HOMELIE SOLENNITE DE PENTECOTE

Pour cette fête de Pentecôte, une homélie en deux parties .
L’une en cette vigile de Pentecôte, qui sera complétée à la messe de demain.
Une homélie en diptyque.
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La fête de la Pentecôte reprend en écho la fête de Pâques.
D’abord une messe de vigile qui va être le cri annonciateur de la lumière.
Et une messe du jour qui est la joie consommée dans l’Alléluia.

La lumière de Pâques, c’est la victoire définitive de la vie éternelle du Christ ressuscité sur tous les développements terrestres, bons et mauvais.
Nous avons un bonheur, frères et sœurs, qui ne peut pas nous être enlevé.
Cela, avant la mort et la résurrection du Christ, n’était pas fixé dans l’histoire des hommes et dans leur âme profonde.
Tout l’annonçait, mais en prophéties, en attente… en espérance.
Et dans l’espérance, il y a certitude, oui, mais il reste une frustration : un désir assouvi.
A Pâques, la connaissance trouve son apaisement.
On ne savait pas exactement comment Dieu s’y prendrait.
Après la résurrection, on le sait.
La tête, le Christ, a vécu à la perfection l’acte du salut dans lequel devra entrer tout homme pour son bonheur.
Il reste à entrer dans le jardin des délices.
L’acte est accompli.
« Tout est accompli », dit Jésus en ses dernières paroles.

Et puis alors, pourquoi la Pentecôte?
Parce que les apôtres avec la résurrection ont le gâteau, mais ils ne savent pas comment le manger.
Il leur manque le couteau et les petites cuillères.
Dieu procède par étapes.
Il donne la révélation par son Fils,
Cette révélation est accomplie par l’Incarnation, le Verbe fait homme, qui va jusqu’à se donner en sacrifice par amour : la Croix, la mort, pulvérisées par la Résurrection.
Mais, telles quelles, c’est trop pour les apôtres.
Ce n’est pas assimilable pour un homme seul.
Il manque encore quelques compléments pour que ce plan divin s’applique à tous les hommes et à toute l’histoire des hommes.
Ces compléments vont sortir d’une source lumineuse, nouvelle, qui va permettre de comprendre, d’assimiler, et de rendre féconde la Révélation de Jésus.

Et cette nouvelle lumière est donnée par l’Esprit Saint, et son œuvre sera… l’Église.
l’Église, achèvement de la grâce de l’Incarnation.
l’Église qui permet de vivre le pardon et la vie éternelle.
L’Église qui est le signe qui va se développer jusqu’à la fin du monde, spécialement par les sacrements, par son enseignement, par ses ministres.
Ici bas, encore en clopinant ;
Et l’Église en gloire, au Ciel, en délectation définitive.

Pourquoi tant de successions, tant d’étapes pour arriver a la béatitude?

Dieu avait créé l’homme et la femme dans une condition qui leur permettait d’être pleinement heureux… Pleinement et directement heureux par un contact permanent avec leur Créateur.
C’était magnifique. Pourquoi Dieu a permis que tout soit cassé ?
Parce qu’il propose toujours à partir d’un mal, permis, une grâce de réparation encore meilleure.
On a un bien magnifique.
Ce sera encore plus magnifique.
Ça c’est divin. Pour l’homme, le meilleur est l’ennemi du bien.
Pas pour Dieu.
Pour Dieu, le bien appelle un bien supplémentaire.
Le meilleur appelle un meilleur supplémentaire.
Mais aussi pour Dieu, le mal appelle un bien supplémentaire.
Pour Dieu le mal est source de fécondité d’une grâce meilleure
Le péché de l’homme nous a valu le Rédempteur et des grâces encore plus grandes que celle de la joie paisible d’Adam et Ève.

Nous sommes donc à la Pentecôte.
Dieu ouvre son écrin pour montrer aux apôtres la perle.
Et la perle, c’est de prolonger dans le temps et dans l’espace la vie temporelle du Christ Sauveur. Son sacrifice et sa gloire.

