Qu’est-ce que ça nous évoque, des noces …?
De la musique, choisie .
Un repas, copieux et raffiné .
Un esprit de fête et de partage.
Et pourquoi cette musique, ce repas ?
Pour fêter l’union de deux personnes.
Une union qui sera leur secret.
Bon, je sais… De parler de bonheur en ces temps, ça paraît démodé et un peu hérétique dans le brouhaha ambiant…
Mais bon, le bonheur se trouve dans une union en laquelle on trouve notre accomplissement.
Dans l’Évangile, ce couple reste secret..
Il y a un marié et nous supposons qu’il y a une mariée.
Nous le savons, c’est l’union du Christ avec son Église.
Voilà, nous avons les éléments.
Et avec ça, qu’est-ce qu’on fait ?
Dieu semble passer son temps à nous appeler.
Il appelle les invités comme des prédestinés.
Ils sont prédestinés.
Et il y a une priorité dans les prédestinés.
La petite histoire de Jésus elle est assez compréhensible.
Jésus l’a déjà racontée sous d’autres formes.
Les prédestinés, c’est le peuple d’Israël, qui est béni, le peuple de Dieu.
Et c’est ce peuple qui ne va pas répondre, dans sa grande majorité.
Qui va même éliminer les hommes de Dieu et jusqu’à Jésus, Dieu lui même.
Parce qu’ils gènent avec leurs appels au bonheur…
En fait, les pharisiens ne supportent pas d’être dépassés par Dieu.
Tout simplement à être appelés… à aller plus loin… pour leur joie en plus !
Ils vont repousser la beauté de l’Eglise, et celle du plan de Dieu.
Qu’à cela ne tienne !
Dieu appelle tout le monde.
Il y a des privilégiés, mais s’ils ne répondent pas à leur privilège, l’œuvre de Dieu, son œuvre d’amour se poursuit.
Si nous ne répondons pas à notre vocation, cela ne nuit qu’à nous.
Personne ne peut arrêter l’oeuvre d’amour de Dieu.
On peut tout casser, et on peut s’arracher le cœur, Dieu trouvera toujours un autre cœur pour l’accueillir.
Seulement, c’est un malheur pour celui qui ne répond pas, parce qu’au fond de lui, il va vivre dans la violence de son remord.
Quand on ne répond pas à Dieu, on ne sait pas quelle grâce on a manquée.
Ça crée un vide qu’on ne peut pas définir, qui se transforme en un malaise dans notre conscience.
Une angoisse que l’on évacue par des actes tordus ou violents.
Quand il est dit que Dieu détruira ces malheureux résistants, il est évident que Dieu ne détruit jamais mais que nous-même, par notre refus, nous nous mettons en position d’autodestruction.
La faute, le péché, notre refus d’écouter Dieu, nous autodétruit.
Quand il y a violence, ne cherchons pas chez les autres ou dans des revendications la solution.
C’est que la racine empoisonnée se trouve en nous sans que nous voulions la reconnaître.
Donc je reviens maintenant à la noce.
Quand Dieu nous invite à une noce…
Où se trouvent le DJ, le cocktail, le foie gras de canard, le plateau de fromage et le buffet des desserts ?
Où se trouvent le champagne et le Saint-Émilion ?
La piste de danse… ?
Il faut être réaliste, la parabole de Jésus ne se comprend que dans la foi.
Pourquoi. ?
Parce que le rendez-vous pour la noce d’un chrétien, il est au fond de son âme.
Là où, justement, se trouve l’Église..
Pour chacun de nous, nous devons trouver l’ultime jouissance au fond de notre âme.
Avec une difficulté en plus.
C’est que l’union de notre âme à celui qui nous donne le plus grand bonheur n’est pas perceptible comme quand on se met proche d’une cheminée et que la température monte.
En fait, frères et sœurs, il y a deux mystères.
Deux mystères qui changent notre vie.
