HOMELIE DIX-SEPTIEME DIMANCHE ORDINAIRE

Ça peut gêner certains, ça laisse d’autres dans un sorte d’étonnement ravi :
Il n’y a pas d’imperfection en Dieu.
Et c’est pour ça que le Royaume de Dieu est caché…
Parce que nos pauvres yeux ne captent que des réalités imparfaites.
On est plus à l’aise dans l’imperfection et nos limites.
Et même quand rien ne va pas.
Comparez le nombre d’informations catastrophiques par rapport au nombre d’informations d’événements harmonieux…
Vous connaissez le proverbe ( je crois que c’est un proverbe russe ):
‘Quand les ennuis cessent, l’homme incertain ne sait plus s’il existe.’
Ce qui est trop parfait nous échappe; cela échappe à la surface des flots.
L’impeccable dérange l’homme orgueilleux comme une allergie parce qu’il n’a pas de prise sur les profondeurs. Il n’est pas au-dessus.
C’est pour cela aussi que la prière (du cœur), la pratique fidèle des sacrements, la communion des cœurs, sont si peu pratiquées dans la durée et la fidélité….
Parce qu’elles nous amènent en dessous de la surface des flots.
Là où on commence à respirer du parfait, de la vie éternelle.
La pureté reste cachée au regard impur.
Et le regard impur cherche à souiller la pureté parce qu’il n’arrive pas à la saisir.
Il y a comme cela des réalités cachées que l’on déforme pour les ramener à nos limites.
L’Église est l’une de ces réalités, cachée par le Saint Esprit .
On juge de l’Église par ses déformations qui ne sont pas l’Église…
On tente d’imiter la charité, mais par son côté visible et déformé.
Mais on ne connaît pas la charité qui s’oublie et se fait oublier.
On tente d’attraper la vie éternelle par le phénomène des miracles … ce qui revient en fait à l’approcher par le plus petit côté de la lunette.
Or, les grâces précieuses qui peuvent combler une vie, pour lesquelles nous voudrions tout vendre pour les posséder… ces grâces précieuses peuvent couler à travers des miracles, mais ne s’arrêtent pas à eux et à nos mesures.
C’est pourtant d’elles que sort toute fécondité véritable.

Oui, savoir discerner le bien et le mal pour gouverner un peuple, c’est bon…
Il est bon d’être grand dans l’art de gouverner.
Mais cette grâce doit être portée et ajustée par les dons du Saint Esprit, pour qu’il en fleurissent des grâces de vraie charité, de persévérance, d’illuminations intérieures, et des fruits surnaturels et véritables selon le désir de Dieu.
Salomon à dérapé par la suite dans sa religion parce qu’il a oublié d’assurer la première grâce.
Il n’a pas commencé par la perle : la grâce du Saint Esprit.

Si on veut envoyer une fusée dans l’espace, il est très bon de lui donner une forme aérodynamique. Il est très bon de lui donner une solidité de construction à l’épreuve des plus dures conditions de vol; il est très bon de l’équiper des dernières découvertes de captage d’informations.
Mais si on oublie de régler le moteur, notre fusée peut être bien belle, elle ne sera pas fonctionnelle dans sa rampe de lancement.

Si l’on oublie dans notre vie, ou si l’on passe à côté de l’union la plus intime de notre cœur à celui qui veut nous élever jusqu’à Lui, on pourra bien structurer notre vie et demander les meilleurs dons, tout cela ne sera pas relié à la sève de notre Sauveur Jésus-Christ.
Nous serons des sarments bien visibles mais secs, détachés du pied principal de la vigne.
Nos œuvres seront visibles.
Nos charismes réaliseront même de belles choses.
Mais nous gratterons à côté du Royaume des Cieux.

Ainsi en est-il de notre prière.
Nous pouvons demander beaucoup de biens pour notre monde; nous pouvons demander la santé, le beau temps, la paix, et l’intelligence pour notre voisin…
Ou quelques charismes pour bien parler de Dieu et pour témoigner de sa tendresse.
Tout cela est très bien et le Seigneur a même promis d’exaucer toute prière énoncée avec foi.
Nous pouvons nous adresser à tous nos saints et saintes pour qu’il pleuve des roses sur notre monde.
Et nous pouvons demander le sourire de la Vierge Marie.
Tout cela peut nous être accordé.

Mais tout cela est l’antichambre du Royaume des Cieux.
Ce n’est pas la perle. Le trésor.
Ce n’est pas le battement caché du cœur de notre Sauveur.
Et ce n’est pas la prière pure.
La prière pure est comme le rayon qui relie le cœur de Dieu à notre cœur.
Et lorsque nous boirons à la vie éternelle il ne restera que cette union qui doit être cachée derrière toute autre vraie prière.