Dans l’Ancien Testament, Dieu a instauré un dialogue avec les hommes, par l’intermédiaire des prophètes et de signes miraculeux.
Ce dialogue c’était : ‘attendez celui qui doit venir. Je vous le dessine avant qu’il se réalise. ‘
Dieu, peu à peu, distille ses perfections, et particulièrement la perfection de l’Église.
L’Eglise est déjà là, mais elle n’est pas totalement dévoilée en sa perfection.
Au temps du paradis terrestre, de l’état d’innocence, Dieu se communiquait immédiatement à l’âme vierge d’Adam et de Eve.
Les dons surnaturels de grâce et de vérité étaient distillés sans intermédiaire, ni de Jésus-Christ ni de l’Église; dans les profondeurs du cœur de Adam et Eve.
Harmonie immédiate avec Dieu, dans leur relation de couple, dans leur relation avec la nature.
Harmonie inimaginable tellement c’était beau, et tellement c’était bon.
Le péché de Adam et Ève a introduit la nécessité d’une aide extérieure pour que l’homme guérisse.
Dieu a dit :  » tu n’y arriveras pas tout seul… »
C’est la punition d’avoir voulu attraper seule le fruit inaccessible.
Et tant que l’homme veut y arriver tout seul – comme ces enfants qui se dressent fièrement en disant ‘ c’est moi qui fait !’ ‘ c’est moi qui veut changer la roue de la voiture’ alors qu’ils ne sont pas plus haut que trois pommes…!
Eh bien, tant que l’homme veut y arriver tout seul, c’est la tour de Babel…
Il faudra tout l’Ancien Testament pour faire comprendre au peuple hébreux, choisi pourtant, qu’il n’y arrivera pas tout seul.
Et maintenant, il faut toute la vie d’un homme pour qu’il comprenne vraiment qu’il n’y arrivera pas tout seul.
C’est incroyable, mais même en lui répétant avec tous les arguments les plus évidents que la réparation du péché originel appartient à Dieu et particulièrement à son Messie Jésus-Christ, l’homme n’arrive pas à comprendre qu’il doit accueillir la grâce et non pas se fabriquer son bonheur.
Et que, accueillir la grâce passe inévitablement par le canal de l’Église, épouse et Corps du Christ.
L’Église a commencé le jour où Ève a saisi le fruit. défendu.
Le fruit possédé.
L’Église, c’est-à-dire les sacrements…
Les signes que Dieu ne cesse de renouveler pour annoncer le pardon et pour façonner une nouvelle capacité de nos âmes à entrer dans l’intimité divine.
Avant Jésus-Christ, les signes ne sont là que pour annoncer Jésus-Christ.
Ils ne contiennent pas la grâce.
Ils ne sont pas définitifs.
Ce sont des signes annonciateurs du pardon de Dieu.
À partir de Jésus-Christ, les signes de l’Église deviennent des sacrements qui contiennent la grâce et transforment celui qui les reçoit dans la foi.

Il en est de même de la vérité.
Du temps de Adam et Eve la vérité était vécue, dans leurs âmes et dans leurs corps.
Ils n’avaient pas honte d’être nus, parce qu’ils étaient purs et vrais.
Après le péché originel, Dieu va donner aux hommes des inspirations partielles et personnelles.
Mais ça va partir en charpie.
Alors il faudra des prophètes, des porte-paroles qui ont pour mission, toujours, d’annoncer un retour aux sources et une espérance.
Mais tout cela… tout cela, c’est pour annoncer et préparer la venue de Celui qui ouvre le chemin de la perfection, le chemin de l’Église dans son état parfait.

Et la suite de cette homélie demain pour cueillir les fruits de l’Esprit Saint….

Début de la seconde homélie :

Je reprends la gestation et l’accouchement d’un bébé éternel qui s’appelle «l’Eglise»:

Je disais qu’à la plénitude des temps, Jésus-Christ a soulevé le rideau qui voilait la vérité de l’homme et la vérité du plan de Dieu.
Avec Jésus, Dieu prend l’homme par la main pour le conduire sur le chemin de son bonheur, de la vie éternelle.
A Pâques, la jonction est faite.
Toutes les grâces passeront par Jésus-Christ qui a tout accompli.
Même les anges vont recevoir les grâces par Jésus-Christ.
À Pâques, le péché originel a trouvé sa résolution.
Enfin…!
Jusqu’à la Résurrection, les hommes ne savaient pas trop à quoi se conformer.
Ils pouvaient suivre la Loi, qui les empêchait de déraper complètement.
Mais c’était un pis-aller.
À partir de la Résurrection, nous savons que nous devons nous conformer à Jésus-Christ pour atteindre notre joie.
Et ça, c’est nettement plus parfait.

Mais, Jésus, on ne le voit plus…?
On ne peut plus le toucher, on ne peut plus l’entendre… ?
Alors, pas d’affolement… avant d’être enlevé au Ciel, Jésus nous a laissé sa visibilité… : par l’Église.
Par des hommes… qu’il a revêtus de pouvoirs sacrés et divins :
D’un côté, ces hommes donnent les sacrements qui transmettent la grâce.
Pouvoirs sacramentels du sacerdoce.
Et d’un autre côté, ils ont le pouvoir de juger et d’enseigner, et transmettent et garantissent ainsi la vérité :
‘ … à qui vous remettrez les péchés ils leur seront remis.
Ceux à qui vous les retiendrez ils seront retenus’…
‘ baptisez toutes les nations au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit ‘.

Et le lien entre le signe de l’Église et l’efficacité de la grâce divine ?
Quel est-il ?
Nous avons les signes, les sacrements, nous avons les porteurs de signes, les prêtres; Comment faire pour que ces signes profitent de quelque chose?
Parfois, on me dit : j’ai eu un signe, j’ai vu, derrière un petit nuage, la sainte Vierge…
Très bien, c’est intéressant, je préfère la sainte Vierge à une dent de requin… Et alors ?
S’il n’y a pas d’effets de conversion, s’il n’y a pas un changement de vie concret, que m’importe l’image de la sainte Vierge ou d’une dent de requin derrière un nuage ou au fond du jardin ?!
En fait, Dieu n’aime pas le spectacle pour le spectacle.
Dieu, quand c’est vraiment lui, est toujours opérationnel. Il crée, il fait évoluer. Il donne une nouvelle vie.
Quand on met une graine dans la terre… Très bien ! Mais moi je veux que la graine germe, qu’elle pousse et donne une plante.
La graine qui ne donne rien, c’est inutile et absurde.
Il faut l’eau qui rend efficace la puissance contenue dans votre graine.

