SEPTIEME DIMANCHE ORDINAIRE 2025

 

Entrée dans le parc … Il y a un magnifique jardin… Protégé des sangliers et des renards par une clôture très efficace. On peut voir le jardin mais on ne peut entrer que par l’endroit aménagé pour cela. Dans cette immense clôture il est même difficile de percevoir cette porte. Il y a juste un petit repère : presque au niveau du sol, deux coffrets à code. Pour entrer dans le jardin, il faut connaître ces deux codes. Certains, nombreux d’ailleurs, marchent le long de la clôture et parfois depuis
longtemps, depuis leur jeunesse. Ils observent le jardin, ils connaissent le nom des plantes du moins sur quelques
mètres. A ceux qu’ils croisent, ils peuvent même raconter le jardin, plutôt le parc .
’Ici il y a un cerisier, là, un térébinthe,…’ Ils ont même repéré la cachette d’un écureuil, et le nid d’un couple de mésanges. Un chemin qui s’enfonce vers des clairières qui gardent leurs mystères. Mais en fait, le regard de ces promeneurs ne va pas plus loin que quelques mètres. Ils ne soupçonnent pas la vie riche et féconde de l’immensité de ce parc. Ils ont bien vu à travers les arbres qu’il y avait toute une communauté de grands et
petits, plutôt paisibles, qui semblait se réjouir un peu au loin. Mais tout cela, ils ne le voient que de l’extérieur de la clôture. Soit en faisant leur jogging, soit en méditant sur les plans de leur prochaine maison, soit en promenant leur chien. Ils sont passés devant la porte, ils ont vaguement entraperçu les deux petits
coffrets. Mais ils n’ont pas compris qu’il fallait s’abaisser jusqu’aux coffrets. Parfois de l’autre côté de la clôture, un homme ou une femme les ont interpellé.  » il y a une porte. rejoignez nous.!
Une expérience vous est promise si vous trouvez cette porte… Aucun de nous ici, dans ce parc, n’est déçu. » Mais c’est tout… Ceux de l’intérieur, ( mais en fait on ne sait pas si c’est l’intérieur ou l’extérieur il y
a simplement un parc, il y a ceux qui sont d’un côté et il y a ceux qui sont dans l’autrecôté)…  ceux qui sont de l’autre côté, sont plutôt silencieux. Non pas parce  qu’ils ne vivent rien, mais parce qu’ils ont l’air de garder un trésor.

Donc tout ce qu’ils disent c’est :  » venez donc nous rejoindre »… Pourquoi ne donnent ils pas l’endroit des coffrets et le code que portent ses
coffrets ?
Parce que ça ne sert à rien pour celui qui ne veut pas les voir. Il n’y en a qu’un qui peut éclairer le mystère des coffrets. Il s’appelle Jésus-Christ. C’est le seul qui a le langage et la clarté pour faire connaître l’endroit et le code. Saül et l’un de ceux qui a longé l’immense parc, comme Caïn, comme Esaü, le frère de
Jacob, comme le roi Acab et sa femme Jézabel, Absalon le fils de David, comme Judas (l’Iscariote) … on pourrait citer Dalila qui coupe les cheveux de Samson, aussi ou Hérodiade chez les femmes. Tous ceux là, et bien d’autres depuis le temps d’Abraham, ont marché le long de la
clôture, ont compris qu’il y avait une porte, ont rageaient de ne pas trouver le code. Et ont jeté des pierres contre la clôture et dans le parc. Saül, est un pauvre homme. Pauvre parce qu’il était doué. Il s’est fait prendre au piège de ses dons. Parce que, quand la porte que l’on a pressentie inconsciemment est resté fermée, on sait qu’il y a une bénédiction qui nous a échappé. Et c’est l’angoisse dans les recoins les plus profonds de notre cœur de que notre
destin était peut-être de l’autre côté de la clôture. Surtout quand il y a un jeune David qui a passé la porte, qui a trouvé du premier coup
les codes et qui s’amuse comme un petit fou de l’autre côté, dans le grand parc. Aujourd’hui nous avons l’exemple de Saül, mais Saül il est comme l’archétype de notre monde qui patauge. Saül a une mission, il a eu une bénédiction; il est le premier roi d’Israël, messie choisi par le prophète Samuel, avec tout pouvoir donné par Dieu… Il a tout pour lui. Il est bien fait. Il est doué. Il a un fils aimable et agréable. Il a la mission, belle, de conduire le peuple de Dieu;
il a le pouvoir il a l’intelligence. Il a son armée. Mais il n’a pas passé la porte intérieure de l’amitié avec Dieu. Et il en arrivera à devenir minable de jalousie, de compromis, de vengeance, jusqu’à
la paranoïa et aux idées de meurtre sur un petit gars qui a son cœur dans la main de Dieu. Saül qui court le désert avec 3000 hommes pour attraper un petit berger chef de
bande… Qu’est-ce que c’est nul !
Et le petit berger, qui deviendra roi à sa place, se moque de lui. Ce n’est pas une histoire de rivalité de pouvoirs ou d’incompatibilité de caractères, c’est une histoire d’intimité avec Dieu.

