FETE DIEU SAINT SACREMENT 2024

“ Si tu connaissais le don de Dieu et qui est celui qui te dit : Donne-moi à boire ! tu lui aurais toi-même demandé à boire, et il t’aurait donné de l’eau vive ”.
« Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que moi je lui donnerai n’aura plus jamais soif; et l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’eau jaillissant pour la vie éternelle. » [Jean 4, 13,14]
La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » …Il leur dit : « Maintenant, puisez, et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Et celui-ci goûta l’eau changée en vin. [Jean 2, 8-9]
Le pain de Dieu, c’est celui qui descend du Ciel et qui donne la vie au monde. » Moi, je suis le pain de la vie.
si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement.
Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. » [Jean 6 48,51]
Les pharisiens et les scribes récriminaient contre lui : « Cet homme fait bon accueil aux pécheurs, et il mange avec eux ! »[Luc 15, 1]
Il prit du pain; et, après avoir rendu grâces, il le rompit, et le leur donna, en disant:
« Ceci est mon corps, qui est donné pour vous; faites ceci en mémoire de moi. » [Luc 22, 19 ]
Celui qui mange ma chair et qui boit mon sang a la vie éternelle; et je le ressusciterai au dernier jour. [Jean 6, 54]
Un pharisien avait invité Jésus à manger avec lui. Jésus entra chez lui et prit place à table. [Luc 7, 36]
Jésus leur dit : « Pouvez-vous faire jeûner les invités de la noce, pendant que l’Époux est avec eux ? [Luc 5, 34]
Dans les évangiles, nous avons l’impression que Jésus non seulement ne se prive pas de manger, mais qu’il nous invite à manger….
Il ne parait pas en ascète comme Jean-Baptiste qui ne se nourrissait que de sauterelles et de miel sauvage.
Jésus multiplie les pains. Il invite au festin des noces. Il se laisse reconnaître à la fraction du pain ou au partage de poissons grillés.
Et l’une de ses dernières paroles est : ‘prenez et mangez. Prenez et buvez’

Ça donne faim, de lire l’Evangile… !
Pourquoi cette approche de Jésus ?
Jésus n’est-il pas venu ouvrir les portes du Royaume des Cieux ?
N’est-il pas venu allumer en nous le feu de l’Esprit-Saint et nous apprendre à nager dans la vie éternelle ?
Pourquoi n’est-il pas un Bouddha qui se suffit d’un grain de riz pour ses repas ?
La petite porte de Jésus n’est pas dans l’ascèse, en fait.
Elle est dans l’humilité et l’oubli de soi, par un mouvement d’amour du fond de notre cœur.
Mais ce que nous propose Jésus est tout simplement admirable.
Je veux juste entrer dans ses pas, comme les foules, comme la samaritaine ou Zachée ou tous ceux qui ont partagé la table de Jésus.
Or, que se passe-t-il quand je suis à côté de Jésus ?
Il va me parler de nourriture. Et il va insensiblement tourner mon regard non pas au-dessus de cette nourriture, mais vers la faim qui attire mon cœur.
Et de cette faim il va combler le désir.
Désir du corps, désir de l’âme.
Le grand miracle continuel de l’enseignement de Jésus, c’est de parler de la terre, de la chair, et en même temps de nous aspirer vers le Ciel.
Jésus nous met l’eau à la bouche et on se retrouve dans une dynamique d’esprit. Exercice extrêmement fin .
Nous sommes comme ‘le cerf altéré qui cherche l’eau vive, dont l’âme aspire après Dieu.’
La nourriture terrestre, quand elle est évoquée par Jésus enclenche une faim spirituelle.
Et ce phénomène est mystérieux et original. Puissant !
Et le plus grand miracle dont Jésus va doter son Église, va être un miracle à l’apparence de pain et de vin.
Il n’y a pas plus commune comme matière.
D’ailleurs, quand notre âme n’est pas purifiée par la prière et par le sacrement de la réconciliation, la messe nous apparaît comme banale et ennuyeuse.
Elle n’a pas de goût.
Ce repas pascal où on touche au Corps du Christ ressuscité, schématisé par la liturgie peut déboucher sur une insignifiance du symbole et une certaine lassitude. ‘Je dois aller à la messe tous les dimanches… quelle corvée !’
Mais si on s’approche avec la crainte de la foi, alors ce festin, réduit à une hostie d’un demi-gramme, devient apaisant d’une immense paix de la Présence de Jésus.