Et voilà …!
Nous y voilà….
Le lien entre le signe et la transformation lumineuse, c’est le Saint Esprit !
Le moment de la Pentecôte, c’est le moment de l’efficacité de l’Esprit dans tout ce que Jésus a installé pour notre salut.
L’Esprit Saint c’est la fécondité de l’amour et la fécondité de la vérité.

Mais attention, quand je dis efficacité (ou fécondité) c’est que ça va remuer !
Quand on dit efficacité, ça ne veut pas dire quelque chose de mou ou de neutre.
Le Saint Esprit va rendre vivante dans son intégrité, l’Église. Performante et une.
C’est-à-dire que, en même temps, il va rendre vivants, dans leur intégrité, les battements de notre cœur pour la vie divine.
Il va faire vivre ce qui est mort !

La merveille, c’est que la perfection divine de l’amour et de la vérité du Saint Esprit va être portée par des instruments imparfaits et limités.
Un sacrement, c’est un acte et une matière très limitée, (de l’eau, de l’huile, une parole) et qui pourtant infuse l’infinie perfection de Dieu dans celui qui le reçoit.
Un prêtre, est une personne limitée et imparfaite, qui pourtant est instrument médiateur de la grâce divine, efficace et efficiente.
De la même grâce divine par laquelle le Christ a guéri, pardonné, illuminé de sa vérité les cœurs malades et les cœurs mauvais.
Et c’est le Saint Esprit qui fait cette transmission.

Le Saint Esprit c’est l’âme de l’Église, parfaite, de l’Église Sainte.
Et cette âme, divine exprime la divinité du Christ à travers une hiérarchie physique et corporelle, visible.

Quels sont les effets du Saint Esprit ?
Les effets qui doivent passer par son Église et qui doivent être discernés, aussi, par son Église ?
Eh bien, ce sont des effets simultanés, de purification, d’illumination, de guérison et de résurrection.
Et là, ça bouge !
Aussitôt que le Saint Esprit touche un cœur il passe par l’Église, nécessairement;
il conduit au Christ, nécessairement;
il purifie, nécessairement ( sauf pour la Sainte Vierge, exception unique);
Et il illumine l’âme, nécessairement;
Il enflamme l’amour, ou tout du moins il fait grandir l’amour, encore nécessairement;
Il sanctifie, rectifie, équilibre, rend fécond; et approfondit la communion.
Enfin, il ouvre notre cœur à l’écoute de la vie éternelle.
Il nous perfectionne dans ce qu’il y a de plus précieux et de plus fort en nous par les sept dons qui nous rendent progressivement invincibles et vainqueur de tout mal par la grâce de Dieu.
Il conduit donc à la Vérité tout entière, qui est le Christ ressuscité, et la paix de notre cœur.

Le jour de la Pentecôte, l’Église Sainte part à la rencontre du monde par la prédication des apôtres, qui ne sera jamais finie; par le don des sacrements, jusqu’au dernier jour du retour du Christ; par le témoignage de l’amour sacrifié, qui va jusqu’au martyr pour presque tous les apôtres, et qui se continue jusqu’à la fin du monde pour chaque baptisé.

Si on prend un bout de la Révélation sans accepter tous les autres aspects, on est dans l’illusion et le mensonge.
On ne peut pas prendre le Saint Esprit sans Jésus-Christ, ni Jésus-Christ sans le Saint Esprit, bien sûr.
On ne peut pas vivre du Saint Esprit sans l’Église, ni l’Église sans le Saint Esprit, ni sans Jésus-Christ.
On ne peut pas vivre notre foi sans les sacrements, baptême, sacrement du pardon, et sacrement de l’Eucharistie.
Complété par la confirmation et si besoin par le mariage.
On ne peut pas vivre saintement le Saint Esprit si on ne reconnaît pas l’Église, concrètement, par une obéissance pratique, au Pape, aux évêques et aux prêtres.
Je parle de l’Église catholique, plénitude de l’Église.

Aucun aspect de ce que je viens de dire ne peut être vécu indépendamment de l’autre.
Ce sera toujours vécu avec progression, parfois difficultés, épreuves, et imperfections.
Mais cela ne fait pas peur à Dieu. Car il peut sortir l’arme secrète de sa miséricorde, à partir du moment où nous voulons vivre l’unité de l’Église, qui va transfigurer les imperfections par son action rédemptrice et son pouvoir de résurrection.