L’un n’a pas franchi la porte de l’intimité. Pour l’autre, malgré ses grands défauts, – parce que ce n’est pas une histoire de
défauts ou de qualités, il faut bien comprendre cela. c’est une histoire de
bénédiction intime – …. malgré ses grands défauts, David boira aux sources de la grâce qui coule du cœur de Dieu. Dans le monde, il y a toutes les raisons de conflits et d’opposition, qui font des ravages et provoquent de grandes souffrances. Nous le constatons. Mais la racine la plus profonde des haines, qui se cache comme des loups enragés, elle est plantée au fond des cœurs de ceux qui grincent des dents devant la clôture. Ils ne le diront jamais comme cela, ils ne donneront jamais cette explication, mais
c’est bien là dans ce regret aveugle de n’être pas entrer dans le parc que la source amère, pleine de fiel, les a bloqués dans un refus orgueilleux d’admettre le choix de Dieu sur les bénis de la grâce divine. Même parmi les apôtres, il en fut un rempli de fiel. Alors méfions nous, même dans cette église, il se pourrait… L’enjeu est si grand. L’enjeu est aux dimensions de l’éternité. De la gloire que nous vivrons dans l’éternité. Et tout au fond de notre cœur nous le savons. Tiens, au fait, dans mon histoire, je ne vous ai pas encore donné le code de chacun
des coffrets. Le sésame. Vous qui êtes dans le parc, vous les connaissez. Pour les avoir savourés… Savourés, parce qu’ils vous ont permis d’entrer. Vous qui n’êtes pas dans le parc, vous les connaissez aussi, mais pas de la même
façon. Vous les connaissez pour les refuser. Attention à la bête qui veille en vous, à ce moment-là, chrétiens… Quant aux loups et faux frères qui courent dans nos villes et campagnes, ils ne changeront pas le dessein d’amour de Dieu. Alors je vous murmure, chers frères et sœurs, le code des deux coffrets. À ras du sol, n’oubliez pas… Le premier, il s’appelle : Humilité…. Le second, il s’appelle : Le pardon…. sans condition. D’un côté, le cœur des hommes. D’un autre côté, le cœur de Dieu.

SIXIEME DIMANCHE ORDINAIRE 2025

Bienheureux les pauvres

Heureux les pauvres…
La pauvreté, comme la pureté d’ailleurs, c’est un creux au cœur de notre âme et de notre corps, qu’il est bien difficile de définir.

Ce n’est pas parce que l’on manque de certains biens, que l’on est obligatoirement pauvre.
Surtout si ce manque est matériel.
Certains, par choix et par intelligence, se privent de certaines satisfactions, de certaines richesses, pour jouir d’un plaisir qu’ils préfèrent.
Plaisir légitime ou coupable.
Ils n’en sont pas pauvres pour autant.
Tel avare qui va se priver de manger pour garder davantage son trésor…
Tel père ou mère de famille, qui va se réjouir d’un sacrifice pour mieux donner à ses enfants.
Préférer garder une vieille paire de chaussures pour acheter une plus belle trottinette.
Est-ce qu’on peut parler de pauvreté dans ces cas-là ?

Et puis, un petit garçon bien habillé, bien au chaud, tourne, plein de vie, sur son petit tracteur en plastique. Il fait un excès de vitesse, il prend un virage, mal contrôlé. Tombe. S’écorche les genoux.
Grosses larmes, nez qui coule.
Et que fait sa grand-mère ?
Elle a le cœur serré pour cette immense souffrance, et elle ne peut s’empêcher de dire :  » le pauvre…! « 
Et elle a raison.
Ce petit garçon, il a tout. Mais patratac… il perd sa dignité. Son assurance.
( pour un bref moment, il est vrai…)
Mais vraiment, à ce moment-là, il sait qu’il est petit. Qu’il ne maîtrise pas tout.
C’est un pauvre petit garçon.

Et pour nous, chrétiens, nous faisons de la pauvreté une vertu… !

Condition même à notre relation d’amour.

Jésus insiste de nombreuses fois sur le fait que nous devons être pauvres.

Cela veut dire que, inévitablement, les richesses sont un frein ou un obstacle à l’amour de Dieu, à la charité.

N’est-ce pas parce que, dans notre état de péché originel, la moindre richesse, quelle qu’elle soit va nous attirer, nous rassurer faussement et amoindrir discrètement les désirs spirituels de notre cœur et la respiration de notre âme ?

Dieu aime la pauvreté. Parce qu’elle ôte le maquillage.