Il y a ceux qui se mettent à l’écoute de ces mystères, il y a ceux qui font du cinéma pour ne pas les percevoir.
Mais de toute façon l’un et l’autre de ces mystères les concernent.
Nous sommes tous concernés.
Je préfère être concerné et le savoir.
Le premier mystère c’est celui du bien.
En fait pour être plus précis, c’est celui de la présence amoureuse de Dieu qui nous invite à vivre de sa beauté.
Je l’ai déjà dit, au fond de notre âme.
Or, inévitablement, cette écoute à cette présence de bonheur, lumineuse, révolutionne notre cœur et nous libère de bien des problèmes.
De tous les problémes.
Je pourrais dire, en prenant l’image de Jésus, que de se mettre à l’écoute de Dieu nous donne un nouveau vêtement au profond de notre âme.
S’il n’y a pas ce vêtement, s’il n’y a pas cette réponse intime à la douceur de Dieu à l’intime de nous, il n’y a rien.
Un vide en nous.
Il y a quelque chose en nous qui reste muet.
Quand quelqu’un est angoissé ou destructeur – ce qui n’est qu’une expression de l’angoisse – cherchez d’où vient son vide…
Alors que la présence de Dieu, c’est-à-dire l’écoute de l’amour de Dieu pour nous, l’adhésion de notre cœur à sa lumière très intérieure, fait couler en nous comme une douceur qui est en fait tout simplement la santé de notre âme.
Et qu’on peut appeler ‘la saveur des noces’.
Des noces qui ne se terminent jamais.
C’est le premier mystère.
Auquel personne ne peut échapper, parce que chacun de nous est appelé, les mauvais comme les bons.
Et le deuxième mystère, tout aussi réel et important que le premier, c’est celui qui nous détruit.
Il reste un mystère parce que le mystère du mal brouille ses traces.
Le mystère du bien ne laisse pas de trace; ou plutôt il laisse des traces de paix.
Le mystère du mal est vécu lui aussi au fond de l’âme.
Et plus l’âme collabore au mystère du mal, c’est à dire tout simplement à ne pas écouter Dieu.. plus alors elle est anesthésiée par son refus.
Elle se dessensibilise et devient aveugle.
Elle ne se rend pas compte des dégâts qui sont provoqués au fond de sa personnalité.
Et plus alors elle s’éloigne d’elle-même. Et plus il lui devient difficile de revenir à celui qui lui fait le meilleur bien.
En bref, on ne se rend pas compte du déploiement de notre bonheur.
Notre âme retrouve sa santé.
Et on ne se rend pas compte des dégâts de nos égoïsmes, de notre orgueil, de notre surdité à ce que Dieu nous propose.
Parfois, quelque événement, quelque grande étape de notre vie, met à nu notre âme soit pour l’extase soit pour la douleur.
Jésus dirait : soit pour les noces, soit pour les grincements de dents.
Mais en dehors de ces événements, et en dehors de cette découverte finale de la lumière de notre vie, nous avançons dans la foi, c’est-à-dire que nous ne pouvons pas mesurer notre bonheur ou notre malheur.
Nous pouvons collaborer à l’un ou l’autre, mais pas les mesurer.
Et c’est la sublime réponse de Jeanne d’Arc à son juge qui lui demandait si elle était en état de grâce.
La Vierge d’Orléans répondit :
« si je n’y suis pas, que Dieu m’y mette.
Et si j’y suis, que Dieu m’y garde.»
Ce pourrait être notre prière quotidienne :
« Seigneur, si je ne suis pas en état de grâce, que tu m’y mettes.
Et si je suis en état de grâce, donne-moi davantage de grâce ».
Parce que le jour où mon âme sera à nu, quand tomberont tous les décors qui me protègent, il sera trop tard pour que je commence à mesurer la santé de mon âme…
Je veux, ce jour-là, avoir le vêtement pour les noces, et goûter au champagne… Ta vision, Seigneur…