Alors, je ne peux pas terminer sans tracer le chemin de notre Espérance.
Que Péguy appelle, la petite sœur Espérance…
Notre Espérance dans le Saint Esprit c’est de passer derrière le voile de la foi, pour nous éveiller à l’union immédiate de celui qui est la lumière du monde et la lumière du Père.
Notre espérance c’est l’intimité sans aucun intermédiaire, avec le Christ, Vérité éternelle.
Plus d’infirmités, plus d’hésitations, plus de retards à l’allumage, plus de hiérarchie, plus de signes,…. au Ciel, fini tout ça !
Vivre dans cette infinie communion du Père et du Fils qui est en fait ce que le Saint Esprit veut expliquer dans notre misère d’ici-bas.
Au Ciel, dans l’Église glorieuse, plus d’intermédiaires, plus aucune médiation, mais un chant du cœur, qui sera un chant de cœur à cœur avec Dieu.
Et ce cœur à cœur avec Dieu c’est le Saint Esprit.

HOMELIE SEPTIEME DIMANCHE DE PAQUES

Un… deux… trois… !
Première lecture… Un
Deuxième lecture… Deux
Troisième lecture… Trois
8 jours avant la Pentecôte nous apprenons une valse.
À trois temps.
Au premier temps de la valse, les apôtres sont seuls. Ensemble mais seuls.
Actes des apôtres.
Ils sont seuls mais ils ont les paroles de Jésus.
Ils attendent simplement que ces paroles descendent en leur cœur et deviennent agissantes dans la vie réelle.
Premier temps de la valse : temps d’attente
… attente dans la prière.
Premier temps : Ils écoutent mais rien ne se passe visiblement.
L’esprit bat la mesure et murmure.
Il murmure tout bas…
« d’un même cœur, ils sont assidus à la prière, avec des femmes, avec Marie la mère de Jésus, et avec ses frères.»

Le deuxième temps de la valse…
C’est le temps de l’Évangile.
Les paroles de Jésus dans l’évangile.
C’est le temps le moins dansant de la valse.
Et pourtant c’est le temps de l’amour.
C’est le moins dansant parce que c’est le plus profond.
« Tout ce qui est à moi est à toi,
et ce qui est à toi est à moi ;
et je suis glorifié en eux .» De nouveau, trois temps.
Dans cette valse à mille temps c’est le temps qui prend son temps, pendant vingt ans, et l’amour grandit en secret pour que nous dansions notre vie chrétienne jusqu’à la fin des temps.
C’est le temps de la rencontre, qui se fait dans le silence du premier temps, au creux du silence de l’attente.
Jésus-Christ devient le cœur de notre cœur.
Il révèle dans le secret le tempo de l’amour.
Une valse à trois temps dont les deux premiers temps ne forment qu’un seul pas de danse.
Au deuxième temps de la valse, on compte avec Jésus-Christ : un, deux, trois…
Et l’Esprit bat la mesure de cette valse d’amour.
Mais par rapport au premier temps on peut dire que c’est parti.
Notre vie chrétienne s’élance sur la piste.
C’est parti parce que notre cœur bat de l’Esprit.
Il bat pour Jésus-Christ. Le feu grandit mais encore invisible.

Troisième temps de la valse…
C’est l’appel de saint Pierre; dans sa lettre.
C’est la valse à trois temps qui s’offre le temps de faire un détour.
C’est le temps de la patience dans cette valse de vingt ou 50 ans qui durera mille temps.
Le temps de la réjouissance – c’est ce que dit Saint Pierre (!) je ne l’invente pas – dans la mesure, dit-il, où nous communions au Christ dans ses souffrances… réjouissance. joie intérieure.
Et pour nous le premier temps de la valse se fond dans le deuxième temps.
Et le deuxième temps se fond et se fait dans le troisième temps.
L’attente du premier temps, nous paraît souffrance, et pourtant c’est une attente dans l’espérance.
Mais le deuxième temps, le temps de l’Esprit Saint et le temps de l’amour, et le temps de Jésus-Christ, porte et emporte les deux autres temps.

Premier temps et troisième temps d’une valse à mille temps.
Qui en fait est une valse à trois temps,
qui reviennent à l’infini, enflammés par le deuxième temps,
jusqu’aux derniers temps… qui sera en Dieu, dans la jouissance de l’Esprit.
Le troisième temps de cette valse à trois temps ou à mille temps, c’est le temps où la valse s’entend.
Où l’on doit dire notre amour qui danse en notre cœur.
Mais où le monde n’est pas d’accord.
Le monde n’est jamais d’accord quand on dit notre amour.
Le monde nous empêche de danser.
Ça fait partie de la danse… Aussi.

Alors je reprends cette valse à trois temps…
qui est la danse de toute notre vie de chrétien, à mille temps.
Et qui prend du temps pour être bien dansée.
D’abord il y a la musique.
C’est la mélodie de la grâce de Dieu, qui est silencieuse. Il nous appelle.
Et pourtant je sais, sur cette musique de l’Esprit Saint, que mon cœur prend le rythme.
Premier temps, le temps de la prière et de l’attente dans la foi.
Il nous semble que c’est un temps vide et pourtant c’est le temps déjà de l’amour.
On appelle dans le silence la présence de Celui qui nous aime.
Et si on appelle, c’est que Celui qui nous aime est déjà présent en notre cœur.
Il nous attire et on le sait…
Il a commencé de danser intimement avec nous.
« ils étaient à toi, Père, et tu me les a donnés ».
Et si l’amour brûle, il doit se dire.
Vous avez compris, c’est le troisième temps de la valse.
Et un amour qui se dit rencontre des obstacles, et tout cela nous donne de la joie.
Parce que, obstacle ou pas obstacle, nous dansons dans la mesure de l’Esprit Saint qui réjouit notre cœur de la vie éternelle.
« la vie éternelle, c’est qu’ils te connaissent, toi le seul vrai Dieu, et celui que tu as envoyé, Jésus Christ. »