Il restaure notre âme, et notre corps avec presque plus d’évidence encore, par la force de Dieu.
Et Jésus a réussi… réussi à faire passer l’homme, tout en réactions sensibles, jusqu’à la jouissance de l’esprit qui n’a rien à voir avec la satisfaction du plaisir des sens et d’un estomac repus.
Jésus a déployé un pont invisible pour relier ce qui fait la grande difficulté de l’homme et de la femme : trouver une unité entre son désir charnel et son désir spirituel.
Dans l’Histoire de la spiritualité, il y a cette recherche fréquente de l’homme de se libérer du poids de son corps.
Il va se restreindre, se priver, parfois mépriser son corps pour ressentir une plus grande légèreté de l’âme. C’est ce que préconise Platon et ses héritiers d’esprit. En fin de compte, se couper de sa nature charnelle pour goûter à l’intensité de l’esprit.
Or, Jésus ne préconise pas ce chemin.
Il est exigeant pour le corps, bien sûr, parce qu’il sait bien que celui-ci penche vers l’affaissement du péché originel.
« La chair ne sert de rien »; « si ton œil te porte au péché arrache-le »;
« l’esprit est vif mais la chair est faible »
Et pourtant, Jésus revalorise le corps, ce corps qui, pour chacun de nous, ressuscitera.
Jésus exalte le corps, et le tout premier celui de la Vierge Marie qui l’a porté 9 mois.
Et plutôt que le rabaisser, il va déployer une passerelle, de la nuit à la lumière. Jésus veut qu’on mange.
Et il veut qu’on mange son Corps. Qu’on boive son Sang.
Il n’y a qu’une solution pour être chrétien : c’est d’aimer le Corps de Jésus !
Et de permettre à Jésus, lumineux de la grâce divine, de sanctifier notre corps et notre âme en mangeant son Corps ressuscité.
Il y a bien quelque chose d’extrêmement puissant dans le sacrement de la communion. Ceux qui, pour une raison ou pour une autre, ne peuvent pas communier le ressentent en creux.
Il est vrai qu’il y a un beau respect de l’Hostie consacrée quand on approche de la communion sans communier parce qu’il y a dans notre vie une coupure avec la passerelle de lumière.
Cette coupure peut être fine : un retard à la messe, si on arrive après l’offertoire. D’être en chemin vers sa première communion, ou d’avoir déjà communier quelques heures auparavant. A ce moment là, il n’est pas profitable de communier.
Cette coupure peut être plus large : Pour ceux qui ne se sont pas confessé depuis plusieurs mois, depuis 6 mois ou un an. Celui ou celle qui a commis un péché grave sans avoir reçu le pardon de Dieu.
Il y a aussi les situations qui demandent une conversion de vie :

si l’on vit en couple sans être marié, (on ne peut pas vivre sa sexualité en harmonie avec soi-même et sans utiliser l’autre, en dehors de la grâce du mariage).
Il y a d’autres brisures de la passerelle de lumière : par exemple ne pas pouvoir donner son pardon à quelqu’un. Haïr quelqu’un et vouloir l’exclure ou le tuer même dans son esprit. Avoir honte de Dieu dans notre travail ou à l’école, jusqu’à cacher notre foi.
Cacher un péché grave qui peut dater depuis longtemps.
Un usage de contraception artificielle qui dérègle notre nature.
Une déviation impure qui la pollue.
Ou… blessure profonde : un avortement.
Ce peut être de coopérer avec les esprits mauvais et poisons : ésotérismes divers, franc-maçonnerie – nous en avons parler récemment -, de nier ou de ne pas respecter ce qu’affirme l’Eglise dans ses vérités belles et pures…
Et puis notre conscience sait bien nous dire dans quels cas nous sommes en dessous de la ligne de flottaison pour recevoir l’hostie qui est la vie divine infinie.
Bref, pour revenir à la passerelle de lumière, il n’y a pas plus simple que ce repas si mince et si énorme en puissance de transformation de notre être.
La fréquentation de la communion est un déferlement de joie dans les profondeurs de notre âme.
Hier, j’ai donné une première communion à une jeune mariée. Et quelle joie que cette expérience d’accomplissement de tout son être !
Le mariage et la première communion… joie ! j’avais peur qu’elle ne soit prise d’extase, devant moi, ou s’envole au Ciel !
Les deux amours les plus forts dans une vie, au même moment… Une première fois.
Quand le Christ est là, en notre cœur, par son Corps sacré, c’est toujours comme une première fois, parce que c’est toujours une grâce d’intimité d’une nouveauté absolue.
Et dire qu’au Ciel, cette nouveauté ne sera plus renouvelée mais permanente.
Par la communion, nous goûtons – nous goûtons en intensité de vie, dans notre âme – dans la succession – à chaque messe – ce que nous vivrons en union permanente avec Dieu, au Ciel.

SAINTE TRINITE 2024

« Sache donc aujourd’hui, et médite cela en ton cœur : c’est le Seigneur qui est Dieu,
là-haut dans le ciel comme ici-bas sur la terre ;
il n’y en a pas d’autre. »
C’est incroyable… Il y a 3000 ans nous a été proposé cette méditation, petite méditation anodine : La présence de Dieu au ciel et aussi sur la terre… Cette méditation de 3000 ns a bousculé la connaissance de Dieu de religions. Et si nous la reprenions, cette méditation :
Au ciel… C’est quoi ce ciel ? Là-Haut ?
Dieu plane derrière les nuages ?
Est-il dans le bleu du ciel ou dans le noir étoilé ?
Si Dieu est élevé, là-Haut, n’est-ce pas davantage dans l’infini spirituel, qui est dans la fine pointe de notre âme, plutôt que dans l’espace interstellaire ? Et si Dieu est dans notre âme, n’est-ce pas lui qui contient et enveloppe notre âme ?
Dieu peut il être contenu ?
Dieu est dans le ciel…
Mais n’est-il pas plus grand que le Ciel ?
Comment peut-il alors être dans le ciel ? Et même dans le Ciel de notre âme ? Quelque chose, quelque espace, peut-il être plus grand que Dieu ?
Bien évidemment non…
Mais le point de rencontre avec Dieu… Oui c’est vrai, pour nous, il doit bien être quelque part.
Quelle difficulté !!
Dieu est nulle part, et il nous rejoint partout.
Et pourtant, il y a un partout qui est nulle part…
C’est notre âme et plus précisément dans l’acte d’amour de notre âme.
« Notre âme, où est elle ? » me demandait quelqu’un dernièrement…
Voilà toute la difficulté de la foi qui dure depuis 3000 ans et ne se résoudra qu’au ciel…
Au ciel ? Tiens le revoilà celui-là !
Au ciel, pas derrière nos petits nuages…!
Disons après notre mort…
Notre mort qui est simplement un changement de relation avec notre corps et avec Dieu.

