HOMELIE 33° DIMANCHE ORDINAIRE B

Frères et sœurs, nous sommes en guerre.
Le chrétien est un guerrier.
Vous devez vous dire : ‘ on en a assez de parler de violences, de guerres, de conflits, de massacres et de destructions.
On en a assez de souffrances, de peines, d’informations ténébreuses et du mal qui surgit de partout.
Alors pourquoi vous nous dites que nous sommes des guerriers ?
_ En fait pour une bonne nouvelle… :
L’homme de foi, le chrétien qui est en communion avec l’Eglise a une espérance.
Nous avons une espérance invincible et tellement belle.
Nous avons une joie qui nous attend, qui dépasse toute imagination.
« Mais alors où est la guerre ?
Ne devons-nous pas être gens de paix, de réconciliation ? »
_ Bien sûr, mais là n’est pas le problème.
Notre guerre, elle est pour préserver et augmenter espérance.
Notre guerre à nous, elle est personnelle et elle est pour libérer notre désir.
Voilà le plus dur combat de celui qui a la foi.
Libérer son désir et son espérance.
Donner à son cœur sa chance de bonheur.

L’homme de foi est un homme de désir.
Un désir qui est avoué et même entretenu et dirigé.
L’homme sans la foi a le même désir, c’est vrai, tellement les racines de ce désir sont inséparables de notre nature.
Comme la lumière d’un feu est inséparable de la chaleur de sa flamme.
Cependant, chez l’homme sans la foi, ce désir n’est pas dirigé.
Il est dispersé en mille étincelles qui le privent de sa beauté et de son unité.
Notre désir est une perle qu’il faut découvrir et protéger.
Et tout le combat de l’Eglise se situe sur ce terrain : Protéger la perle de notre espérance.
Prenez une œuvre d’art… une symphonie ou une statue, ou un tableau.
Cette symphonie vous enlevez le chef d’orchestre…
Chaque musicien joue son morceau à sa guise sans faire attention à son voisin.
Il y a toute la symphonie, rien n’y manque… sauf son unité et toute sa beauté.
Ça devient cacophonie.
La statue ou le tableau, vous les divisez en mille morceaux.
Ils sont toujours là, mais en énigme.
Vous avez un puzzle, mais l’œuvre d’art qui réjouit votre sens esthétique, a disparu.
L’homme sans la foi a tout, sauf le sens, la beauté et l’unité de son cœur.
Bref, il n’a plus grand chose, sinon rien.
Il ne sait plus donner une harmonie à ses désirs.
Il a plein d’étincelles de bonheur, auxquelles il accroche son cœur.
Des affections qui l’excitent mais qui ne peuvent pas le satisfaire.
Il ne trouve pas le repos de son cœur.
Et notre monde nous dit : ” possède encore plus. Augmente tes greniers. Comble tes manques.”
Mais c’est l’inverse ! Le chemin de la joie…
C’est de se centrer et de laisser tomber nos accumulations, même de chaudes affections.
Certains on a peu près compris. Et se disent :” Puisqu’il faut se recentrer. Je vais me centrer sur moi, au moins j’aurais pas tout perdu.”
Mais c’est l’inverse aussi ! Le chemin de la libération.
C’est de se centrer sur celui qui n’est pas moi. Et si je laisse tomber mon égoïsme, pour semer cet amour dont je suis aimé, je me trouve et je trouve la paix.

Alors, pour un homme de foi, il semblerait que tous les problèmes sont résolus ?
Il a tout. Toute réponse.
Et pourtant, il doit bien y avoir un inconvénient pour lui pour qu’il y ait si peu d’amis de Dieu, si peu d’adorateurs parmi nous.
Oui il y a un inconvénient.
C’est que la Bonté de Dieu est un feu dévorant.
Il brûle notre âme de sa beauté.
Notre guerre, c’est de laisser Dieu nous brûler de sa beauté. Au centre de notre âme.
Et si nous sommes si peu nombreux, à adorer notre Seigneur Jésus, ce n’est pas sa croix qui nous fait le plus peur, ce n’est pas le manque de temps, c’est le trop grand désir qui nous brûle au fond de nos âmes.
Pour adorer, il faut être courageux.
Il faut être courageux pour aimer la beauté de Dieu.
Le désir du Ciel, qu’est ce que vous voulez… il risque de trop nous séduire.
Alors on préfère les mille morceaux de symphonie ou de statue brisée, plutôt que la beauté à sa source.
Il est vrai qu’une beauté de la terre risque de nous réduire à sa beauté en nous séduisant.
Tandis que l’amour excessif de Dieu accomplira la beauté de notre âme.
En brûlant tout le reste, il est vrai…
Mais en sauvant et même en faisant surabonder notre bonheur.
On comprend, à peu près… que le jour du Fils de l’homme sera notre délivrance.
Et on a besoin de toutes les forces angéliques pour dire oui.
Pour dire oui à la lumière.
En fait, nous nous savons dépassé. Nous avons peur d’être dépassé par l’amour de Dieu.
Et je crois que c’est la raison la plus profonde qui nous garde si tièdes.
Sans le Saint-Esprit qui est notre arme de guerre, nous n’attrapons que les étincelles qui sentent le souffre.
Jésus suffit mais comme il est plus facile de jouer avec nos petits amours, nos petits plaisirs, avec nos petites informations et nos séries télévisées.
Nos stress et nos frayeurs de guerres, de maladies de discordes familiales.
Ça nous gratte tout cela, ça nous démange, on s’en plaint, mais elles sont quand même plus faciles à vivre que d’accepter l’infinie pureté du bonheur de Dieu…