Elle rend sans défense. Sans défense surtout pour la venue de sa grâce.


Pour nous, chrétiens, la pauvreté est le choix, prophétique, de se priver de richesses, qui peuvent être tout à fait légitimes, … pour vivre de la seule Espérance.

Pas évident, je l’admets…
Pour le monde, qui ne vit pas d’Espérance, c’est incompréhensible, c’est absurde. Ça lui semble une faiblesse. Parfois même une tare.
Or, celui qui cherche ses avantages, ne serait-ce qu’un avantage à posséder, même en rêve, celui-ci n’a pas un cœur de pauvre.
Le seul véritable pauvre vise d’abord le seul trésor qui ne nous enrichit pas.

Et ce trésor, c’est la grâce de Dieu, la belle, l’amitié avec Dieu.

Lui-même est le trésor, Source de tout bien. Dieu de lumière.

Il possède toute richesse et son métier c’est de donner, tout ce qu’il est.

Notre Dieu est tout amour et l’amour rend pauvre.
Il n’y a pas plus pauvre que notre Sauveur Jésus-Christ, source de notre vrai bonheur, de notre joie permanente.
Et là nous touchons à la pauvreté la plus vraie.

En pratique, c’est saint Benoît qui nous donne la plus parfaite expression de la pauvreté.

Est pauvre celui qui reçoit et qui attend d’un autre.

Qui n’a rien, et qui n’aura jamais rien.

S’il reçoit, il reçoit avec gratitude, mais il ne se l’approprie pas. Si on lui reprend, il redonne, avec joie.

«ceux qui partiront en voyage, dit saint Benoît recevront du vestiaire leurs tuniques de voyage… et les rendront au retour.

Il veut qu’on retranche le vice de la propriété jusqu’en sa racine.

Notre corps même nous appartient-il ?

N’avoir absolument rien qui ne nous soit donné ou permis.

Cependant, il sera donné à chacun le nécessaire selon son besoin.» [chap 33 – 55 – …]
Cette conception la plus parfaite de la pauvreté se marie très bien à l’humilité qui reconnaît la fragilité de la nature humaine et son insuffisance,
Elle nous invite aussi à une conception très juste de l’obéissance, parce que celui qui obéit reconnaît avec intelligence la pauvreté de son jugement, de son intelligence.
L’opposé de la pauvreté, ce n’est pas la richesse, c’est l’orgueil et la suffisance.
‘ par moi-même, je juge… et par les biens que je possède, par mes dons, j’y arriverai.’
C’est le raisonnement du monde qui ne vise que la richesse pour se protéger et qui a horreur de toute déficience ou frustration.
Et cette suffisance de l’orgueil est soutenue par les richesses matérielles.
Parce que les richesses matérielles créent l’aveuglement – certains diraient la bêtise – de se croire en sécurité et de se suffire.

Il est scandaleux de gaver les enfants de jouets et surtout de comptes en banque. C’est leur inoculer le vice de la propriété.

On a le droit, mais malgré nos auto-justifications d’intention chrétienne qu’on ne se dise pas pauvre, de la pauvreté que demande Jésus-Christ.
Celui qui reçoit, qui reçoit en action de grâce bien sûr, a le cœur fondamentalement pauvre, s’il sait qu’il ne mérite pas de recevoir, que rien ne lui est dû.

 » qu’as-tu que tu n’aies reçu ? » dit Saint Paul.
Cela ne veut pas dire que la pauvreté est simple et légère. – oui, au Ciel, elle le sera, parce qu’elle ne sera que jouissance d’amour reçu -, mais le don de Dieu, sur terre, a un goût d’absence, et la couleur de l’obscurité, de la foi.
Il a vraiment un goût de pauvreté.

Comment être chrétien si on n’a pas ce goût de pauvreté au fond du cœur ?
La joie de la foi n’enlève rien à la frustration que provoque la pauvreté. Ce goût aride au fond de nous est le signe le plus certain des flots de grâce et d’amour de Dieu.
L’amour est là, et la joie qui l’accompagne, chers frères et sœurs, nous sommes riches de la présence du Christ et de Dieu, mais ça n’empêche qu’il y a un goût aride, amer, souffrant même, de la foi; et l’obscurité du mystère nous rappelle en permanence notre pauvreté.
C’est la grande difficulté qu’il faut tenir lorsque nous avons la foi:
Nous sommes avec notre bonheur, la joie de notre cœur, la présence de Dieu, tout en étant les plus pauvres et les moins bien logés de tous les hommes.
Parce que tout le reste ne nous intéresse pas.
Notre bonheur ne nous appartient pas comme pourrait nous appartenir un bijou ou une voiture de luxe.
Il nous est donné par grâce, par amour.

Pourquoi, j’ai tel don ? Parce qu’il m’est donné. Gratuitement. Il peut m’être retiré.