Disons qu’un jour – qui ne sera plus un jour mais une éternité, c’est à dire le contraire d’un jour – nous saurons..
Nous verrons…
Quand nous ne verrons plus rien de nos yeux.
Mais plutôt nous expérimenterons dans un acte d’amour, corps et âme, ce que nous avons pas mal de difficulté à croire.
« Il est là ! » Répétait le curé d’Ars en guise de sermon à la fin de sa vie…. Mais ‘ là’, ça veut dire, qu’il est présent pour nous…
On peut dire qu’il est là, pour Jésus, dans le pain consacré . Tout en restant au-delà.
Mystère de présence que l’on traduit inévitablement par un endroit… Où rien n’est droit et où aucun espace ne le contient.
Bon, Dieu est au Ciel… on peut le méditer… Et puis… Dieu est ici bas, sur terre.
Ici bas… En bas…
Dans notre matériel du bas..?
Le plus étonnant, c’est que plus on se détache de la matière, de ce monde multiple et lourd, plus Dieu se fait proche, même dans notre matière, dans notre corps.
Dieu travaille notre cœur en creux.
Plus nous sommes creux, plus Dieu emplit notre vide ! Vide de notre pauvreté.
Vide de notre pureté.
Vide de vie même.
Vide de pensée.
On dirait que Dieu habite notre terre là où on lui fait de la place. Quand c’est trop plein, il ne peut pas se faufiler !
« tout pouvoir m’a été donné au ciel et sur la terre »… dit Jésus.
Ah bon..? Au ciel peut être…
Dans l’univers invisible des esprits. Par la foi, on peut y croire. Et on s’en trouve bien d’ailleurs.
Mais sur terre… Et bien… là, encore plus.. Il faut avoir la foi !
Et effectivement, la foi donne pouvoir sur la terre.
Sans la foi, c’est la débandade. On ne tient plus rien. Ça part dans tous les sens.

Mais oui, la foi déplace les montagnes.
’Heureux les doux, ils posséderont la terre.’
Pas comme des chefs de peuples qui ne possèdent rien en fin de compte. Regardez Genghis Khan, Charles Quint, Alexandre le Grand, Napoléon ou Mao, ils ont tout perdu, mais ils posséderont la terre comme les amoureux de la nature qui sont proches de la terre et communient avec elle.
Et celui qui a la foi est doux.
Doux par humilité et par compassion de la terre créée. Celui qui a la foi s’introduit avec le mystère transcendant du Dieu inconnu et dans l’harmonie silencieuse de la création.
Certains essayent de trouver cette communion en embrassant les arbres… Geste puéril d’une génération désorientée et déracinée de la vie.
S’ils prenaient une pioche et s’ils plantaient des patates ils se soigneraient de leurs frustrations…
Je n’ai jamais vu un paysan embrasser un arbre, parce que le paysan est en communion saine et naturelle avec la terre et son mystère.
Bien plus qu’un paysan, l’homme de foi, la femme de foi, en Jésus-Christ, sont en communion avec les énergies divines la Sainte Trinité qui habitent le chant têtu de la mésange ou l’éclat jaune du genet tout fier et magnifique. Pour rejoindre la terre et la nature, il faut passer par la Trinité, et non pas baiser les arbres ou lire Giono. ( Encore que Giono soit très beau)
C’est cela qui est magnifique dans notre religion catholique, c’est que par une douceur inexprimable, notre Dieu très-Haut, Père, véritable et unique Père, Fils, Verbe à l’origine de toute création, Esprit-Saint, peut nous élever en extase par excès d’amour.
Ces trois là, inimaginables, incompréhensibles, ineffables, avec un peu d’oreille affinée dans la prière, nous pouvons les goûter délicieusement dans la moindre étincelle de lumière, de relation ou d’événement au cours de nos journées.
Quelqu’un, un jour, me disait : ‘je cherche, le soir, deux ou trois moments de ma journée, pour remercier Dieu’… Exercice de gratitude et examen de conscience.
Mais y a-t-il une seule seconde de chacune de nos journées et de nos nuits, encore plus, pour laquelle nous ne devons pas remercier Dieu ?
Comment les autres religions, toutes les autres religions, n’ont-elles jamais découvert la Gloire du Père et du Fils et du Saint Esprit, dans une petite fourmi qui court, dans une pomme de pin, ou le chant du rossignol la nuit ?