Cela me fait penser à quelques phrases de la première lettre de Saint-Jean, délicieuse sur ce sujet :
« Ce qui était au commencement, (…) ce que nous avons contemplé et que nos mains ont touché du Verbe de vie, nous vous l’annonçons.
La vie s’est manifestée, nous l’avons vue, et nous rendons témoignage : nous vous annonçons la vie éternelle qui était auprès du Père et qui s’est manifestée à nous.
(…)
Petits enfants, vous êtes de Dieu ; (…) Celui qui est en vous est plus grand que celui qui est dans le monde.
C’est Jésus-Christ qui est le Dieu vrai, et la vie éternelle.  Petits enfants, gardez-vous des idoles. »

HOMELIE 32° DIMANCHE ORDINAIRE B

« Cochon qui baisse le groin, profond va chercher la racine »
C’est un proverbe russe.
Voici ma traduction.
Quand on cherche à fonder, à donner du sens à notre vie, il faut sortir des chemins de surface, pour s’aventurer dans les profondeurs de la terre.
C’est justement le mouvement de la foi.
La foi laboure la surface des choses pour saisir les racines qui ne se voient pas.
Et c’est aux frontières du visible qu’on se laisse saisir par l’invisible.
Pour aller aux frontières, nous ne devons pas avoir peur d’aller jusqu’aux limites des situations.
Élie, comme tous les prophètes, annonce, préfigure la personne du Christ et les œuvres du Christ.
Or, l’œuvre du Christ c’est de faire de faire jaillir de notre monde de rien une surabondance de vie.
La foi, notre foi, c’est de présenter notre rien aux torrents du Dieu de vie.
C’est précisément ce tableau de la pauvre veuve qui sacrifie deux fois rien – deux piécettes – et pourtant c’est toute sa vie, pour récolter la vie éternelle.

Parce que la grâce ne vient que sur une situation limite.
Et que la foi est une position limite de notre intelligence.
Parce que la création surgit sur une position limite. Les artistes le savent bien.
Les veuves à l’époque de Jésus étaient des cas limites.
En pauvreté, en situation sociale et affective.
Regardez les préférences de Jésus dans ses rencontres  :
Les enfants, les pauvres, les veuves, les prostituées, les escrocs, les pécheurs en général, les malades, de ceux qui ont une vive perception de leur misère morale.
Comme Marie-Madeleine qui lui verse, au-delà du raisonnable, du parfum sur lui.
Tous ceux qui en fait, ne croient plus à leur Rédemption, dont le groin est trop sali par la lourdeur de la terre.
Remarquez que c’est la grande orientation de notre pape :
Celui qui touche à ses limites ou qui sort des limites est candidat à la grâce. Il se rend perméable à la grâce.
Et nous avons tous à la périphérie de notre âme la ‘porte frontière’, celle qui s’ouvre en grinçant, en raclant le sol, prête à tomber, par laquelle peut couler la saveur de merveilleuses grâces inattendues.
À la périphérie de notre âme ou souvent dans les circonstances qui nous secouent.
Sarepta, c’est l’extrême nord des limites d’Israël, et Élie trouve son salut dans une région limite avec une veuve en situation limite, qui va mourir de faim…
Habituellement, nous suivons une logique pour équilibrer notre vie, une morale pour stabiliser notre corps et notre âme, nous nous préservons, (il ne faut pas trop se fatiguer pour garantir notre santé), mais si notre logique et notre morale font obstacles à la surprise de l’Esprit-Saint alors c’est un bien plus précieux que nous laissons échapper, et nous nous reposerons, oui, mais sur le bas côté du chemin, dans notre prudence très humaine.
Voilà le danger : se suffire de nos règles contraignantes, mais en fin de compte, tranquillisantes.
Notre morale et notre logique doivent servir à atteindre des frontières impossibles, et non à se caler dans nos conforts hypocrites.
Elles doivent servir à faire des choix et à embarquer pour d’autres rives.