Et voilà pourquoi Jésus-Christ décrit presque toujours le Royaume de Dieu comme caché et mystérieux.
Parce que comme le dit un grand saint :
 » celui qui veut trouver un objet caché, doit pénétrer jusqu’à la profondeur où il se cache, et lorsqu’il l’aura trouvé, lui aussi sera caché.
Ton Époux Bien-Aimé est le trésor caché dans le champ de ton cœur.
(…)
Si tu demeures ainsi caché en lui, tu le sentiras en secret, tu l’aimeras et tu en jouiras en secret;
Tu prendras secrètement en lui tes délices, c’est-à-dire d’une manière qui surpasse toute parole et tout sentiment. »

[II° cantique spirituel str 1 – Saint Jean de la Croix ]

HOMELIE SEIZIEME DIMANCHE ORDINAIRE A

Imaginez, frères et sœurs…
Vous êtes au pied d’une montagne.
Et certaines montagnes sont décourageantes, rien qu’à les regarder…
Les montagnes du désert, par exemple.
Bref, vous êtes devant une montagne et on vous a dit que de l’autre côté il y a une terre féconde et riche…
Vous pouvez ne pas le croire.
Vous ne lâchez pas votre bout de terrain caillouteux et vous essayez d’améliorer ce que vous tenez. Quelques carottes et un plant de vigne , la plupart du temps dans l’ombre.
Vous prenez l’attitude du renard et les raisins, de la fable.
Il ne peut pas attraper les grappes, trop difficile; alors il fait le désabusé : « ils sont trop verts, dit il, et bons pour des goujats ! »
Pour tout dire, c’est la réaction la plus fréquente devant notre montagne.
Jusqu’au jour où il y a un glissement de terrain ou un éboulement qui renverse notre vie paisible. Et on se dit que la montagne existait vraiment…

Deuxième réaction. Vous vous dites :
S’il y a de l’autre côté une région juteuse, ça m’intéresse.
Et je déploie des moyens pour vérifier.
J’envoie des drones, je me renseigne sur internet, et je constate qu’effectivement c’est séduisant.
Mais il faut se bouger et décider de franchir la montagne.
C’est énorme même si, paraît-il, il y a des chemins fléchés.
Et en fin de compte on reste avec l’image de ce qu’on rate.
Ça permet d’alimenter nos rêves.
Peut-être, un jour, je me lancerai …

Et puis il y a l’attitude plus confiante.
 » Cette terre promise, ça m’intéresse. »
Et cette montagne, j’en fais mon affaire.
Bonne intuition mais présomption…
Car de cette montagne, par ses propres forces, on n’en vient pas à bout.
Ni pour la montée, ni pour la descente sur l’autre versant.
La montagne, ça trompe.

Dernière attitude, la plus ambitieuse et la plus sage:
On a besoin d’un guide.
Et on découvre que cette montagne inaccessible, change de visage à mesure que l’on progresse aux indications du guide.
Jusqu’au jour où on découvre de loin la plaine verdoyante.
Il reste des efforts, des dangers, mais une vraie joie, une libération habite le cœur.

Frères et sœurs, c’est une parabole.
D’actualité.
La montagne, c’est la souffrance c’est la maladie, c’est la mort. Par exemple.

Sans la foi, quand elle s’ébranle, il ne reste qu’à courir dans l’autre sens et à signer son suicide.
Sans le désir de la vie éternelle l’obstacle prend le dessus.
Il reste la peur.
La peur de perdre notre petit terrain.
La peur du non sens de notre vie.
La peur de la diminution de nos capacités. Réelle.
La plupart de nos dirigeants n’ayant pas la foi, ils ne peuvent que proposer une solution de vaincus.
Et comme le peuple ne peut jamais plus que ne peut son chef, nous sommes dans un peuple de vaincus.
Je l’ai déjà dit: c’est la révolte, dissimulée, contre Dieu.
Puisque tu ne me donnes pas la possibilité d’échapper à la souffrance et à la mort.
Puisque tu ne nous donnes pas la toute-puissance qui t’appartient, nous nous vengeons…
Nous refusons ton esprit de libération que ton amour nous offre.
Ton Esprit Saint.
Nous refusons de savoir ce qu’il y a derrière la montagne.
Parce qu’on devrait recevoir une leçon de l’Église.
On préfère obéir au diable qui nous fait croire que nous sommes tout-puissant sur la mort, que d’obéir à l’espérance de l’Esprit Saint.
Le renard et les raisins.
Il fait le brave et c’est le vaincu.
Il traite les autres de goujats, (ceux qui ont l’espérance…) et s’en va les oreilles basses.
Sauf que le renard, il essaie par tous les moyens d’interdire l’accès à la foi ceux qui pourraient regarder vers le Ciel.
On préfère enfumer la conscience des peuples plutôt que d’admettre le témoignage de ceux qui ont expérimenté la lumière et la paix du Christ.

En fait, il y a toujours nécessité de faire confiance et de recevoir l’espérance d’une terre promise.
Si on ne commence pas par recevoir la grâce – et il faut la recevoir à genoux – (voyons, parmi nos dirigeants ceux qui sont capables de se mettre à genoux…)
Si on ne commence pas par recevoir la grâce, on reste petit.
Et on trouve des solutions petites.

Ceux qui ont des oreilles pour entendre qu’ils s’entendent.
Ou plutôt je dirais :
Ceux qui ont des genoux pour se mettre à l’écoute de Dieu, qu’ils ouvrent leur cœur.