Parce que Dieu a voulu faire passer sa lumière par son Fils pour qu’ainsi nous ne volions pas le cœur de Dieu qui est trine.
Et ceux qui ne veulent pas dire « Père » en passant par Jésus Christ continueront de s’attraper les arbres ou de grignoter les signes en les interprétant selon leurs fantasmes et leur ignorance.
En fait, nous recherchons tout au long de nos journées d’innombrables informations en tous genres pour calmer notre fringale de curiosité.
Mais une seule connaissance suffit pour apaiser notre âme et notre corps : La connaissance du Père, par Jésus-Christ, le Révélateur, en invoquant l’Esprit-Saint.
Puisque ce sera notre jouissance sans fin, dans quelques temps… La plus pure, la plus élevée et la plus dans notre corps même, notre corps ressuscité.

7° DIMANCHE – B – 2024

Monde et laïcité

Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils unique… »
 » la lumière est venue dans le monde » [Jn 3,19] et les ténèbres ne l’ont pas reconnue…
 » je ne suis pas venu pour juger le monde mais pour le sauver »
 » Père saint… le monde les a pris en haine parce qu’il n’appartiennent pas au monde »
 » tu m’as envoyé dans le monde.. les ai envoyés dans le monde »
 » je ne te prie pas pour le monde »…
Dans l’évangile selon saint Jean nous pourrions rebondir ainsi 78 fois sur le mot  » monde  »
Le monde qui est aimé
Le monde créé
Le monde sous le pouvoir du Mauvais, (du Prince de ce monde). Le monde haineux
Le monde terrain de mission.
Et Saint Jean est génial.
Parce qu’il reste réfractaire aux analyses de texte.
Les savants, vont essayer de décortiquer son Évangile en cherchant le sens des mots.
Mais ils n’arrivent à rien de concluant.
Et le mot ‘monde’ leur résiste tellement il a de nuances.
L’Évangile, tout particulièrement l’Évangile selon saint Jean, il faut le vivre pour le pénétrer.
Saint Jean est génial.
Parce qu’il a compris, par grâce, 2000 ans avant l’heure, la dégénérescence de notre esprit humain.
La dégénérescence de la philosophie politique.
Il y a un mot très à la mode depuis 100 ans, en politique.
C’est le mot  » laïque »
Et ben… tout simplement le mot ‘laïque’ correspond au mot ‘monde’ de l’Évangile selon saint Jean.
Attention ! le mot ‘laïque’ dans son sens actuel.
Parce que au départ le mot laïque était beaucoup plus noble et plus défini.
Il était clair.
Au commencement, le mot laïque donnait une distinction dans un monde religieux. Le monde était religieux.
Dans un monde religieux il y a des actes qui ne sont pas proprement religieux.

Être laboureur, crémière, garde champêtre ou postier, élever ses enfants, jouer au rugby ou étudier la position des astres…
Participer à la politique de son village ou de sa nation n’est pas proprement religieux.
Et donc, toutes ces activités étaient attribuées à des laïcs.
Ceux qui rendent à César ce qui est à César….
Ces hommes et ces femmes n’en étaient pas moins de grande vie intérieure et attachés au Christ.
Et puis d’autres, religieux, religieuses, se dégageaient dans la mesure du possible des affaires du monde, des affaires laïques pour ne se consacrer qu’à la recherche de la vie avec Dieu.
Tous rendaient à Dieu ce qui est à Dieu.
Cela c’était le premier et vrai sens, le sens strict, du mot laïque.
Et maintenant la politique s’est réappropriée le mot ‘laïque’ pour qu’il devienne synonyme de ‘opposé à religieux’.
Espace neutre, mais d’une neutralité vindicative, qui devient combattante. Combattante contre…
Et bien c’est exactement le sens du mot « monde » tel que Jésus l’a utilisé, et tel que Saint Jean l’a fort bien repris dans son Évangile.
« Je suis la Lumière du monde », dit Jésus.
« Je suis la lumière de la laïcité », aurait pu dire Jésus…
Le paradoxe, c’est que le monde et la laïcité sombrent dans l’incohérence si l’un et l’autre n’accueillent pas la lumière du Christ.
Et lorsqu’ils pataugent dans l’incohérence, inévitablement ils deviennent haineux vis-à-vis de tout ce qui ne leur appartient pas.
Le monde et la laïcité veulent se préserver une neutralité qui n’est légitime que dans un régime religieux de foi.
Et pas de n’importe quelle foi, mais de la foi en Jésus-Christ, Sauveur du monde et Sauveur de la laïcité.
Il est nécessaire d’avoir une hiérarchie des vérités.
Personne ne veut condamner la laïcité, mais elle doit être sauvée par la grâce du Dieu incarné, du Verbe fait chair, et donc par l’Église catholique.
Le monde en soi, la laïcité en soi, ne sont ni mauvais ni bons, s’ils acceptent la lumière du Christ.
S’ils ne l’acceptent pas, ils tombent, par le fait même, dans l’obscurité, dans l’obscurantisme, marionnette du démon.
Le Christ n’appartient pas au monde tout comme l’Eglise n’appartient pas au monde, mais il met en évidence par sa vérité tout comme l’église met en évidence par sa vérité, la bonté ou la malice de ce monde.