Il n’y a pas plus risqué que la foi.
Et il n’y a pas plus opposé à la mollesse.
On dirait pour certains que les confinements et les alertes en tous genres les ont englués de mollesse et de négligence.
Il faut bouger !
La foi – qui fait notre joie profonde ! – n’est jamais du style ‘lézard’ qui chauffe au soleil et sirote une mouche quand il a faim.
Elle bien plutôt du style ‘renard’ toujours à l’affût secret d’augmenter son garde-manger.
Nous devons nous exercer continuellement à faire un pas dans un changement ou dans une nouveauté, ne serait-ce que matérielle, pour ambitionner de suivre Jésus dans des conversions qui toucheront notre cœur et notre esprit ?

Dieu n’aime pas être dans la position de larbin.
Serviteur, oui. Larbin, non. Il n’est pas du genre :
« Prie un peu, et je te donnerai les moyens de tes ambitions… »
Dieu nous dit bien plutôt : « quand tu ne comprendras plus, alors je te proposerai ma lumière.
Quand tu auras épuisé tes ressources, que tu toucheras à la ligne frontière qui ressemble à l’impasse, je te dirai alors mon Plan.
Quand tu auras déposé ce qui te permet encore d’envisager le lendemain…
Tes deux dernières pièces de petite monnaie.
Alors… je te surprendrai par mon abondance. Je te dirai alors mon ambition pour toi. »

En fait il y a deux attitudes de fuite. Selon notre tempérament.
Il y a l’attitude qui a peur et qui se garantit pour ne jamais approcher un point limite.
Le monde nous propose un large éventail de solutions provisoires pour éviter de prendre le risque de la foi. Ces facilités se terminent inévitablement par le péché.
Et puis la seconde attitude, c’est l’attitude de l’artiste qui plonge au fond des gouffres de la nature et des cœurs.
Qui se défonce, mais dans des paradis naturels ou artificiels pour éviter presque inconsciemment de se laisser saisir par la grâce de Dieu.
On se laisse fasciner par l’immensité de lumière et de ténèbres des sciences, des arts, du développement humain, de la psychologie ou du social, on s’en fait même l’apôtre…
Et on passe à côté de la porte de la grâce lumineuse de l’obéissance à l’Esprit de Dieu et à l’Eglise. On rate tout en fin de compte.

Quelle est alors l’attitude de l’ami de Dieu ?
Elle est simple.
Il consent à ce que Dieu le conduise dans des situations d’impossibilité.
Ou de nous-même nous n’irions jamais.
Mais nous devons accepter de tenir la main de Dieu au-delà de nos forces, de nos raisons, de nos limites. C’est le don de force, cela.
« Seigneur, je ne sais pas où tu m’embarques, mais je ne lâcherai pas ta main alors même qu’on m’arracherait la barbe ou la peau. »
Et Dieu sait qu’il nous donnera la grâce.
Car c’est dans cet abandon du cœur, forcé et consenti, que Dieu nous attendait.

« Cochon qui baisse le groin, profond va chercher la racine »
Mais la racine de la grâce, elle ne se voit pas.
Qui est capable de vivre le risque de la foi ? :
L’homme fort capable d’abandon et la femme qui a vaincu ses peurs.
La foi est toujours à la sortie du virage de l’impossible.

HOMELIE TOUSSAINT

Je vous parlais hier d’un labyrinthe éprouvant…
Le Labyrinthe de toutes nos peines.
Alors puisqu’on glorifie les saints aujourd’hui, comment ont-ils vécu ce labyrinthe ?
Ils ont blanchi leur robe pour vivre la vision de Dieu…
Comment blanchir une robe avec la méthode, non pas des grand-mères, mais la méthode des saints ?

Voici les trucs des saints pour faire la lessive
Le curé d’Ars (19° siècle) … Sa lessive elle n’était pas très compliquée. Il avait à peine deux soutanes pour ne pas être nu quand c’était le jour de lessive.
Et voilà une fin de journée, racontée par un confrère prêtre qui était venu lui rendre visite :
« Ce jour-là, après avoir passé la journée au confessionnal, il ne pouvait plus tenir debout, il était lessivé, il s’appuyait contre les chaises et contre les murs, se tenant courbé et portant ses deux mains sur son ventre. Malgré sa souffrance, il ne voulait accepter aucun soulagement.
Ce prêtre, le voyant dans cet état, lui propose : « Vous souffrez beaucoup, vous devriez vous reposer. »
Réponse : – Oh ! dans le Ciel, nous aurons bien le temps de nous reposer.
Que voulez-vous, il faut bien souffrir quelque chose pour l’amour de Dieu. »

Inévitablement, il y a quelque chose en nous qui veut résister, une petite voix qui veut atténuer le message.
C’est étonnant d’ailleurs parce que je vois habituellement deux positions sur l’évolution du monde.
Je dirais deux théories de l’évolution.
Soit j’entends : « Maintenant, ce n’est plus comme avant » (remarquez la puissance de la démonstration) ce qui veut dire: « avant c’était mieux »
Ou bien : « on n’est plus comme avant » (grande puissance aussi…) qui veut dire : « le passé est périmée, aucun rapport. Vivons modernes ! »
Le problème avec les saints de toute époque, c’est que Jésus-Christ est le même, hier, il y a 2 siècles ou 10, et dans 10 siècles il sera le même.
Et que son amour et son Esprit est formidablement toujours moderne.
Si nous devons actualiser quelque chose, il s’agit de comprendre l’actualité du langage des saints .