Je reviens à ma parabole.
Il est possible d’avoir quelques informations sur la terre promise de l’autre côté de la montagne.
Mais cela ne suffit pas.
Il faut s’en remettre à l’Esprit Saint pour partir sur le chemin du Christ.
L’information ne suffit pas.
Croire à la bonne nouvelle ne suffit pas.
Il faut croire que l’Esprit Saint viendra à notre secours
Pour prier
Pour nous faire trouver un guide.
Pour nous harmoniser avec l’Église.
Et vivre l’obstacle comme chemin rédempteur de Jésus-Christ.

Si cette loi sur la fin de vie est définitivement conclue, elle propose une conception de l’homme fermé sur lui-même, et pour nous chrétiens, elle nous indique l’ivraie dans le champ de blé.
L’ivraie qui pousse et endommage un peu le champ, mais n’empêchera pas la belle moisson du champ de blé.
Les fils du mauvais disparaîtront.
Les fils du royaume resplendiront.
C’est Jésus qui le dit.
Mais ce n’est pas à nous de faire le tri.

Dieu est au-dessus.
C’est le livre de la Sagesse qui nous le dit en clair.
 » ta domination sur toute chose
te permet d’épargner toute chose.  »
Cela est tellement juste.
Celui qui ne domine pas, exécute.
Celui qui domine donne la vie.
Celui qui ne domine pas donne la mort pour se croire dominateur.

Et voilà ce qui devient évident :
Celui auquel il manque la lumière de la foi…
De la foi en un Dieu qui donne la vie, et de la foi en un Dieu qui sauve, qui nous rend vainqueur du péché originel, de la souffrance et… De la mort..
Celui qui n’a pas cette lumière en lui, va poser la vie, non pas en premier, mais derrière une autre priorité qu’il appellera sa dignité : le bien être, tel ou tel succès, et à vrai dire, n’importe quel intérêt qu’il considérera de première importance pour lui.
De toute façon, à partir du moment où je ne mets pas ma plus haute dignité à être ‘enfant de Dieu et vivre de la vie éternelle, je vais mettre ma dignité dans n’importe quel sous produit de ma vie.
L’horizon de notre nature ne s’ouvre que quand elle est accomplie par la grâce de Dieu.
Si on ne considère pas que Jésus a sauvé le monde par ses souffrances et par sa mort.
Si on ne considère pas que la réponse à la souffrance que s’infligent les hommes devient souffrance rédemptrice, par la Croix, alors on dit au Christ : ‘ je ne crois pas que tu as sauvé le monde ́. On traite Jésus de menteur, et Dieu par la même.
C’est la première accusation du diable : ‘pas du tout ! Dieu vous ment !’ dit il à Eve.

Qu’il y ait des situations dramatiques de souffrances, horribles où l’homme est écrasé de souffrances (qui peuvent être adoucies par des soins palliatifs cependant), on ne peut pas nier.
L’homme est faible, sans la grâce.
Tout en sachant, que la souffrance vient du péché originel et de nos propres fautes…
Mais inscrire dans la Loi la démission devant la souffrance, c’est mépriser la conscience des chrétiens, disciples du Christ.
C’est cracher sur Jésus une nouvelle fois en lui disant : tes souffrances et ta mort n’ont servi à rien.
Elles n’ont rien sauvé du tout.

L’homme sans L’Esprit Saint est inévitablement soumis à sa pauvreté; il ne s’attache plus à la dignité de la vie, et au dessus de tout de la vie éternelle, il va se sacrifier pour échapper à son aveuglement.

Le diable a fait un petit progrès dans son imitation.
Il y a toujours eu des martyrs de Dieu, de la Vérité.
Maintenant, il y a les martyrs du mal, de l’abandon, et en fin de compte du diable.
Il y avait les martyrs par amour.
Il y a les martyrs de la lâcheté et du désespoir, … Martyrs du rien du tout.

Ce qui fait de la peine, c’est que nombreuses petites âmes vont être encouragées à abandonner le chemin de lumière.
Quand quelqu’un grimpe la montagne, essoufflé, si vous lui répétez : ‘tu peux arrêter ta montée ici, on t’applaudira quand même..!
Jette toi dans le vide, ça sera quand même plus rapide
Ça ne l’encourage pas à rejoindre la terre promise.
Ni à trouver les meilleurs moyens pour dépasser l’homme blessé et découvrir le royaume éternel de joie divine.

HOMELIE QUINZIEME DIMANCHE A

Chers frères et sœurs,
Avec cette parabole du semeur, nous entrons dans un sujet très difficile pour nous, petits humains qui nous entravons les pieds sur le chemin de la vie éternelle.
Nous entrons dans le sujet de la prédestination.
Alors, avant d’engager le sujet, tout de suite je pose une certitude que jamais on ne peut remettre en question : Dieu propose toujours, ( toujours et à chacun ) la grâce suffisante pour entrer dans le Royaume des Cieux.
Voilà, c’est posé.
Parce que Dieu veut que tous les hommes soient sauvés.
Ça ne peut pas être autrement.

A chacun la grâce est unique; elle n’a pas même proportion et elle n’a pas même mode entre deux personnes, selon ce qu’elle est reçue;
Mais elle est toujours là.
et deuxièmement la grâce peut-être refusée;
c’est toujours terrible, un amour qu’on rejette, mais il y a des refus qui sont graves, destructeurs, et d’autres de moindres blessures.