Et ce mouvement à 3 temps :
Écoute, union intime, proclamation…
Il ne forme qu’un seul temps
Mais c’est au troisième temps de la valse qu’il y a Toi, qu’il y a l’amour, qu’il y a moi.
Et que l’Esprit bat la mesure,
Et qu’il laisse éclater sa joie.

Et voilà, maintenant, vous savez danser la valse de l’Esprit Saint.

HOMELIE SIXIEME DIMANCHE DE PAQUES

« l’Esprit n’était encore descendu sur aucun d’entre eux :
ils étaient seulement baptisés au nom du Seigneur Jésus.
Alors Pierre et Jean leur imposèrent les mains,
et ils reçurent l’Esprit Saint. »

Un oiseau en cage.
Il chante, il vole d’un perchoir à l’autre.
Il mange ses graines.
On peut dire aux enfants :  » regardez ce que c’est qu’un oiseau « 
Et puis vous ouvrez la cage…
Vous suivez cet oiseau allant d’arbres en arbres…
Et il se met au dessus de vous pour chanter dans le feuillage.
En fait, frères et sœurs, j’ai toujours aimé davantage l’oiseau qui chante dans les arbres, plutôt que l’oiseau que je regarde à travers les barreaux.
Il est vrai que dans les arbres, il peut toujours craindre le chat; l’oiseau en cage, il n’a pas a s’en faire souci.
Mais un oiseau en cage, c’est tristesse.
Tout comme un poisson rouge en bocal.
Tout comme un lion en cage.

La sacrement de confirmation ( c’est ce qu’ont donné Pierre et Jean aux samaritains ), le sacrement de confirmation nous libère.
Il ouvre la cage ou la bergerie par l’Esprit Saint.

Le baptême, seul, nous donne l’oiseau mais c’est encore limité.
On a le chant, on a la couleur du chrétien.
On a la lumière.
Mais l’amour, libéré, pas encore.

Pourquoi deux amis, deux camarades, garçon et fille, un jour se disent : on va vivre ensemble. ‘Je te demande ta main… et ton cœur…’ ?
L’amour donné, toute ma personne, donnée à toi.
Parce que l’amour bascule dans la dimension du don de soi, infini, corps et âme .
Avant le mariage, il y avait les mêmes personnes, les mêmes deux amis; les mêmes capacités d’amour; les mêmes expériences de partage;
Et pourtant, la relation change le jour où il y a promesse de s’engager pour la vie, corps et âme, pour l’autre, avec la grâce de Dieu.
On ne vit plus dans deux cages, à se faire cui-cui, on se retrouve dans les arbres à chanter les louanges de Dieu.
Ça devient grand.

Cela veut dire que, en nous, vis-à-vis de Dieu, notre relation peut avoir l’aspect de l’oiseau en cage. .. (on est chrétien, ‘on a tout fait, même la profession de foi… Mais on n’a pas ouvert la porte de la cage)
Ou bien… Notre relation avec Dieu est folie d’amour et de foi, à la barbe du démon.

L’Esprit Saint nous invite alors à découvrir le feuillage des grands arbres.
Et à faire notre nid pour les fruits de l’amour.
Il y a quelques semaines, un couple de pies, accrochait son nid annuel au plus haut d’un grand arbre, près de la Bresc.
Magnifique d’invention, d’habileté. Elles ont fait cela avec empressement et joie.
Et je me disais : ‘ elles ont l’Esprit Saint’… enfin…. L’esprit saint des pies.
L’Esprit Saint de l’amour d’un homme ou d’une femme, c’est encore mieux que celui d’un couple de pies. normalement…

Dans une paroisse, c’est un souffle créatif, c’est une liberté lumineuse d’obéissance, c’est une délicatesse du cœur et de l’esprit.
C’est la proclamation d’une bonne nouvelle comme un feu que l’on ne peut pas retenir.
C’est l’envoi en mission, par l’Eglise.
Sans proclamation de l’Evangile, comment peut-il y avoir communion, conversion, croissance de la communauté ?