 » je leur ai donné ta parole, et le monde les a pris en haine  »
Mais, bien sûr ! puisque le monde, qui veut garder mordicus sa neutralité, ne veut pas entendre la Parole de vie.
Ne voulant reconnaître qu’il ne se suffit pas, il devient méchant.
Il devient persécuteur.
Il n’aime pas la joie de la cohérence, de l’Esprit de vie, de l’esprit de paix, et à plus forte raison de l’Esprit Saint.
Pour garder sa neutralité, il prend une position d’opposition, d’idéologie, qui est justement contraire à sa neutralité.
Contradiction dans les termes.
On ne s’en sort pas.
Le monde, la laïcité, n’ont de sens que s’ils accueillent dans leur cœur l’énergie créatrice du Christ et la parole de vérité de l’Église… catholique.
Par conséquent, on ne peut parler de laïcité que dans une société chrétienne qui garantit la vérité de la laïcité.
Prenons une image.
Si vous avez un chien, et que vous ne clôturez pas votre terrain, le chien s’enfuira et vous ne le retrouverez plus.
Si vous clôturez votre terrain, un beau terrain de 1 ha, ( et la clôture ce sont les vérités de l’Église, la lumière du Christ ), le chien sera tout heureux de courir et de japper et de renifler le tronc des arbres chaque matin.
Mais si vous enlevez la clôture des vérités de l’Église, et de la présence du Christ, si vous ne voulez pas perdre votre chien, vous êtes obligé de l’attacher à sa niche. Et là il deviendra méchant.
C’est ce qui arrive dans notre monde actuel, qui devient méchant.
Alors l’esprit du monde, ce fameux esprit du monde qui conduit à notre perte, on le comprend mieux maintenant…
C’est l’esprit qui ne demeure pas dans le Christ.
« Demeurez dans mon amour »
La seule façon de se libérer de cet esprit du monde c’est de demeurer dans l’amour, et de proclamer que Jésus est Seigneur, du profond de notre cœur. Alors, Dieu demeure en nous et féconde le monde, féconde notre esprit qui est dans le monde..
Tout se tient…
Quand nous prions, que nous accueillons la grâce de Dieu, l’esprit du monde, à ce moment-là, revit de l’Esprit de Dieu, l’Église resplendit de l’Esprit du Christ, et nous sommes en communion les uns avec les autres.
Le monde retrouve sa cohérence, son sens, et sa joie.
Il retrouve ses solutions.

ASCENSION 2024

Le jeu de Dieu ( le plan divin )
En fait le grand problème dans une relation, c’est de se mettre sur la même longueur d’onde.
Et c’est le problème de notre grand Dieu vis-à-vis des hommes.
Il nous a fait à son image, mais nous ne nous mettons pas sur la bonne longueur d’onde.
Et donc on ne capte pas.
En tout cas c’est pas très net.
On a un tuner hyper sophistiqué et on ne sait pas régler les boutons…
Alors qu’est-ce qui se passe ?
Et bien, Dieu essaie par tous les moyens, – ou plutôt non, pas par tous les moyens, mais par un chemin très simple et très précis – de rejoindre l’homme. En fait, Dieu n’a qu’un souci, c’est de rejoindre l’homme pour que l’homme le rejoigne.
Tout le reste, pour Dieu, coule de source, c’est limpide, c’est tout simple, ça baigne, dans la lumière…
Mais la seule chose qui coince c’est l’homme.
C’est de brancher ce pauvre être qui lui embête la vie, à son bonheur..
‘ qui lui embête la vie’ façon de parler…
Parce que Dieu, génial et tout-puissant, s’amuse, par sagesse, à mener son jeu jusqu’à la victoire qu’il a assurée …
Il aimerait bien laisser l’homme gagner, pour notre joie et pour sa joie à lui.
Il nous donne toutes les cartes, il nous explique les règles du jeu, et nous, comme les petits enfants nous jetons les cartes dans tous les sens après les avoir barbouillées avec des crayons de couleur qui n’ont rien à voir avec le jeu.!
Bon alors, je vais essayer de vous réexpliquer la règle du jeu, mais ça ne sert à rien si on ne joue pas le jeu…
Petit un :
Dieu infini, pure perfection.
Amour, feu, vérité totale parce que source de vérité et d’amour. Plénitude.
Petit deux :
Il crée l’homme.
Capable de participer à cette plénitude.
Le cœur de l’homme, son âme, formés à la forme de la joie d’amour de Dieu. Avec un corps, qui, lui, participe à la joie de l’âme.