Autre constatation…
Celui qui refuse d’avancer sur le chemin de Dieu, sur le chemin de conversion, croit toujours, même dans son inconscient, qu’il a un certain pouvoir. Et même un certain pouvoir sur Dieu.
‘ tu vois, je peux contrecarrer le plan que tu avais prévu. Tu ne m’empêcheras pas d’être libre.’
Ça peut être dit avec bravade, ancré dans son refus et sa rébellion.
Ou bien ça peut être dit avec honte, en regrettant d’avoir été si nul.
Mais de toute façon il croit qu’il a eu un certain pouvoir contre Dieu.
Hé bien , il se fait complètement illusion.
Ce n’est pas parce qu’on a refusé d’avancer sur un chemin que le chemin s’arrête.
Ni même que Dieu va changer son plan d’un millimètre.
Ni nos péchés – ni nos prières d’ailleurs – ne peuvent le déterminer à quoi que ce soit.
Cela met en rage le démon. Il ne peut pas empêcher Dieu d’aimer…

La grâce de Dieu atteindra son intention.
Parce que Dieu n’est pas homme.
C’est très difficile à concevoir pour nous, mais rien n’arrête Dieu dans son intention et dans son développement providentiel.
Rien.
Rien ne peut influencer Dieu d’une miette.
En rien, absolument rien, nous ne pouvons modifier le battement d’amour du cœur de Dieu…
Dieu nous propose le bonheur.
On peut le refuser…
Mais c’est alors que ce bonheur était déjà accordé à quelqu’un d’autre.
Il n’y a rien de plus absolument nécessaire que Dieu réalise ce qu’il veut, comme il veut.
C’est très difficile à concevoir, mais Dieu accepte l’imperfection et le mal, par amour.

Notre amour à nous, il consiste à tellement vouloir le bien pour celui qu’on aime qu’on ne peut pas supporter de voir quelqu’un qu’on aime rater ce qui ferait son bonheur.
Ça nous rend malade de voir quelqu’un, et d’autant plus qu’il est de nos proches, rater ce qui aurait pu lui donner le plus grand bonheur.
On voudrait tellement l’obliger à vivre heureux, parce qu’on l’aime !

Obliger nos enfants à travailler à l’école pour qu’ils aient une bonne situation…
Obliger nos enfants à avoir des relations saines pour qu’ils trouvent leur épanouissement…
Obliger notre mari à comprendre la délicatesse, le respect, la tendresse de l’amour.
Ce serait tellement plus magnifique…
Obliger notre femme à prendre du repos ou à faire moins à manger pour que toute la famille ne soit pas en surpoids…

Et bien non…. Dieu n’agit pas en obligeant.

C’est très difficile et c’est l’une des questions les plus fréquentes contre Dieu
Mais pourquoi Dieu permet-il le mal ? :
Tout simplement parce que Dieu est plus grand que nous et que ce n’est pas à nous de lui faire la leçon et de lui dire qu’il pourrait faire mieux.
Ne pas permettre le mal c’est un bien qui fait du mal.
Dieu permet le mal, c’est-à-dire le refus de sa grâce, parce qu’il veut un bien grand, et même infini.

Question :
‘ mais si Dieu nous forçait au Bien il y aurait tellement plus d’hommes heureux et de femmes heureuses…?!’
Ils seraient heureux effectivement mais pas du bonheur de Dieu.
On n’est heureux que du bonheur que l’on a choisi, jamais du bonheur qui nous a été imposé.

Je ne sais pas exactement comment, mais je sais qu’il aurait été plus dommageable que l’ange mauvais, le démon, ait été forcé au bonheur, qu’il soit en quelque sorte un robot heureux, bien huilé, .. il aurait été plus dommageable de ne pas lui laisser la possibilité de se rebeller de façon terrible contre celui qui lui laissait le choix.
Il est malheureux, mais il a été respecté.
Prisonnier de sa faute.
Un bonheur qui n’est pas libre, c’est comme violer quelqu’un pour faire son bonheur.
Et cela est pire que l’enfer.
Voilà pourquoi Dieu permet le mal. Et pas simplement comme une hypothèse de travail, mais comme une réalité qui s’est concrétisée.
Et voilà pourquoi les hommes, en voulant copier Dieu, se crée un enfer pire que l’enfer en voulant imposer le bonheur à ceux qu’ils aiment.
Pour Dieu, le pire c’est d’imposer.
Que de pleurs ont coulé pour avoir voulu forcer au bonheur !
Pour Dieu, le sommet, c’est de proposer la liberté de choisir le bonheur ou le malheur.
Mais cette liberté, pour qu’elle reste liberté, elle ne peut pas être calibrée et avoir une formule.
Elle nous sera toujours inconnue dans sa source.
C’est ce qui nous gêne. Cette liberté est très lourde pour l’homme.
Nous voudrions savoir comment Dieu a fabriqué la liberté pour pouvoir nous-mêmes agir sur notre liberté.
Et ce n’est pas possible.
La liberté ne se calcule pas; elle se vit.