Après… après, la beauté de Dieu peut faire des œuvres encore plus magnifiques.
On va d’abord commencer par là, chers frères et sœurs..
Cela c’est simplement ouvrir la porte de la cage.
Vivre en vérité et en communion.
Ensuite, ensuite… Nous parlerons d’œuvres magnifiques

Au-delà des vocations communes…
il y a les vocations à l’intimité au cœur de Jésus.
Je ne parle pas de piété ici.
Je parle de grâce particulière d’appel à l’amitié à Jésus.
Où l’amour de Dieu emporte le cœur de celui qui répond ‘oui’ jusque dans le nid divin.
Il n’y a plus de mots.
On ne peut pas faire de photos de cette relation intime de celui qui aime Dieu de tout son cœur, de toute son âme.
Alors oui, Jésus vient aimer par une grâce particulière et habiter le cœur de celui qui veut vivre de résurrection, de vie éternelle, d’eau et de sang, celui qui veut poser sa tête contre le cœur de Jésus.
Jésus frappe doucement, parfois un peu plus fort, mais jamais sans forcer et il appelle :
« veux-tu parler d’amitié avec moi ? »
« ne crains pas, c’est moi . »
Mais je n’ai pas à m’étendre là-dessus, parce que cet appel est intime et qu’il s’adresse aux âmes d’ambition qui se reconnaîtront.

Et là aussi c’est une merveille de la Création de Dieu.
Oui, l’Église accueille les pécheurs, ceux-là mêmes qui lui font du mal.
L’Église accueille aussi tous ces petits oiseaux en cage qui sont légions.
Et elle leur fournit le grain.
Ils ne demanderont jamais d’ouvrir la cage de leur cœur.
Mais…. l’Église habite jusqu’au sommets des plus grands arbres des forêts.
L’Église connaît jusqu’au secret du cœur de Jésus, de la Transfiguration à la Croix, de la Résurrection jusqu’à la béatitude, ceux qui ont soif.
Ceux qui tout simplement veulent devenir des saints et des saintes.
Accomplir les promesses de leur baptême…
Jésus n’a pourtant pas dit:
Heureux les cœurs qui posséderont leur cage…
Il a dit :
« heureux les cœurs purs, ils posséderont la terre »…
Cette Église là, chers frères et sœurs, je vous le dis, celle des cœurs purs, elle est magnifique.
Mais on ne la visite pas. On la vit.

HOMELIE CINQIEME DIMANCHE DE PÂQUES

Une des merveilles de la Parole de Dieu, de la Bible, c’est sa façon d’exposer la vérité des événements et des personnes.
Chaque mot, chaque verbe, et indication, porte un message qui nous élève, qui nous appelle a un mystère grand.
Tellement riche
Hé oui… La première Église n’a pas échappée aux murmures, (c’est dit tel quel…) aux rééquilibrages des rôles, elle n’a pas échappée à ce que certains font tout le travail et d’autres restent à l’écart.
Les veuves font tout le travail, c’est généreux, mais ce n’est pas dans la paix.
Quand on regarde les débuts de l’Église, il y avait aussi du n’importe quoi. Et ce n’est pas caché… même des conduites irrespectueuses pendant la messe (Saint Paul dit que certains corinthiens se disputent au moment du repas sacré!
Et même qu’ils ne sont pas tous très frais !
Et pourtant l’Esprit Saint fait son œuvre.
Les œuvres du Christ et de l’Église sont toujours plus grandes.
Vraiment c’est un mystère…
L’homme porte en lui la contradiction, et l’Église demeure lumière.
Et aujourd’hui dans les Actes des Apôtres nous voyons cette contradiction et cette lumière.
Nous sommes au tout début de l’Église et nous assistons à une leçon d’Esprit Saint.
D’abord des querelles de service.
« on en fait trop. et eux ils font rien…! » classique…
Mais la leçon d’Esprit Saint, elle est dans la réponse.
Et la réponse est une leçon d’Eglise et pour les siècles.
Les apôtres décident d’organiser non pas selon l’inspiration de chacun. (cela se termine toujours en conflit. Le détestable : »C’est moi qui …. »)
Mais les services seront organisés en mission.
Et voilà l’esprit de l’Église.
Et l’Esprit Saint.
Chaque chrétien, chaque paroissien est appelé selon une mission qui lui est donnée pour le Christ.
L’esprit du monde n’entre pas dans ce mouvement.
L’esprit du monde c’est : ‘ je fais ma place et c’est moi qui décide. Et tout ce que je décide est inévitablement le meilleur.’
L’esprit de l’Église, c’est qu’il y a une tête, qui est le Christ.
Et que cette tête est représentée par l’Église visible qui est le pape, les évêques et les prêtres.
Le pape qui appelle.
Les évêques qui appellent.
Les prêtres qui appellent.

Comme dit Jésus : « qui a des oreilles pour entendre qu’il entende »
L’Église n’est pas là pour tirer les oreilles pour qu’on entende.
Elle est là pour proférer l’appel.

Que se passe-t-il dans les Actes des Apôtres ?
La décision de l’Esprit Saint s’exprime par les Apôtres justement. C’est à dire par la voix des évêques.
Qui eux-mêmes sont en communion avec le Pape.
Les apôtres en communion avec Pierre.
Les évêques en communion avec le Pape.
Les prêtres en obéissance avec les évêques.
Les fidèles en obéissance avec le prêtre.

La communion est très facile à dessiner.
Mais il faut l’Esprit Saint pour la vivre.

Il n’y a donc pas à s’étonner que dans une paroisse il y ait des paroissiens qui comprennent l’Église et qui sont excellents de communion.
Je remercie chacun de vous, paroissiens excellents, qui vivait en communion avec votre prêtre.
Nous formons l’Église selon l’Esprit Saint éternel.
Et j’essaye d’être en communion et en obéissance avec notre évêque François.
Ainsi l’Église est belle et féconde.
Et j’ai une certaine douceur intérieure à vivre cette communion avec vous parce qu’alors nous sommes en communion avec le Christ et nous sommes dans la vérité.