Autre petite réflexion de saint jean Marie Vianney, que l’on ne comprend pas si on ne connaît pas la langue des saints :
« Nous nous plaignons de souffrir; nous aurions bien plus raison de nous plaindre de ne pas souffrir, puisque rien ne nous rend plus semblables à Notre Seigneur.
Oh ! quelle belle union de l’âme avec Notre Seigneur Jésus-Christ par l’amour de la Croix ! »
Ce qui ne l’empêchait pas d’ajouter avec délicatesse :
« Ce n’est pas le pécheur qui revient à Dieu pour lui demander pardon, mais c’est Dieu lui-même qui court après le pécheur et qui le fait revenir à Lui. »

Un autre saint dont je vous laisse deviner le nom… : un indice 16° siècle…
Il marchait sur les chemins avec son compagnon, et soudain il demande à ce brave religieux qui le précédait:
« Dites-moi, mon cher frère, s’il arrivait que nous ayons à subir de mauvais traitements de la part d’ennemis qui surgissent, là, de l’autre côté de la colline.
Qui nous soyons bastonnés et qu’on passe un mauvais quart d’heure,  quel serait votre réaction ?
Le bon frère lui répond de façon édifiante :
“Avec l’aide de Dieu notre Seigneur, je l’endurerai avec patience”.
Et le saint lui répond avec vivacité :
” Vous dites cela avec une si faible conviction, alors que vous devriez manifester un immense désir de souffrir le martyr,  par amour de Jésus-Christ Notre-Seigneur ?
Nous devrions convaincre nos ennemis de nous donner plus de coups encore et de nous humilier davantage pour la grande gloire de Jésus-Christ notre Seigneur.  »

Une jeune femme, un jour, posait une question à un starets russe.
(20° siècle vers 1960 ) Un Starets, c’est un père spirituel, disons.
« Dans votre sermon, vous avez parlé tout le temps de la Crainte de Dieu.
Mais pourquoi avoir peur ? : le monde entier est rempli de la gloire de Dieu.
Le Seigneur dit Lui-même que le Démon est vaincu. Ne sommes-nous pas sauvés définitivement du mal ?
« La réponse du père Tikhon m’a frappée », dit-elle.
« Vous raisonnez comme Adam au Paradis. Vous n’êtes pas encore devenue une vraie chrétienne, parce que vous n’avez pas compris que le vrai chrétien suit le chemin de la croix et que la véritable joie consiste justement à porter la croix du Christ.
Mais ne vous pressez pas : vous le découvrirez avec le temps ».

Maintenant, après ces quelques évocations du chemin des saints, voyons voir de la bouche même des saints ce qui fait obstacle au chemin de lumière.
Qu’est-ce qui terni, en fait, le blancheur des robes blanches des saints ?
C’est un saint auquel son disciple lui demande :
« qu’est-ce qui est la principale cause d’échec de l’homme à réaliser sa vocation spirituelle ?
Et le bienheureux Joseph répond :
C’est la négligence.
La négligence ressemble à une sécheresse qui ne laisse rien pousser.
Elle empêche ceux qui le désirent de commencer.
Elle arrête ceux qui commencent.
Elle empêche ceux qui sont ignorants d’apprendre, ceux qui sont dans l’erreur de revenir sur leur pas, ceux qui sont tombés de se relever…
Sous le prétexte de nécessités naturelles, de fatigue, cette séductrice se rend crédible et, comme une manipulatrice habile, nous conduit au découragement et à l’amour de soi qui est l’ennemi absolu.
La plupart du temps la négligence se manifeste par des propos oiseux, c’est à dire inutile, et par la médisance. »

Alors, je me tourne vers le cœur des hommes et de ces femmes qui ont saisi quelques saveurs de l’amour de Dieu.
Et je cite Thérèse d’Avila :
«Lorsque l’âme, embrasée du désir d’être unie à Dieu, se meurt de ne point mourir, au moment où il lui semble qu’elle est sur le point de se séparer du corps, (…) elle voudrait voir son martyr diminuer afin de ne pas mourir et le continuer.
[Château intérieur p 533 œuvres complètes Trad Bouix]
Et elle insiste :
« Oh ! qu’il est bien vrai que ceux qui s’abreuvent à cette divine fontaine n’ont plus soif d’aucune chose de cette vie !… Mais elle n’éteint que le désir des choses de la terre; quant aux désirs des biens célestes, elle les rassasie.
Quand il plaît à Dieu d’étancher cette soif dans une âme, une des plus grandes grâces qu’il puisse lui accorder alors, c’est de la laisser encore assoiffée; et à chaque fois qu’elle boit, elle soupire avec plus d’ardeur après les eaux de cette fontaine de vie.
[le chemin de la perfection, p 102 trad Bouix ]

Allez… un dernier mot de sainte Marie de l’Incarnation, missionnaire chez les iroquois au Canada.(17° siècle ). Son ambition :
« Mon cœur doucement attentif et aspirant à Dieu, en toute occupation »

C’est ça les saints.
On ne les comprend pas .
Mais s’il nous étonne, c’est bon signe, car alors on reconnaît que pour les comprendre il faudrait être un saint.