Aimer quelqu’un c’est lui faire confiance pour son bonheur.
Ce qui suppose au départ la capacité de lui pardonner s’il a fait son malheur.
C’est fou pour nous.
C’est impensable. Ça nous crée tellement d’angoisse.
Parce que ce n’est pas nous qui créons le bien.
Pour Dieu, c’est l’ultime perfection derrière laquelle il y a toujours une surabondance de lumière, de grâce, ou de pardon.

À quelqu’un que l’on aime, lui dire notre amour, c’est lui dire :
Je t’aime tant, je t’apprécie tellement, et je t’estime tellement que je te laisse la possibilité de faire ton malheur si tu rejettes le bonheur que je t’indique.
Et je t’aimerais encore si tu trahis l’espoir que je mets en toi.
Même dans ton malheur, je t’aimerais, quand tu m’auras rejeté.
Cependant, je t’aimerais encore plus si tu prends la voie de ton bonheur.
Cela est tellement beau… parce que c’est divin.
Dieu aime jusqu’au diable alors même que celui-ci lui crache dessus.
Aimer vos ennemis…
L’Ennemi c’est celui qui veut son malheur en voulant le nôtre.
L’ennemi c’est celui qui est susceptible de faire notre malheur.
Je vous le répète c’est au-delà d’une conception humaine, d’un réflexe humain.
Et pourtant Dieu est plus grand que notre cœur; il est plus grand que notre ennemi; il est plus grand que le cœur ennemi qu’il y a en nous.
Mais cela, pour le comprendre, il faut pleurer dans l’Esprit Saint.
Heureux ceux qui pleurent, le Royaume des Cieux est à eux.
Ce n’est pas ‘heureux ceux qui fouettent les autres pour les rendre heureux’.
C’est ‘ bienheureux ceux qui pleurent devant le malheur, celui des autres et d’abord leur propre faiblesse’
Le Royaume des Cieux est à eux.
Ils ont compris la grâce de Dieu.

Sauf que Dieu ne pleure pas.
Il est au-dessus.
C’est sur terre qu’on pleure.
Au Ciel on ne pleure plus.
Dieu touche le mal qu’il y a dans le monde : tous nos refus, nos aveuglements et notre bêtise, toutes nos haines et nos enfermements, il les touche, mais par une surabondance de bien dans un flot éternel de lumière et de bien.
Nous, nous n’avons pas ce flot surabondant.
Et nous, nous avons nos larmes pour demander à Dieu non pas qu’il mette fin au mal, c’est tellement bête aussi, c’est tellement loin de son intention…
Nous avons nos larmes pour demander à Dieu que nous restions dans sa grâce alors même que le mal nous environne de ses flots obscurs qui proviennent de nous ou du monde, et qui sont permis pour un plus grand bonheur.

Dans ma vie j’ai fait des erreurs, j’ai fait du mal, vous ne me croiriez pas si je disais l’inverse, mais nourri de la petite Thérèse je me suis aussitôt dit que Dieu avait la grâce pour le mal ou pour les erreurs que j’ai faites.
Et que désespérer du pardon surabondant de Dieu serait pire encore que d’avoir dérapé.
Je parle de la petite Thérèse mais je pourrais prendre aussi les paroles de Saint Paul.
«Là où le mal a abondé la grâce a surabondé»
Et il parlait en connaissance de cause.
Ça c’est la merveille divine et ce ne sera jamais la merveille humaine.

Mais attention : ce n’est pas parce que Dieu permet que nous choisissions le mal et donne la possibilité de guérir de ce mal par une nouvelle grâce, ce n’est pas parce que Dieu permet, que ça n’a pas d’importance.
Parce que celui qui se détourne de Dieu, petitement ou de façon obstinée, perd de toute façon un certain goût de la grâce.
On risque de dire que Dieu le punit. Mais non Dieu ne punit pas !
C’est tout simplement le pécheur qui s’éloigne… de l’intensité de son bonheur.
Et c’est cela sa première punition qui ne dépend que de lui.
Il va perdre le goût de la grâce.
C’est terrible que de perdre le goût de la grâce
Parce que Dieu propose toujours son pardon. Mais celui qui est en faute perd le goût de demander le pardon. Il se tort sur lui-même.
Et plus il sera en faute moins il sera capable de demander la grâce de pardon.
Il y a comme un effacement de la bonté de Dieu dans le cœur de celui qui s’éloigne de Dieu.
Là est le mal le plus terrible qui peut mener au plus grave péché, celui de désespérer de l’Esprit Saint. Notre âme s’est vidée comme un ballon dégonflé qui ne s’élève plus.

Dernière remarque.
Mais je le répète, la position de Dieu vis-à-vis du mal ne peut être reproduite par l’homme.
Celui qui aime doit demander à Dieu de faire passer son amour dans celui qui l’aime.
Tout en restant dans une position d’éducateur vis-à-vis de l’être aimé.
Un éducateur qui restera toujours maladroit, mais qui doit prie pour l’être un peu moins.
Un éducateur en fait, c’est juste un prophète qui, souvent, doit admettre de prophétiser dans le désert, là où le démon habite.
Un éducateur qui veut respecter son disciple, tout en restant clair vis-à-vis de ce disciple.
Un éducateur qui prie d’accepter un rendement moindre que ce qu’il avait prévu.
Tel le semeur de la parabole.,
C’est Dieu qui fera la moisson.
L’éducateur indique un chemin.
Dieu est lui-même la lumière du chemin, le chemin et la récompense.