Évidemment, on ne peut se suffire d’un esprit de pauvreté.
Parce que nous sommes constitués d’un corps charnel.
Nous devons aider notre désir par des choix de pauvreté concrets et matériels.

J’ai vu certaine espèce de pauvres qui avaient tout perdu à l’occasion d’un événement terrible.
Et qui savaient que chaque jour est un sursis de vie gratuitement donné.
Ayant vécu l’extrême, dans le bien ou dans le mal, ceux-là ont expérimenté la puissance divine dans l’amour et dans le pardon.

Ils savent être pauvre. ‘Rien n’est impossible à Dieu.’

 »  bienheureux les pauvres, ceux qui ont tout perdu, les affamés, les persécutés, ceux qui pleurent, les amoureux de Dieu.
Le Royaume des Cieux est à eux. Dieu peut enfin toucher leur coeur. »

Ça on peut le dire pour les chrétiens …  En gros… qui ont une once de foi. (pour les lépreux de l’Evangile, la femme adultère, la maman syro-phénicienne, la Samaritaine, qui ont croisé le Christ…)

Mais il reste une question terrible…

Qu’en est-il de tous les pauvres qui sont loin de la grâce, qui ne connaissent pas la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ ? (

Et tous ces gens qui traînent des pauvretés à moitié finies, mal assumées, mal définies ?

Qu’en est-il des pauvretés enfantées par la misère et tout autant par le luxe ?

Il y a des pauvretés qui sont belles, franches, lumineuses et choisies avec de belles proportions….

La pauvreté du curé d’Ars, de saint Philippe Néri, du Padre Pio ou de saint Antoine de Padoue.  Belles pauvretés…

Et puis il y a des pauvretés qui sont moches, imposées par une éducation tordue, par la maladie, certaines héritées au berceau, d’autres survenues par accident.

Passent-ils à côté du Royaume des Cieux tous ces pauvres ? pour finir en enfer ? C’est là, chers frères et sœurs, que le Christ, par le fait même de leur pauvreté ouvre les portes de miséricorde, s’ils ne lui tournent pas le dos.

Et quand je dis le Christ, c’est l’Eglise.

D’un côté, nous boitons nous-mêmes de toutes nos pauvretés inachevées, un peu minables, mêlées de nos peurs et reculades.

Et nous devons en rendre grâce cependant, et les assumer dans la foi.

D’un autre côté, nous portons par notre prière et notre foi, les casseroles, les injustices et toutes les larmes de nos frères pauvres, depuis l’homme des cavernes jusqu’à celui qui sort de sa Tesla automatique.

Les choisis de Dieu portent toutes ces pauvretés cachées derrière la richesse, jusques sur la Croix.

Et nous savons, pour tous ces demis-pauvres, car eux ne le savent pas, que ce sera à l’endroit où ils auront pleuré, porté par notre prière et nos souffrances, qu’ils riront.

Et que leurs désirs de beauté, du Ciel, restés enfouis, très profonds, seront illuminés dans la lumière du Christ ressuscité, communiquée par la communion des saints.

C’est notre mission pour porter discrètement le monde à son accomplissement.

CINQUIEME DIMANCHE ORDINAIRE 2025

Vérité en paroles et en actes

Je poursuis mon propos.Des dimanches précédents…Dans notre vie de foi, il y a la rencontre avec Dieu, avec le Christ.C’est évident dans les lectures d’aujourd’hui:Isaïe – Paul – les apôtres, les premiers apôtres.Rencontre énorme.Deuxièmement, il y a le propos de la fidélité.Si on ne prend pas le chemin de Jésus avec une ferme décision de fidélité, la foi deviendra comme une graine sèche dans un coin de notre cœur.Troisième volet de l’histoire…La rencontre et la fidélité doivent être enracinées ou éclairées comme vous voulez, dans la vérité.Saint Paul en avertit les Corinthiens avec une douce fermeté.‘ C’est par cet évangile que vous serez sauvés, ecrit-il,si vous le gardez tel que je vous l’ai annoncé ;sinon, c’est pour rien que vous êtes devenus croyants.’Il y a deux façons de garder l’Évangile.D’abord c’est de nous laisser pénétrer de sa lumière.La Parole nous invite à l’intelligence de la présence de Dieu.Prière et méditation.Celui qui aime ressent le besoin d’approfondir la relation et la connaissance de son amour.Que serait un chrétien qui se dit aimer le Christ et qui ne cherche jamais à savoir qui est le Christ, à savoir qui est l’Église, ce qu’est la vie éternelle, ce qu’est la charité, en quoi consiste son espérance.