31° DIMANCHE ORDINAIRE B

Frère et sœurs,
Vous êtes dans un labyrinthe.
Vous ne savez pas où vous êtes dans ce labyrinthe.
Mais vous avez un renseignement :
C’est que ce labyrinthe, il n’est pas fermé sur lui-même. Il a une sortie.
C’est quand même immense de savoir que vous n’êtes pas enfermé dans un piège.
C’est réjouissant parce que ça vous permet l’espoir.
Et même, on vous a dit qu’au sortir de ce labyrinthe il y a une prairie avec des fleurs, un petit ruisseau, un endroit confortable où l’on peut faire son potager.
Mais c’est tout ! On ne sait rien d’autre…
C’est beaucoup, parce que cela va alimenter et soutenir votre instinct de vie.
En fait, c’est la position du judaïsme.
Les juifs attendaient que Dieu les mènent jusqu’à la sortie du labyrinthe qu’ils traversaient.
Avec comme perspective, un pays où coule le lait et le miel.

Seulement voilà. Ce petit peuple s’est rendu compte très vite que pour sortir de ce labyrinthe il faudrait compter sur des générations. Et sur beaucoup de bénédictions de Dieu et de pardon.

Il y a tellement d’obstacles, d’éboulements, d’impasses trompeuses, de zones d’obscurité, des combats à vivre…
De temps en temps, il y a un petit souffle d’air qui vous amène un parfum de la prairie et la chanson du ruisseau qui fait glou-glou.
C’est déjà quelque chose. Des grâces fugitives. Ça rassure.

Puis, dans ce labyrinthe, vous rencontrez un messager.
Lui, il vient de voir !…
Il vous dit : « la prairie, bien sûr… les petites fleurs, les zones ombragées et le potager, c’est vrai, ça existe… mais ce qu’on ne vous a pas dit suffisamment c’est que ce petit paradis, c’est rien à côté de l’immense empire qui vous est promis.

Le labyrinthe c’est le péché originel qui a tout brouillé dans notre monde, dans notre cœur, dans notre intelligence, dans nos désirs. Et qui maintient le monde dans une pétaudière.
Mais on sait encore que nous sommes faits pour un bonheur.
Nous sommes faits pour aimer, aimer Dieu, les autres, soi-même, la création aussi.
C’est la Bible qui nous le dit.
Elle nous le dit par « des commandements ».
Les commandements de Moïse.
On les appelle des commandements parce que le fond de nous-même n’est plus spontané.
Ça l’a été, un jour très lointain.
Mais il vaudrait mieux dire que ce sont des fondements de la nature humaine.
Ces fondements devraient être évidents à vivre. Hé bien, non…!
Perdu la bonne intuition de notre nature !
‘Tu ne tueras pas’ – ‘Tu ne voleras pas’ – ‘tu ne coucheras pas en dehors du mariage’…
‘tu ne te prostitueras pas’, ‘ni ne cèderas à la pornographie’ – tu deviendrais un animal, pire, un dégénéré – ‘tu n’abêtiras pas tes enfants’
Combien de gens ne savent pas le b-a-ba de leur vie…! De leur fonctionnement. Du respect de l’âme et du corps.

Mais je reviens au Messager dans le labyrinthe.
Il nous dit : «laissez tomber votre désir de petite prairie bien verte et fleurie. C’est nul et je vous offre infiniment mieux. »
Si vous voulez vous en sortir de ce labyrinthe, il faut désirer s’élancer dans l’empire tout entier, dans les grandes plaines, les torrents d’amour, les montagnes magnifiques de la grâce.
Les juifs – la plupart des juifs qui n’ont pas reconnu Jésus – se sont accrochés à leur ambition de bien être et de puissance politique et sociale.
Des ambitions naturelles. Très belles, mais naturelles. Et surtout vouées à l’échec.