HOMELIE QUATORZIEME DIMANCHE ORDINAIRE A

Saint Paul parle de l’emprise de la chair et il parle de l’emprise de l’Esprit.
De toute façon nous sommes sous emprise.
Parce que nous fonctionnons toujours sous un registre ou sous un autre.
Et ce registre, nous ne pouvons pas le changer du jour au lendemain.
Nous choisissons notre programmation interne.
Or, il n’y a rien à voir entre l’emprise de la chair et l’emprise de l’Esprit. c’est encore Saint Paul qui le dit.
Ça veut dire quoi ?
D’abord, la chair, ce n’est pas uniquement le sexe.
La chair pour Saint Paul, c’est l’esprit du monde.
Le sexe se plaît à y réserver sa place, il est vrai ( pour certains envahissante, obsessionnelle) mais en fait la chair, c’est tout ce qu’il y a de naturel et d’un naturel dévié, pollué.
Le naturel en nous est toujours touché par du blessé, du pollué et du tordu. Même s’il peut avoir quelque sursaut de bonté.
Toutes les idéologies qui s’appuient sur une recherche du naturel, pur, s’appuient sur du rêve.
Que ce soit de grandes philosophies, tel que le stoïcisme ( qui recherche la vertu ) ou le Rousseauisme ( la recherche du naturel du bon sauvage), ou l’épicurisme ( la recherche d’un plaisir maîtrisé), où l’idéologie hitlérienne ( la recherche de la race pure), mais il y en a des dizaines comme cela.
Toutes, elles se cassent les dents sur la réalité qui n’est jamais pure et idéale.
Plus dévaluées, mais qui font fureur, les disciplines ‘soft’ : le Zen, ( l’équilibre de nos énergies naturelles), l’écologie ( l’équilibre harmonieux de l’homme avec la nature, et avec soi-même), que ce soit le culte de la beauté, ou encore celui du libertinage ( le culte du plaisir facile), ou bien dans la recherche de la richesse culturelle… mais on peut encore en trouver des dizaines qui rêvent toutes d’un équilibre du corps et de l’esprit, libres.
Tout cela c’est l’esprit du monde, c’est la chair.
C’est l’emprise de la chair qui ligote le jugement à son service.
Eh bien, tout cela ne rejoint en rien, même de très loin, la vie dans L’Esprit Saint.
Il y a incompréhension totale entre les deux vies.
Celui qui vit selon l’esprit de la chair vit dans une maison aux volets clos sans jamais savoir ce qui se passe à l’horizon de l’Esprit.
Et celui qui vit selon l’Esprit Saint vit sous un plein soleil.
Il voit bien qu’il y a des maisons au volets clos mais il n’a aucune idée de ce qu’il s’y passe à l’intérieur.
Soit il a perdu cette idée de l’attirance de la chair.
Soit plus rare, il ne l’a jamais vraiment eue.

Ce que nous concevons difficilement, c’est que nous sommes sur des planètes différentes.
Des systèmes de pensée
Des appréciations morales qui ne se rejoignent pas.
Des finalités qui ne se reconnaissent même pas de loin.
Celui qui vit selon la chair peut parler à quelqu’un qui vit selon l’Esprit. Mais l’un et l’autre ne peuvent pas se comprendre, parce que des mêmes mots ont en eux des sonorités et des échos très différents, dans leurs connections avec la logique et leurs passions.
Quand je vous parle en ce moment, je peux vous parler de l’amour du Christ par exemple.
Si vous êtes sous l’emprise de la chair l’Évangile restera sans goût.
Tout va être teinté selon un sens charnel.
Quand je dis que le Christ est doux et humble de cœur.
Si vous êtes sous l’emprise de la chair vous allez comprendre cette douceur et cette humilité comme appartenant à la chair.
Et c’est faux.
Jésus n’a pas pris ce sens-là.
Le cœur selon le Christ ce n’est pas l’affectif.
La douceur selon le Christ n’est pas une caresse.
L’humilité selon l’Esprit du Christ, n’est pas l’abaissement.
Et pourtant c’est ainsi que va comprendre celui qui vit dans la chair, avec sa meilleure bonne volonté.

