HOMELIE SEIZIEME DIMANCHE ORDINAIRE A

Imaginez, frères et sœurs…
Vous êtes au pied d’une montagne.
Et certaines montagnes sont décourageantes, rien qu’à les regarder…
Les montagnes du désert, par exemple.
Bref, vous êtes devant une montagne et on vous a dit que de l’autre côté il y a une terre féconde et riche…
Vous pouvez ne pas le croire.
Vous ne lâchez pas votre bout de terrain caillouteux et vous essayez d’améliorer ce que vous tenez. Quelques carottes et un plant de vigne , la plupart du temps dans l’ombre.
Vous prenez l’attitude du renard et les raisins, de la fable.
Il ne peut pas attraper les grappes, trop difficile; alors il fait le désabusé : « ils sont trop verts, dit il, et bons pour des goujats ! »
Pour tout dire, c’est la réaction la plus fréquente devant notre montagne.
Jusqu’au jour où il y a un glissement de terrain ou un éboulement qui renverse notre vie paisible. Et on se dit que la montagne existait vraiment…

Deuxième réaction. Vous vous dites :
S’il y a de l’autre côté une région juteuse, ça m’intéresse.
Et je déploie des moyens pour vérifier.
J’envoie des drones, je me renseigne sur internet, et je constate qu’effectivement c’est séduisant.
Mais il faut se bouger et décider de franchir la montagne.
C’est énorme même si, paraît-il, il y a des chemins fléchés.
Et en fin de compte on reste avec l’image de ce qu’on rate.
Ça permet d’alimenter nos rêves.
Peut-être, un jour, je me lancerai …

Et puis il y a l’attitude plus confiante.
 » Cette terre promise, ça m’intéresse. »
Et cette montagne, j’en fais mon affaire.
Bonne intuition mais présomption…
Car de cette montagne, par ses propres forces, on n’en vient pas à bout.
Ni pour la montée, ni pour la descente sur l’autre versant.
La montagne, ça trompe.

Dernière attitude, la plus ambitieuse et la plus sage:
On a besoin d’un guide.
Et on découvre que cette montagne inaccessible, change de visage à mesure que l’on progresse aux indications du guide.
Jusqu’au jour où on découvre de loin la plaine verdoyante.
Il reste des efforts, des dangers, mais une vraie joie, une libération habite le cœur.

Frères et sœurs, c’est une parabole.
D’actualité.
La montagne, c’est la souffrance c’est la maladie, c’est la mort. Par exemple.

Sans la foi, quand elle s’ébranle, il ne reste qu’à courir dans l’autre sens et à signer son suicide.
Sans le désir de la vie éternelle l’obstacle prend le dessus.
Il reste la peur.
La peur de perdre notre petit terrain.
La peur du non sens de notre vie.
La peur de la diminution de nos capacités. Réelle.
La plupart de nos dirigeants n’ayant pas la foi, ils ne peuvent que proposer une solution de vaincus.
Et comme le peuple ne peut jamais plus que ne peut son chef, nous sommes dans un peuple de vaincus.
Je l’ai déjà dit: c’est la révolte, dissimulée, contre Dieu.
Puisque tu ne me donnes pas la possibilité d’échapper à la souffrance et à la mort.
Puisque tu ne nous donnes pas la toute-puissance qui t’appartient, nous nous vengeons…
Nous refusons ton esprit de libération que ton amour nous offre.
Ton Esprit Saint.
Nous refusons de savoir ce qu’il y a derrière la montagne.
Parce qu’on devrait recevoir une leçon de l’Église.
On préfère obéir au diable qui nous fait croire que nous sommes tout-puissant sur la mort, que d’obéir à l’espérance de l’Esprit Saint.
Le renard et les raisins.
Il fait le brave et c’est le vaincu.
Il traite les autres de goujats, (ceux qui ont l’espérance…) et s’en va les oreilles basses.
Sauf que le renard, il essaie par tous les moyens d’interdire l’accès à la foi ceux qui pourraient regarder vers le Ciel.
On préfère enfumer la conscience des peuples plutôt que d’admettre le témoignage de ceux qui ont expérimenté la lumière et la paix du Christ.

En fait, il y a toujours nécessité de faire confiance et de recevoir l’espérance d’une terre promise.
Si on ne commence pas par recevoir la grâce – et il faut la recevoir à genoux – (voyons, parmi nos dirigeants ceux qui sont capables de se mettre à genoux…)
Si on ne commence pas par recevoir la grâce, on reste petit.
Et on trouve des solutions petites.

