas atteint avant la mort et la Résurrection de Jésus.

Il me vient cette réplique que Shakespeare attribue à Antoine devant le corps de César qui vient d’être assassiné.
Cette réplique s’appliquerait tellement plus à celui qui rencontre le Christ.
Antoine compare César a un cerf, forcé par ses chasseurs…
Voici la réplique :
« Ici, tu tombas, brave cerf aux abois; ici, tes chasseurs t’environnent, blasonnés aux couleurs de ta dépouille, vêtus de rouge vif par ta mort.
Ô cerf, dont la forêt était le monde ! et le cœur, le cœur du monde ! (…) »
Si Antoine avait connu Jésus, il aurait pu dire :
« Ô Christ ! dont le cœur est le cœur du monde !… »
Voilà la connaissance si simple et parfaite, qui suffit…

HOMELIE PREMIER DIMANCHE DE CAREME

Vous voyez, frères et sœurs,
nous avons, avec les quatre textes que nous venons de lire, de ce premier dimanche de Carême, la preuve de l’inspiration divine de l’Écriture sainte.
En aucune autre religion ou texte fondateur vous ne retrouverez le sublime qu’il y a dans ce que nous venons de lire.

Plus encore que le récit de la création de l’homme et de la femme, qui est prodigieux de profondeur et de subtilité, Dieu a inspiré le récit de la création du mal.
Bien qu’il n’y fut pas.
La création de l’homme et de la femme appartient à Dieu.
La création du mal appartient à l’homme.
Eve, et Adam, peuvent se vanter d’avoir été créatifs…
Ils ont créé le mal, tout seuls.
Nous avons là un croquis parfait d’une création ratée.
Comme la pellicule d’un film, en négatif, absolument admirable, qui aura besoin de toute l’histoire du monde pour développer sa tragédie.
Toute l’histoire du monde est contenue dans ce croquis parfait.
Sauf que Dieu va utiliser ce négatif, qui n’est pourtant pas de lui, pour faire surgir une photo, la plus parfaite qui soit, avec une lumière et une harmonique de couleurs unique et incomparable.
On pourrait se dire : mais alors, on ne va plus penser au négatif…
Quand le papillon s’envole du cocon, terminé ! Il n’y a plus de larve, il n’y a plus de cocon…
Mais Dieu ne fait pas œuvre humaine.
Quand l’homme crée quelque chose il abandonne ce qui existait avant. Il remplace, transforme.
Quand Ève a cueilli le fruit de l’arbre, elle a laissé tomber tout le reste.
Toute la beauté qui lui était offerte, de son âme, de son corps, de sa relation avec Adam, de son équilibre d’avec la nature, de sa psychologie, elle l’a perdue… au pied de l’arbre.
Et même son intelligence intuitive, tellement limpide, donnée par un don très spécial, préternaturel, don de sagesse et de science infuse, directement de Dieu, elle l’a perdue en croquant ridiculement un fruit séduisant mais accroché à un mystère qui la dépassait.
Que ça fait de la peine, de la voir vriller pour saisir un fruit séduisant… Et ne plus pouvoir retrouver sa pureté et sa clarté d’esprit d’avant…
Oh oui…! Adam et Eve ont acquis l’intelligence… bravo!
Ils ont acquis l’intelligence qu’ils étaient nus !
Ça, c’est un scoop !
‘Ils se rendirent compte’, (d’autres traductions disent : ‘ils surent’), bref, ils eurent connaissance, qu’ils étaient nus.
Seulement voilà, cette merveilleuse connaissance nouvelle qu’ils avaient un sexe, alors que ce sexe était au départ pour se donner, l’un l’autre, l’amour que Dieu avait mis dans leur cœur… cette nouvelle connaissance va être mensongère, et les mettre mal à l’aise.
De cet échange d’amour qui était prévu pour être le plus beau, ‘à l’image de Dieu ‘, quand il était dans l’innocence et dans l’intelligence que Dieu leur donnait l’un de l’autre, de la femme pour l’homme, et de l’homme pour la femme, la femme et l’homme ont réussi à le rendre empoisonné parce que chacun se met à manger pour lui-même.
La joie de l’intelligence profonde de l’autre, corps et âme, polluée par le péché originel, va s’avilir en conscience d’un plaisir fautif, pour soi.
Et ça va même aller plus loin par la suite.
Ce plaisir pour soi, mêlé désormais d’égoïsme, de domination et de soumission, va faire croire qu’il nous libère.
Tout est renversé. Et tout s’embrouille.
Tout le monde se cache.
Pire, tout le monde croit faire œuvre héroïque en s’y aventurant malgré le mensonge de l’autre.
L’interdit… saisir en cachette un mystère qui nous dépasse, excite.
Mais ce qu’on ne dit pas, c’est qu’il détruit… quand il n’est pas dans la grâce de Dieu.
Alors que Dieu avait fait une œuvre d’amour parfaitement harmonieuse.
Alors que Dieu donnait à flots dans le cœur de l’homme les dons les plus merveilleux de la nature et de la vie éternelle.
L’homme et la femme ont laissé tomber tout cela.
On pourrait avoir de la colère de l’héritage que nous ont laissé nos premiers parents.
Ce récit de la Genèse, à défaut d’éclairer notre monde de beauté, explique de manière unique la tragédie de l’Histoire du monde.
De la Bible d’abord. Toute la Bible va être teintée de cette dégénérescence de l’homme.
Jusqu’à notre histoire contemporaine qui est pourrie par ce geste de Ève, partagé par Adam, et qui continue de plus belle à tous les niveaux de notre société et de nos familles et de nos cœurs.
Geste d’orgueil, d’amour propre, et d’appropriation.
Mais le plus inconcevable, c’est que beaucoup en arrivent à accuser Dieu lui-même de ce mal qui se répand.
Si Dieu existe, pourquoi tolérerait-il la souffrance des innocents ?
Le diable réussit à faire attribuer la faute à Dieu. C’est le comble !
Alors que la souffrance des innocents vient de l’homme et uniquement de l’homme enfermé dans le cercle vicieux de ses erreurs.
Mais j’ai dit que Dieu va utiliser ce négatif, qui n’est pourtant pas de lui, pour faire surgir une photo parfaite…
Et cette photo, si je puis dire, parfaite de lumière, c’est Jésus-Christ…
C’est Jésus-Christ devant le Diable.
Nous avons là aussi, avec l’Évangile un texte fondateur.
Devant le menteur, le manipulateur, qui agit par mimétisme, la vérité redevient invincible, avec Jésus-Christ.
Dieu pourrait tuer le mensonge, et le menteur avec, mais Dieu n’est pas homme. Il ne tue pas.
Ce serait prendre les armes de son adversaire qui, lui, cherche à tuer, et en premier lieu, à tuer les âmes.
Dieu simplement avance en vérité, et cela procède de la plus belle intelligence bien sûr; avec le diable qui s’agrippe à ses basques.
Et qui crie, et qui agite ses casseroles, et qui fait du mal aux plus innocents.
Mais qu’importe…
Voilà qui est divin. Dieu a le dernier mot par son fleuve d’amour et de lumière qu’il a ré-ouvert en surabondance sur l’histoire du monde avec Jésus-Christ.
Regarde Jésus-Christ et la grâce viendra inonder les profondeurs de ton cœur d’amour et de lumière. D’harmonie et de paix.
Elle guérira toutes tes peurs et tes blessures, si tu es fidèle.
Et quand tu oublies Jésus-Christ, alors tu fais un pas dans le désert où tu rencontres inévitablement celui qui va te faire croire que tu es héroïque dans ton plaisir et dans l’amour de toi-même.
Et parfois même héroïque dans ton suicide.
Et qui va te faire croire que tu vas devenir plus intelligent, plus intelligente.
Tu n’en sortiras pas indemne.
Il n’y a que Jésus-Christ qui puisse s’en sortir indemne.