Et nous héritons de cette ambition, frères et sœurs.
Nous voulons faire de Dieu un distributeur de bien être.
‘Mon Dieu, donne moi la santé ‘
‘Mon Dieu, rend moi fort contre mes ennemis’
‘Mon Dieu, aide moi à vaincre mes peurs, à trouver un équilibre psychologique ou à avoir une délicieuse famille : des enfants beaux, intelligents et qui réussissent. Et puis des petits enfants adorables. Adorables….’
‘Mon Dieu, donne moi des grâces qui peuvent construire le monde et construire ma vie…’ ‘ Là où les autres on échoué, je réussirai. J’apporterai la paix, l’égalité et la liberté entre tous les hommes, surtout si tu me rends le plus fort’..
‘Mon Dieu, si je te prie, tu me rendras au centuple dès cette vie …!

Voilà la prière juive…
Dieu va aplanir notre chemin et nous combler de joie (c’est à dire de satisfactions)

Et le messager nous avertit que Dieu ne réalisera rien de tout cela.
Ca c’est un rêve nostalgique du Paradis qui s’est inscrit dans notre nature mais ce paradis nous l’avons perdu, malgré l’opinion de certains obstinés, rêveurs.
Il y a aussi les nostalgiques (inconscients) qui ne se greffent pas sur le Paradis, mais qui se greffent sur le péché d’Adam et Eve et qui sont les déviés et les pervers de tous poils.
Nous avons perdu la possibilité de sortir du labyrinthe.

C’est tellement évident quand on regardent les efforts épuisants que produit notre monde pour se sortir de ses marécages qui l’enlisent cependant à chacun de ses pas supplémentaires en tous les domaines.

Et pourtant, si nous avons la foi, nous avons un avantage de poids sur ceux qui marchent péniblement sans la foi.
Nous avons tout : Toute lumière, Tout l’amour, Tout le pardon, Toute notre fin dernière.
C’est paradoxal.
L’ancien Testament nous ouvre sur l’éternité et, pourtant, ça patauge de plus en plus pour le peuple d’Israël.
Parce que le judaïsme a compris cette promesse de Dieu comme un bénéfice naturel.
” tu auras longue vie… ”

Vient le messager… Jésus. Qui ouvre le sens des Écritures et enrichit infiniment notre espérance.
Il la gonfle de la vie éternelle et il efface (et maintenant c’est indispensable) la perspective de bonheur terrestre.
Il s’agit de sacrifier la perspective du bonheur terrestre, l’oublier tout au moins, pour viser la vie éternelle. Le Royaume surnaturel de la Présence de Dieu.

Et là que ce passe-t-il ? Étonnant…
Le labyrinthe s’évanouit. On le voit par le dessus, par une lumière d’en haut qui résoud tous ses méandres et ses difficultés.
Et en plus, on aperçoit – au loin, il est vrai – les montagnes de notre liberté avec Dieu.
Le petit potager, il parait maintenant ridicule par rapport à l’amplitude de la vision que Dieu nous propose.

Jésus, avec son discours des Béatitudes a renversé le système Judaïque, la religion de Moïse.
Et nous devons la renverser dans nos cœurs si nous voulons nous en sortir.
Nous avons l’esprit de Moïse, c’est bien, mais nous sommes disciples de Jésus, le Sauveur.
Les béatitudes: ‘heureux les pauvres’, ‘heureux les affamés’ et attention, pour éviter un moindre soupçon de réussite terrestre : «heureux les persécutés»
« Vous serez les derniers, les derniers et les maltraités », dit Jésus.
Vous le serez obligatoirement si vous êtes sincères dans votre foi.
Pourquoi ?
Pour que Dieu soit premier servi pour lui-même et non pas Dieu servi pour notre intérêt, aussi rentable soit-il, cet intérêt, pour nous ou les autres.

Que manque-t-il au scribe pour être dans le Royaume des Cieux?
Il lui manque la reconnaissance de Jésus, mais de Jésus comme accès au Ciel, à la vie éternelle. C’est une grâce que n’a pas le scribe.
La réponse de Jésus admet le bienfait de la Loi. Et il joue le jeu du scribe.
Mais ce que Jésus ne lui dit pas parce que ce scribe n’est pas venu pour cela.
(Il est venu pour enseigner Jésus.), … ce que Jésus ne lui dit pas, c’est qu’il annonce une foi chargée d’éternité.
Il a prolongé notre foi.
Il charge notre Espérance , non plus des richesses d’un petit jardin, mais de la jouissance de Dieu Lui-même.
Il charge l’amour de notre pauvre cœur de la promesse d’une extase, d’une union à l’infini Amour. Les pauvres le comprennent ( la Saint Vierge, Saint Joseph, tous les pauvres du Seigneur…)
Mais s’il faut rester dans le labyrinthe pour accéder à la vision de Dieu, il n’y a pas de commune mesure entre les souffrances du temps présent et la Gloire qui doit se manifester dans la vie à venir, éternelle.