Il veut savoir comment Dieu lui parle, quelle est la vraie prière ?Lire la Parole de Dieu, les Évangiles, les lettres des apôtres, creuser la vérité de sa foi, est doux comme le miel pour celui qui aime ?Notre bonheur éternel sera la compréhension en face à face sans intermédiaire de la présence divine, du Christ ressuscité en gloire.Cette compréhension, elle excite notre curiosité, notre bonne curiosité, le désir de notre intelligence.Certains me disent : » mais Père, comment pouvez-vous rester ignare sur l’actualité ?Comment pouvez-vous ignorer les 300 morts du train qui a déraillé près de Calcutta en Inde ?Ou le chien perdu qui parcourt 300 km pour rentrer chez lui…

C’est extraordinaire !Mais comment pouvez-vous prier pour les petits enfants de Somalie si vous ne savez pas qu’ils meurent de la guerre des islamistes et des clans ?Et bien, d’abord, je peux prier parce que vous me le dites, et ensuite je peux prier pour toutes les victimes de la haine des hommes.Mais la grande raison que je ne sais pas tout ça, c’est que le temps que je passe à vouloir connaître mon Seigneur et mon Dieu, celui qui me donnera mon bonheur éternel et le vôtre, celui que j’aime de mon cœur, ce temps où j’essaie de recevoir la lumière et la vie de mon âme, je ne peux pas le distribuer en temps ni en attention, en même temps, à tous les remous terrestres qui ne génèrent que troubles, émotions, craintes et incertitudes passagères.Et qui détourneront mon esprit de la paix que veut me donner Jésus-Christ.‘laissez les morts enterrer leurs morts’… a-t-il dit.Si je ne connais pas l’histoire du chien qui court, ou l’histoire de l’enfant qui s’est perdu ou qui meurt de faim en Somalie, je veux savoir l’histoire de Jésus, ‘mort pour nos péchés’ et pour les miens,conformément aux Écritures,

mis au tombeau ; ressuscité le troisième jour conformément aux Écritures,.’..Ce Jésus qui m’appelle, vivant, et se donne chaque jour dans la fraction du pain, dans la goutte de vin, celui qui peut faire trembler le monde, et qui le fait trembler, et celui qui peut apaiser le monde et mon cœur.Je veux le connaître et je n’ai pas assez de toutes les minutes de ma vie pour plonger dans cette connaissance.Si vous pouvez m’enrichir de votre sagesse, m’inviter à la communion de la lumière de votre cœur, lumière de grâce, alors oui, j’écouterais après, vos informations de train déraillé.Mais auparavant, je veux saisir celui qui m’ouvrira la porte du paradis et de la joie éternelle.

Une goutte de paix supplémentaire dans votre cœur consolera bien davantage les enfants victimes des guerres et le cœur du monde que vos infos tous azimuts.Si vous ne laissez aucune marge dans vos journées pour approfondir la Parole de Dieu, laissez vos frères tranquilles avec vos actualités politiques ou people, d’un jour.Ça c’est le premier aspect de la recherche de vérité pour vivre notre foi et notre religion.

Bien diriger notre esprit.

Deuxième aspect indispensable aussi.C’est de vivre dans le concret de notre journée l’Évangile de Jésus-Christ.Pour l’exprimer d’une autre façon, je dirais : la vérité de notre vie de foi elle est dans un souci de conversion quotidienne.Chaque jour nous devons par nos actes, nos relations, nous ajuster à la présence de Dieu, dans la prière et dans la vraie charité fraternelle.C’est par la charité fraternelle, une fois nourrie notre connaissance vraie de Jésus.C’est-à-dire en étant capable de nous convertir à ce que nous demande Jésus dans l’évangile.Vivre la Bonne Nouvelle du Christ c’est être capable de pardonner. A notre ennemi.Accueillir la vérité de Jésus-Christ c’est être assidu à la messe, à son sacrifice eucharistique et goûter à l’Esprit de l’Eglise. Avec délices même.Affirmer son amour de Jésus, c’est mettre son enfant au catéchisme. Et montrer par la même qu’on a compris notre propre chemin de foi et le bonheur qu’il promet.Enfin, Jésus nous dit qu’il est la Vérité.Il est donc indispensable pour le connaître d’avoir un souci permanent de connaître de plus en plus la vérité avec précision.Selon nos capacités.Et nous avons tous un minimum de capacité à nourrir.Quels sont, chers frères et sœurs, les moments réservés et privilégiés dans votre semaine pour approfondir la connaissance de votre foi ?Si ces moments ne dépassent pas le tour d’un cadran de votre montre, ne cherchez pas, votre foi est anorexique.Un chrétien dont la foi est anorexique, comment peut-il être témoin ?Mais celui qui pleure parce que le Bon Dieu n’a prévu que 24 heures par jour, et que 24 heures par jour ce n’est pas assez pour être près de lui, pour apprendre à ajuster notre esprit à sa lumière, que ce n’est pas assez pour mener jusqu’au bout nos conversions, pour lire et relire la Bible, pour manger les livres de piété, pour purifier nos lèvres et notre cœur…24 heures, si on n’a pas assez de 24 heures, alors dans sa grande miséricorde Dieu nous rendra affamé de sa vérité et nous donnera les grâces suffisantes pour tenir le chemin de lumière jusqu’à lui.