Jusqu’au XX°siècle, nous étions dans un monde névrosé qui n’a pas réussi à rendre respirable les merveilles de sa nature.
Alors
Nous sommes passés maintenant dans un monde schizophrène que l’on veut recréer de toutes pièces, dans un enfer d’inventions et de virtuel.
C’est la vengeance de l’homme contre Dieu.
 » Puisque tu ne nous as pas laissé, Dieu, être tout-puissants par nous mêmes, hé bien nous serons tout-puissants pour tout détruire de la chair et de l’esprit. »
Le but de notre monde actuel n’est pas le développement, le progrès, la recherche de perfection; il n’est pas la défense de belles valeurs, de liberté, de création, ni même de volonté de puissance… tout cela c’est fini.
Finie l’illusion… Enfin !
L’illusion de la grenouille qui veut par elle-même se faire plus grosse que le bœuf.
Le but de notre monde actuel est un affolement désespéré pour ne pas dépendre de Dieu.
« Je préfère me détruire, je préfère déconstruire, et même je préfère la folie plutôt que de dépendre. »
Nous ne pouvons pas lutter contre cet enthousiasme de la destruction.
L’Esprit de vie que Dieu a insufflé dans sa création est toujours aussi fort.
Mais quand on ne veut pas dépendre on fait cap sur la mort plutôt que sur la vie.
Un nouvel idéal se substitue à l’ancien.
L’ancien c’était la vie, avec des sursauts d’Esprit Saint et des retombées dans la chair, mais enfin, c’était la vie.
Le nouveau, c’est la disparition de la vie.
La disparition de l’esprit, de l’art, de la morale, de la beauté, de la nature.
Le monde dans son idéal, a commencer à changer de cap, il y a un siècle.
Dans tous les domaines.
Sauf l’Église.
Il ne reste que l’Église qui est porteuse de vie et d’Esprit Saint.
Mais si le monde a échoué à être tout-puissant dans la vie, ce qu’il ne sait pas encore… c’est qu’il va échouer à être tout puissant dans la mort.
Pourquoi ?
Parce que Jésus-Christ est Sauveur et que Jésus-Christ est ressuscité.
Le monde va souffrir.
Il souffre.
Mais il ne va pas réussir à abattre la Croix et la Résurrection de Jésus, notre Sauveur.
Le chrétien, est celui qui s’est réfugié sur ce frêle navire, insubmersible, qui a déjà passé tous les temps, et toutes les tempêtes, et qui s’avance gaiement entre le mystère insondable du mal sur lequel il vogue et le mystère insondable du Bien pour lequel Dieu le porte dans sa main et dans son cœur.
Et il sait que l’un et l’autre, l’un et l’autre de ces mystères vont se résoudre dans la Transfiguration du Christ ressuscité.

Dans l’un de ses romans chefs-d’œuvres, [ les Possédés ] Dostoïevski se pose la question, insistante :
 » toute la question est de savoir si Shakespeare est supérieur à une paire de bottes ou Raphaël a un bidon de pétrole ! »
Autrement dit, est-ce que l’on pourra atteindre le génie par la technique…
Est-ce que l’Esprit Saint pourrait être mangé à la sauce du monde et de la chair ?

Saint Paul a répondu.
 » celui qui a ressuscité Jésus, le Christ, d’entre les morts
donnera la vie à vos corps mortels par son Esprit qui habite en vous.  »
Il n’a pas répondu que la chair pouvait donner la vie à l’esprit…
Ça ne marche pas dans ce sens.

Je crois Saint Paul, je sais que je ne serai pas déçu.
Avec cependant une certaine tristesse pour tous ceux qui se seront trompés et qui auront misé sur le monde.

HOMELIE TREIZIEME DIMANCHE ORDINAIRE A

Frères et sœurs, si je vous demande : « comment est-ce que vous témoignez du fait d’être chrétien ? »
« quel est votre témoignage de foi ? ».
Normalement, vous allez me dire :
« je crois en Jésus-Christ.
La preuve c’est que je suis à la messe… »
Je fais ma prière; j’essaie d’être bon vis-à-vis de mon prochain.
Parce que le Christ a dit ‘ aime ton prochain comme toi-même.’
Et je vais vous reposer la question :
« quel est votre témoignage ?»
Venir à la messe c’est très bien…
Mais vous allez chercher votre pain à la boulangerie régulièrement. et ce n’est pas spécialement un témoignage.
Peut-être même qu’à la sortie de la messe vous allez faire votre marché…
Ce n’est pas parce qu’on fait une chose régulièrement que c’est un témoignage.
‘ oui mais c’est pour Jésus-Christ’.
J’admets…
Mais pour qu’il y ait témoignage il faut qu’il y ait quelque chose qui sorte de l’ordinaire.
Si l’on veut témoigner de la vie éternelle dont Jésus est venu accomplir le chemin, il faut qu’il y ait quelque part en vous quelque chose qui vous dépasse.
Si vous venez à la messe comme vous allez faire les courses, ou comme vous iriez en fin de semaine à la plage ou à la pêche…
Et encore, à la messe, ce n’est pas toujours d’un coeur joyeux qu’on se bouge…
Si on vient à la messe en ayant d’ailleurs dans la tête les dernières informations sensationnelles du jour, en traînant les pieds, est-ce que c’est un témoignage ?
On amène une partie du monde au milieu de l’Église, et on repart retrouver le monde…
Et qu’est-ce qu’on vient d’entendre ?
Qu’il faut être prêt à offrir un verre d’eau à un pauvre de Jésus.
Accueillir un prophète, prendre de la distance vis-à-vis de son père, de sa mère, de ses enfants.
Mais ça… est-ce que ça suffit pour être un témoignage ?
Les païens n’en font-ils pas autant ?
Ceux qui veulent tracer leur carrière, ou qui ont une ambition bonne ou mauvaise, quelque soit la religion, n’hésitent pas à faire des choix familiaux,.
C’est un chemin qui indique d’ailleurs une certaine maturité.
Préférer un noble but ou un noble amour aux avis contraires de sa famille, c’est dans l’ordre des choses naturelles.
Donc ce n’est pas en soi un témoignage chrétien.
C’est signe de maturité.
Celui qui n’a jamais préféré sa femme à ses parents, ou son mari à son père, ou à sa mère… il n’a pas besoin d’être chrétien pour savoir qu’il n’est ps accompli(e) dans sa personnalité.