C’est cela notre foi, frères et sœurs !
Tant que nous attendons de Dieu longue vie et bienfaits terrestres, nous restons sur la ligne de départ et nous périrons dans le labyrinthe, corps et âme.
Si nous crions vers le Messager : « Viens Maranatha ! non pas pour satisfaire mes appétits, mais enflammer mon cœur de ta seule Beauté, pour simplement que je sois à Toi et que tu sois à moi.
Mais c’est cela le bonheur le plus grand: «Dios solo basta ! Dieu seul suffit largement!»
Et le jeu du labyrinthe… on le laisse volontiers aux scribes, aux juifs et aux philosophes de bonne intention.
C’est dans le labyrinthe que le Bien-Aimé se donne et qu’il nous emporte au sommet des montagnes de son Royaume.

HOMELIE 30° DIMANCHE ORDINAIRE B

Un jeune va voir un homme de Dieu  et lui demande :
” Père, je veux voir Dieu. que dois-je faire ?”
L’ancien lui répond :
” Le voir en ce monde n’est pas possible. Mais si tu veux le voir en l’autre monde,  prépare-toi. Deviens pur en ton cœur “.
Il ne lui a pas dit ” deviens un saint”. Mais : ” purifie ton cœur”.

Nous avons, frères et sœurs, aujourd’hui un mendiant.
Il s’appelle Bartimée,  le clochard du coin, du coin de la dernière rue de Jéricho…
Bartimée est handicapé, mais Bartimée n’a pas sa langue dans sa poche.
Bartimée va me servir comme modèle pour cette homélie.

Bartimée, le clochard modèle !
Mieux que ça… Le chrétien modèle !

La plupart d’entre vous connaissez le grand projet de notre pape François.
Une consultation synodale  à  dimension universelle dont le thème est ” Marcher ensemble ” C’est mon propos de ce matin.
Qu’est-ce qu’un synode ?
C’est un rassemblement de personnes, à l’origine des évêques autour du pape, qui répondent à une question ou qui font un état des lieux pour aider des décisions d’avenir.

Ce synode universel invite chacun de nous, à donner son avis sur la marche de l’Église.
Sur notre ‘ marcher ensemble ‘. (marcher: le verbe. Pas le marché de Salernes)

Et pour cela, nous mettre au niveau de notre paroisse, dans une posture Synodale.

Je veux juste ici, faire ressortir un aspect de la présentation de ce projet.
Une base qui concerne tout le monde et en tout temps.

En lançant ce mouvement, François est très fin.
Car, le résultat de ce synode apparaîtra, je pense, au-delà du contenu des conclusions, dans l’appel à une fraternité mûre.
Et je crois que c’est la première urgence d’une communauté en notre temps : être formée de personnes en communion.. mais ça ne suffit pas.
En communion selon des relations mûres, adultes, averties.
Le manque de maturité provoque dans une communauté des catastrophes au niveau de la communication, au niveau de l’équilibre d’une paroisse, des fruits d’une paroisse, et jusqu’au développement de la vie spirituelle individuelle.
D’une certaine façon, notre Pape François, nous dit comme à ses enfants :
” je vous fait confiance. Vous êtes des grands. Et votre jugement m’intéresse.
Je désire mesurer votre degré de maturité et pressentir à travers vous les appels de l’Esprit-Saint. ”

Quels sont donc les signes de la maturité de nos paroisses, autrement dit de ‘nous, paroissiens’ ?
J’en proposerais simplement trois qui sont dans l’intention du Pape.
L’écoute.
La Créativité.
Le réalisme et la fidélité qui vont ensemble.
Qui doivent être des attitudes intérieures avant qu’elles n’apparaissent au jour.

D’abord l’écoute.
Quel est l’homme, la femme qui sait écouter ?
Ce n’est pas celui qui a fait des stages de perfectionnement chez monsieur psycho spécialiste, ou dans l’atelier Bien-être de madame Lise Michu.
C’est celui qui, à partir de deux mots ou d’une expression fugitive, saisit le message du cœur, sa santé, sa souffrance ou sa joie réelle.
Saisit aussi le passage de Dieu.
Jésus, d’un seul mot, (avant le premier mot, à vrai dire) avait déjà écouté le cœur de son interlocuteur.
L’oreille qui est capable de saisir le passage de Dieu dans le souffle léger du vent, est une oreille qui sait écouter. Elle écoute alors du fond de sa présence à Dieu.
Remarquez-le, c’est l’attitude de la prière. La prière est écoute de Dieu.
Écoute féconde, et écoute fécondée par la grâce.
Et c’est justement l’attitude de Bartimée.
On lui dit que Jésus de Nazareth passe pas loin, et il comprend que sa vie dépend de cet homme là. Dieu, il ne le voit pas, mais il écoute son passage.
Il saisit l’occasion qui lui est offerte parce que l’oreille de son cœur est ouverte, par la foi, au miracle possible.
Bartimée ne part pas dans un flot de paroles ou de questions ou de dialogues interminables.
Il a passé une partie de sa vie à être à l’écoute, faute d’avoir des yeux valides.
Mais au-delà de cela, Bartimée à un atout qui lui permet une ‘écoute de compétition’.
À votre avis, chers frères et sœurs ?
Qu’est ce qui permet à Bartimée de comprendre et de juger juste quand on lui dit : ” Jésus est sur le trottoir d’en face “?
Bref, qu’est ce qui lui permet d’avoir une écoute aiguisée de l’événement en train de se produire ?
(Réponse ou pas réponse ??)