Si tout simplement le temps nous est trop précieux pour nous blottir contre la Vérité de Dieu et pour vivre du sacrifice de notre Sauveur Jésus Christ pour nos frères,

Alors Dieu fera miséricorde et nous donnera la paix de son Esprit Saint

TROISIEME DIMANCHE ORDINAIRE 2025

Foi essentielle

Plus nous engageons dans une chose importante, plus nous devons être précis pour atteindre notre cible.Et la chose la plus importante pour notre vie, c’est bien de vivre notre vie spirituelle, de vivre notre religion.Notre religion, notre foi, nous projettent vers notre meilleur bonheur, qui n’aura pas de fin.Donc il faut pas se rater.Notre religion, notre foi, engage notre âme, notre cœur, notre avenir et notre éternité.C’est quand même pas négligeable…On peut se rater sur le menu de midi, et se rattraper le soir ou le lendemain.On peut se rater sur le choix d’un métier, parce qu’on peut changer de métier ou rééquilibrer notre vie par d’autres amours.On peut se rater sur un choix politique, de toute façon tous les 15 jours ça change.C’est déjà plus difficile de se rater sur le choix d’une amitié, tellement une relation d’amitié engage tous les fibres de notre être.Relation d’amitié relation d’épouse ou d’époux…Mais l’engagement de foi, c’est, au sommet de notre personnalité, ce qui va orienter notre vie et influencer notre équilibre. Soit l’accomplir, soit entretenir un malaise si nos bases sont faussées.Notre âme, notre cœur, notre conscience et notre intelligence, et toutes les réactions nerveuses de notre  corps, notre santé, sont reliées, de près ou de loin, à une foi saine et bien équilibrée.Quand Jésus dit :  » aujourd’hui s’accomplit ce passage de l’écriture »Il annonce qu’à partir de ce moment-là on peut vivre une foi pleine et harmonieuse.Ça veut dire que les dysfonctionnements habituels de notre monde peuvent trouver solution.Les pauvres, les captifs,on pourrait dire les bloqués psychologiques, les aveugles, peuvent trouver une liberté que réclame notre nature.Comment bien planter l’arbre de la foi ?Et, je le répète, c’est très important.Il est tellement facile de confondre les branches avec le tronc, ou de ne s’intéresser qu’à une ou deux branches avec des fruits on oubliant que c’est la sève de l’arbre qui compte le plus.Beaucoup de chrétiens même, tiennent leur foi par un bout, qui peut être une minuscule branche de l’arbre, et ne veulent pas qu’elle s’épanouisse en toute sa ramure. Ils tiennent un aspect et oublient l’essentiel.Certains semblent pourtant très sérieux.Ça peut être quelques habitudes de prières qui n’évoluent pas.C’est peut-être quelque recherche vertueuse : on cherche l’humilité, ou le service, l’altruisme même ou la vérité ou encore l’honnêteté.D’autres seront dans la recherche de signes ou encore dans une pratique fidèle. Ou la mission.Tout cela est très bien mais tout cela n’est pas l’essentiel de notre foi.Jésus est venu simplifier la recherche essentielle de notre foi.Simplifier et rendre tellement claire et forte notre ouverture à la vie éternelle.Quand Jésus repose le livre d’Isaïe, dans la synagogue, il dit à tous ceux qui l’entourent que tout s’accomplit, mais où ? : dans une personne.Cette personne c’est lui.Et cela a des conséquences définitives pour notre vie intérieure.C’est que notre foi est une démarche d’union avec quelqu’un.Dans l’Ancien Testament, évidemment que l’on visait la présence de Dieu.Mais c’était par l’escalier pénible de la Loi.Jésus simplifie tout dans une seule expérience.La rencontre avec lui-même.Le cœur de la foi c’est l’intuition de la présence de Jésus comme Dieu.Mais pour cela il faut se mettre en silence.Je reconnais Jésus comme celui qui est Dieu.Et donc qui me donne tout.Tout le reste, tout le reste… aussi utile soit-il passe après cette rencontre avec Jésus.Que ce soit la vertu, nos prières, et même les sacrements ou n’importe quelle autre pratique de la foi.L’expérience de Dieu et de Jésus comme ami, pose en vérité notre chemin profond de vie spirituelle et de guérison de notre cœur.Par conséquent, frères et sœurs, la première prière – et qui va tout mettre en place –  c’est de demander la rencontre intime avec Jésus.Ensuite tout le reste va se déployer :La pratique, les vertus, l’Église, le pardon, la véritable prière et la véritable humilité.C’est une grâce bien sûr.Rencontrer Jésus est une grâce qui nous est à tous proposée.Mais tant qu’on n’aura pas compris que c’est la première des grâces nous serons sur un chemin hésitant et sur un chemin de foi mal fondé, soit sur un accessoire, soit sur une illusion qu’on entretiendra.Ce qui fonde l’Église c’est la communion à cette rencontre à Jésus.Et c’est bien ce que Saint Paul affirme haut et fort.Notre foi, notre vérité de chrétien, notre équilibre intérieur, notre santé tout court tient d’une rencontre éminemment personnelle et intime pour chacun de nous, avec Jésus qui crée notre communion.Et comme par hasard cette communion on l’appelle l’Église.D’abord une intuition, même pour ceux qui étaient dans la synagogue au moment où Jésus lisait.Ensuite une communion… communion de tous ceux qui ont perçu cette intuition cette présence. Et qui devient missionnaire.Enfin délivrance, guérison, libération.Et l’on découvre que cette intuition ouverte à la communion et à notre guérison intérieure, conçoit l’Église, belle et sans tâche, corps du Christ, lumineuse de l’Esprit Saint, prémisse dès maintenant de notre joie éternelle.