C’était improbable, mais Dieu l’a fait.
Petit trois :
C’était trop simple pour l’homme… trop beau. Trop top, comme dirait les jeunes…
Alors l’homme a inversé les choses.
L’homme a tout déformé.
Il s’est déformé…
La forme c’était d’être tendu vers son bonheur, vers l’union à Dieu.
L’homme s’est refermé, non plus tendu vers Dieu, mais tendu sur lui-même.
La maladie de l’humanité… :
Être tendue sur elle même.
Le corps ne veux plus prendre sa place.
Mais il veut prendre la première place.
Quant à son esprit, un peu vexé de s’être trompé, il veut tout simplement prendre la place de Dieu.
Rien de moins.
Résultats : le délire.
On est tout simplement dans un monde de délire.
Petit 4 de notre jeu :
Ça n’amuse pas spécialement Dieu, mais ça ne l’inquiète pas.
Il a la solution.
Dieu sait que l’homme est un animal très progressif.
Par conséquent Dieu va prendre son temps pour préparer cette solution.
Puisque l’homme a voulu mettre son corps comme premier influenceur, Dieu va prendre ce chemin pour récupérer l’homme.
Dieu a bien essayé de donner quelques règles pour l’esprit, des règles morales. Ça c’est Moïse.
Mais ça n’a pas marché.
L’esprit s’entrave dans ses règles et dans sa logique.
Alors Dieu prend le chemin du corps. Du corps et du cœur.
De l’affectif.
De l’amour.
Puisque l’homme ne comprend rien.
Ne comprends plus rien…
Dieu va lancer son hameçon dans l’affectif. Dans l’attirance de la chair.
Dieu va prendre son temps.

1500 ans à peu près.
Et il va s’incarner.
Il va prendre chair.
Pour rejoindre l’homme dans sa chair. C’est Jésus.
Comme ça l’homme n’a plus de raison de dire qu’il n’y comprend plus rien. Dieu lui prouve dans sa chair qu’il est un Dieu d’amour.
Qu’il aime.
Dieu se fait proche, très proche.
Il va prendre cher…
Règle six :
Jésus va utiliser tous les moyens visibles pour provoquer l’homme à se retourner sur lui-même.
C’est-à-dire mettre son corps au service de l’Esprit.
Ça ne marchera pas, en tout cas pour le grand nombre, mais ça sera proposé à tout le monde.
Donc Jésus va se faire homme, va parler comme un homme, va produire des signes sensibles et assumer tout le sensible des hommes pour les rejoindre dans la totalité de la nature humaine.
Ça c’était déjà génial.
Règle septième :
On se rappelle que le but de Dieu n’est pas de faire jouir l’homme dans son corps, mais de rétablir la primauté de l’âme qui lui donnera bonheur.
C’est par son âme que l’homme doit jouir…
Donc règle septième :
Une fois le corps interpellé, Jésus doit effacer le poids du corps.
C’est le moment charnière où Jésus, homme en chair et en os, devient Jésus ressuscité.
Sa chair est spiritualisée par la grâce de la vie éternelle.
Donc l’homme doit comprendre qu’il ne tend pas vers sa chair matérielle, mais vers sa chair éternelle.
Résurrection de Jésus.
Ouverture du chemin de l’homme vers sa résurrection.
Sans la résurrection de Jésus, sa mission n’a aucun sens.
Petit huit :
L’homme veut toujours s’accrocher à sa perception sensible.
Et cela pose comme un voile devant la beauté de son âme.
Au lieu d’élever notre âme notre perception sensible trouble notre esprit.

Donc…
Pour que Jésus ne soit pas récupéré par la faim sensible de l’homme, il doit se faire distant.
Il doit réduire la voile sensible.
Et c’est l’Ascension.
 » heureux, Thomas, ceux qui croiront sans voir… »
L’Ascension libère l’homme de sa gourmandise sensible.
Ça nous fait mal, ça nous frustre, mais c’est parce que nous sommes tordus.
Le but de notre chemin spirituel n’est pas d’accumuler des signes sensibles mais au contraire de les diminuer.
Jusqu’où les diminuer ?
C’est simple, saint Paul nous le dit aujourd’hui, par sa lettre aux Éphésiens : « les dons que le Christ a faits,
ce sont les Apôtres,
et aussi les prophètes, les évangélisateurs,
les pasteurs et ceux qui enseignent. »
C’est l’Église.
Notre belle et pure Eglise…
Les seuls signes qui nous restent de Jésus nécessaires, ce sont les apôtres de notre temps, ce sont e les vérités de tous les temps exprimées par l’Église.
Ce sont les sacrements, canaux abondants de la grâce.
Et c’est la charité des fidèles qui donnent vie à l’Eglise.
Par son unité et par sa charité, la communauté témoigne de sa bonne santé, de son équilibre, de la présence surnaturelle de Dieu qui lui donne toute sa force devant les poisons et devant les maladies.
Donc, le sensible qui reste après Jésus disparu à l’ascension, c’est le signe de l’Église en toutes ces dimensions.
Règle neuvième du Grand Jeu de Dieu :
( on arrive presqu’à la conclusion du jeu)
Jésus, après avoir accroché l’homme par sa chair, son corps, va maintenant le suspendre avec l’Esprit Saint.
L’Église, c’est l’Esprit Saint, qui forme le corps mystique du Christ.
Jésus, en appelant l’Esprit Saint sur ses apôtres fait basculer le mauvais plan de l’homme dans la lumière de Dieu.
Le premier principe du jeu de Dieu tout au départ, reprend sa place.
Ce n’est plus par son esprit humain que l’homme va dominer, mais par l’Esprit Saint, principe intérieur que ne doit plus encombrer le corps.
Le corps est toujours là, mais quels que soient ses états, par l’Esprit Saint, l’homme retrouve le désir de Dieu, premier, source, nourriture et rassasiement.