Mais alors où se trouve le cœur du Témoignage d’un chrétien ?
L’expression qui suscite un appel à la grâce divine autour de nous ?
Oui il faut aller à la messe; oui il faut donner un verre d’eau à celui qui a soif; oui il faut dire à papa et à maman : maintenant je suis grand ou grande, je ne vous rejette pas, mais j’ai des amours préférentiels qui m’appellent à me libérer de vous, à marcher sur mes deux pattes, pour choisir mon chemin.
Tout cela, ce sont des bases naturelles qu’il faut vivre.
Pour y arriver certains vont mettre 15 ans d’autres 75 ans.
Nous ne sommes pas tous égaux…
Mais le témoignage, il ne peut s’appeler ‘chrétien’ que quand Dieu fait surgir, dans une racine mystérieuse de notre cœur, une passion.
La passion de Dieu, la passion de regarder le visage du Christ;
Qui nous fait quitter l’ordinaire de la route, l’ordinaire de la fidélité ordinaire.
Et comme le dit quelque part Madeleine Delbrel, une apôtre des banlieues parisiennes dans les années 50, cette passion ‘nous conduit à une marche entre deux abîmes… l’abîme mesurable des rejets de Dieu par le monde ( et là se dessine la croix du Christ inévitablement. parce que le monde qui veut tout faire pour sembler neutre et devient l’ennemi de Dieu lorsqu’il pressent son parfum à 10 kms).
Et le deuxième abîme c’est celui, insondable, du mystère de Dieu.
( et là, c’est une autre frayeur, qui se résout par l’espérance à se blottir dans les bras de Dieu)
Le témoignage commence où l’ordinaire s’arrête pour laisser place à la surprise de Dieu.
Alors on embrasse son père ou sa mère pour leur dire : ‘Dieu a pris mon cœur, Jésus-Christ m’appelle au plus intime, et la part du cœur que vous m’avez donnée, maintenant je vous la laisse pour vivre de la part du cœur de Jésus-Christ.
Voilà le témoignage.
Ah… évidemment, là Jésus-Christ n’apporte pas toujours la paix familiale quand l’amour familial est captatif.
Le témoignage du chrétien c’est un témoignage à la mort et à la vie.
Il ne parie pas sur la mort et sur la vie des autres mais sur la sienne.
Le témoignage d’un chrétien c’est le regard de Dieu qu’il porte à son voisin.
Et notre voisin doit être surpris de nous voir marcher droit dans un oui que personne ne peut arrêter.
« Que votre ‘oui’ soit ‘oui’ à Dieu. Que votre ‘non’ soit ‘non’ au monde ».
Qu’aucune angoisse ne peut arrêter. aucune épreuve. aucune tentation…
Marcher droit dans une réalité qui nous dépasse.
J’aime bien répéter que le chrétien est celui qui vit en permanence au-dessus de ses moyens.
Parce qu’il vit dans un amour qui l’appelle toujours plus loin, à toujours plus de qualité, a toujours plus de vie et à toujours plus de mort.
Si quand vous rentrez dans cette église pour la messe par exemple vous n’avez pas un certain frémissement d’une réalité supérieure qui vous attend et avec laquelle il sera inévitablement difficile d’être en harmonie, alors ne vous dites pas chrétien.
Parce que ce serait un contre témoignage.
Et vous seriez dans un double mensonge vis-à-vis de ces gens qui ne sont pas chrétiens et qui vous regardent à la sortie de la messe.
D’abord, le mensonge de se croire chrétien alors que l’amour du Christ ne nous brûle pas.
Et le mensonge de se montrer chrétien alors que vous refusez d’entrer dans une dimension de vie éternelle.

Je vous donne un petit exercice pour mesurer votre témoignage et donc pour mesurer le rythme de votre cœur pour Jésus-Christ.
Tous les dimanches, se posent une ou deux personnes, ça dépend homme ou femme, sous le mûrier du bas de la rue Édouard Basset…
Ils ont une petite charrette avec quelques feuilles de chou, qui ne sont pas du chou d’ailleurs.
Notre témoignage nous demande d’aller à leur rencontre et de les interpeller sur l’Église, sur la grâce de la vie éternelle, sur la croix et la Résurrection de Jésus-Christ, sur le bonheur qu’il ne connaissent pas de l’Eucharistie et de l’Union à Jésus-Christ dans le Saint Esprit .
Ça, ils ne connaissent pas..
Dites-leur, à ces deux personnes, parfois une seule, qu’elles sont aveugles sur la beauté de l’Église et du Sauveur Jésus-Christ, Dieu et homme.
Et regardez les avec le regard du Christ qui est venu sauver les brebis perdues d’Israël.
Ils ont à peine le courage de dire qu’ils sont témoins de Jéhovah.
Allez donc les trouver vers 9h du matin.
Et demander à Jésus leur conversion.
Voilà un vrai témoignage.
Donnez leur donc un petit verre d’amour de l’Esprit Saint.