DEUXIEME DIMANCHE ORDINAIRE 2025

Jésus totus

Le commencement des signes…C’est sympathique.  Cana …On va commencer par ce commencement..Cana, c’est à quelques kilomètres de Nazareth.Enfin, il faut quand même marcher une demi-journée.Ça descend raide, c’est sur une chaîne de collines, différente de celles de Nazareth.À l’époque, 5, 10 km à pied ça ne faisait pas peur.Ce qui ne fait pas peur non plus à Jésus, c’est la fête, de faire la fête.D’ailleurs, on découvre que Marie, 45 ans à peu près, ne vit pas en recluse. Elle ne dédaigne pas les joies simples.Bon… Joseph ne se montre pas…Nous avons avec le repas de Cana, un petit tableau tout simple de la vie quotidienne au temps de Jésus.Jésus et ses apôtres : un petit groupe de jeunes, autour d’un jeune maître qu’on commence à regarder avec curiosité et intérêt.Il y a quelque chose qui frémit avec ce Jésus.Oh,… il n’est pas en train de rassembler une armée.Il fait même pas de politique.Mais là où il pose son pied, on dirait que l’air devient plus pur.On dirait que la nature se met à l’écoute, qu’il y a une vibration de lumière qu’on n’avait pas encore perçue jusqu’alors.Et la première leçon de Cana, c’est que Jésus se présente dans un événement de la vie quotidienne.Il y a la prise de Toulon par Napoléon, en 1793. qui va révéler son génie de la stratégie.Mais c’est un événement héroïque, pour Napoléon et surtout pour ses soldats.Il y a la prise de Constantinople en 1453, par Mehmet deux, Le Conquérant.Par un acte insensé , il fait transporter les bateaux de guerre sur des rondins à travers les collines pour les amener dans la Corne d’Or et vaincre l’armée des Byzantins.Il y a plein de faits de génie et de bravoure qui ont révélé des grands hommes.Ghandi, et la marche du sel en 1930…Saladin et le massacre de l’armée des croisés sur les collines de Hattin (en juillet 1187)…Jésus, lui, arrive avec une dizaine de copains  ( non je ne dois pas parler comme cela. ils n’ont jamais été copains, ils étaient disciples, jeunes disciples, mais ils se sont toujours déclarés disciples de Jésus)Jésus arrive à la réception d’un mariageEt par cet événement festif nous allons tout apprendre du destin de Dieu sur le monde.. Alors vous allez penser, frères et sœurs, que le destin de Dieu sur le monde ça va pas impacter votre menu de midi, ou votre emploi du temps de cet après-midi.