Et il n’y a donc pas non plus à s’étonner que certains ne comprennent pas l’Esprit de l’Église.
Et agissent dans l’Église avec l’esprit du monde.
Il n’y a donc pas s’étonner des murmures, des refus, des conflits qui divisent nos communautés.
Incompréhension de la grâce de communion que repèrent facilement ceux qui ne mettent pas les pieds à l’église.

Et l’Église, malgré la lourdeur invisible de cette incompréhension, l’Église reste belle et chemin de salut pour ceux qui prient, pour ceux qui veulent se sanctifier, pour ceux qui veulent toujours se convertir et vivre de l’Esprit Saint.
Malgré cela se font des œuvres plus grandes encore que celles que le Christ a réalisées lorsqu’il était physiquement avec ses apôtres.

On pourrait dire qu’il y a une Église pure dans chaque paroisse et il y a une non-Église, une Église factice dans chaque paroisse aussi.
L’Église pure elle est dans le cœur de celui qui écoute l’Esprit Saint et l’Epouse, représentée par ses ministres.
C’est l’Église d’une joie silencieuse et intense…
Et puis il y a une Église qui ne correspond pas à son appel, mais qui se sert de l’Église plutôt qu’elle ne la sert.
Qui n’a pas à sa tête l’Esprit Saint et ne vise pas la communion. Et pourtant pleine de bonne volonté….
C’est inévitable.
Puisque ça existait il y a 2000 ans.
Mais, tirant à ses chevilles ce semblant d’Eglise,
l’Église pure avance et ne cesse de s’embellir dans la communion délicieuse,
Elle n’est pas toujours nombreuse, mais elle est puissante de vérité et elle est délicieuse de communion, d’une onction très douce pour ceux qui la vivent.

HOMELIE QUATRIEME DIMANCHE DE PÂQUES

L’autre jour, j’étais sur la route du Thoronet.
Et il y a en ce moment un grand troupeau de moutons qui paissent tranquillement, comme des moutons, dans les champs sur le bord de la route.
C’est toujours mignon, ce rassemblement de bêtes paisibles.
Sauf que ce n’est pas tout à fait la même scène que nous présente Jésus.
Même actuellement, en Israël, les moutons ne vivent pas selon les mêmes principes que les nôtres.
Les moutons d’Israël sont frères des moutons français, mais ils n’ont pas la même culture.
Je ne sais même pas s’ils se comprendraient si on mettait nos moutons dans un avion et qu’on les fasse atterrir en Israël.
Si on faisait un jumelage de nos gentils moutons avec les gentils moutons des bédouins d’Israël.
Parce que, en fait, presque partout en France, on a déconstruit aussi la culture moutonne.
Nos moutons n’ont pas fait de manifs mais ils n’en pensent pas moins de la révolution culturelle qu’on leur a imposée depuis quelques années.
Alors, quelle différence entre les moutons Israéliens et les moutons français ?
Admettons que les moutons israéliens sont parfois moins gras.
Normal, on les voit davantage au bord du désert dans les régions de Beersheba, ou dans les collines pelées qui mènent de Jérusalem à Jéricho.
Entre Bethléem et Hébron aussi.
Mais là où la terre est meilleure les moutons n’ont pas leur entrée.
On préfère cultiver des arbres ou des légumes en culture intensive.
Les bédouins, et leurs moutons, plantent leurs tentes fait de bric et de brocs dans les cailloux du désert parmi lesquels la plupart du temps de l’année il n’y a que des touffes d’herbes sèches à brouter.
Et pourtant c’est avec ces touffes d’herbes sèches un peu broussailleuses que nos petites bêtes très douces font leur vie et ne se plaignent pas.
Avec ça les brebis font des petits, avec la queue qui branle quand ils tètent le lait de leur maman. Des petits qui tètent, ils sont toujours contents.
Et tout le monde est content, même ceux qui les regardent.
Les Bédouins passent leur journée à regarder leurs moutons, à leurs parler, à bricoler quelques casseroles cabossées, et parfois un revisser quelques boulons pour prolonger la vie de leur voiture.
Alors évidemment du temps de Jésus il n’y avait pas de voiture brinquebalante.
Là aussi il y a eu évolution.
Les Bédouins vont chercher l’eau dans des jerricanes en voiture.
Les bergers du temps de Jésus, comme au temps d’Abraham, connaissaient les points d’eau au milieu de nulle part.