Dernier article de la règle du jeu…
Dixième…
Dieu, enfin, à ouvert la porte de l’Esprit Saint, de la grâce intime, infuse, en nous. En fin, pour ceux qui n’ont pas jeté les cartes en l’air, Dieu nous envahira, corps et âme, de son fleuve de joie et de beauté et d’amour quand il reviendra en gloire, – donc, cette fois-ci sans aucun intermédiaire – en abattant son jeu : Béatitude, intimité infinie, union béatifique, chant éternel de l’Église en extase. Mais cela c’est la dernière carte.
On l’attend.
Maranatha, viens Seigneur Jésus.
…. quand tu voudras.
Quand le Père, ton Père et notre Père, a prévu la fin du jeu.

Sixième Dimanche de Pâques – B – 2024

  •  Amour…
    Amour…!
    Que de beauté en ce nom…
    Que de morts, aussi, en ce nom.
    Il y a l’amour qui regarde le Ciel, les sommets.
    Il y a l’amour retourné sur soi.
    Comment les appeler pour les distinguer ?
    Parce que justement, le monde préfère les confondre.
    Bon… je vais les appeler :
    L’amour-étoilé, pour le premier. La beauté.
    Et l’amour-couleuvre pour le second, qui ne vole pas très haut.
    Mais comment les distinguer ?
    ‘tu aimeras de tout ton cœur, de tout ton esprit, de toute ta force.’
    Sur l’intensité, on ne trouve pas de différence.
    L’amour étoilé peut être riche et enflammé. Mais il n’est pas rare qu’il soit pauvre et terne.
    L’amour couleuvre peut être ardent et dévorant, mais aussi dépressif. Impossible de distinguer l’un de l’autre par l’intensité.
    « Tu aimeras ton prochain comme toi même… »
    L’amour-étoilé n’a pas spécialement l’avantage sur l’amour-couleuvre ici non plus.
    Parce que, dans l’amour égoïste, l’autre est aimé comme soi-même. Simplement on veut qu’il devienne comme nous-même en le dévorant.
    La grande différence entre l’amour-étoilé et l’amour-couleuvre, c’est que dans le premier on prononce le nom de Jésus, pour s’aimer et pour aimer son prochain.
    On ne cesse d’invoquer Jésus et les autres amours se purifient de cette invocation.
    « Tu aimeras ton Dieu de tout ton cœur… »
    Mais quel est ton Dieu ?
    Si ce n’est pas Jésus, il sera de ta fabrication, n’en doute pas.
    « Tu aimeras ton prochain comme toi même… »
    Si tu ne t’aimes pas de l’amour de Jésus, sous le regard de Jésus, tu aimeras ton prochain selon ton désir… vicié. Inévitablement.
    L’amour-étoilé, il est dans l’obscurité L’amour-couleuvre aussi, mais pas la même obscurité… L’amour-étoilé passe par la mort.
    L’amour-couleuvre aussi.

Mais pas la même mort.
Une mort dans une lumière excessive, en regardant, dans l’espérance, le Ciel. Ou bien une mort dans le néant de la chair qui brûle.
L’amour-étoilé demande des efforts, d’ascèse. D’ascèse pour offrir, s’offrir et s’oublier.
L’amour-couleuvre peut être héroïque aussi, mais d’un effort de malice et de profit, la plupart du temps camouflé, effort de résistance, fermé sur lui-même.
L’amour-étoilé se laisse attiré. Il se reçoit d’un autre. L’amour-couleuvre attire à lui. Il enserre et ligote.
L’amour-étoilé prends le chemin du don.
On pourrait dire du sacrifice, mais le mot ‘don’ est plus doux, plus amoureux. Mais c’est la même chose.
Quel don.
Mais le don le plus précieux. Le Don est à la mesure de l’amour qu’on porte à quelqu’un.
Par exemple : Le don de notre temps.
Pour l’homme, c’est peut-être le plus manifeste.
« Je te donne du temps. »
C’est la signature de l’amour, pour l’homme.
Pas pour les anges. Pas pour Dieu.
Dieu, lui, donne de l’éternité. c’est bien plus noble.
Mais pour l’homme, l’expression la plus immédiate de l’amour, c’est de donner de son temps.
Parce que le temps est précieux et le temps est mesuré.
Quand on aime quelqu’un ou quelque chose on lui donne du temps.
Gratuit.
On lui donne d’être près de lui. On pense à lui. On travaille pour lui.
On lui donne de la fidélité et parfois on lui donne le temps de sa vie, de toute sa vie.
Mais de toute façon, c’est du temps.
Notre Pape François disait que ‘le temps prime sur l’espace.’
Comment offre-t-on le sacrifice de notre temps ?… ça, c’est plus secondaire. On ne doit pas négliger la qualité, mais c’est Dieu qui donne la qualité.
Un temps rempli de silence, pour quelqu’un, c’est la plus belle qualité.
C’est la prière.
C’est l’oubli de soi.
C’est la joie d’un cœur qui bat paisiblement dans l’amour.
Mais cela c’est par grâce.
L’amour de charité commence par donner du temps et se mettre en écoute.
Le premier cadeau c’est celui du temps, qu’il soit dans l’effort, qu’il soit dans