Ceux qui ont des oreilles pour entendre qu’ils s’entendent.
Ou plutôt je dirais :
Ceux qui ont des genoux pour se mettre à l’écoute de Dieu, qu’ils ouvrent leur cœur.

Je reviens à ma parabole.
Il est possible d’avoir quelques informations sur la terre promise de l’autre côté de la montagne.
Mais cela ne suffit pas.
Il faut s’en remettre à l’Esprit Saint pour partir sur le chemin du Christ.
L’information ne suffit pas.
Croire à la bonne nouvelle ne suffit pas.
Il faut croire que l’Esprit Saint viendra à notre secours
Pour prier
Pour nous faire trouver un guide.
Pour nous harmoniser avec l’Église.
Et vivre l’obstacle comme chemin rédempteur de Jésus-Christ.

Si cette loi sur la fin de vie est définitivement conclue, elle propose une conception de l’homme fermé sur lui-même, et pour nous chrétiens, elle nous indique l’ivraie dans le champ de blé.
L’ivraie qui pousse et endommage un peu le champ, mais n’empêchera pas la belle moisson du champ de blé.
Les fils du mauvais disparaîtront.
Les fils du royaume resplendiront.
C’est Jésus qui le dit.
Mais ce n’est pas à nous de faire le tri.

Dieu est au-dessus.
C’est le livre de la Sagesse qui nous le dit en clair.
 » ta domination sur toute chose
te permet d’épargner toute chose.  »
Cela est tellement juste.
Celui qui ne domine pas, exécute.
Celui qui domine donne la vie.
Celui qui ne domine pas donne la mort pour se croire dominateur.

Et voilà ce qui devient évident :
Celui auquel il manque la lumière de la foi…
De la foi en un Dieu qui donne la vie, et de la foi en un Dieu qui sauve, qui nous rend vainqueur du péché originel, de la souffrance et… De la mort..
Celui qui n’a pas cette lumière en lui, va poser la vie, non pas en premier, mais derrière une autre priorité qu’il appellera sa dignité : le bien être, tel ou tel succès, et à vrai dire, n’importe quel intérêt qu’il considérera de première importance pour lui.
De toute façon, à partir du moment où je ne mets pas ma plus haute dignité à être ‘enfant de Dieu et vivre de la vie éternelle, je vais mettre ma dignité dans n’importe quel sous produit de ma vie.
L’horizon de notre nature ne s’ouvre que quand elle est accomplie par la grâce de Dieu.
Si on ne considère pas que Jésus a sauvé le monde par ses souffrances et par sa mort.
Si on ne considère pas que la réponse à la souffrance que s’infligent les hommes devient souffrance rédemptrice, par la Croix, alors on dit au Christ : ‘ je ne crois pas que tu as sauvé le monde ́. On traite Jésus de menteur, et Dieu par la même.
C’est la première accusation du diable : ‘pas du tout ! Dieu vous ment !’ dit il à Eve.

Qu’il y ait des situations dramatiques de souffrances, horribles où l’homme est écrasé de souffrances (qui peuvent être adoucies par des soins palliatifs cependant), on ne peut pas nier.
L’homme est faible, sans la grâce.
Tout en sachant, que la souffrance vient du péché originel et de nos propres fautes…
Mais inscrire dans la Loi la démission devant la souffrance, c’est mépriser la conscience des chrétiens, disciples du Christ.
C’est cracher sur Jésus une nouvelle fois en lui disant : tes souffrances et ta mort n’ont servi à rien.
Elles n’ont rien sauvé du tout.

L’homme sans L’Esprit Saint est inévitablement soumis à sa pauvreté; il ne s’attache plus à la dignité de la vie, et au dessus de tout de la vie éternelle, il va se sacrifier pour échapper à son aveuglement.

Le diable a fait un petit progrès dans son imitation.
Il y a toujours eu des martyrs de Dieu, de la Vérité.
Maintenant, il y a les martyrs du mal, de l’abandon, et en fin de compte du diable.
Il y avait les martyrs par amour.
Il y a les martyrs de la lâcheté et du désespoir, … Martyrs du rien du tout.

Ce qui fait de la peine, c’est que nombreuses petites âmes vont être encouragées à abandonner le chemin de lumière.
Quand quelqu’un grimpe la montagne, essoufflé, si vous lui répétez : ‘tu peux arrêter ta montée ici, on t’applaudira quand même..!
Jette toi dans le vide, ça sera quand même plus rapide
Ça ne l’encourage pas à rejoindre la terre promise.
Ni à trouver les meilleurs moyens pour dépasser l’homme blessé et découvrir le royaume éternel de joie divine.