Juste, avant de terminer, un petit coup d’œil sur la dernière confrontation entre Satan et Jésus.
Merveille de mensonges…
Tout est faux de ce qui sort de la bouche du diable.
Il emmène Jésus sur une haute montagne…
Qu’est-ce qu’une haute montagne pour celui qui a la vision béatifique de Dieu au profond son âme, et la joie éternelle ?
‘ tous ces royaumes, je te les donnerai…’
Tu parles, rien n’appartient au diable. C’est un charlatan qui vend du vent.
Le royaume du bien ne lui appartient pas, mais il s’en sert.
Et le royaume du mal ne lui appartient pas parce que tout simplement c’est du rien.
C’est le royaume de la destruction, de la dégénérescence.
Quand le diable promet ce n’est jamais pour donner, c’est pour te détruire.
‘ si tu tombes à mes pieds’…
Que c’est beau comme formule, pour un ange !
Chantage…
‘Si tu reconnais mon pouvoir…’
‘Si tu me donnes pouvoir sur toi.’
Le diable sait très bien que c’est impossible par nature que Dieu s’abaisse en dessous de lui.
Mais il ne se dégonfle pas..
Il est quand même un peu mytho, il veut croire qu’un jour il sera au-dessus de Dieu.
Il veut qu’on se mette devant lui en posture d’adoration !
Le péché originel, c’était quand même pour lui un rodage facile.
Une question, un mensonge, un plaisir, et le tour est joué, c’est gagné…
Mais là il s’attaque à du lourd.
Alors il montre jusqu’où va sa mégalomanie.
Devant Jésus-Christ, le diable pète les plombs…

Et Jésus-Christ, s’abaissera, cependant, jusqu’aux enfers de l’homme, pour ré-ouvrir à l’homme un chemin de vie, par son amour.