la difficulté ou dans la lumière… pour l’homme.
Donc, notre premier amour, c’est celui qui aura pris le plus de temps en notre vie.
Une autre expression de l’amour, qui est première pour Dieu, mais qui est deuxième pour l’homme, c’est une partage de connaissance.
Permettre de se faire connaître.
« Je t’aime, donc je me donne, donc tu dois me connaître… Je me laisse connaître. »
« tout ce que mon Père m’a fait connaître, je vous l’ai fait connaître », c’est le Christ qui le dit. « C’est pour ça que je vous appelle ‘mes amis’. » [Jn 15, 15] Voilà le second signe de l’amour. Pour l’homme.
Pour Dieu c’est le premier, l’union parfaite.
Et au Ciel, ce sera pour nous la plénitude de l’amour.
 » Nous connaîtrons comme nous sommes connus.  » [ 1 Cor 13, 12]
Le deuxième cadeau pour l’homme, c’est une communion dans un mouvement de connaissance de l’âme.
Je te dis tout, parce que je veux me dire à toi.
Et cela, c’est le signe de mon amour pour toi.
Au contraire, si je ne te dis pas tout, c’est que je crains que tu ne m’aimes pas vraiment.
Dieu est venu nous dire tout, par Jésus-Christ. Il s’est livré.
C’est l’amour-étoilé en plénitude.
Et si je te dis tout de moi, je ne retiens rien de moi.
Cela est facile pour celui qui comprend et qui répond à l’amour par l’amour. Lorsqu’il y a réciprocité, amitié.
Un amour-couleuvre dissimule. Et il n’y a rien de plus triste qu’un apour-étoilé qui se donne sans prudence à un amour-couleuvre qui ne comprend pas, qui se détourne, se retourne sur lui-même et résiste.
Ou parfois devient amour-vipère.
À ce moment-là l’amour… don de soi, prends la couleur de la croix.
’Je me donne à toi, je donne mon temps, ma vie, mais tu ne comprends pas’ : cela s’appelle la Croix.
Jésus qui pleure devant Jérusalem : « ah ! si tu avais compris ! »
Tu ne comprends pas l’appel que je te fais et la réponse que tu devrais me faire.
La croix c’est une amitié offerte qui est rejetée.
La Croix n’est pas n’importe quelle souffrance; c’est l’amitié rejetée. Soit cette amitié abîmée par le premier péché originel.
Soit une amitié trahie, par nos péchés personnels.

Mais un amour qui enflamme le cœur, qui fait frémir nos entrailles, qui reste vigilant le jour et la nuit, peut-il se suffire de donner du temps ?
Peut-il suffire de communier dans une connaissance intime ?
Vous êtes dans un bateau… Et si on vous dit : ‘plus vous allégerez votre bateau, plus sûrement vous arriverez au pays ruisselant de trésors et de joie. Est-ce que vous ne feriez pas passer par-dessus bord tout ce qui s’y trouve, dans ce bateau ?
Hé bien, pour grandir en amour, c’est la même condition.
Simplifiez ! Donnez tout ! Donnez tout ce que vous avez, donnez tout ce que vous aimez, tout ce que vous êtes !
Et puisque tout en nous est abîmé par le péché originel, nous avons besoin de tout donner au Seigneur pour qu’il rende limpide ce qui est trouble.
Notre liberté… offerte par l’obéissance, pour être rendue claire et pure. Notre sensibilité exultante ou douloureuse… offerte à la tendresse de Dieu pour que le Seigneur la rende paisible et harmonieuse avec notre âme.
Nos pensées, nos désirs… offerts, mis en lumière pour vivre de la lumière du jour.
L’amour de soi… offrez ! Pour devenir oubli de soi dans le cœur de Dieu.
Le temps… je l’offre !
Mes blessures… je les offre !
Mes prisons… Je les offre !
Et pourquoi cela est possible, et qu’avec nul autre que Dieu nous pouvons tenter cette aventure de l’amour ?
Parce que tout simplement, Dieu nous chérit et nous le rend au centuple.
Le temps, il nous le rend en éternité
Les blessures, en pardon et en guérison, au centuple.
Les persécutions et les souffrances pour son nom, il nous les rendra en joie éternelle.
Tous nos sacrifices, Dieu nous les rendra en centuple d’intimité d’amour.
Alors pourquoi ne pas aller jusqu’au sacrifice ultime. Celui de notre existence.
Dieu donne l’existence, je lui donne alors mon existence. Et Dieu répond .
Il oublie nos fautes passées. Il oublie le péché.
Et Dieu donne son existence.
Comme le dit Sainte Élisabeth de la Trinité :
« C’est là, tout au fond dans le ciel de mon âme que j’aime le trouver puisqu’il ne me quitte jamais. Dieu en moi, moi en lui. »
« Quand une âme renonce ainsi à toutes choses, qu’elle arrive à être vide et désappropriée – et c’est tout ce que pour sa part elle peut faire – il est

impossible que Dieu de son côté ne se communique pas à elle, au moins en secret et silencieusement.
Cela est plus impossible qu’il ne l’est aux rayons du soleil de ne pas donner sur un endroit bien découvert.
Dieu communique son être surnaturel [Jean de la Croix Vive flamme III, 46 ]
« Celui qui aime est né de Dieu et connaît Dieu. »
Pauvre maigre couleuvre qui ne revient qu’à l’amour de soi et se condamne à manger la poussière.