Et nos moutons français ?
Je dois dire qu’ils sont bien gras…
Et que leurs gilets de laine sont confortables au sortir de l’hiver même si l’hiver provençal n’est pas aussi terrible qu’en Israël.
Qu’est-ce que fait un mouton français ?
Il broute.
Qu’est-ce que fait un mouton israélien. il broute.
Qu’est-ce que fait une brebis française. Elle s’engraisse et elle pense à son petit.
Qu’est-ce que fait une brebis israélienne ?
Elle pense à son petit et elle essaye d’apaiser sa faim. Et de lui apprendre à rester près d’elle, ce qui n’est pas toujours facile.
Chaque tige d’herbe à moitié sèche elle la mâche deux fois plus que nos moutons français.
Parce que la brebis israélienne sait qu’il ne faut rien perdre de la divine substance sortie du sol.
Tandis que la brebis française elle sait qu’elle aura toujours du gâteau en abondance, bien vert, bien dodu.
En fait la brebis française, son plus grand souci, c’est de choisir entre une herbe grasse et une herbe encore plus grasse. Si elle trouve du trèfle ou de la luzerne, ça c’est son délice !
Tandis que la brebis israélienne, son souci c’est simplement de trouver de l’herbe.
Vous voyez, frères et sœurs, la philosophie entre moutons n’est pas la même.
Et pourtant…
Et pourtant j’ai remarqué dans le regard du mouton israélien une petite flamme de bonheur que nos moutons français n’ont pas.
On pourrait se dire :
Mais les moutons israéliens sont traumatisés dans leur inconscient collectif.
Les moutons israéliens savent bien que des générations de leurs ancêtres ont servi au sacrifice pour suivre les Lois de Moïse.
Que de brebis parmi leurs ancêtres ont pleuré leur petit agneau d’un an, égorgés en sacrifice pour le Dieu d’Israël !
Pour pardonner les péchés des hommes…
On pourrait se dire : on comprend que les moutons israéliens se méfient du Dieu Tout-Puissant !
Alors que nos moutons français, dans leurs pâturages abondants, ne peuvent que rendre grâce à Dieu des bienfaits du Créateur et ne se méfier que des restaurateurs..
Bien sûr, de temps en temps, l’un ou l’autre sert de rôti sur quelques tables.
Mais quand un mouton français disparaît, c’est vraiment dans la paix. on ne sait pas où il est passé tout simplement.
Tandis que combien de moutons israéliens ont vu les membres de leur famille égorgés devant eux !
Et en plus on ne fournit pas de psychologue pour tous ses frères et sœurs traumatisés.
Donc, le mouton israélien est quand même aguerri à la vie et à la mort.

Vous voyez déjà, la culture française et la culture israélienne ovine n’a pas du tout le même impact psychologique chez le mouton.
L’un et l’autre non pas la même culture gastronomique.
L’un et l’autre n’ont pas le même paysage.
Et enfin l’un et l’autre n’ont pas le même rapport à la religion.
Un mouton israélien sait bien que pendant des milliers d’années ses ancêtres sont devenus sacrés sous le couteau du sacrificateur.
Le mouton français n’a pas de notion du sacré…

Et pourtant… je maintiens que dans le regard du mouton d’Israël se trouve une lumière que je n’ai jamais trouvé dans l’œil d’un mouton français.
Pourquoi ?

Et bien c’est très clair. Je vous donne la clé …
Les moutons de la route départementale 562… ils étaient tout seuls….
Ils faisaient silence au milieu d’un champ entouré d’une clôture électrique.
Tandis que les moutons israéliens ils ne sont pas seuls.
Un mouton israélien a toujours un regard sur son berger qui est là.
Ou plutôt une oreille…
En tout cas, il sait que son berger n’est pas loin même s’il a été chercher de l’eau.
Le mouton israélien même s’il connaît le bruit du 4*4, goûte la plupart du temps au silence du désert.
Et son bruit préféré, et qu’il connaît bien, c’est la voix de son pasteur.
Il n’y a qu’elle qui l’intéresse.
Tandis que le mouton français a perdu son pasteur.
Ah ! il le voit bien une fois par jour… Et encore, parfois, ce n’est pas tous les jours…
Or un mouton qui n’a pas de pasteur c’est un mouton malheureux.
C’est un mouton qui ne se sent pas exister pleinement.
Parce que c’est le pasteur qui rassure et conduit le troupeau.
En tout cas qui lui donne la paix du cœur.
Et voilà la différence, c’est que le mouton français, bien nourri, n’a pas la paix du cœur.
Tandis que le mouton israélien un peu plus maigre, se réjouit de son pasteur qui est avec lui, nuit et jour.
Le Bédouin israélien ne fait pas de grand discours.
Son mouton ne demande pas de grande philosophie.
Il demande simplement d’être rassuré par la voix de son berger. Parfois consolé.
Malgré les tensions des hommes en guerre, malgré le nombre de cailloux plus important que celui des herbes, le mouton d’Israël n’a pas besoin de cardiologue.
Tandis que le mouton français il est toujours inquiet.
Parce qu’il n’a pas son berger H24.

Un chrétien qui ne connaît pas la voix de Jésus et qui n’a pas inscrit en son cœur la voix de son pasteur, est un chrétien inquiet qui se reconnaîtra davantage du côté de nos moutons français actuels que du côté des moutons d’Israël qui ont reconnus leur berger et qui goûtent à la grâce infuse qui libère la confiance du cœur et la joie de l’union à Dieu sur les sommets paisibles.
« Seigneur prend pitié de nous. Fais de nous des moutons israéliens… »