Et bien détrompez-vous !Parce que la présence de Jésus à Cana en Galilée, ce jour-là, change l’histoire du monde.Et non seulement l’histoire du monde en général, mais notre position intime, personnelle ; change la situation de notre âme, de notre santé, de notre intelligence ou de notre ignorance, de nos choix et de nos amours.D’abord, il y a quelques anomalies dans ce récit de Cana.Les deux personnages les plus importants ne sont pas nommés.La mariée et le marié ne sont pas évoqués.Bizarre…Et ensuite, il y a quelque chose de curieux, d’extraordinaire…D’abord qu’on manque de vin…Tout ça c’est très bizarre.Mais ce qui est encore plus bizarre, c’est que Jésus va fabriquer environ 600 litres de vin.Y avait-il dans la petite bourgade de Cana, ce soir-là, plus de 2000 personnes ?Et puis enfin, il y a le miracle en lui-même: la transformation en très bon vin à partir de l’eau plate. instantané.Alors maintenant pénétrons la question.Par ce premier signe, Dieu vient signifier la dernière étape de l’histoire de l’humanité.Un accomplissement de tous les sens de la vie du monde et de notre vie.Et cette dernière étape c’est une ouverture au bonheur éternel.Pour un chrétien, il y a l’histoire du monde, politique, social, économique.C’est le principal sujet à l’école et de nos journées. La grosse cavalerie des discussions.Cette histoire est mesurable en grande partie, avec des dates,  des chiffres.Mais il y a l’histoire des cultures, de l’évolution des idées…Ça devient plus insaisissable, mais il y a quand même quelque accroche visible.Il y a des écrits et il y a souvent des conséquences qu’on peut peser.Dans les familles, aussi, il y a des moments d’enrichissement des relations, de rapprochement, ou au contraire de zizanie, de désaccords, qui tiennent à presque rien.On sait pas trop pourquoi mais la famille s’épanouit ou au contraire se rétrécit sur ses rancœurs. (un mot, une sympathie, ou une incompréhension)C’est une des dimensions de l’histoire que la plupart du temps on ne peut pas décrire.Mais pour le chrétien, en tant qu’homme ou femme de foi, il y a un autre niveau d’histoire qui le fascine.Parce que tout simplement, il sait que cette histoire le mène vers son bonheur (ou son malheur…)C’est l’histoire intime de son cœur.Et qui va correspondre à l’histoire aussi de la grâce, dans le monde et dans sa vie. Très liée avec la présence de Jésus.Or, que fait Jésus vis a vis de l’histoire et de notre histoire personnelle ?Ce qu’aucun événement ou personnage n’a fait depuis la création du monde.Il accomplit toutes les dimensions. tous nos désirs .Voilà la nouveauté totale de Jésus et ce qui nous donne la paix.Il va faire donner, comme quand on presse un fruit, tout son jus à l’histoire du monde et à notre propre histoire personnelle.Ou plutôt il va faire donner toute son intensité à toutes les dimensions corporelles et spirituelles.Ce n’est pas qu’il va d’abord changer quelque chose.Il peut le faire.Mais il va apporter une profondeur d’être, une densité de vie qui déborde tout le monde.Quand Jésus buvait un verre de champagne, chaque bulle de ce champagne nous invitait à vivre le plus intensément notre vie et nous propulsait dans la vie éternelle.Revenons à Cana.Jésus vient habiter notre histoire.Une histoire toute banale qu’il va faire exploser de vie.. .Et quand Jésus est là il y a l’Eglise.La mariée qu’on cherchait, c’est l’Église !

L’époux, c’est Jésus.Vous voyez comme d’un événement pauvre et tronqué, Jésus donne un sens.Marie s’inquiète… » ils n’ont plus de vin »…Pourquoi se tourne-t-elle vers Jésus ? parce que Jésus va propulser cette inquiétude dans un sens de mission universelle. » mon heure n’est pas venue.. » .. Jésus a une heure, qui sera en fait l’accomplissement d’un amour.De l’amour de Dieu pour le monde et pour chacun de nous.Jésus fait exploser la fête par des dimensions qui nous dépassent.De temps, de quantité, de vie éternelle.Il est bien dans l’histoire, mais il déborde l’histoire.Et vous voyez frères et sœurs, ce ne sont pas des mots, c’est une perspective pour notre vie.

Nous vivons nos événements sur une longueur d’onde habituellement.

Un caillou est un caillou.L’info du jour ( le dernier meurtre du tueur en série de l’Arizona) nous suffit comme émotion pour alimenter notre perversité.Ou même, soyons positif, si on peut rester agréablement surpris du dernier concert de musique classique. ..Mais nous sommes tellement courts, et certainement aveugles, parce que Jésus aurait donné à chacun de ces événements une infinité de sens et d’invitations au bonheur.Jésus à Cana, c’est le Messie qui ouvre accès à la table du ciel.Dieu s’est rapproché une fois pour toutes de la pauvreté de notre histoire.Et comme le dit saint Paul, il enrichit de sa plénitude l’évènement, n’importe quel événement.Notre coeur… Dans toutes ses dimensions, il le réjouit d’amour.Nos blessures… Il les connaît et leur apporte guérison et paix.Notre intelligence, il vient la simplifier et lui donner fécondité de lumière.Avec Jésus, on comprend mieux…Il ouvre notre âme à ses dimensions éternelles d’union à Dieu.

Il la rassasie.Notre société et l’histoire de laquelle nous héritons, il nous permet de ne pas nous y enliser.Tout cela, il l’a dit, un soir de fête, à Cana, en disant simplement :« remplissez d’eau ces jarres… »Et depuis ce soir là, les miracles n’ont pas cessé de couler sur notre monde.Frères et sœurs nous sommes grands de toutes les dimensions de vie que Jésus est venu très discrètement introduire au milieu du brouhaha de la fête à Cana.

Si nous lui demandons de transformer notre cœur.