Bon…
Revenons à ce qui manifeste la maturité d’une paroisse.
2 – La créativité. C’est le but insistant de notre Pape François.
La créativité associée de très près à l’expression.
Et là, vous voyez, l’écoute des profondeurs fait toujours jaillir de nouvelles expressions de vie, parce qu’elles passent au dessus de l’académisme.
L’écoute, l’écoute vraie, qui avive l’intuition et le cri créateur. Elle provoque l’inattendu.
Il n’y a pas de créativité plus véritable que celle quesuscite l’Esprit de Jésus.
Qui appelle à des formes d’expression, souvent très simples.
Bartimée a un instinct sûr qui le propulse vers Jésus comme personne ne s’est approché de Jésus.
Je dis ‘personne’, mais bien sûr que si… !
La Cananéenne, le centurion, la femme qui touche son vêtement en cachette, le publicain qui n’ose pas lever la tête, Marie Madeleine par excellence, qui lui verse du parfum sur la tête, sur les pieds et l’essuie de ses cheveux…
En fait, Bartimée entre dans la famille des grands créateurs de la prière.
” Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! ” «Rabbouni !»
Ça jaillit, personne ne peut le calmer !
Signe de l’esprit créateur : Un cri.
Thérèse de l’enfant Jésus définissait la prière comme un cri.
Et il est vrai que quand la prière est celle de l’Esprit en nous, elle se simplifie à un cri.
L’Esprit crie en nous :  ” Abba, Père ” dit Paul. [Gal 4, 6]
Le chrétien qui vit de l’Esprit ne fait pas de discours, il ouvre de nouvelles créations évangéliques dans la simplicité et même parfois dans le silence.
Mais la maturité que donne les dons du Saint-Esprit ne laisse jamais dans la morne habitude du ron-ron, ni dans le discours complaisant qui ne mène à rien..
Seulement, frères et sœurs, qu’est ce qui a permis à Bartimée de se faire entendre par son insistance infaillible ?
(Bon, je vois que vous n’avez pas trop d’idée…)

Alors passons au troisième caractère de la maturité du chrétien que présuppose et demande le pape François pour ce synode qui est le nôtre :
Le réalisme, que j’associe à la fidélité, parce que la fidélité fait tomber les illusions.
La solidité et la conformité du meuble d’un artisan, autrement dit son réalisme, se vérifient à l’usage répété dans la longueur du temps.
Bartimée ne peut pas être un rêveur ou un hypocrite qui trompe son monde.
Il vit depuis trop longtemps avec ce qui lui manque d’essentiel.
” … que je voie ! ”
Et voilà le sceau de la maturité d’une rencontre synodale.
C’est de ne pas s’enliser dans les inutilités, les accessoires et surtout dans les illusions qui fatiguent les esprits plutôt qu’elles ne les fortifient et construisent l’Église.
Le réalisme est œuvre de longueur de temps pour que l’essentiel surgisse.
Alors frères et sœurs, d’où surgit l’essentiel chez Bartimée ?
Je devine certaines réponses  :
‘De sa souffrance, par exemple.
De sa position à la périphérie de la société  etc…’
Je ne crois pas. La souffrance et la solitude peuvent nous faire déraper.
Et Jésus ne l’a pas envisagé comme cela.
Jésus lui dit : ”  ta foi t’a sauvé. ”
Alors…? Alors, est-ce la foi qui a donné son écoute ultra sensible et juste à Bartimée ?
Est-ce sa foi qui le rend créatif et infaillible pour reconnaître son Sauveur ?
qui lui permet d’être en vérité ?
Certainement sa foi l’a aidé, mais c’est un fruit de la foi qui donne une relation juste et mâture dans les rencontres, qu’elles soient synodales ou tout simplement avec notre voisin de tous les jours selon la volonté de Dieu.
Sans égarements.
Vous avez peut être trouvé quel est ce fruit de la foi qui rend un chrétien évangélique……
Vous auriez dû deviner. Je vous avais soufflé la réponse.
C’est le conseil de l’ancien au jeune qui veux voir Dieu.
C’est la pureté de son cœur !
La pureté du cœur qui fait traverser les ravins des illusions et des égoïsmes stériles.
La pureté du cœur de Bartimée lui a permis même de voir Dieu.
Donc, je pense que pour bien commencer ce synode, nous devons avoir l’objectif de grandir dans la foi, la pureté du cœur, et par là même, dans la fidélité, dans le réalisme, la créativité, et l’écoute des inspirations de l’Esprit-Saint, pour une plus grande beauté de notre Église. Les jeux sont ouverts…